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L'homme, cet animal avide

17 octobre 2017 par jerome lecoq

"L'homme veut être heureux alors même qu'il vit de manière à rendre le bonheur impossible" (Augustin)

Curieux animal que cet être humain qui prétend vouloir être heureux alors qu'il fait tout pour se rendre misérable. Telle femme continue à multiplier les expériences désastreuses avec des hommes qui la mènent par le bout du nez, continue à espérer le grand amour et tout ce qui vient avec, tout en reproduisant le même schéma. 

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De qui suis-je le tyran ?

12 octobre 2017 par jerome lecoq

 

"Nous sommes toujours le tyran de quelqu’un. Les brutes le savent, parce qu’elles jouissent de leur pouvoir. Les braves gens l’ignorent, parce qu’ils sont noyés dans leur bonne conscience." (O. Brenifier)

De qui suis-le tyran ? Voilà une question que je ne me suis jamais posée. Pourtant je me suis déjà fait traiter de "méchant papa" par ma fille parce que je lui imposais une décision arbitraire et peut-être injuste. Probablement que chaque parent est et doit être le tyran de son enfant, à un moment ou un autre. Le tout est d’en être conscient et de ne pas ignorer que toute éducation implique une forme de violence à l’encontre de l’enfant, aussi politiquement incorrect que cette phrase puisse sonner.

 

Dans: Aphorismes 

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Vouloir aimer ou être aimé(e) ? Là est la question

11 octobre 2017 par jerome lecoq

"Vouloir être aimé épuise l’amour. Vouloir aimer engendre l’amour. Mais ils refusent de les distinguer. Sans doute les pauvres sont-ils épuisés." (Oscar Brenifier)

Nous voulons tous l'amour, non ? Enfin presque tous, j'excepte les philosophes qui préfèrent la vérité. Mais qu'avons-nous dit une fois que nous avons dit cela ? Car l'amour est une autoroute, il va dans les deux sens. 

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Les consolations de l'existence : 4 - L'excitation amoureuse - Madame Bovary

10 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Lorsque l’on est amoureux, on peut avoir des attentes, on peut apprécier ou rechercher certaines valeurs, récompenses, dévouements ou un certain sens. Mais l’une des principales caractéristiques de cette passion est l'excitation, une forme d'intoxication ou d'ivresse, à la fois de l'esprit et du cœur. Gustave Flaubert, dans Madame Bovary, nous propose une description classique de ce phénomène. Le comportement de son héroïne est tellement classique qu'il a même donné naissance à un concept: le bovarysme. Cela décrit une certaine tendance à s’échapper de la réalité en s'imaginant comme le héros ou l’héroïne d'une romance, plutôt farfelue et déconnectée de la factualité d'une situation objective.

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Les consolations de l'existence : 3 - Être immortel(e) - Dorian Gray

9 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

On est informé assez tôt sur l’avenir de Dorian Gray : « Il est d’une nature simple et belle. Ne le gâtez pas. N’essayez pas de l’influencer. Votre influence serait mauvaise. » Mais l’être humain n’est pas fait pour perdurer dans l’enfantillage ou au paradis. Ainsi notre héros découvre la réalité. Le plaisir des sens, le pouvoir de séduction, le frisson de la gloire, la multitude d’amours. Mais également l’inévitable vieillissement et la mort, le déclin de la grâce, l’orgueil et l’humiliation, la trahison et la jalousie, la colère et la haine, la confrontation au mal.

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Les consolations de l'existence : 2 - Être reconnu(e) - Martin Eden

5 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Martin Eden, le héros du roman de Jack London, est un jeune homme pauvre, sans instruction, c’est un matelot. Une rude vie en mer faite de labeur éreintant, de brutalités des chefs, d’ivrognerie et de bagarres. Il rencontre Ruth, jeune, riche et belle, une étudiante en littérature. Il tombe amoureux d’elle, et de la culture à laquelle il n’a jamais eu accès. Il décide de devenir écrivain, avec Ruth comme guide. Mais elle décline ses avances puisqu’il ne peut lui garantir de confort matériel.

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 1 - Être aimé(e) - Cendrillon

5 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Dans: Consolations 

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Voir les problèmes pour s'alléger

4 octobre 2017 par jerome lecoq

Problématiser pour ouvrir

Pourquoi peut-on dire que "problématiser" c'est se rendre la vie plus légère ? Si l'on renverse la question on peut se demander "Qu'est-ce qui rend la vie plus lourde qu'elle ne l'est déjà ?" Il se peut que nous exagèrions l'ampleur des obstacles qui se trouvent sur notre chemin, que nous nous donnions des objectifs trop ambitieux et irréalistes par rapport à nos capacitées réelles, à notre marge d'action, à notre pouvoir d'influence et d'action sur notre environnement direct.

Dans: La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Sur le management Dissertation 

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Martyr ou génie ?

4 octobre 2017 par jerome lecoq

"What the age needs is not a genius but a martyr, who in order to teach men to obey would himself be obedient unto death." (S. Kierkegaard)
“Ce que réclame l'époque n'est pas un génie mais un martyr : un homme qui pour enseigner aux hommes à obéir obéirait lui-même jusque dans la mort.” (S. Kierkegaard)

 

Le génie est admiré pour son oeuvre qui éclaire l'humanité de sa profondeur. Mais comment se comparer à un génie ? La différence du génie au commun des mortels est aussi infranchissable que celle de de l'homme à l'aigle, s'il s'agit de voler. C'est d'ailleurs bien pour cela que l'on ne peut envier un génie : il a ce que nous serions bien incapable d'avoir, on ne peut donc que l'admirer sans vouloir le suivre, le génie est pure singularité.

 

Dans: Aphorismes Dissertation 

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Diagnostic d'équipe par la philosophie

2 octobre 2017 par jerome lecoq

La consultation collective pour faire un diagnostic des compétences transverses et attitudes à travailler

Je fais régulièrement des ateliers* de pratique philosophique dans les entreprises. Il s'agit, en groupe et en quelques heures, de faire travailler les collaborateurs sur un sujet quelconque, comme un conte, une question collective ou une mini-conférence à l’issue de laquelle je pose des questions aux participants. 

Dans: La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Philosophie pratique en entreprise Profils philosophiques 

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Pourquoi la philosophie fait-elle peur ?

2 octobre 2017 par jerome lecoq

De mauvais souvenirs de l’école

La réaction initiale lorsque je propose à quelqu'un de participer à un atelier de pratique philosophique est : "ce n’est pas pour moi je n’aimais déjà pas la philo au lycée". La philosophie impressionne, elle vous regarde de haut. Pourquoi ?

Premièrement probablement par sa difficulté. Les textes auxquels nous avons été confrontés au lycée ont pu nous paraître inabordables, abrupts, abstraits et obscurs. Un texte philosophique ne se laisse en général pas saisir à la première lecture. Lorsque vous entendez le mot “philosophie” c’est comme si du même coup vous toisaient du regard, du haut de leur piédestal, Kant, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza et Sartre et qu’ils vous demandaient de surcroît : “qui es-tu toi pour prétendre penser avec nous ?” C’est un peu comme de se comparer à Michael Phelps* alors que vous débutez la natation : il y a de quoi se décourager et passer à autre chose.

 

Dans: Philosophie et psychologie Dissertation 

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Que signifie : "être légitime" ?

29 septembre 2017 par jerome lecoq

On dit par exemple d'une personne qu'elle est légitime à une fonction lorsqu'il y a un consensus autour d'elle pour dire qu'elle a les compétences, les qualités et l'expérience requis pour ce poste. Être légitime c'est par conséquent un jugement subjectif mais très partagé sur la conformité d'une personne, d'un fait, d'une proposition ou d'un argument par rapport à une loi ou une règle tacite. En effet si la règle était juridique on dirait simplement que c'est légal et pas légitime. 

Dans: Dissertation 

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La consultation philosophique pour les gens "débordés"

28 septembre 2017 par jerome lecoq

L’hyper-concentration et la “vectorisation*” de la pensée induite par la consultation philosophique permet d’oublier momentanément ses problèmes et de donner un coup de balais dans son esprit. Après quelques séances l’esprit est à nouveau clair pour fonctionner efficacement et ne plus se laisser polluer par tous ces parasites qui surchargent nos processus mentaux et nous font nous faire du souci pour rien.

En ceci la consultation philosophique constitue une forme de méditation active.

Premièrement elle oblige à se concentrer sur une nombre très limité de choses, de concepts ou de phrases. La conceptualisation en particulier, oblige à trouver un seul mot derrière une proposition, ce qui constitue son essence. Une fois le mot trouvé il agit puissamment sur l'esprit comme un aimant qui attire à lui d'autre concepts, il creuse une espèce de trou ou produit un appel d'air qui fait respirer la pensée et réorganise le sens autour de ce mot.

L'extrême attention du Sujet que requiert la consultation l'oblige à évacuer tout ce qui est extérieur au dialogue. Toutes les tâches exigées par l'entraîneur-philosophe-praticien nécessitent l’engagement existentiel du Sujet, son corps et son esprit, qu’il s’agisse de répondre à une question en une seule phrase, de trouver un lien conceptuel entre des propositions, de poser une question claire et non rhétorique, de faire une objection sur un point précis ou de voir un problème dans une proposition.

En temps normal l'esprit du Sujet va dans tous les sens, il est éparpillé dans plusieurs tâches, entre plusieurs opérations mentales sans lien entre elles et pour lesquelles il s'est donné une obligation, qu'elle soit professionnelle ou personnelle. Au travail il se peut qu'il soit amené à faire des tâches qui nécessitent de la concentration et de la réflexion. Mais il est tellement souvent interrompu par d'autres "priorités" qu'il a l'impression de stagner, de faire du sur-place, et d'empiler les to do lists sans être sûr ni que ces tâches ont vraiment du sens, ni qu'une fois accomplies elles seront utiles à quelqu'un. Il y a donc une forme de perte de sens, d'absurdité, amplifiée par le fait que souvent les tâches qui sont demandées s'insèrent dans un projet ou un programme dont on ne connaît pas la finalité. Ainsi nous avons une intuition vague de contribuer mais nous ne savons ni à quel niveau ni à quelle importance. Notre contribution est dissoute dans la masse des projets ce qui procure un sentiment d'aliénation.

Au contraire travailler sa pensée redonne au Sujet une forme de contrôle sur lui-même et sur sa vie, avec le sentiment qu’il augmente la puissance de penser et d’exister ce qui a pour effet secondaire non négligeable de provoquer une forme de joie subtile.

Deuxièmement le Sujet se débarrasse de toutes ses ruminations, il élague ses phrases de tous les mots parasites qui les surchargent, il stoppe les processus mentaux annexes liés à la peur du jugement sur soi : “Que va-t-on penser de moi ? Suis-je bien certain de ce que j’avance ? Est-ce que je ne vais pas le blesser si je dis cela ? Est-ce qu'il cessera de m'aimer si je lui dis la vérité ? J’aurai l’air ridicule si je me trompe…”

La première urgence pour penser est de faire cesser l’urgence

Toutes ces questions qui ne sont pas de vraies questions mais des inquiétudes, des anxiétés, disparaissent car le praticien vous intime de répondre à la question qui est importante ici et maintenant, celle du dialogue en cours. Tout le reste disparaît : il faut faire le travail même si cela nous apparaît secondaire ou moins “vital”. La première urgence pour penser est de faire cesser l’urgence. On apprend à lâcher son coup, à dire les choses sans prendre toutes les précautions oratoires et sans craindre la réprobation du professeur, du manager ou du collègue. On s'engage dans des hypothèses mêmes hasardeuses et on se risque à penser : pour penser il faut s'engager dans l'incertitude et pas faire le bon élève. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les bons élèves ont souvent du mal avec la philosophie et a fortiori avec la pratique philosophique. (La bonne élève)

Ni futur ni passé dans cet exercice : seule la force de la pensée qui se déploie ici et maintenant, avec ce que nous sommes et pas ce que nous fûmes ou ce que nous voudrions être

Troisièmement le philosophe-praticien, par ses questions incisives, oblige le Sujet à être de plain-pied avec lui, à être présent à lui-même et à autrui sans se laisser distraire par tout ce qui pourrait l'en sortir. Ni futur ni passé dans cet exercice : seule la force de la pensée qui se déploie ici et maintenant, avec ce que nous sommes et pas ce que nous fûmes ou ce que nous voudrions être. Le praticien est dans la tête du Sujet et le Sujet est dans la tête du praticien.

C'est la raison pour laquelle je recommande cet exercice particulièrement quand nous sommes débordés, perdus, "sous l'eau" : il donne de l'air, il permet une respiration au prix il est vrai d'un court mais réel moment de désorientation.

 

Quand on est débordé, quand on ne sait plus où donner de la tête c'est que l'on a renoncé implicitement à faire des choix et petit à petit voilà que nous renonçons même à toute hygiène mentale. Nous nous donnons bien cet espace de liberté pour notre corps, lorsque nous allons à la gymnastique ou à quelque autre sport, alors pourquoi ne nous le donnons-nous pas pour notre esprit ? A priori ce dernier est au moins autant utilisé que notre corps au quotidien, enfin j'ose l'espérer pour la plupart d'entre nous. A moins qu'il ne soit complètement laissé en jachère auquel cas il convient de le remettre au travail avant qu'il ne soit définitivement trop tard.

 

 * Pendant une consultation, on demande d'appliquer sa pensée sur un object précis (un concept par exemple), dans une direction précise (faire le lien entre ce mot et un autre concept) et avec une intensité maximum (faire une phrase courte). La vectorisation est une métaphore tirée des sciences physiques où un vecteur symbolise une force avec une origine, une direction, un sens et une intensité.

Dans: De la discussion au dialogue Philosophie pratique en entreprise 

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Plutôt le malheur que l'ennui

28 septembre 2017 par jerome lecoq

"Le malheur leur est nécessaire. Ils ne connaissent meilleur remède contre l’ennui. Ils ignorent cependant que le remède au malheur est l’ennui." (O.B.)

Pourquoi certains considèrent-ils que le malheur est un remède contre l'ennui ? Comment arrivent-ils à plus valoriser le malheur que l'ennui ? Pourquoi l'ennui est-il la chose la pire au monde ?

Probablement parce que l'ennui c'est le vide, le néant et que la nature ayant horreur du vide, ils cherchent à le combler par tous les moyens, y compris le pire.

Dans le malheur il y a souffrance. Mais cette souffrance ne saurait rester silencieuse, privée et intime : il leur faut en faire la publicité, elle se doit d'avoir un côté dramatique voire dramaturgique. Le malheur se scénarise, se met en scène : or quel meilleur remède contre l'ennui que le théâtre avec ses intrigues, ses “coups de théâtre”, ses quiproqui, ses explosions émotionnelles ses scènes d'anthologie ? Qu'il soit comédie ou tragédie, le spectacle de leur malheur les distrait aisément de leur vide.

Mais nous dira-t-on, pourquoi ne recherchent-ils pas le bonheur ? Mais parce que comme disait Rousseau : "Rien ne m'ennuie plus que le bonheur". Le bonheur ne dure jamais parce qu'il est calme, volupté, flux, douceur, torpeur...tout ceci est lisse, sans histoires, sans aspérités, sans dramaturgie...quel ennui que ce bonheur finalement.

Avez-vous jamais vu une bonne pièce ou un bon film dans lequel les personnages sont heureux du début à la fin ? Pourquoi les journalistes s'intéressent aux choses qui vont mal dans ce monde et pas à celles qui vont bien ? J'entends toujours ces gens qui s'en plaignent : mais ils sont les premiers à lire des polars, à rechercher le sensationnel.

Le malheur leur est nécessaire pour ne pas s'ennuyer. Il leur faut dire du mal, faire du mal, vivre le mal plutôt que d'affronter le mal des maux, le grand Mal : l'Ennui.

Mais arrêtons-nous y un peu ? Qu'y a-t-il de si terrible dans l'ennui que nous n'acceptions d'y séjourner même un instant ? Est-ce l'ennui qui nous ennuie ou bien ce qu'il laisse survenir ?

S'ennuyer signifie n'avoir rien à faire, n'être intéressé à rien, avoir une diminution de la "puissance d'exister" comme le dirait Spinoza. De ce point de vue il serait une forme de tristesse, de dépression, de rabougrissement de l’âme. Quand on s’ennuie on n’est pas dans les choses, on n’est pas dans le monde, on n’est nulle part. A ce moment, quand l’intellect n’a plus rien à quoi appliquer ses catégories, quand aucun problème ne vient attirer son attention, aucune résistance sur laquelle la pensée pourrait s’appuyer pour se construire et se développer, à ce moment l’imagination prend le relais et nous commençons à rêvasser, à rêver éveillé.

C'est l'élève en classe pour qui le soliloque du maître commence à se perdre dans un arrière fonds sonore indifférencié qui le berce. Certains s'endorment ce qui est un remède certes radical mais efficace contre l'ennui. D'autres laissent leur imagination vagabonder et se font des films dans leur tête, ils regardent par la fenêtre et s'amusent à regarder les pigeons avec leur drôle de démarche et voient des formes d'animaux dans les nuages.

D'autres encore cherchent à attirer l'attention sur eux en embêtant leurs voisins, en lui jetant une boulette dans le cou ou en faisant tomber son stylo exprès ou encore en poussant son coude pour qu'il fasse des ratures, jusqu'à ce qu'une mini-crise l'oblige à se calmer et à s'ennuyer à nouveau.

S'ils acceptaient de s'ennuyer, de passer outre l'inconfort de se retrouver face à eux-même sans avoir rien à faire ni rien à penser ni rien à expérimenter ni rien à consommer alors ils commenceraient à se poser des questions, à commencer par la plus essentielle : "pourquoi est-ce que je m'ennuie ?" Puis ils commenceraient à regarder le monde d'une manière différente, en observant le relief des choses et en se demandant leur raison d'être. Ils se demanderaient : “pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?”. Et comme ils verraient qu'il y a quelque chose et qu’ils sont bien là pour le percevoir, ils se demanderaient encore : ‘quel sens puis-je donner à tout cela ? Qu'est-ce que je pourrais bien faire de toute cette existence que l'on m'a donnée sans mode d'emploi ?" Ils ne seraient pas plus malheureux mais il seraient curieux, pas tristes ou déprimés mais intellectuellement éveillés et esthétiquement attentifs à la beauté du monde. Ils convertiraient leur regard de l'utilitarisme à l'esthétique.

 

Dans: Aphorismes 

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La famille, ce merveilleux alibi

27 septembre 2017 par jerome lecoq

"La famille, quel alibi merveilleux ! Même le pire ou l’insensé se trouve sublimé. Ou justifié." (O.B.)

Qui n'a pas un jour refusé une invitation prétendant qu'il avait un "déjeuner de famille" ou qu'il devait s'occuper de ses enfants. Qui oserait remettre en question le souci légitime que chacun devrait avoir pour sa famille ?

Et pourtant n'est-ce pas là une excuse toute trouvée pour éviter de dire à l'autre : “non je n'en ai pas envie, je ne le désire pas, cela m'ennuie” ?

 

Dans: Aphorismes 

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Ceux qui parlent beaucoup et les autres

26 septembre 2017 par jerome lecoq

"Les gens parlent beaucoup parce qu’ils se comprennent bien. Les gens parlent beaucoup parce qu’ils ne se comprennent pas. Ou alors ils parlent peu, ou pas du tout." (O. Brenifier)

Quand on se comprend bien on est sur la même longueur d’onde : on n’a pas besoin d’expliquer pourquoi on dit ce que l’on dit et on partage des jugements, des expériences car on sait que l’autre va y trouver un écho et pourra même peut-être y donner un sens que nous n’y avions pas vu. L’autre me comprend, il me connaît donc d’une certaine manière et sait dire pourquoi je dis ce que je dis. Il a vécu des expériences similaires et peut me dire ce qu'il en a tiré comme enseignements et me les proposer. 

Dans: De la discussion au dialogue Aphorismes 

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Que peut la pratique philosophique pour l'entreprise ?

26 septembre 2017 par jerome lecoq

Dans cette interview Jérôme Lecoq, philosophe-praticien, explique au journaliste en quoi la philosophie appliquée en entreprise permet d'adopter de nouvelles attitudes en instaurant un dialogue authentique et rigoureux dans les équipes.

- Bonjour Jérôme vous êtes philosophe-praticien. Que cela signifie-t-il ?

- Et bien c’est avant tout une manière rigoureuse de dialoguer avec autrui pour apprendre à mieux se connaitre, seul ou en groupe, en utilisant les principes de la raison et en adoptant des attitudes philosophiques. Je suis très inspiré de l’exemple de Socrate.

- Quelles sont les spécificités de ce dialogue ?

- c’est un dialogue où nous allons à la fois travailler des compétences comme le questionnement, la synthèse, l’explication, l’argumentation mais aussi adopter des attitudes comme l’authenticité, la confiance, la souplesse intellectuelle.

Dans: Philosophie pratique en entreprise 

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Les consolations de l'existence : 7 - Inventer la réalité - Les lettres de mon moulin

26 septembre 2017 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Inventer la réalité

Dans son recueil d'histoires courtes intitulé «Les lettres de mon moulin», l'auteur français du 19ème siècle Alphonse Daudet relate l'histoire de Maître Cornille, une anecdote simple et touchante de Provence. À cette époque d'industrialisation, les usines remplaçaient rapidement les moulins à vent traditionnels pour broyer le grain : étant plus productifs et moins chers, les meuniers abandonnaient leurs activités. 

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Quel est votre profil philosophique ?

26 septembre 2017 par jerome lecoq

Apprendre à penser autrement

Après quelques années de développement de la pratique philosophique et en constatant les différents problèmes que nous avions chacun pour penser, j'ai identifié dix-neuf “profils philosophiques” ou “schémas existentiels” qui définissent une manière de penser (ou plutôt de non-pensée en ce qu’ils traduisent nos difficultés à penser) et de nous relier au monde.

Ces profils ou schémas de pensée peuvent vous paraître assez “négatifs” et c’est normal parce qu’ils se sont révélés en tant que problèmes face à des exercices pour apprendre à bien penser. Ce ne sont pas des profils que l’on a envie de choisir spontanément parce qu’habituellement nous aimons bien nous faire plaisir et nous illusionner.

Ils reflètent néanmoins ce que j’ai constaté au cours de mes consultations où je confronte les gens à leurs difficultés face à la pensée. Voyez les d’un point de vue archétypal et dialectique et non psychologique et fixiste.

Dans: Profils philosophiques 

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Le codéveloppement philosophique en ligne

25 septembre 2017 par jerome lecoq

Tous les lundis soir pendant 10 semaines c'est : entrainement à la pensée, en ligne et en groupe avec le "codéveloppement philosophique".

Une formation originale

Je lance une formation en ligne originale, entre le coaching, la formation et la philosophie, le codéveloppement philosophique.

 C'est un programme court et intensif de 10 séances de "pratique philosophique" en petits-groupe qui permet de développer les compétences et attitudes de la pensée, en ligne.

Le programme débute le lundi 9 octobre 2017 jusqu'au 11 décembre 2017. Les séances se dérouleront chaque lundi soir de 19h30 à 21h30 pendant 10 semaines. Vous aurez la possibilité de déplacer deux séances si vous avez des problèmes d'agenda. Si donc vous êtes constant(e) vous disposerez en fait de 12 séances.

Le tarif est fixé à 190 EUR en tout pour les 10 séances (ou 12).

 

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