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Thèse : la Consultation Philosophique Socratique

19 novembre 2020 par jerome lecoq

Pour tous ceux que cela intéresse, voici ma thèse de philosophie ainsi que les deux rapports des pré-rapporteurs qui expliquent pourquoi ils ont refusé que je la soutienne.

 

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15 raisons pour lesquelles nous aimons nos obligations

6 novembre 2020 par jerome lecoq

 

Il parait paradoxal de dire que nous "aimons" nos obligations puisque par définition une obligation est une chose que nous faisons en dépit de notre désir, de notre liberté, donc en général de notre plaisir. Pourtant, à y regarder de plus près, nous pouvons aussi aimer "être obligés" pour ces raisons que je vais ici énumérer.

 

1 - Parce que les obligations nous dispensent de choisir. Nous nous soumettons par "servitude volontaire" comme disait La Boétie à une obligation, ce qui nous dispense de choisir. Or choisir c'est aussi renoncer et par conséquent limiter notre désir de "tout faire", notre avidité naturelle.

Concept : avidité

 

2 - Nos obligations sont souvent de petites tâches que nous faisons de manière répétitive et qui peuvent nous donner une satisfaction relativement rapide dans la mesure où leur difficulté n'est pas importante. Par exemple on est satisfait de la propreté de la cuisine après l'avoir lavée, on a l'esprit plus tranquille.

Concept : satisfaction

 

3 - Parce qu'elles constituent une routine et que la routine cela rassure les personnes qui craignent ou n'aiment pas le changement.

Concept : réassurance

 

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Pourquoi un sentiment n'est pas a priori respectable

5 novembre 2020 par jerome lecoq

Doit-on respecter un sentiment ?

Je me suis posé la question à propos des réactions d'indignation des croyants face au blasphème que constitue pour eux le fait de dessiner des caricatures de Mahomet. J'ai lu dans un article que la législation européenne prévoyait un "droit de respecter le sentiment d'indignation". Je ne rentrerai pas dans la polémique sur la liberté de blasphémer mais je trouve intéressant de se poser la question "doit-on respecter un sentiment ?" au-delà de la brulante question d'actualité à laquelle ce prétendu "devoir" renvoie.

 

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12 raisons pour lesquelles nous compliquons les choses

22 octobre 2020 par jerome lecoq

 

1 - Un discours compliqué a l'air intelligent à peu de frais : il nous suffit de rajouter des mots savants et d'apposer des idées les unes après les autres sans nous contredire. Cela nous fera passer pour savants sans avoir à faire beaucoup d'efforts.

Concept : image

2 - Nous sommes avides et ne choisissons pas entre nos désirs ce qui nous pousse à vouloir tout faire à la fois. Immanquablement nous manquons de temps, nous nous précipitons, commettons des erreurs et accumulons les nouvelles tâches à faire. Cela fait boule de neige et finit par rendre notre vie compliquée car il y en a dans tous les sens.

Concept : avidité

3 - Nous ne prenons pas le temps de réfléchir sur ce que nous disons et nous répétons donc la même chose ce qui est une forme de complication. Ou bien nous nous contredisons sans nous en rendre compte ce qui rend notre discours incohérent et donc compliqué pour nous-mêmes et les autres.

Concept : précipitation

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La passion de la complication

19 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Simplification de l'administration, des procédures, de notre expression, de notre vie, de nos besoins, de nos désirs, de nos relations...si nous souhaitons autant simplifier c’est bien parce que tout est compliqué, surtout en France, le pays du millefeuille administratif, de l’orthographe dont la règle est l’exception, des acronymes pour tout et n’importe quoi, de l’empilement incessant des lois, des niches fiscales et autre comités Théodule…

Il semblerait que nous goutions peu aujourd’hui cet appel à la simplicité : c’est qu’en effet pour nous l’« homme simple » est peu cultivé, a des centres d’intérêt très limités et des manières rudimentaires. Quand nous disons « ce sont des gens simples » nous ne sommes pas loin de dire qu’ils sont stupides et ignares.

Dire de personnes qu’elles sont « simples » permet immédiatement de nous hausser à un niveau de sophistication plus élevé ce qui nous flatte. Il sera alors facile de prétendre que « nous aimons les gens simples » car nous pouvons alors exercer librement notre paternalisme, comme on le voit avec ces aristocrates dans les romans de Proust qui n’aiment rien tant que de bavarder avec leurs « gens » sur leurs terres alors qu’ils exècrent les bourgeois nouveaux-riches qui prétendent accéder à la culture eux aussi.

La simplicité a ainsi ce statut paradoxal d'être repoussante pour nous-même mais recherchée chez les autres : nous aimons les gens simples parce qu'ils sont faciles à comprendre, faciles à vivre, à manipuler et contrôler aussi probablement, prévisibles et inoffensifs, aimables.

Mais nous, nous ne voulons pas être simples : nous voulons être "complexes" car cette complexité est synonyme de sophistication, d'intelligence, de paradoxes, de subtilité et donc de profondeur auto-proclamée, même si nous serions bien en mal de la sonder (car nous aurions bien peur de toucher très vite le fond).

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Peut-on se mettre à la place des autres ?

13 octobre 2020 par jerome lecoq

 

 

Pourquoi voudrait-on d'abord se mettre à la place des autres ?

On peut vouloir se mettre à la place des autres de manière consciente et « stratégique ».

Education, apprentissage.

Si je veux expliquer une règle de grammaire à ma fille de 10 ans je dois me mettre à sa place en faisant fi des connaissances que j'ai par ailleurs afin de comprendre ce qu'elle ne comprend pas et d'utiliser les mots et concepts qui sont à sa portée. Je me mets à sa place dans le sens où je n'utilise que ses connaissances et feins d'ignorer ce que je sais.

On voit dans cet exemple que se mettre à la place d'autrui est un effort sur soi car l'environnement cognitif d'autrui n'est pas nécessairement le mien.

 

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Peut-on encore penser la mort ?

6 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Le grand refoulement

Tout est fait dans notre société pour qu'on ne pense pas à la mort : on meurt aujourd'hui à l'hôpital car on finit en général par être dépendant avant de mourir, ce qui suppose une unité de soin pour accueillir le mourant. Ceux qui sont proches de la mort, les vieux et les malades, bénéficient de structures dédiées où ils sont mis à l’écart des vivants. 

Nous vivons aujourd'hui une crise sanitaire qui nous pousse à restreindre nos libertés par crainte de la mort (plutôt celle de nos anciens que la nôtre).

Dans la plupart des civilisations la mort est représentée comme une figure lugubre, malfaisante, insensible, désincarnée, inhumaine et froide.

Pour une société de consommation, la mort ne fait pas vendre, elle repousse, elle est même le repoussoir ultime.

Jeunes, nous n'y pensons pas car nous nous imaginons immortels, c'est pourquoi la mort d'un jeune a toujours un effet de sidération dans l'entourage. Adultes nous n'y pensons pas beaucoup plus car nous construisons notre vie : achetons une maison, faisons des enfants, bâtissons notre carrière. Tout est tourné vers l’activité, l’action, la construction, la planification de l’avenir et notre « bonheur » en ligne de mire.

Nous commençons à y penser quand nos parents s'en rapprochent et finissent par mourir. A ce moment se profile l'horizon de notre propre mort. 

Dans: Mort 

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Est-il illusoire d'espérer le bonheur au travail ?

29 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Cadre contraint

Le travail reste par définition une activité contrainte par les impératifs de survie économique : travailler implique, en ce qui concerne le salarié, de mettre à disposition de son employeur sa force de travail dans le cadre d'un contrat qui régit des obligations réciproques, la principale pour l'employeur étant de lui verser un salaire et pour l’employé d’accepter un lien de subordination. La subordination est une restriction très claire de la liberté, c’est une banalité qu’il est utile de rappeler néanmoins, à entendre certains discours lénifiants sur l'"entreprise libérée”.

On peut être super-copain avec son boss ou aimer comme un père son employeur, ce dernier n'hésitera pas à vous “laisser-partir” (let go) comme on dit pudiquement dans le monde anglo-saxon, au premier retournement de situation économique. Une entreprise a, pour survire, besoin de vendre ses produits et services plus chers que ce qu'ils lui coûtent à produire, c'est incontournable, sauf exceptions d'entreprises renflouées par les subsides publiques (donc in fine par le contribuable, qui n’a pas trop le choix).

Dans: Travail 

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Peut-on être l'auteur de sa vie ?

4 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Au début des années 80, Michel Foucault revenait aux origines de la philosophie grecque en redécouvrant les exercices spirituels, après que Pierre Hadot ait initié le mouvement. Il analysait le style du parrèsiaste dont l'incarnation était Socrate, qui disait la vérité quoi qu'il lui en coûte. Il passait également en revue les exercices spirituels de l'antiquité comme l'examen de conscience ou la méditation et en concluait qu'ils étaient des moyens authentiques de se transformer soi-même par un travail rigoureux. Il évoquait même l'idée inachevée de "faire de sa vie une oeuvre d'art" ce qui impliquait que nous soyons à la fois l'artiste et l'oeuvre en cours de construction. Il ne donnait pas les moyens concrets de se mettre à l'ouvrage cependant.

Dans: Vie 

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Les ateliers de la pensée en ligne

9 juin 2020 par jerome lecoq

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 9, mercredi 10 et jeudi 11 juin prochains de 20h30 à 22h00 par Zoom.

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser
- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser
- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections
- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail
- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Les ateliers de la pensée

30 mai 2020 par jerome lecoq

 

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 juin prochains de 20h30 à 22h00.

 

 

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser

 

- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser

 

- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections

 

- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail

 

- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Comment questionner un enfant ?

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous convie à un atelier en ligne par visioconférence de dialogue philosophique avec vos enfants (de 8 à 12 ans).

Les enfants sont des interlocuteurs de choix lorsqu'il s'agit de réfléchir sur des sujets existentiels. Cependant il faut savoir leur poser des questions efficaces et travailler leurs attitudes qui sont aussi une manière pour eux de répondre, même s'ils ne disposent pas toujours des mots pour le faire.

Lors de cet atelier par visioconférence, je questionnerai plusieurs enfants afin de vous montrer les différentes compétences que vous pouvez mettre en oeuvre en dialoguant avec eux de manière rationnelle.

Ces compétences sont notamment :

faire confiance à sa propre pensée, à ses propres idées
se poser, réfléchir, trouver des idées par soi-même
prendre un problème de manière méthodique
utiliser des arguments de bon sens
écouter ses propres réponses et celles des autres
voir les problèmes dans ses propres réponses et celles des autres
apprendre à poser des questions à soi-même et aux autres

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine (sauf mercredi qui est une session pour les enfants) du 25 au 29 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/87329624115

Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

18 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine du 18 au 22 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/88573274223

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

10 mai 2020 par jerome lecoq

 
 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 11 au 15 mai 2020 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons une compétence particulière de la pensée :
 
  • lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art
  • mardi : interpréter et argumenter autour d'un conte philosophique
  • mercredi : répondre à une question existentielle
  • jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
  • vendredi : questionner une affirmation

    Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

    https://us02web.zoom.us/j/89079611878

    Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

    Comme vous pouvez le remarquer il n'y a pas vraiment de thème au cours de ces ateliers parce que ce n'est ni un cours de philosophie, ni un débat d'opinions ni une conférence délivrant des conseils de sagesse.

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Tous les jours un atelier pour penser ensemble

14 avril 2020 par jerome lecoq

 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 13 au 17 avril à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est.
 
Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :
 
- lundi : identifier les présupposés dans une question afin de poser la question d'après
- mardi : répondre à la même question de plusieurs manières différentes en partant d'un conte philosophique
- mercredi : répondre à une question de réflexion en la problématisant
- jeudi : je ferai une démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
- vendredi : analyser une situation concrète en identifiant les problèmes qu'elle contient.

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De la philosophie comme combat

18 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Impuissance de la philosophie

Que signifie aujourd'hui "philosopher" pour le sens commun ?

Réfléchir sur des notions générales de manière rigoureuse, en argumentant, en traitant des objections, en se questionnant ou en se faisant questionner si on implique d'autres personnes dans cette activité. On n'échappe pas en général à la citation des grands philosophes qui ont tous eu une réflexion pertinente à propos de ce que l'on discute.

C'est une activité intellectuelle qu'on aura peut-être eu l'occasion de découvrir avec plaisir ou avec effroi (c'est selon) lors de notre classe de Terminale, voire dans les études supérieures pour les quelques étudiants qui iraient encore se hasarder dans une voie professionnellement assez bouchée. En dehors de cette période bénie ou maudite, que reste-t-il aujourd'hui de l'activité philosophique pour celui qui n'en fait pas sa vocation ? Probablement guère plus que celui qui a fait des sciences physiques en terminale, bien que cette dernière matière ait l'avantage sur la philosophie d'occuper au moins cinq ans (contre un an pour la philo) dans notre cursus scolaire. Donc il ne restera quasiment rien.

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Aimer et mourir

14 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Mort -

Juste avant de mourir, il découvrit l'amour. Sans doute était-il déjà mort. (O.B.)

 

Nous savons par les témoignages des infirmières des centres de soins palliatifs qu'à l'approche de leur mort imminente, de nombreuses personnes regrettent, demandent d'avoir plus de temps pour faire ce qu'elles pensaient ne pas avoir encore fait. Beaucoup parlent de "passer plus de temps avec leurs proches", de "leur dire qu'elles les aiment", ou encore de se réconcilier avec cet ami perdu de vue pour un différend futile.

L'esprit se met à penser aux choses essentielles, le coeur s'ouvre à la générosité. Certains découvrent l'amour, le don, l'attention à autrui, eux qui étaient de leur vivant constamment tournés vers eux-mêmes.

Dans: Amour 

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S'inquiéter de ses croyances

11 décembre 2019 par jerome lecoq

 

"Ils se soucient de leur ignorance et de leurs incertitudes. Leurs savoirs et leurs croyances devraient les inquiéter." (O.B.) 

 

Débusquer ses croyances infondées

Effectivement ce que nous tenons pour vrai à tort est plus dangereux que ce que nous ignorons, que cette ignorance soit partielle ou totale (ce dernier cas étant le pire car nous ignorons même le fait que nous ignorons).

Si en effet nous pensons savoir quelque chose, si donc nous la croyons à tort, nous agirons comme si cette chose était un fait, nous lui ferons confiance et notre action ne sera un succès que de manière accidentelle mais plus certainement un échec, voire une catastrophe. Le commandant du Titanic croyait qu'il ne rencontrerait pas d'icebergs dans la zone de l'Atlantique qu'il choisit de pénétrer pour accélérer son trajet : sa croyance eut des conséquences fatales.

Je sais que je mourrai un jour et je crois que cela ne changera pas la face du monde. Je me soucie de l'incertitude de mon avenir matériel prochain. Est-ce que je devrais plutôt m’inquiéter de mon “savoir” à propos de ma mort ? Après tout peut-être que je ne mourrai jamais ? D'ailleurs les mots que j'écris je vais les publier, ils seront archivés, ils seront peut être retrouvés dans 10 000 ans par un archéologue qui pourra témoigner que des philosophes-praticiens ont existé à Paris en 2019 et écrivaient. D'une certaine manière je ne mourrai jamais puisque d'autres gens pourront reparcourir ma pensée, c'est en tous cas possible donc ma mort n'est pas une certitude dans tous les sens du terme même si elle l'est au sens physique. 

En me posant ces questions que d'aucuns jugeront vaines ou présomptueuses je me suis interrogé sur la trace d'une pensée et sa survivance dans l'esprit collectif, ce que je n'avais pas l'intention de faire au moment de commencer cet article.

Mon écriture, mon attention vers quelque chose que je trouvais sans intérêt car banal et certain, toujours vrai, m'a permis de penser quelque chose de nouveau, une nouveauté relative mais une nouveauté quand même. Si je m'étais plutôt inquiété de ce que je ne savais pas, par exemple si j'avais recherché des informations sur Internet concernant la circulation des trains ce dimanche où j'organise un séminaire, j'aurais pu faire de nouvelles conjectures, évaluer les risques que des participants annulent leur venue, me demander comment les gens allaient venir en cas de persistance de la grève mais je n'aurais pas découvert de nouvelle idée intéressantes.

Dans: Croyances et Préjugés 

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Mieux qu'un bilan de carrière, la synthèse de votre être

5 décembre 2019 par jerome lecoq




 

Miettes

Ils analysent, ils déconstruisent. Ils se précipitent sur les miettes et en font leur habitacle. (O.B.)

 

Si vous vous retournez aujourd'hui en milieu de parcours ou de “carrière”, comme j'imagine nombre d'entre vous le sont, voyez-vous une cohérence, une synthèse, une idée, derrière votre carrière ? Y a-t-il une ligne directrice ou bien vous êtes vous contenté.e de “rebondir” comme on dit aujourd'hui, de poste en poste, d'entreprises en entreprise, au gré des opportunitées qui s'offraient à vous ?

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ?

Si c’est le dernier cas votre parcours n’a pas plus de cohérence que celui d’une balle rebondissante. Elle ne rebondit pas au hasard car si on connaissait sa texture, son angle, sa vitesse et la configuration du sol ou pourrait prédire exactement l’endroit où elle rebondirait. Ainsi sont les gens qui agissent de manière spontanée : ils sont entièrement conditionnés pas leurs désirs, leurs croyance, leur sensibilité. C’est ce contre quoi Spinoza nous met en garde.

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ? Les avez-vous reconstituées en un tout cohérent ou vous êtes vous contenté d’être ballotté(e) au gré des vagues du monde économique et des affaires, des rencontres qui vous ont permis de passer d’une “boîte” à une autre, d’un projet à un autre ?

Faire la synthèse, et non le bilan comme on dit habituellement dans une vision finalement très comptable de la vie (qui est “une affaire qui ne couvre jamais ses frais” comme le disait Schopenhauer) me paraît tout à fait important et salutaire.

Dans: Synthèse 

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