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A-t-on raison d'avoir honte ?

11 février 2021 par jerome lecoq

 

Il est toujours difficile de dire si on a "raison" ou pas d'avoir un sentiment ou une émotion dans la mesure où la plupart du temps une émotion "nous vient" ou "nous traverse" sans que notre volonté n'ait rien à y faire.

La honte est une émotion complexe probablement plus primaire et archaïque que la culpabilité qui suppose un système moral déjà bien intégré. En général pourquoi avons-nous honte ?

Peur du regard d'autrui

Nous avons honte parce que nous sommes exposés au regard d'autrui en train de faire une action que celui-ci pourrait réprouver, comme par exemple de fouiller dans le sac de quelqu'un dans un vestiaire. La honte vient de manière fulgurante et prend tout notre être. Sartre disait qu'elle exprimait le désir symbolique de disparaitre du monde, d'être soustrait au regard d'autrui. C'est la raison pour laquelle l'invisibilité a toujours été un super-pouvoir nourrissant de nombreux fantasmes dans la littérature de fiction depuis l’Antiquité avec l’anneau de Gygès. Celui qui est invisible ne peut avoir honte car personne ne le voit.

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21 nuances de mensonge (Partie II)

9 février 2021 par jerome lecoq

 

11- Le mythe

Nous avons tous en tête des histoires collectives ou individuelles que nous aimons nous raconter afin de nous procurer une identité. Ce mythe est le résultat d'un polissage avec le temps qui a fait qu'il possède différentes versions selon l'effet que l'on recherche à obtenir sur nous-mêmes ou les autres.

Ce mythe sert en général de consolation, de justification ou de diversion à notre existence. Il vient illustrer de manière tout à fait opportune l'image que nous voulons renvoyer de nous-même, même s'il contient un corpus factuel à l'origine. Avec le temps, les apports et aménagements viennent se sédimenter afin de s'adapter aux circonstances et à l'auditoire et il devient difficile d'en retracer la genèse véritable. Ainsi on peut dire que toute réalité relève d'une fabrication chez l'homme : la différence tient au degré de crédibilité que le Sujet accord à tous ces mythes.

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21 nuances de mensonge (Partie I)

2 février 2021 par jerome lecoq

 

1 - La mauvaise foi

Une des formes les plus courantes du mensonge, la mauvaise foi est un mensonge conscient ou semi-conscient qui consiste à éviter, travestir, déformer ou nier la vérité. Elle survient lorsqu'un jugement nous est désagréable, lorsque notre opinion est menacée ou lorsque quelque chose nous inspire le dégout, la honte, l'irritation ou la tristesse. Elle va de pair avec une forme d'entêtement et peut confiner à l'absurde lorsque tout le monde, y compris le menteur, que ce qu'il dit est notoirement faux. Chez Sartre elle est le signe de celui qui prétend ne pas être libre par exemple chez le garçon de café ou le bon élève qui prétendent faire corps avec ce qui n'est qu'une fonction. A noter que la victimisation est une forme très à la mode de la mauvaise foi car c’est une manière assez puissante d’éluder à moindres frais sa responsabilité dans une action aux conséquences négatives.

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10 raisons pour lesquelles nous voulons être des victimes

29 janvier 2021 par jerome lecoq

 

Une victime est une personne qui a subi un dommage physique, psychologique, ou les deux à la fois, d'une autre personne ou d'une situation externe ou interne (maladie par exemple) et qui objectivement n'avait pas les moyens d'éviter ce dommage. Il ne s'agit pas ici de discuter du fait d'être une victime, objectivement ou non, ce qui poserait la question du consentement notamment pour les victimes d'abus d'autrui. Il est évident que personne n'a envie d'être une réelle victime d'un accident de voiture, d'un viol ou d'une chute de cheval.

Nous le voyons à travers le phénomène de l'antiracisme, des gilets jaunes, du mouvement « me too », des citoyens victimes des restrictions gouvernementales. Nous sommes tous victimes de quelqu'un ou quelque chose.

Légitime ou pas, ce phénomène est intéressant parce que se poser en victime révèle ce que nous désirons et ce que nous sommes

 

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10 raisons pour lesquelles nous mentons

26 janvier 2021 par jerome lecoq

 

1 - Autodéfense

Nous mentons par peur d'être confondus, d'être pris en flagrant délit de faute, de transgression. Il y a souvent une honte qui nous pousse à mentir de manière purement réactionnelle et automatique par instinct de survie, de protection de notre image, de notre intégrité sociale ou de notre honneur pour les personnes particulièrement fières. Les enfants le font très fréquemment lorsqu'ils savent qu'ils ont enfreint une règle des adultes, que ce soit à l'école, en famille ou dans la société en général.

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L'insatisfait

12 janvier 2021 par jerome lecoq

 

 Par Oscar Brenifier.

Certaines personnes souffrent d’insatisfaction chronique. Rien ne peut les satisfaire. A la fois elles aspirent fortement à la plénitude, à être comblées, et cela leur est impossible, ce qui reste assez cohérent. Car la mesure de leur espérance, de leur attente, détermine l’ampleur de leur déception, de leur désespoir. Les gens, le monde, la réalité, mais surtout eux-mêmes, bien que très souvent ils ne soient pas conscients du phénomène qui les habite, ne sauraient être à la hauteur de leurs expectatives. 

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Est-il possible de ne rien attendre des autres ?

11 janvier 2021 par jerome lecoq

 

NON

1 - Reconnaissance

Non des autres j'attends toujours au minimum qu'ils me reconnaissent, qu'ils attestent de mon existence en me reconnaissant comme une autre conscience. Car c'est à travers le regard d'autrui que je prends conscience de moi-même.

2- Respect

Non nous attendons des autres qu'ils nous donnent à priori la dignité de notre existence, qu'ils respectent la loi et notamment celle de ne pas nous agresser ou nous insulter, de ne pas empiéter sur notre liberté, de ne pas nous opprimer.

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Faut-il écouter ses désirs ?

6 janvier 2021 par jerome lecoq

 

Nous sommes des êtres désirants pensait Spinoza. La moindre des choses que nous désirions est de persévérer dans notre être, de développer notre puissance d’exister Mais voilà : notre puissance est limitée par la réalité, celle-ci vient faire obstacle à nos désirs, car ces derniers sont infinis tandis ce que notre pouvoir d’action sur la réalité est limité. Je ne peux pas être à deux endroits en même temps par exemple, ni faire en sorte que quelqu’un m’aime, ni voler ou être invisible.

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21 raisons pour lesquelles le dialogue est si difficile

22 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Définissons le dialogue : c'est un échange authentique entre deux consciences, ponctué de questions, de réponses et d'idées argumentées, qui n'exclut pas la critique. Un dialogue a pour but d'obtenir une meilleure compréhension de soi-même et d'autrui et implique une certaine confrontation dans l'ouverture à autrui.

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La philosophie peut-elle nous changer ?

21 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Disons d'emblée que l'on pourrait se demander de manière légitime si changer tout court est possible, philosophie ou pas. En effet il est fréquent d'entendre des amis qui ne vous ont pas vu depuis longtemps vous dire "tu n'as pas changé, je te reconnais bien là". Et en effet il semble que certains traits de caractère sont bien profondément ancrés en nous. Par exemple, pour une personne compétitive, difficile pour elle de s'empêcher de vouloir gagner dès qu'elle participe à un jeu qui produit des gagnants et des perdants.

Avons-nous autour de nous des exemples de connaissances qui ont modifié significativement leur comportement, leur vision du monde ? Et si oui quel fut le moteur de ce changement ? Personnellement je n’en ai pas.

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Le négatif peut-il être positif ?

20 décembre 2020 par jerome lecoq

 

On peut définir le négatif selon plusieurs registres.


Premièrement, dans le registre cognitif, le négatif prendra les formes suivantes : ignorance, contradiction, fausseté, confusion ou inadéquation.

Deuxièmement dans le registre psychologique on trouvera touts les émotions dites "négatives" car désagréables. Nous y trouverons donc : la peur, le dégout, la colère et la tristesse, sous toutes leurs formes nuancées.

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Pourquoi sommes-nous persuadés que nous savons bien penser ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Descartes disait que « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent »

Pourtant non seulement chacun pense avoir le sens commun mais en plus la plupart d'entre nous pense qu'il sait toujours déjà assez bien penser, c’est-à-dire qu’ils « appliquent bien » leur bon sens.

 

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Sommes-nous obsédés par les résultats ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

OUI

1 - Oui parce que nous faisons en général les choses pour qu'elles soient utiles. Par exemple je lis un livre parce que je veux des conseils pour mieux organiser mon temps. Si je ne trouve rien d'utile je vais commencer à craindre de perdre mon temps à lire ce livre et la crainte va m’obséder sur le fait de trouver quelque chose d’utile.

Concept : crainte, utilité.

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Penser, est-ce s'inquiéter ?

16 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Quand on voit les injonctions du développement personnel ou de la méditation pour "arrêter de penser" on découvre que pour de nombreuses personnes, penser signifie en fait s'inquiéter, se poser plein de questions et tourner en rond ou, dit de manière plus vulgaire "se prendre la tête". Or ceci est une manière de céder à la crainte en remplissant notre espace mental avec des idées souvent impuissantes car ni fondées objectivement ni solidement construites.

Pourtant penser, dans la tradition notamment socratique et celle de la pratique philosophique, est au contraire une activité qui, tout en étant active car exigeante et productive, procure des plaisirs subtils : prendre de la distance avec ses émotions, purifier nos connaissances, comprendre soi-même et autrui, construire et se lancer dans des hypothèses, trouver des concepts et poser des questions puissantes et porteuses.

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Avons-nous du mal à sortir de l'enfance ?

15 décembre 2020 par jerome lecoq

 

 

I - Oui

Premièrement l'enfance est un refuge heureux, pour la plupart d'entre nous qui a plutôt bien vécu son enfance.

1 - Nous avions l'amour inconditionnel de nos parents qui nous accompagnaient pour toutes les difficultés : apprendre à marcher, être propre, à s'habiller, nous tenir pour faire du vélo, etc. Nous l'avons surement oublié mais voilà probablement la seule époque de notre vie au cours de laquelle des adultes s'occupaient de nous intégralement et comblaient tous nos besoins immédiats : manger, dormir, nous réchauffer, avoir de l’affection, communiquer, nous déplacer, apprendre à comprendre le monde et nous-mêmes.

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Thèse : la Consultation Philosophique Socratique

19 novembre 2020 par jerome lecoq

Pour tous ceux que cela intéresse, voici ma thèse de philosophie ainsi que les deux rapports des pré-rapporteurs qui expliquent pourquoi ils ont refusé que je la soutienne.

 

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15 raisons pour lesquelles nous aimons nos obligations

6 novembre 2020 par jerome lecoq

 

Il parait paradoxal de dire que nous "aimons" nos obligations puisque par définition une obligation est une chose que nous faisons en dépit de notre désir, de notre liberté, donc en général de notre plaisir. Pourtant, à y regarder de plus près, nous pouvons aussi aimer "être obligés" pour ces raisons que je vais ici énumérer.

 

1 - Parce que les obligations nous dispensent de choisir. Nous nous soumettons par "servitude volontaire" comme disait La Boétie à une obligation, ce qui nous dispense de choisir. Or choisir c'est aussi renoncer et par conséquent limiter notre désir de "tout faire", notre avidité naturelle.

Concept : avidité

 

2 - Nos obligations sont souvent de petites tâches que nous faisons de manière répétitive et qui peuvent nous donner une satisfaction relativement rapide dans la mesure où leur difficulté n'est pas importante. Par exemple on est satisfait de la propreté de la cuisine après l'avoir lavée, on a l'esprit plus tranquille.

Concept : satisfaction

 

3 - Parce qu'elles constituent une routine et que la routine cela rassure les personnes qui craignent ou n'aiment pas le changement.

Concept : réassurance

 

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Pourquoi un sentiment n'est pas a priori respectable

5 novembre 2020 par jerome lecoq

Doit-on respecter un sentiment ?

Je me suis posé la question à propos des réactions d'indignation des croyants face au blasphème que constitue pour eux le fait de dessiner des caricatures de Mahomet. J'ai lu dans un article que la législation européenne prévoyait un "droit de respecter le sentiment d'indignation". Je ne rentrerai pas dans la polémique sur la liberté de blasphémer mais je trouve intéressant de se poser la question "doit-on respecter un sentiment ?" au-delà de la brulante question d'actualité à laquelle ce prétendu "devoir" renvoie.

 

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12 raisons pour lesquelles nous compliquons les choses

22 octobre 2020 par jerome lecoq

 

1 - Un discours compliqué a l'air intelligent à peu de frais : il nous suffit de rajouter des mots savants et d'apposer des idées les unes après les autres sans nous contredire. Cela nous fera passer pour savants sans avoir à faire beaucoup d'efforts.

Concept : image

2 - Nous sommes avides et ne choisissons pas entre nos désirs ce qui nous pousse à vouloir tout faire à la fois. Immanquablement nous manquons de temps, nous nous précipitons, commettons des erreurs et accumulons les nouvelles tâches à faire. Cela fait boule de neige et finit par rendre notre vie compliquée car il y en a dans tous les sens.

Concept : avidité

3 - Nous ne prenons pas le temps de réfléchir sur ce que nous disons et nous répétons donc la même chose ce qui est une forme de complication. Ou bien nous nous contredisons sans nous en rendre compte ce qui rend notre discours incohérent et donc compliqué pour nous-mêmes et les autres.

Concept : précipitation

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La passion de la complication

19 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Simplification de l'administration, des procédures, de notre expression, de notre vie, de nos besoins, de nos désirs, de nos relations...si nous souhaitons autant simplifier c’est bien parce que tout est compliqué, surtout en France, le pays du millefeuille administratif, de l’orthographe dont la règle est l’exception, des acronymes pour tout et n’importe quoi, de l’empilement incessant des lois, des niches fiscales et autre comités Théodule…

Il semblerait que nous goutions peu aujourd’hui cet appel à la simplicité : c’est qu’en effet pour nous l’« homme simple » est peu cultivé, a des centres d’intérêt très limités et des manières rudimentaires. Quand nous disons « ce sont des gens simples » nous ne sommes pas loin de dire qu’ils sont stupides et ignares.

Dire de personnes qu’elles sont « simples » permet immédiatement de nous hausser à un niveau de sophistication plus élevé ce qui nous flatte. Il sera alors facile de prétendre que « nous aimons les gens simples » car nous pouvons alors exercer librement notre paternalisme, comme on le voit avec ces aristocrates dans les romans de Proust qui n’aiment rien tant que de bavarder avec leurs « gens » sur leurs terres alors qu’ils exècrent les bourgeois nouveaux-riches qui prétendent accéder à la culture eux aussi.

La simplicité a ainsi ce statut paradoxal d'être repoussante pour nous-même mais recherchée chez les autres : nous aimons les gens simples parce qu'ils sont faciles à comprendre, faciles à vivre, à manipuler et contrôler aussi probablement, prévisibles et inoffensifs, aimables.

Mais nous, nous ne voulons pas être simples : nous voulons être "complexes" car cette complexité est synonyme de sophistication, d'intelligence, de paradoxes, de subtilité et donc de profondeur auto-proclamée, même si nous serions bien en mal de la sonder (car nous aurions bien peur de toucher très vite le fond).

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Peut-on se mettre à la place des autres ?

13 octobre 2020 par jerome lecoq

 

 

Pourquoi voudrait-on d'abord se mettre à la place des autres ?

On peut vouloir se mettre à la place des autres de manière consciente et « stratégique ».

Education, apprentissage.

Si je veux expliquer une règle de grammaire à ma fille de 10 ans je dois me mettre à sa place en faisant fi des connaissances que j'ai par ailleurs afin de comprendre ce qu'elle ne comprend pas et d'utiliser les mots et concepts qui sont à sa portée. Je me mets à sa place dans le sens où je n'utilise que ses connaissances et feins d'ignorer ce que je sais.

On voit dans cet exemple que se mettre à la place d'autrui est un effort sur soi car l'environnement cognitif d'autrui n'est pas nécessairement le mien.

 

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Peut-on encore penser la mort ?

6 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Le grand refoulement

Tout est fait dans notre société pour qu'on ne pense pas à la mort : on meurt aujourd'hui à l'hôpital car on finit en général par être dépendant avant de mourir, ce qui suppose une unité de soin pour accueillir le mourant. Ceux qui sont proches de la mort, les vieux et les malades, bénéficient de structures dédiées où ils sont mis à l’écart des vivants. 

Nous vivons aujourd'hui une crise sanitaire qui nous pousse à restreindre nos libertés par crainte de la mort (plutôt celle de nos anciens que la nôtre).

Dans la plupart des civilisations la mort est représentée comme une figure lugubre, malfaisante, insensible, désincarnée, inhumaine et froide.

Pour une société de consommation, la mort ne fait pas vendre, elle repousse, elle est même le repoussoir ultime.

Jeunes, nous n'y pensons pas car nous nous imaginons immortels, c'est pourquoi la mort d'un jeune a toujours un effet de sidération dans l'entourage. Adultes nous n'y pensons pas beaucoup plus car nous construisons notre vie : achetons une maison, faisons des enfants, bâtissons notre carrière. Tout est tourné vers l’activité, l’action, la construction, la planification de l’avenir et notre « bonheur » en ligne de mire.

Nous commençons à y penser quand nos parents s'en rapprochent et finissent par mourir. A ce moment se profile l'horizon de notre propre mort. 

Dans: Mort 

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Est-il illusoire d'espérer le bonheur au travail ?

29 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Cadre contraint

Le travail reste par définition une activité contrainte par les impératifs de survie économique : travailler implique, en ce qui concerne le salarié, de mettre à disposition de son employeur sa force de travail dans le cadre d'un contrat qui régit des obligations réciproques, la principale pour l'employeur étant de lui verser un salaire et pour l’employé d’accepter un lien de subordination. La subordination est une restriction très claire de la liberté, c’est une banalité qu’il est utile de rappeler néanmoins, à entendre certains discours lénifiants sur l'"entreprise libérée”.

On peut être super-copain avec son boss ou aimer comme un père son employeur, ce dernier n'hésitera pas à vous “laisser-partir” (let go) comme on dit pudiquement dans le monde anglo-saxon, au premier retournement de situation économique. Une entreprise a, pour survire, besoin de vendre ses produits et services plus chers que ce qu'ils lui coûtent à produire, c'est incontournable, sauf exceptions d'entreprises renflouées par les subsides publiques (donc in fine par le contribuable, qui n’a pas trop le choix).

Dans: Travail 

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Peut-on être l'auteur de sa vie ?

4 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Au début des années 80, Michel Foucault revenait aux origines de la philosophie grecque en redécouvrant les exercices spirituels, après que Pierre Hadot ait initié le mouvement. Il analysait le style du parrèsiaste dont l'incarnation était Socrate, qui disait la vérité quoi qu'il lui en coûte. Il passait également en revue les exercices spirituels de l'antiquité comme l'examen de conscience ou la méditation et en concluait qu'ils étaient des moyens authentiques de se transformer soi-même par un travail rigoureux. Il évoquait même l'idée inachevée de "faire de sa vie une oeuvre d'art" ce qui impliquait que nous soyons à la fois l'artiste et l'oeuvre en cours de construction. Il ne donnait pas les moyens concrets de se mettre à l'ouvrage cependant.

Dans: Vie 

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Les ateliers de la pensée en ligne

9 juin 2020 par jerome lecoq

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 9, mercredi 10 et jeudi 11 juin prochains de 20h30 à 22h00 par Zoom.

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser
- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser
- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections
- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail
- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Les ateliers de la pensée

30 mai 2020 par jerome lecoq

 

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 juin prochains de 20h30 à 22h00.

 

 

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser

 

- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser

 

- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections

 

- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail

 

- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Comment questionner un enfant ?

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous convie à un atelier en ligne par visioconférence de dialogue philosophique avec vos enfants (de 8 à 12 ans).

Les enfants sont des interlocuteurs de choix lorsqu'il s'agit de réfléchir sur des sujets existentiels. Cependant il faut savoir leur poser des questions efficaces et travailler leurs attitudes qui sont aussi une manière pour eux de répondre, même s'ils ne disposent pas toujours des mots pour le faire.

Lors de cet atelier par visioconférence, je questionnerai plusieurs enfants afin de vous montrer les différentes compétences que vous pouvez mettre en oeuvre en dialoguant avec eux de manière rationnelle.

Ces compétences sont notamment :

faire confiance à sa propre pensée, à ses propres idées
se poser, réfléchir, trouver des idées par soi-même
prendre un problème de manière méthodique
utiliser des arguments de bon sens
écouter ses propres réponses et celles des autres
voir les problèmes dans ses propres réponses et celles des autres
apprendre à poser des questions à soi-même et aux autres

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine (sauf mercredi qui est une session pour les enfants) du 25 au 29 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/87329624115

Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

18 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine du 18 au 22 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/88573274223

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

10 mai 2020 par jerome lecoq

 
 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 11 au 15 mai 2020 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons une compétence particulière de la pensée :
 
  • lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art
  • mardi : interpréter et argumenter autour d'un conte philosophique
  • mercredi : répondre à une question existentielle
  • jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
  • vendredi : questionner une affirmation

    Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

    https://us02web.zoom.us/j/89079611878

    Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

    Comme vous pouvez le remarquer il n'y a pas vraiment de thème au cours de ces ateliers parce que ce n'est ni un cours de philosophie, ni un débat d'opinions ni une conférence délivrant des conseils de sagesse.

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Tous les jours un atelier pour penser ensemble

14 avril 2020 par jerome lecoq

 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 13 au 17 avril à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est.
 
Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :
 
- lundi : identifier les présupposés dans une question afin de poser la question d'après
- mardi : répondre à la même question de plusieurs manières différentes en partant d'un conte philosophique
- mercredi : répondre à une question de réflexion en la problématisant
- jeudi : je ferai une démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
- vendredi : analyser une situation concrète en identifiant les problèmes qu'elle contient.

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De la philosophie comme combat

18 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Impuissance de la philosophie

Que signifie aujourd'hui "philosopher" pour le sens commun ?

Réfléchir sur des notions générales de manière rigoureuse, en argumentant, en traitant des objections, en se questionnant ou en se faisant questionner si on implique d'autres personnes dans cette activité. On n'échappe pas en général à la citation des grands philosophes qui ont tous eu une réflexion pertinente à propos de ce que l'on discute.

C'est une activité intellectuelle qu'on aura peut-être eu l'occasion de découvrir avec plaisir ou avec effroi (c'est selon) lors de notre classe de Terminale, voire dans les études supérieures pour les quelques étudiants qui iraient encore se hasarder dans une voie professionnellement assez bouchée. En dehors de cette période bénie ou maudite, que reste-t-il aujourd'hui de l'activité philosophique pour celui qui n'en fait pas sa vocation ? Probablement guère plus que celui qui a fait des sciences physiques en terminale, bien que cette dernière matière ait l'avantage sur la philosophie d'occuper au moins cinq ans (contre un an pour la philo) dans notre cursus scolaire. Donc il ne restera quasiment rien.

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Aimer et mourir

14 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Mort -

Juste avant de mourir, il découvrit l'amour. Sans doute était-il déjà mort. (O.B.)

 

Nous savons par les témoignages des infirmières des centres de soins palliatifs qu'à l'approche de leur mort imminente, de nombreuses personnes regrettent, demandent d'avoir plus de temps pour faire ce qu'elles pensaient ne pas avoir encore fait. Beaucoup parlent de "passer plus de temps avec leurs proches", de "leur dire qu'elles les aiment", ou encore de se réconcilier avec cet ami perdu de vue pour un différend futile.

L'esprit se met à penser aux choses essentielles, le coeur s'ouvre à la générosité. Certains découvrent l'amour, le don, l'attention à autrui, eux qui étaient de leur vivant constamment tournés vers eux-mêmes.

Dans: Amour 

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S'inquiéter de ses croyances

11 décembre 2019 par jerome lecoq

 

"Ils se soucient de leur ignorance et de leurs incertitudes. Leurs savoirs et leurs croyances devraient les inquiéter." (O.B.) 

 

Débusquer ses croyances infondées

Effectivement ce que nous tenons pour vrai à tort est plus dangereux que ce que nous ignorons, que cette ignorance soit partielle ou totale (ce dernier cas étant le pire car nous ignorons même le fait que nous ignorons).

Si en effet nous pensons savoir quelque chose, si donc nous la croyons à tort, nous agirons comme si cette chose était un fait, nous lui ferons confiance et notre action ne sera un succès que de manière accidentelle mais plus certainement un échec, voire une catastrophe. Le commandant du Titanic croyait qu'il ne rencontrerait pas d'icebergs dans la zone de l'Atlantique qu'il choisit de pénétrer pour accélérer son trajet : sa croyance eut des conséquences fatales.

Je sais que je mourrai un jour et je crois que cela ne changera pas la face du monde. Je me soucie de l'incertitude de mon avenir matériel prochain. Est-ce que je devrais plutôt m’inquiéter de mon “savoir” à propos de ma mort ? Après tout peut-être que je ne mourrai jamais ? D'ailleurs les mots que j'écris je vais les publier, ils seront archivés, ils seront peut être retrouvés dans 10 000 ans par un archéologue qui pourra témoigner que des philosophes-praticiens ont existé à Paris en 2019 et écrivaient. D'une certaine manière je ne mourrai jamais puisque d'autres gens pourront reparcourir ma pensée, c'est en tous cas possible donc ma mort n'est pas une certitude dans tous les sens du terme même si elle l'est au sens physique. 

En me posant ces questions que d'aucuns jugeront vaines ou présomptueuses je me suis interrogé sur la trace d'une pensée et sa survivance dans l'esprit collectif, ce que je n'avais pas l'intention de faire au moment de commencer cet article.

Mon écriture, mon attention vers quelque chose que je trouvais sans intérêt car banal et certain, toujours vrai, m'a permis de penser quelque chose de nouveau, une nouveauté relative mais une nouveauté quand même. Si je m'étais plutôt inquiété de ce que je ne savais pas, par exemple si j'avais recherché des informations sur Internet concernant la circulation des trains ce dimanche où j'organise un séminaire, j'aurais pu faire de nouvelles conjectures, évaluer les risques que des participants annulent leur venue, me demander comment les gens allaient venir en cas de persistance de la grève mais je n'aurais pas découvert de nouvelle idée intéressantes.

Dans: Croyances et Préjugés 

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Mieux qu'un bilan de carrière, la synthèse de votre être

5 décembre 2019 par jerome lecoq




 

Miettes

Ils analysent, ils déconstruisent. Ils se précipitent sur les miettes et en font leur habitacle. (O.B.)

 

Si vous vous retournez aujourd'hui en milieu de parcours ou de “carrière”, comme j'imagine nombre d'entre vous le sont, voyez-vous une cohérence, une synthèse, une idée, derrière votre carrière ? Y a-t-il une ligne directrice ou bien vous êtes vous contenté.e de “rebondir” comme on dit aujourd'hui, de poste en poste, d'entreprises en entreprise, au gré des opportunitées qui s'offraient à vous ?

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ?

Si c’est le dernier cas votre parcours n’a pas plus de cohérence que celui d’une balle rebondissante. Elle ne rebondit pas au hasard car si on connaissait sa texture, son angle, sa vitesse et la configuration du sol ou pourrait prédire exactement l’endroit où elle rebondirait. Ainsi sont les gens qui agissent de manière spontanée : ils sont entièrement conditionnés pas leurs désirs, leurs croyance, leur sensibilité. C’est ce contre quoi Spinoza nous met en garde.

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ? Les avez-vous reconstituées en un tout cohérent ou vous êtes vous contenté d’être ballotté(e) au gré des vagues du monde économique et des affaires, des rencontres qui vous ont permis de passer d’une “boîte” à une autre, d’un projet à un autre ?

Faire la synthèse, et non le bilan comme on dit habituellement dans une vision finalement très comptable de la vie (qui est “une affaire qui ne couvre jamais ses frais” comme le disait Schopenhauer) me paraît tout à fait important et salutaire.

Dans: Synthèse 

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Neutralité

29 novembre 2019 par jerome lecoq

 

"Trous

Phantasmes du plat, illusion de la neutralité. Tout est inflexions, tout est asymétrie. Ils fabriquent des lignes droites, ils finissent par y croire. Rien n’est, qui ne soit rupture. Rien n’est, qui ne soit troué. Même les trous ne savent pas où ils vont." (O. Brenifier)

 

Illusoire neutralité du jugement

La neutralité, voici une position qui nous arrange dans bien des situations : il s'agit de s'abstenir, de ne pas prendre parti et par conséquent de ne pas s'exposer aux conflits, aux reproches ou au contraire aux sollicitations pour rejoindre un “camp”. Pour rester neutre il faut souvent résister aux appels de ceux qui voudraient bien vous enrôler dans leur parti, leur club, leur association. Pour un pays la neutralité est une question de fierté nationale comme c'est le cas pour la Suisse : cette position n'est pas sans avantages notamment en ce qui concerne le commerce. En cas de conflit le pays neutre peut commercer des deux côtés de la ligne de fracture.

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Etre utile ou être une fin en soi ?

27 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Utile

Contrôler et rendre service. Se sentir utile et nécessaire. Indispensable. Dessein d'une vie. Elle en paie le prix. Frustration et culpabilité. (O. Brenifier)

Quand on aime être utile on veut contrôler la gratitude de ceux à qui nous rendons service, on veut sa dose quotidienne de reconnaissance. Et quelle prétention de vouloir contrôler le sentiment que peuvent avoir les autres à votre égard, quelle prétention et quel danger pour soi-même ! Dans quelle dépendance affective à l'égard d’autrui ne se met-on pas !

Pourtant qui ne se demande jamais s'il est utile ? 

Peut-être le créateur, l'artiste, le philosophe, le manager, celui qui travaille la pâte humaine comme dirait Schopenhauer. Leur souci commun : non être utiles mais faire prendre conscience, éduquer, enseigner, alerter, interpeller, vivifier. Est-ce utile ? Sûrement mais ils n’attendent pas de reconnaissance pour cela car ils savent que le premier réflexe de l'élève, du lecteur ou du spectateur sera au contraire plutôt du rejet voire de la colère. 

Admettons que nous prétendons tous à une quelconque utilité, que cela nous fait plaisir en général de savoir que nous avons été utiles. La démesure provient du fait de s’imaginer que nous puissions être indispensables et pas seulement utiles. Se rendre indispensable, si c'est seulement possible, c'est organiser la dépendance d'autrui à votre égard c'est donc organiser, planifier son aliénation, le priver de la liberté de se prendre en main, c'est une forme d’infantilisation d’autrui. 

Dans: Utilité 

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Gagner sa vie en corrompant son esprit

22 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Incongru 

Ils gagnent leur vie. Ils accumulent des biens. Ils parent à l'immédiat. Leur esprit se fourvoie. Ils se perdent eux-mêmes. (O. Brenifier)

 

N'est-il pas confortable d'avoir des obligations, des devoirs, des urgences, des pseudo-nécessités ? Qu'il est doux de ne pas avoir à penser, de savoir exactement ce que nous devons faire pour survivre, surnager, nous distinguer dans ce bocal, faire son trou. Il suffit d'accumuler : projets, biens, postes, responsabilités, titres, diplômes, décorations, nominations, magistratures, promotions. Tout cela en gagnant sa vie.

Mais quoi ? Y gagne-t-on la vie ? La vie a-t-elle besoin qu'on la gagne ? Est-ce une compétition, une espèce de course ? Mais contre qui ? Qui en fixe les règles, le prix, la récompense ? Peut-on sortir du jeu quand nous sommes lassés du jeu ? Et si on ne le peut pas alors est-ce une vie ou une prison ?

En partant du principe que nous ne coïncidons pas avec nous-mêmes et nous cherchons, accumuler des biens permet-il de se trouver ? L'accumulation de biens peut-elle donner un sens à notre vie ? Admettons-le à titre d’hypothèse.

Le problème se pose alors de la limite : à partir de quelle quantité de biens serons-nous satisfaits ? Première question. En général nous ne nous fixons pas de limites et c’est bien là que les choses se gâtent, que l’ubris des Grecs nous guette, cette maladie de la démesure que les tragédies ont si bien su mettre en vie.

Dans: Accumulation 

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Banalité

20 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Banalité

"Il ne voulait pas être banal. Il voulait être original. Il était avide, pressé et ambitieux. Comment peut-on être plus banal ?" (O. Brenifier)

 

Celui qui veut être original veut se distinguer au regard d'autrui, il a donc un souci d'image, de reconnaissance. Il n'est donc pas assuré de ce qu'il est, autrement pourquoi voudrait-il exister dans les yeux d'autrui. Il ne se reconnaît pas lui-même, ne se donne pas ou peu de valeur. Sa valeur il l'attend de la reconnaissance d'autrui. Il fera tout pour être original : ce faisant il ne fait que se conformer à ce qu'il imagine que les autres voudraient qu'il soit. 

Dans: Banalité 

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Peut-on échapper à la rigidité intellectuelle ?

19 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Dogmatique

La rigidité intellectuelle consiste principalement en un dogmatisme, une appétence pour les certitudes que viennent en général nourrir une certaine culture générale ou technique. Le rigide a ses idées bien arrêtées, ses principes fermement ancrés et il se raidira à l'approche de la moindre idée susceptible de saper le fondement de ses croyances. Toute idée extérieure est vue comme un agent pathogène qui mettra en branle les anticorps de son esprit pour détruire l’intrus.

Au fond c'est un grand peureux de la vie. La vie en effet n'est qu'un tissu d'incertitudes, rien n'est nécessaire ou certain (à part la mort et les impôts comme disent les Anglais) : se réfugier et se complaire dans ses certitudes revient donc à se protéger du flux de la vie et de ses alea. 

La rigidité intellectuelle est une catastrophe pour la pensée parce qu'elle nous empêche de nous ouvrir à l'altérité, au questionnement, à la remise en cause. Le rigide n'apprend plus, il sait déjà, il n’est pas généreux, ne donne pas mais impose ou critique pour détruire. 

Tout au plus essaie-t-il de convaincre ceux qui n'ont pas comme lui vu la Lumière. Il va vers ceux qui confortent les opinions qu'il a déjà. Dès lors son esprit s'étiole parce qu'il ne s'entraîne plus à la pensée, dans la mesure où penser consiste avant tout à dialoguer. Or on ne dialogue pas avec un dogmatique : soit on l'écoute poliment, soit on essaie de le combattre, soit encore on l'évite. 

Le rigide s'enferme tout droit vers la mort de sa pensée en même temps qu'il fait le vide autour de lui, ce qui amplifie encore sa rigidité puisque la contradiction se raréfie encore davantage et le conforte dans ses certitudes. Le rigide s’enferme vite dans un cercle vicieux.

Dans: Rigidité 

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Le Temps des Magiciens

13 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Une fois n'est pas coutume, je voudrais faire la recension d'un ouvrage que je recommande chaleureusement. Il s'agit de Le Temps des Magiciens paru tout récemment chez Albin Michel, par Wolfram Eilenberger.

Cet ouvrage nous déroule l'activité intellectuelle et la vie de quatre philosophes majeurs pour le XXème siècle, à une période à la fois d'intense bouillonnement culturel et scientifique, les années 20 mais aussi ferment des catastrophes humaines à venir, le fascisme, le nazisme, le stalinisme et la deuxième guerre mondiale.

Les 4 figures tutélaires de la philosophie de cette époque se croisent sans se rejoindre : Martin Heidegger l'exalté, Ernst Cassirer l'érudit optimiste, Walter Benjamin le velléitaire ésotérique et Wittgenstein le génie torturé.

Dans: Recensions 

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Peut-on prendre du plaisir à penser ?

4 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Lutter

Je ne parle pas du plaisir que l'on peut avoir à lire un livre ou à écouter un discours d'un brillant professeur. Je parle du plaisir pris à exercer sa réflexion de manière active et qui inclut le fait de penser sur soi-même également, dans le cadre d’un dialogue ou en écrivant.

Cette question pose problème car au premier abord penser est un effort : penser c'est en effet lutter.

Lutter contre sa propre paresse intellectuelle d’abord, qui nous pousse à passer rapidement sur ce que nous ne comprenons pas ou nous pose problème, à chercher des réponses toutes faites à travers des figures d'autorité telles que les grands auteurs, les leaders d'opinion, les intellectuels en tous genre, à nous déclarer inaptes à la pensée et à laisser ce travail à des professionnels comme les philosophes. La pensée est chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls philosophes.

Dans: Penser et plaisir 

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Le genre conditionne-t-il la pensée ?

25 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Le genre est un performatif

Définissons tout d'abord le genre comme la construction sociale qui vient se greffer sur la division sexuelle biologique. Le genre féminin et le genre masculin signifient que l'on devient homme autant que l'on devient femme. Le concept de genre est un schéma mental a priori, issu de notre histoire collective, qui détermine l'ensemble des qualités, attitudes, compétences que nous attendons d'un genre “homme” et d'un genre “femmes”. 

Nous remarquons que le genre est un performatif : dire d'une chose qu'elle est un attribut masculin ou féminin, c'est non seulement la décrire mais attendre qu'elle se conforme à cette description, c'est un jugement normatif. En disant “c’est ainsi” on dit également : “cela doit être ainsi”.

Dire que les petites filles jouent à la poupée et les petits garçons aux voitures (ou au pistolet), c'est aussi attendre qu'ils continuent à le faire, qu’il est “normal” qu’ils le fassent. 

Or on ne voit pas bien pourquoi objectivement jouer aux voitures serait plus “naturel” pour un garçon que pour une fille ou jouer aux poupées pour une fille que pour un garçon. Je parierais plutôt pour une explication culturelle, même si le conditionnement social semble jouer dès les premiers mois de l’enfance.

Dans:

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Ce qui nous rend stupides (6) - La précipitation

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Chuter dans le vide

Se précipiter vient du latin praecipito qui signifie littéralement : "tomber la tête en avant", chuter dans le vide. Le terme “précipice” en dérive qui donne bien l’idée d’un gouffre, d’un abîme dans lequel nous risquons de disparaître et au fond duquel la mort nous attend.

Celui qui se précipite réagit, ne réfléchit pas, fonce tête baissée, s'impose une forme d'urgence. Il y a dans l'idée de précipitation, comme dans la notion de précipité en chimie, l'idée de quelque chose en trop qui ne se mélange pas et subsiste en tant que résidu. Celui qui se précipite n'est pas dans le moment opportun, il force le cours des choses, il rajoute de l’agitation inutile, il est fébrile, ce qui encore pointe vers un dérèglement de l'action et de la pensée. Celui qui se précipite n'a aucune maîtrise de lui ni de son environnement, il veut se débarrasser de ce qu'il a à faire ou bien il est en compétition de vitesse avec autrui.

Dans: Obstacles à la pensée 

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Ce qui nous rend stupides (5) - L'habitude

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Une seconde nature

L'habitude est un comportement acquis qui devient comme une seconde nature. Nous acquérons en général un comportement par sa répétition, forcée ou non. En général ce comportement est adapté à l'objectif que nous cherchons à atteindre ou au besoin que nous cherchons à satisfaire. Par exemple étant enfants nous apprenons les habitudes d'hygiène pour plusieurs raisons évidentes (santé, vie sociale, confort).

Nous avons par exemple pris l'habitude de nous laver les dents tous les matins ou pour les hommes de nous raser ou de nous tailler la barbe le cas échéant. Beaucoup de nos habitudes sont ainsi liées à des nécessités corporelles puisque les besoins du corps nous les imposent. Rien de problématique à cela, ce sont ce que nous appellerions de bonnes habitudes, jusqu'à ce que la science nous apprenne peut-être un jour qu'il est néfaste de se laver les dents le matin. Il nous faudra alors changer nos habitudes ce qui est bien plus compliqué qu'en acquérir de nouvelles.

En général il est bon de faire les deux en même temps : par exemple pour perdre l'habitude de fumer je vais commencer une nouvelle habitude de mâcher du chewing gum ou de faire quelques pompes ou de courir dès que l'envie de fumer me prend. Il s'agit de remplacer une mauvaise habitude par une moins mauvaise, voire par une bonne (mais en général les bonnes habitudes sont difficiles à acquérir car elles nécessitent un effort sur nous-mêmes). Mais nous ne voyons toujours pas de lien avec la stupidité. 

Le problème de l'habitude est exactement le même que son avantage. Par habitude nous accomplissons des gestes, des tâches, nous suivons un programme qui justement nous dispense de penser. Penser en effet est difficile, long, risqué car cela inquiète et nous met dans le doute, cela doit être structuré, articulé, profond, argumenté…

Dans: Obstacles à la pensée 

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Ce qui nous rend stupides (4) - L'avidité

9 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

L'avidité est un désir constant d'acquérir toujours plus : toujours plus de savoir, de richesse, de pouvoir, de reconnaissance, de pouvoir, d'amour, de sens. L'avidité s'applique à de nombreux "objets" qui sont autant de manques existentiels. En étant avides nous voulons être plus, nous ne nous satisfaisons pas de ce que nous sommes.

Pourquoi l'avidité nous rendrait-elle stupides ? A chaque type d'avidité son type de stupidité.

Savoir

L'avide de connaissances excite et stimule son intelligence par l'accumulation de savoirs souvent inutiles. Cette avidité le dispense de penser par lui-même et de réfléchir avec ce qu'il a : il préfère aller chercher ce qui a déjà été pensé par d'autres, il se noie dans les références et les autorités savantes. Il a le complexe de l'académique dont les notes de bas de pages sont plus importantes que son propre texte. Il veut constamment “se nourrir” de nouvelles sources d’informations de manière compulsive, il a un avis sur tout mais a du mal à penser et faire des hypothèses à partir de peu. Il ne sait plus créer sa propre pensée.

Ce type de stupidité par le savoir a déjà été développé dans un précédent articles (cf Ce qui rend stupide : le savoir)

L'avidité pour la richesse et les signes extérieurs qui l'accompagnent (souvent) témoignent d'un désir mimétique : on désire le désir de l'autre, on désire que l'autre désire ce que nous avons, qu'il nous envie. Ce désir est par nature superficiel et vide puisqu'il pointe vers un autre désir, en ce sens il est vain donc stupide.

Dans: Obstacles à la pensée Avidité 

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Ce qui nous rend stupides (3) - La bureaucratie

4 octobre 2019 par jerome lecoq

 

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Je n’avais pas imaginé insérer cet article dans la série sur ce qui nous rend stupide mais en remplissant dernièrement ma demande de rachat d’un véhicule, je me suis rappelé que j’avais déjà écrit quelque chose que j’avais abandonné dans un coin et que cela pouvait finalement faire un cas intéressant de cause (extérieure pour le coup) de stupidité.

 

Phobie administrative

Avez-vous déjà eu des sueurs froides à l'idée de devoir remplir un formulaire, qu'il soit destiné aux impôts, à l'école de vos enfants ou pour les Ressources Humaines quand vous êtes recruté ? Moi si, j'ai toujours appréhendé le fait de devoir remplir une feuille ou des catégories étaient préremplies et où il fallait en plus fournir des documents annexes pour que le dossier soit complet. D'autant que souvent on n'est pas obligé de tout remplir et il y a toujours un moyen de déborder des cases. Mais cela on ne peut pas le savoir a priori. Le dernier exemple en date : le rachat d'une voiture à un particulier.

J'ai toujours eu l'impression d'être un cas particulier pour les formulaires. Quel bonheur quand j'arrivais à tout remplir d'un coup, quand j'arrivais facilement à me mettre dans une case. Rien ne m'a tant fait sentir que j'étais stupide inadapté et rien ne m'a plus agacé que les formulaires et les relations avec l'administration. Si vous saviez ce que j’ai dû faire pour ne serait-ce qu’être accepté à soutenir ma thèse de philosophie...

Quand j'étais ado c'est ma mère qui faisait tout cela pour moi mais maintenant...c'est vrai que les déclarations se sont simplifiées, le numérique est passé par là et je lui en suis reconnaissant d'ailleurs. Je ne sais pas s'il s'agit d'une maladie reconnue mais de toutes façons je n'envoie jamais mes feuilles de maladie. 

Dans: Obstacles à la pensée 

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Ce qui nous rend stupides (2) - Le savoir

29 septembre 2019 par jerome lecoq

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

Coupable n°2 : le savoir

Notre coupable n°2 est le savoir, qui inclut la connaissance et l'opinion. Il peut paraître contre-intuitif d'associer le savoir à la stupidité puisque le sens commun associe plutôt la connaissance avec l'intelligence. En quoi le savoir nous rendrait-il stupide ?

Je sais donc je veux (que les autres le sachent). Si je veux je n'observe pas.

La première raison c'est que quand nous savons des choses nous avons en général envie de faire savoir que nous savons, nous voulons exposer ce savoir puisque ce dernier est valorisé dans la société de la connaissance (soit-disant). Or ce désir d'exposition nous empêche bien souvent de voir : voir ce qui se dit, ce qui se passe, ce qui est en jeu ici et maintenant. Quand on sait on "s'invite un peu trop rapidement à la table du Divin" comme nous dirait Hegel. Nous risquons fréquemment de déverser notre savoir en le plaquant de manière artificielle sur le phénomène que nous vivons (mettons une discussion passionnée par exemple), nous masquant quelque peu sa réalité, sa vérité. En résumé, le savoir et l’expertise rendent paradoxalement aveugles et sourds.

Dans: Obstacles à la pensée 

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Ce qui nous rend stupides (1) - Les émotions

26 septembre 2019 par jerome lecoq

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Le premier de ces obstacles identifiés sont les émotions. Dans les prochains posts, je parlerai des autres obstacles : le savoir, l’avidité, l’habitude, l’orgueil, la paresse, le désir, le pouvoir, l’obsession, l’amour.

Evidemment tous ces phénomènes sont liés et peuvent donner lieu à des combinaisons : si vous mélangez la colère et la peur vous obtenez la jalousie par exemple. C’est une invitation à la réflexion plutôt qu’un recensement exhaustif de tous les phénomènes qui nous rendent stupides

Coupable n°1 : les émotions

Que ce soient la peur, la tristesse, la colère ou même la joie, les émotions ont toutes un grand pouvoir de nous rendre stupides. Lorsque nous avons peur par exemple, nous pensons vite, beaucoup trop vite, et souvent mal. Nous réagissons plus que nous ne pensons.

Dans: Obstacles à la pensée 

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Ne vous indignez pas !

20 septembre 2019 par jerome lecoq

 

L’injustice par procuration

L'indignation. Pourquoi s'indigne-t-on ? De quoi s'indigne-t-on ? S'indigner c'est être touché d'une certaine manière, négative, lorsqu'une personne tierce est lésée, n'obtient pas ce qu'elle mérite ou au contraire obtient ce qu'elle ne mérite pas. L’indigné est en colère mais pas comme si on s'en prenait à lui directement : l'indignation est une émotion par procuration, une révolte face au constat d’une injustice.

L’indignation est moins forte que l’horreur, la sidération ou le dégoût. Dans l’indignation on est encore dans un cadre de justice, dans un schéma de règles morales : l’indignation est encore mêlée de l’espoir de rétablir la balance en réparant les torts de celui qui a été lésé, en réparant l'injustice. On n’est pas indigné de la découverte des camps de la mort ou quand on apprend le massacre du Bataclan : on est sidéré, glacé, tétanisé, on ne peut pas y croire, cela va au-delà de ce que nous pouvions imaginer. Il n’y plus rien à réparer après cela, juste tenter de reconstruire sur de nouvelles bases.

La dignité : une qualité de seigneur

Il y a une forme de surprise et de déception dans l’indignation : quand on s’attend à quelque chose, peut-on encore s’en indigner ?

Dans:

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