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Le séducteur

15 mars 2017 par jerome lecoq

Difficile pour lui de rester concentré sur la pensée et le côté objectif des choses quand la personne qui lui fait face lui plaît. Il est sélectif et ne veut pas plaire à tout le monde sans quoi il ne serait qu'un être en mal de reconnaissance. Non, lui a ses goûts et quand une personne à son goût lui fait face il trouve soudainement un regain d'intérêt pour le genre humain, lui qui habituellement n'est pas particulièrement intéressé par autrui. Mais face à une "cible" potentielle ce chasseur-né doit lutter pour garder la maîtrise de ses pensées et de son discours. Il sait bien que tenter la séduction dans le cadre d'une consultation philosophique* serait déplacé : la séduction rend complaisant car le séducteur veut plaire et rechigne à dire les choses comme il les pense s'il estime qu'elles renvoient une mauvaise image de sa personne. En “mode séduction” il est tout particulièrement sensible à son image, physique et intellectuelle. Il fait de nombreuses tentatives pour esquiver les questions qui l'obligent à se révéler, il fait de l'humour, de l'esprit, il minaude, taquine et se montre fantasque. Son attitude est très proche du joueur-tendance tricheur (cf le joueur - tendance tricheur)

Dire le jeu de la séduction, le montrer, c'est le tuer derechef.

 

Dans: Profils philosophiques 

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Peut-on accepter une idée sans être d'accord avec ?

23 février 2017 par jerome lecoq

Suite aux supplications de nombreux enfants impatients j'ai pris la peine de rédiger un petit texte essayant de voir les enjeux derrière cette question qui a fait jaser dans les chaumières. Je remercie ceux qui ont joué le jeu de la pensée sans se braquer par mes remarques et commentaires parfois abrupts voire brutaux. Je dis aux autres qu'ils feront mieux la prochaine peut-être et les invite à prendre cela comme un jeu mais dont les règles apparaissent au fur et à mesure du dialogue. 

Dans: Dissertation 

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Pourquoi la pratique philosophique est-elle un travail ?

23 février 2017 par jerome lecoq

 

Je n'aurais même pas imaginé poser cette question si je n'avais été confronté à plusieurs reprises à des personnes, au profil plutôt intellectuel, qui prétendent ne pas être intéressé(e)s par cette pratique au motif qu'ils ne voient pas pourquoi ils paieraient pour penser. Après tout ils le font déjà tous les jours et ils ont des lectures profondes et riches grâce auxquelles ils se confrontent à la pensée d'un auteur. Par ailleurs ces personnes ont des amis avec lesquels elles discutent, s'entretiennent, se confrontent, argumentent, questionnent etc...qui "nourrissent" leur réflexion. Au passage on reconnaîtra la métaphore alimentaire qui compare la pensée à l'estomac.

Dans: De la discussion au dialogue La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Philosophie pratique en entreprise 

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Le têtu

23 février 2017 par jerome lecoq

 

A première vue il est ouvert, intelligent, sympathique et cultivé. Mais si vous rentrez dans un débat avec lui et que vous le contredites soyez prêt(e) à y passer un bon moment et à dépenser de l'énergie. Cet homme-là s'arc-boute contre tout ce qu'il trouve et résiste jusqu'à son dernier souffle, jusqu'au ridicule même. Plus il s'obstine et plus il se rigidifie et moins il voit ce qui lui arrive et ce qu'il fait. Il vaut mieux passer à autre chose et y revenir ultérieurement, une fois que son esprit se sera aéré.

 

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L'homme pressé

23 février 2017 par jerome lecoq

Il est accaparé par ses nombreuses occupations, ses multiples obligations. Il aime à s'obliger. Même en dehors du travail il a toujours mille choses à faire : emmener les enfants au sport, faire lui-même du sport, faire sa feuille d'impôts, aller voir telle exposition. Même ses loisirs sont des obligations. Quand il fait une activité, il veut du résultat, il veut voir un résultat concret très rapidement, il lui faut de la valeur ajoutée autrement pourquoi y investir-il son temps si précieux ? Pour lui les détours, les chemins de traverse ne sont qu'une perte de temps pour flâneurs oisifs

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Le manager

15 février 2017 par jerome lecoq

Il apprécie ses collaborateurs, il veut les faire "grandir". Pourtant ce serait plutôt à lui de grandir et de voir que les gens n'ont pas que des côtés positifs. Il se voile souvent la face au sujet de ses collaborateurs : tel est autoritaire et rigide mais il le voit comme ayant du "leadership", tel autre est pusillanime et indécis mais il "propose toujours de nouvelles idées" (mais se garde bien de les exécuter jusqu'au bout), tel enfin méfiant et égoïste est un "fonceur" qui cherche à optimiser le résultat de son service.

Dans: Sur le management Profils philosophiques 

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L'écervelée mignonne

15 février 2017 par jerome lecoq

Une petite fille

Elle nous agace par son manque de profondeur et sa propension à dire tout ce qui lui passe par la tête, même le plus insipide et stupide, mais elle a un "je ne-sais-quoi"de charmant et mignon qui nous empêche de lui dire en face qu'elle ferait mieux de se taire plutôt que de raconter n'importe quoi. Le jour où nous prendrons notre courage à deux mains pour lui dire les choses en face le charme laissera la place à la gravité de celle qui apprend une mauvaise nouvelle : elle avait bien l'intuition qu'elle n'était pas très futée mais avait jusqu'ici esquivé les confrontations en s'en tirant avec son minois à faire fondre les plus récalcitrants des professeurs. Elle fuit comme la peste tous ceux qui la renvoient à elle-même. Quand elle ne peut l’éviter elle sait toujours s’en tirer avec un rire compulsif mais charmant.

Elle a toujours plu à une certaine catégorie d'hommes qui voient dans la frivolité de cette femme un moyen d'assurer leur pouvoir à bon compte et de se sentir supérieur en exprimant leur force protectrice et rassurante.

 

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Le bavard

15 février 2017 par jerome lecoq

La narration continue de soi

La bouche est son organe vital : un flot de paroles qui semble inépuisable en sort en permanence, des mots qui s'envolent, des pensées qui partent dans tous les sens et ne sont destinés à personne en particulier. Le bavard ne se soucie pas de son interlocuteur : c'est son besoin de s'exprimer qu'il satisfait, ce sont les mots qu'il a en lui qu'il évacue. Il ne s'arrête jamais, il est est en psychanalyse permanente avec le monde

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L'homme de pouvoir

15 février 2017 par jerome lecoq

La parole comme pouvoir

Pour lui la parole est d'or : parler c'est prendre le pouvoir. Il parle haut et fort, souvent sur un ton solennel : son parler est aussi un agir, un faire. Il prend position et occupe le terrain : il a des munitions en réserve et s'apprête à affronter l'ennemi à grands coups d'arguments, le plus souvent faibles et rhétoriques. Il n'hésite pas à provoquer personnellement l'adversaire pour emporter le morceau, à utiliser les stratagèmes classiques de la rhétorique pour sortir vainqueur de la joute verbale. Habitué à se faire attaquer il aura développé une bonne cuirasse et sera difficile à déstabiliser d'un point de vue personnel : il arrive dans une certaine mesure à prendre de la distance avec lui-même et à déconnecter ses émotions de son discours.

 

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Le "cartésien"

13 février 2017 par jerome lecoq

Assez curieux adjectif dont il s'affuble lui-même et qui ferait probablement se retourner le fameux René dans sa tombe : ce cartésien-là n'aime ni les "méditations métaphysiques”, ni le doute méthodique, ni la remise en cause par la pensée de tout ce qu'il attribue d’indubitable. Non, ce cartésien-là est plutôt comme Saint Thomas : il ne croit que ce qu’il voit et il ne goûte que très modérément les raisonnements spéculatifs.

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Quand pratique psychiatrique et philosophique se rencontrent

13 février 2017 par jerome lecoq

Je vous livre ici le témoignage de Nicolas Gosset, pédopsychiatre qui exerce dans les Vosges et qui depuis peu intègre la pratique philosophique dans sa pratique quotidienne de psychiatre avec ses patients. Nicolas a participé à nos séminaires et s'est entraîné à la pratique philosophique depuis deux ans.

 

Dans: Philosophie et psychologie 

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La routinière

13 février 2017 par jerome lecoq

Un besoin de certitudes

La routine, l'habitude, les modes d'emploi, les recettes, les routes balisées, les programmes détaillés: voici son environnement favori. Cela la rassure : elle a besoin de connaître le périmètre, les objectifs, l'utilité. La seule recette qu'elle n'ait pas trouvée jusqu'à aujourd'hui est pourtant la plus importante : celle qui lui permettrait de vivreOr elle n'aime pas la vie car l'inattendu, le risque, l'imprévisibilité, l'incertitude, le changement, l'inconnu sont inhérents à la vie.

 

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La petite souris

20 décembre 2016 par jerome lecoq

Elle adore rester dans son coin, se faire toute petite et écouter tout ce qui se passe en se faisant remarquer le moins possible. Elle observe, enregistre, juge et condamne en son for intérieur, se fait ses opinions sur tout un chacun. Plus les autres parlent et plus elle enrichit leur dossier, elle repère ses allié(e)s, ses ennemis et ceux dont on ne sait pas ce qu'ils pensent et dont il faudra se méfier. Elle constitue son échiquier mental.

Malheureusement pour elle, elle ne fait pas la taille d'une souris et si discrète soit-elle, il arrive toujours un moment où quelqu'un lui demande de livrer le fond de sa pensée. Sa première réaction est la fuite : elle préfère écouter, elle ne sait pas quoi en penser, elle joue à l'humble, s'excuse de ne pas avoir tout compris, veut retourner dans l'obscurité. La plupart la laissera y retourner, se disant que c'est une émotive qui angoisse à l'idée de parler en public. Mais c'est mal connaître cette petite souris. Si survient une personne plus entreprenante qui insiste pour savoir ce qu'elle pense, qui sait l'amadouer pour la faire sortir de son trou, alors commencent les choses intéressantes.

Dans: Profils philosophiques 

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Le compliqué

20 décembre 2016 par jerome lecoq

Il aime la complication pour plusieurs raisons : la première est que ce qui est compliqué donne l'illusion de l'intelligence et de la profondeur. Or une personne qui veut donner l'illusion de la profondeur le fait pour une raison très simple : elle se sent vide, sans valeur, quelconque, quasi nulle. Ce sentiment de vacuité l'habite profondément et elle en a honte, c'est pour cela qu'elle veut souvent disparaîtreOr pour disparaître, quoi de plus pratique que la technique du poulpe ? Il s'agit de lancer aux yeux d'autrui un nuage d'encre qui l'aveugle et permet de s'enfuir. Pour le compliqué, le discours confus, alambiqué, à tiroirs fait office d'encre. Il le jette sur autrui pour ne pas se montre tel qu'il pense être.

Pour le compliqué, le discours confus, alambiqué, à tiroirs fait office d'encre. Il le jette sur autrui pour ne pas se montre tel qu'il pense être.

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Le joueur (tendance tricheur)

20 décembre 2016 par jerome lecoq

 

Il est toujours partant pour une bonne partie, un bon jeu de mots ou une bonne plaisanterie à faire. Il est souvent décalé et les autres ont parfois du mal à le suivre et à lui faire confiance étant donné qu'il n'aime pas suivre des règles. Il aime jouer avec les règles et les détourner lorsqu’elles jouent contre son bon-plaisir : mais comme il n'aime pas que l'on voie dans son jeu il sera souvent de mauvaise foi, peut-être même sans s'en rendre compte. Les autres ne le prennent pas au sérieux, et pour cause. Souvent il se croit très intelligent et plus fin que les autres lorsqu'il se met à tricher : il fait le malin et cherche l'attention en ne faisant jamais comme les autres mais il prétend en même temps comprendre les règles qu'il détourne, seulement il les trouve ennuyeuses. Alors il se permet d'en sortir, il pense que les règles sont pour le vulgaire, le commun, mais lui est au-dessus de tout cela.

Ce qui l’embête c'est quand autrui voit dans son jeu et lui demande d'arrêter son "petit" jeu. Alors il est mis face à lui-même et à sa prétention d’être au-dessus des règles . Il a pu connaitre de nombreux échecs dans le passé, sûr qu’il est de pouvoir se sortir de n’importe quelle situation. Il a plutôt une confiance exagérée en lui

 

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Le prétentieux

20 décembre 2016 par jerome lecoq

Il a toujours une citation prestigieuse à placer dans la discussion, dans le domaine de la neurobiologie ou de la physique quantique, (pourquoi choisir des domaines triviaux autant aller chercher la science pointue). Vous le reconnaissez ? Mais si, il vous parle tout le temps du cerveau droit/cerveau gauche et de la théorie de la relativité.

Il sait toujours vous recommander les livres qu'il faut absolument avoir lus pour être pertinent sur un sujet. Il adore « se nourrir » de tous les articles qui passent, surtout si leurs auteurs sont prestigieux, il est avide de connaissances, surtout si elles sont vite assimilables, car il a une bonne mémoire et a l'association d'idées facile. Il est assez proche de l’avide de ce point de vue, cf mon article : L'avide)

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L'entrepreneur

20 décembre 2016 par jerome lecoq

C'est un homme (femme) pressé(e), souvent en retard. Il a toujours mille choses à faire, il court après le temps. Il vit dans le réel, le concret mais c'est un rêve qui l'anime : créer une affaire, développer son entreprise, la faire croître. C'est un jardinier : il plante la graine puis l'arrose et s'occupe de sa plante comme d'un enfant, d'un bébé. Il peut d'ailleurs avoir plusieurs enfants, créer une plantation pour peu que ses ambitions, son talent, son travail et la chance coïncident. Il a plusieurs problèmes à résoudre par jour, plusieurs dizaines de décisions à prendre, chacune à son niveau. Il réfléchit vite, très vite, trop vite parfois. Quand les choses et les hommes avancent lentement, ce qui est presque la norme pour lui, il trépigne d'impatience, s'agace. Il a une entreprise à faire tourner, des clients à conquérir, des salariés à payer à la fin du mois, des fournisseurs le plus tard possible, son banquier à tenir à distance lorsque le découvert approche. Il a des concurrents à regarder de loin, un marché dans lequel il doit se faire une place, sa place. Il est conscient de la précarité de la vie, de son entreprise, de la fragilité de cet équilibre qu'il a su créer. C’est peut-être pour cela qu’il veut créer une œuvre qui lui survive : c’est une manière pour lui d’échapper à la mort dont il a peur qu’elle le surprenne avant qu’il ait fini de faire ce qu’il doit faire.

Dans: Philosophie pratique en entreprise Sur le management Profils philosophiques 

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L'émotif

19 décembre 2016 par jerome lecoq

Il ne contrôle plus sa parole dès qu'un sujet le touche. Il intervient en réunion parfois sans rapport avec le sujet simplement parce qu'une émotion l'a traversé et que cela a déclenché une pensée et une envie compulsive de s'exprimer, sans tenir compte du rapport entre son intervention et le sujet de la discussion. Il lui arrive souvent de devoir s'excuser pour ses sorties intempestives : d’ailleurs en général il préfère s’excuser avant de parler, cela légitime mieux son propos, pense-t-il.

Il est souvent décalé et a du mal à suivre une discussion où il est émotionnellement impliqué. Pourtant il peut être très rationnel et logique lorsqu'il s'agit d'analyser un problème purement mécanique ou relevant de l'ingénierie. J'ai rencontré de nombreux émotifs chez les ingénieurs des Grandes Ecoles : ils savent vous expliquer de manière synthétique les phénomènes les plus complexes mais perdent tout esprit logique dès que le sujet les touche personnellement.

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Le missionnaire

19 décembre 2016 par jerome lecoq

 

Il est convaincu d'une chose : le message qu'il porte est important et tout le monde doit l'entendre. Il vous dit qu'il ne cherche pas à vous convaincre mais vous voyez bien que toute son attitude montre le contraire. Il n'a qu'une idée en tête : que chacun partage sa conviction. On ne sait pas qui l'a missionné ou ce qu'il gagnera à vous convaincre. Ce qui l'embête c'est quand vous êtes déjà convaincu(e) car vous lui coupez l'herbe sous le pieds en l'empêchant d'exercer sur vous son pouvoir de conviction. Car ce qui l'anime c'est une volonté de pouvoir, d'imposition de ses idées sur autrui. Le missionnaire veut étendre son moi.

Ses convictions sont solides parce qu'il a sa bonne conscience avec lui

Ses idées il ne les a jamais critiquées, elles lui paraissent évidentes et si autrui ne les partage pas il aura du mal à le comprendre. Il se mettra volontiers dans des clubs ou d'autres partagent ses convictions. Le problème pour lui c'est lorsqu'il se retrouve face à d'autres missionnaires qui n'ont pas la même mission : il rentre en concurrence pour convaincre les incrédules. S'il entre dans un débat il va se crisper et s'agacer de cette concurrence. Il n'osera pas mettre en avant ses convictions de peur que ses adversaires les mettent en danger face à autrui. Pour lui-même il n'y a pas de risque : ne cherchez surtout pas à convaincre un missionnaire, jamais il ne trahirait son église. Pourtant ce n'est pas non plus un extrémiste ni un robot hypnotisé sans conscience. Ses convictions sont solides parce qu'il a sa bonne conscience avec lui justement. Sa conviction peut prendre souvent une forme humaniste telle que "je crois en l'humain", "je veux que les gens se libèrent ou trouvent leur bonheur", "je veux les aider à être eux-mêmes", « mon entreprise crée de la valeur », « j'aide les faibles à améliorer leur niveau de vie ». Qui trouverait à redire à cela ? Non en général sa conviction ne pose pas de problème moral. C'est juste qu'elle va obscurcir son jugement et l'empêcher de voir d'autres réalités qui sont peut-être tout aussi importantes. Il a tendance à penser que sa conviction est "universalisable" et qu'il apporte la bonne parole à ceux qui en ont besoin. Il ne se met pas sur un même pied d'égalité puisque lui est convaincu, il a une tendance au paternalisme et à la condescendance qu'il masque bien par un ton bienveillant, voire mielleux. ll sait que pour convaincre il faut d'bord amadouer : on n'attire pas les mouches avec du vinaigre.

 

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La bonne élève

5 décembre 2016 par jerome lecoq

Elle veut toujours donner La bonne réponse, la réponse la plus intelligente et souvent la plus compliquée parce que ce qui est intelligent est rarement simple, pense-t-elle. Mais comme nous ne sommes plus à l'école et qu'à une question il y a souvent plusieurs réponses elle hésite beaucoup. Elle a plusieurs idées en même temps qui se chevauchent et a du mal à les trier et à s'engager dans une sans être sûre. Car elle n'a plus le regard rassurant du professeur pour lui indiquer qu'elle est sur la bonne voie. Alors elle déploie des stratégies pour placer le plus de réponses possibles en une seule, ce qui la rend confuse. En classe, sa place était claire, elle était la première ou parmi les premières. Dans la vie ce ne sont plus les professeurs qui la jugent, qui l'évaluent mais son chef, ses collègues, ses employés ou ses collaborateurs. Les critères d'évaluation sont flous, le corpus de connaissances changeant et informel, les relations sont à plusieurs niveaux et les examens et concours souvent officieux.

 

Dans: Profils philosophiques 

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