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Peut-on être l'auteur de sa vie ?

4 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Au début des années 80, Michel Foucault revenait aux origines de la philosophie grecque en redécouvrant les exercices spirituels, après que Pierre Hadot ait initié le mouvement. Il analysait le style du parrèsiaste dont l'incarnation était Socrate, qui disait la vérité quoi qu'il lui en coûte. Il passait également en revue les exercices spirituels de l'antiquité comme l'examen de conscience ou la méditation et en concluait qu'ils étaient des moyens authentiques de se transformer soi-même par un travail rigoureux. Il évoquait même l'idée inachevée de "faire de sa vie une oeuvre d'art" ce qui impliquait que nous soyons à la fois l'artiste et l'oeuvre en cours de construction. Il ne donnait pas les moyens concrets de se mettre à l'ouvrage cependant.

Dans: Vie 

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Les ateliers de la pensée en ligne

9 juin 2020 par jerome lecoq

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 9, mercredi 10 et jeudi 11 juin prochains de 20h30 à 22h00 par Zoom.

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser
- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser
- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections
- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail
- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Les ateliers de la pensée

30 mai 2020 par jerome lecoq

 

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 juin prochains de 20h30 à 22h00.

 

 

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser

 

- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser

 

- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections

 

- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail

 

- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Comment questionner un enfant ?

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous convie à un atelier en ligne par visioconférence de dialogue philosophique avec vos enfants (de 8 à 12 ans).

Les enfants sont des interlocuteurs de choix lorsqu'il s'agit de réfléchir sur des sujets existentiels. Cependant il faut savoir leur poser des questions efficaces et travailler leurs attitudes qui sont aussi une manière pour eux de répondre, même s'ils ne disposent pas toujours des mots pour le faire.

Lors de cet atelier par visioconférence, je questionnerai plusieurs enfants afin de vous montrer les différentes compétences que vous pouvez mettre en oeuvre en dialoguant avec eux de manière rationnelle.

Ces compétences sont notamment :

faire confiance à sa propre pensée, à ses propres idées
se poser, réfléchir, trouver des idées par soi-même
prendre un problème de manière méthodique
utiliser des arguments de bon sens
écouter ses propres réponses et celles des autres
voir les problèmes dans ses propres réponses et celles des autres
apprendre à poser des questions à soi-même et aux autres

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine (sauf mercredi qui est une session pour les enfants) du 25 au 29 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/87329624115

Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

18 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine du 18 au 22 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/88573274223

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

10 mai 2020 par jerome lecoq

 
 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 11 au 15 mai 2020 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons une compétence particulière de la pensée :
 
  • lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art
  • mardi : interpréter et argumenter autour d'un conte philosophique
  • mercredi : répondre à une question existentielle
  • jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
  • vendredi : questionner une affirmation

    Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

    https://us02web.zoom.us/j/89079611878

    Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

    Comme vous pouvez le remarquer il n'y a pas vraiment de thème au cours de ces ateliers parce que ce n'est ni un cours de philosophie, ni un débat d'opinions ni une conférence délivrant des conseils de sagesse.

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Tous les jours un atelier pour penser ensemble

14 avril 2020 par jerome lecoq

 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 13 au 17 avril à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est.
 
Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :
 
- lundi : identifier les présupposés dans une question afin de poser la question d'après
- mardi : répondre à la même question de plusieurs manières différentes en partant d'un conte philosophique
- mercredi : répondre à une question de réflexion en la problématisant
- jeudi : je ferai une démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
- vendredi : analyser une situation concrète en identifiant les problèmes qu'elle contient.

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De la philosophie comme combat

18 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Impuissance de la philosophie

Que signifie aujourd'hui "philosopher" pour le sens commun ?

Réfléchir sur des notions générales de manière rigoureuse, en argumentant, en traitant des objections, en se questionnant ou en se faisant questionner si on implique d'autres personnes dans cette activité. On n'échappe pas en général à la citation des grands philosophes qui ont tous eu une réflexion pertinente à propos de ce que l'on discute.

C'est une activité intellectuelle qu'on aura peut-être eu l'occasion de découvrir avec plaisir ou avec effroi (c'est selon) lors de notre classe de Terminale, voire dans les études supérieures pour les quelques étudiants qui iraient encore se hasarder dans une voie professionnellement assez bouchée. En dehors de cette période bénie ou maudite, que reste-t-il aujourd'hui de l'activité philosophique pour celui qui n'en fait pas sa vocation ? Probablement guère plus que celui qui a fait des sciences physiques en terminale, bien que cette dernière matière ait l'avantage sur la philosophie d'occuper au moins cinq ans (contre un an pour la philo) dans notre cursus scolaire. Donc il ne restera quasiment rien.

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Aimer et mourir

14 décembre 2019 par jerome lecoq

 

 

Mort -

Juste avant de mourir, il découvrit l'amour. Sans doute était-il déjà mort. (O.B.)

 

Nous savons par les témoignages des infirmières des centres de soins palliatifs qu'à l'approche de leur mort imminente, de nombreuses personnes regrettent, demandent d'avoir plus de temps pour faire ce qu'elles pensaient ne pas avoir encore fait. Beaucoup parlent de "passer plus de temps avec leurs proches", de "leur dire qu'elles les aiment", ou encore de se réconcilier avec cet ami perdu de vue pour un différend futile.

L'esprit se met à penser aux choses essentielles, le coeur s'ouvre à la générosité. Certains découvrent l'amour, le don, l'attention à autrui, eux qui étaient de leur vivant constamment tournés vers eux-mêmes.

Dans: Amour 

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S'inquiéter de ses croyances

11 décembre 2019 par jerome lecoq

 

"Ils se soucient de leur ignorance et de leurs incertitudes. Leurs savoirs et leurs croyances devraient les inquiéter." (O.B.) 

 

Débusquer ses croyances infondées

Effectivement ce que nous tenons pour vrai à tort est plus dangereux que ce que nous ignorons, que cette ignorance soit partielle ou totale (ce dernier cas étant le pire car nous ignorons même le fait que nous ignorons).

Si en effet nous pensons savoir quelque chose, si donc nous la croyons à tort, nous agirons comme si cette chose était un fait, nous lui ferons confiance et notre action ne sera un succès que de manière accidentelle mais plus certainement un échec, voire une catastrophe. Le commandant du Titanic croyait qu'il ne rencontrerait pas d'icebergs dans la zone de l'Atlantique qu'il choisit de pénétrer pour accélérer son trajet : sa croyance eut des conséquences fatales.

Je sais que je mourrai un jour et je crois que cela ne changera pas la face du monde. Je me soucie de l'incertitude de mon avenir matériel prochain. Est-ce que je devrais plutôt m’inquiéter de mon “savoir” à propos de ma mort ? Après tout peut-être que je ne mourrai jamais ? D'ailleurs les mots que j'écris je vais les publier, ils seront archivés, ils seront peut être retrouvés dans 10 000 ans par un archéologue qui pourra témoigner que des philosophes-praticiens ont existé à Paris en 2019 et écrivaient. D'une certaine manière je ne mourrai jamais puisque d'autres gens pourront reparcourir ma pensée, c'est en tous cas possible donc ma mort n'est pas une certitude dans tous les sens du terme même si elle l'est au sens physique. 

En me posant ces questions que d'aucuns jugeront vaines ou présomptueuses je me suis interrogé sur la trace d'une pensée et sa survivance dans l'esprit collectif, ce que je n'avais pas l'intention de faire au moment de commencer cet article.

Mon écriture, mon attention vers quelque chose que je trouvais sans intérêt car banal et certain, toujours vrai, m'a permis de penser quelque chose de nouveau, une nouveauté relative mais une nouveauté quand même. Si je m'étais plutôt inquiété de ce que je ne savais pas, par exemple si j'avais recherché des informations sur Internet concernant la circulation des trains ce dimanche où j'organise un séminaire, j'aurais pu faire de nouvelles conjectures, évaluer les risques que des participants annulent leur venue, me demander comment les gens allaient venir en cas de persistance de la grève mais je n'aurais pas découvert de nouvelle idée intéressantes.

Dans: Croyances et Préjugés 

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Mieux qu'un bilan de carrière, la synthèse de votre être

5 décembre 2019 par jerome lecoq




 

Miettes

Ils analysent, ils déconstruisent. Ils se précipitent sur les miettes et en font leur habitacle. (O.B.)

 

Si vous vous retournez aujourd'hui en milieu de parcours ou de “carrière”, comme j'imagine nombre d'entre vous le sont, voyez-vous une cohérence, une synthèse, une idée, derrière votre carrière ? Y a-t-il une ligne directrice ou bien vous êtes vous contenté.e de “rebondir” comme on dit aujourd'hui, de poste en poste, d'entreprises en entreprise, au gré des opportunitées qui s'offraient à vous ?

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ?

Si c’est le dernier cas votre parcours n’a pas plus de cohérence que celui d’une balle rebondissante. Elle ne rebondit pas au hasard car si on connaissait sa texture, son angle, sa vitesse et la configuration du sol ou pourrait prédire exactement l’endroit où elle rebondirait. Ainsi sont les gens qui agissent de manière spontanée : ils sont entièrement conditionnés pas leurs désirs, leurs croyance, leur sensibilité. C’est ce contre quoi Spinoza nous met en garde.

Si vous avez analysé vos expériences, les avez-vous synthétisées ? Les avez-vous reconstituées en un tout cohérent ou vous êtes vous contenté d’être ballotté(e) au gré des vagues du monde économique et des affaires, des rencontres qui vous ont permis de passer d’une “boîte” à une autre, d’un projet à un autre ?

Faire la synthèse, et non le bilan comme on dit habituellement dans une vision finalement très comptable de la vie (qui est “une affaire qui ne couvre jamais ses frais” comme le disait Schopenhauer) me paraît tout à fait important et salutaire.

Dans: Synthèse 

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Neutralité

29 novembre 2019 par jerome lecoq

 

"Trous

Phantasmes du plat, illusion de la neutralité. Tout est inflexions, tout est asymétrie. Ils fabriquent des lignes droites, ils finissent par y croire. Rien n’est, qui ne soit rupture. Rien n’est, qui ne soit troué. Même les trous ne savent pas où ils vont." (O. Brenifier)

 

Illusoire neutralité du jugement

La neutralité, voici une position qui nous arrange dans bien des situations : il s'agit de s'abstenir, de ne pas prendre parti et par conséquent de ne pas s'exposer aux conflits, aux reproches ou au contraire aux sollicitations pour rejoindre un “camp”. Pour rester neutre il faut souvent résister aux appels de ceux qui voudraient bien vous enrôler dans leur parti, leur club, leur association. Pour un pays la neutralité est une question de fierté nationale comme c'est le cas pour la Suisse : cette position n'est pas sans avantages notamment en ce qui concerne le commerce. En cas de conflit le pays neutre peut commercer des deux côtés de la ligne de fracture.

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Etre utile ou être une fin en soi ?

27 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Utile

Contrôler et rendre service. Se sentir utile et nécessaire. Indispensable. Dessein d'une vie. Elle en paie le prix. Frustration et culpabilité. (O. Brenifier)

Quand on aime être utile on veut contrôler la gratitude de ceux à qui nous rendons service, on veut sa dose quotidienne de reconnaissance. Et quelle prétention de vouloir contrôler le sentiment que peuvent avoir les autres à votre égard, quelle prétention et quel danger pour soi-même ! Dans quelle dépendance affective à l'égard d’autrui ne se met-on pas !

Pourtant qui ne se demande jamais s'il est utile ? 

Peut-être le créateur, l'artiste, le philosophe, le manager, celui qui travaille la pâte humaine comme dirait Schopenhauer. Leur souci commun : non être utiles mais faire prendre conscience, éduquer, enseigner, alerter, interpeller, vivifier. Est-ce utile ? Sûrement mais ils n’attendent pas de reconnaissance pour cela car ils savent que le premier réflexe de l'élève, du lecteur ou du spectateur sera au contraire plutôt du rejet voire de la colère. 

Admettons que nous prétendons tous à une quelconque utilité, que cela nous fait plaisir en général de savoir que nous avons été utiles. La démesure provient du fait de s’imaginer que nous puissions être indispensables et pas seulement utiles. Se rendre indispensable, si c'est seulement possible, c'est organiser la dépendance d'autrui à votre égard c'est donc organiser, planifier son aliénation, le priver de la liberté de se prendre en main, c'est une forme d’infantilisation d’autrui. 

Dans: Utilité 

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Gagner sa vie en corrompant son esprit

22 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Incongru 

Ils gagnent leur vie. Ils accumulent des biens. Ils parent à l'immédiat. Leur esprit se fourvoie. Ils se perdent eux-mêmes. (O. Brenifier)

 

N'est-il pas confortable d'avoir des obligations, des devoirs, des urgences, des pseudo-nécessités ? Qu'il est doux de ne pas avoir à penser, de savoir exactement ce que nous devons faire pour survivre, surnager, nous distinguer dans ce bocal, faire son trou. Il suffit d'accumuler : projets, biens, postes, responsabilités, titres, diplômes, décorations, nominations, magistratures, promotions. Tout cela en gagnant sa vie.

Mais quoi ? Y gagne-t-on la vie ? La vie a-t-elle besoin qu'on la gagne ? Est-ce une compétition, une espèce de course ? Mais contre qui ? Qui en fixe les règles, le prix, la récompense ? Peut-on sortir du jeu quand nous sommes lassés du jeu ? Et si on ne le peut pas alors est-ce une vie ou une prison ?

En partant du principe que nous ne coïncidons pas avec nous-mêmes et nous cherchons, accumuler des biens permet-il de se trouver ? L'accumulation de biens peut-elle donner un sens à notre vie ? Admettons-le à titre d’hypothèse.

Le problème se pose alors de la limite : à partir de quelle quantité de biens serons-nous satisfaits ? Première question. En général nous ne nous fixons pas de limites et c’est bien là que les choses se gâtent, que l’ubris des Grecs nous guette, cette maladie de la démesure que les tragédies ont si bien su mettre en vie.

Dans: Accumulation 

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Banalité

20 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Banalité

"Il ne voulait pas être banal. Il voulait être original. Il était avide, pressé et ambitieux. Comment peut-on être plus banal ?" (O. Brenifier)

 

Celui qui veut être original veut se distinguer au regard d'autrui, il a donc un souci d'image, de reconnaissance. Il n'est donc pas assuré de ce qu'il est, autrement pourquoi voudrait-il exister dans les yeux d'autrui. Il ne se reconnaît pas lui-même, ne se donne pas ou peu de valeur. Sa valeur il l'attend de la reconnaissance d'autrui. Il fera tout pour être original : ce faisant il ne fait que se conformer à ce qu'il imagine que les autres voudraient qu'il soit. 

Dans: Banalité 

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Peut-on échapper à la rigidité intellectuelle ?

19 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Dogmatique

La rigidité intellectuelle consiste principalement en un dogmatisme, une appétence pour les certitudes que viennent en général nourrir une certaine culture générale ou technique. Le rigide a ses idées bien arrêtées, ses principes fermement ancrés et il se raidira à l'approche de la moindre idée susceptible de saper le fondement de ses croyances. Toute idée extérieure est vue comme un agent pathogène qui mettra en branle les anticorps de son esprit pour détruire l’intrus.

Au fond c'est un grand peureux de la vie. La vie en effet n'est qu'un tissu d'incertitudes, rien n'est nécessaire ou certain (à part la mort et les impôts comme disent les Anglais) : se réfugier et se complaire dans ses certitudes revient donc à se protéger du flux de la vie et de ses alea. 

La rigidité intellectuelle est une catastrophe pour la pensée parce qu'elle nous empêche de nous ouvrir à l'altérité, au questionnement, à la remise en cause. Le rigide n'apprend plus, il sait déjà, il n’est pas généreux, ne donne pas mais impose ou critique pour détruire. 

Tout au plus essaie-t-il de convaincre ceux qui n'ont pas comme lui vu la Lumière. Il va vers ceux qui confortent les opinions qu'il a déjà. Dès lors son esprit s'étiole parce qu'il ne s'entraîne plus à la pensée, dans la mesure où penser consiste avant tout à dialoguer. Or on ne dialogue pas avec un dogmatique : soit on l'écoute poliment, soit on essaie de le combattre, soit encore on l'évite. 

Le rigide s'enferme tout droit vers la mort de sa pensée en même temps qu'il fait le vide autour de lui, ce qui amplifie encore sa rigidité puisque la contradiction se raréfie encore davantage et le conforte dans ses certitudes. Le rigide s’enferme vite dans un cercle vicieux.

Dans: Rigidité 

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Le Temps des Magiciens

13 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Une fois n'est pas coutume, je voudrais faire la recension d'un ouvrage que je recommande chaleureusement. Il s'agit de Le Temps des Magiciens paru tout récemment chez Albin Michel, par Wolfram Eilenberger.

Cet ouvrage nous déroule l'activité intellectuelle et la vie de quatre philosophes majeurs pour le XXème siècle, à une période à la fois d'intense bouillonnement culturel et scientifique, les années 20 mais aussi ferment des catastrophes humaines à venir, le fascisme, le nazisme, le stalinisme et la deuxième guerre mondiale.

Les 4 figures tutélaires de la philosophie de cette époque se croisent sans se rejoindre : Martin Heidegger l'exalté, Ernst Cassirer l'érudit optimiste, Walter Benjamin le velléitaire ésotérique et Wittgenstein le génie torturé.

Dans: Recensions 

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Peut-on prendre du plaisir à penser ?

4 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Lutter

Je ne parle pas du plaisir que l'on peut avoir à lire un livre ou à écouter un discours d'un brillant professeur. Je parle du plaisir pris à exercer sa réflexion de manière active et qui inclut le fait de penser sur soi-même également, dans le cadre d’un dialogue ou en écrivant.

Cette question pose problème car au premier abord penser est un effort : penser c'est en effet lutter.

Lutter contre sa propre paresse intellectuelle d’abord, qui nous pousse à passer rapidement sur ce que nous ne comprenons pas ou nous pose problème, à chercher des réponses toutes faites à travers des figures d'autorité telles que les grands auteurs, les leaders d'opinion, les intellectuels en tous genre, à nous déclarer inaptes à la pensée et à laisser ce travail à des professionnels comme les philosophes. La pensée est chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls philosophes.

Dans: Penser et plaisir 

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Le genre conditionne-t-il la pensée ?

25 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Le genre est un performatif

Définissons tout d'abord le genre comme la construction sociale qui vient se greffer sur la division sexuelle biologique. Le genre féminin et le genre masculin signifient que l'on devient homme autant que l'on devient femme. Le concept de genre est un schéma mental a priori, issu de notre histoire collective, qui détermine l'ensemble des qualités, attitudes, compétences que nous attendons d'un genre “homme” et d'un genre “femmes”. 

Nous remarquons que le genre est un performatif : dire d'une chose qu'elle est un attribut masculin ou féminin, c'est non seulement la décrire mais attendre qu'elle se conforme à cette description, c'est un jugement normatif. En disant “c’est ainsi” on dit également : “cela doit être ainsi”.

Dire que les petites filles jouent à la poupée et les petits garçons aux voitures (ou au pistolet), c'est aussi attendre qu'ils continuent à le faire, qu’il est “normal” qu’ils le fassent. 

Or on ne voit pas bien pourquoi objectivement jouer aux voitures serait plus “naturel” pour un garçon que pour une fille ou jouer aux poupées pour une fille que pour un garçon. Je parierais plutôt pour une explication culturelle, même si le conditionnement social semble jouer dès les premiers mois de l’enfance.

Dans:

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