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Le savoir peut-il être une forme de corruption ?

22 mai 2018 par jerome lecoq

 

A priori le savoir ne peut pas faire de mal : dans une économie de la connaissance et du service il est même fortement valorisé. Pourtant celui qui sait, ou qui prétend savoir, peut tomber dans deux pièges majeurs. Le premier c'est, en raison de son savoir, d'être incapable d'écouter et de mettre momentanément à distance son savoir. Son jugement est tellement sûr concernant son domaine d'expertise qu'il ne peut le suspendre, attitude préalable à un questionnement ouvert, authentique et soucieux de la découverte d'autrui.

Dans: Dissertation 

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De quoi faut-il faire son deuil ?

18 mai 2018 par jerome lecoq

 

Faire son deuil signifie renoncer à ce que nous apportait la présence d'un être : son affection, ses idées, son comportement...son être. L'être n'est plus. L'être n'est plus sur le mode où il nous apparaissait : présent, vivant, conscient. Nous le reconnaissions et il nous reconnaissait, nous existions ensemble, nous nous comprenions, nous nous disputions, nous faisions des activités ensemble, nous discutions, nous dialoguions, nous riions, nous pleurions, nous nous appelions, nous réconfortions, parlions des autres et de nous-mêmes, nous confiions l'un à l'autre. 

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La Providence existe-t-elle ?

11 mai 2018 par jerome lecoq

 

Existerait-il une force au-dessus de nous et qui nous voudrait du bien ? La Providence est-elle l'autre nom de la chance ? La Providence nous touche-t-elle tous ou bien certains d'entre nous sont-ils privilégiés ? Peut-on forcer notre chance, influer sur notre destin ?

Pourquoi certaines choses semblent-elles nous arriver au bon moment ? Le fait qu'un problème se dénoue dépend-il de notre seule volonté ou bien y a-t-il une main invisible qui fait bien les choses et redresse les injustices ? Faut-il s'en remettre à la providence ou ignorer toute forme de hasard ? Le hasard fait-il bien les choses ?

Dans: Dissertation 

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Les consolations de l'existence : 18 - Le retrait du monde - Les rêveries du promeneur solitaire (Rousseau)

30 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

« Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché, dans les raffinements de leur haine, quel tourment pouvait être le plus cruel à mon ame sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. »

Ainsi Jean-Jacques Rousseau parle dans ses Rêveries du promeneur solitaire. Sentant la fin, il a besoin de donner une certaine valeur à son existence. «Je dédie mes derniers jours à m'étudier, à préparer le récit que je vais bientôt donner de mon être.» Lutter contre le sentiment du vide.

 

Dans: Consolations 

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Avons-nous besoin de tout expliquer ?

29 avril 2018 par jerome lecoq

 

Evidemment non répondrions-nous spontanément : je n'ai pas besoin d'expliquer comment marche cette plaisanterie puisque je vois qu'elle fonctionne. Le rire sincère indique que ma plaisanterie fonctionne : c'est justement en l'expliquant qu'elle ne serait plus drôle, qu'elle raterait son effet. En matière d'humour donc expliquer est justement ce qu'il ne faut pas faire sous peine d'enlever le plaisir la surprise qui génère le rire. On peut néanmoins ressentir le besoin d'expliquer malgré tout car certaines plaisanteries sont très subtiles, à double-tiroir : peut-être le destinataire a-t-il mal compris la plaisanterie et ne rit-il pas de ce qu'il faut rire ?, peut-être le rire est-il le fruit d'un malentendu ? A ne pas expliquer on prend toujours le risque du quiproquo.

 

Dans: Dissertation 

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Pourquoi aimons-nous dire non ?

25 avril 2018 par jerome lecoq

 

Dire "non" est une forme d'affirmation de soi comme nous l'enseignent les enfants vers l’Age de 2 ans qui disent non systématiquement à tout ce que leur proposent leurs parents. Dire « non » c'est s'opposer, résister et par conséquent exister puisque en existant nous disons « non » aux forces de la passivité et de la mort. Dire « non » c'est affirmer la puissance de notre propre autonomie, c'est avoir sa propre idée, sa propre volonté, c'est résister à ce qu'autrui ou la société voudrait faire de nous.

 

Dans: Dissertation 

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Apprendre à penser à vos enfants

24 avril 2018 par jerome lecoq

 

Bonjour à tous chers parents,

Venez apprendre à vos enfants entre 8 et 12 ans à penser ensemble. Je convie vos chères têtes blondes entre 8 et 12 ans à une session de pratique philosophique en ligne au cours de laquelle ils apprendront à écouter leurs camarades, à poser des questions, à patienter et à se poser, à trouver des idées par eux-mêmes, à réfléchir sur leur vie celle de leur entourage : bref, à philosopher.

Cette session gratuite durera 45 min. Pour cela les enfants s'engageront à rester concentrés devant leur écran sans faire autre chose, sans parler à d'autres personnes ni regarder la télé ou jouer à la tablette en même temps. Je leur raconterai une petite histoire et leur poserai des questions dessus.

Pour cette séance en ligne et en visioconférence il faudra être dans un endroit calme, vous munir d'un ordinateur équipé d'une caméra (intégrée sur la plupart des modèles) et pas d'une tablette ni d'un tel mobile car nous écrirons aussi sur un document en ligne. S'ils n'écrivent pas vous pourrez écrire pour eux ou je le ferai.

Vous parents pourrez bien sûr assister à la séance en observateurs attentifs mais sans intervenir. Vous pourrez apprendre des choses sur votre enfant et peut être sur vous qui sait ?

Je ne suis pas encore fixé sur la date aussi je vous propose 3 dates que j'ai mises dans un Doodle : en répondant au sondage vous m'aiderez à choisir le meilleur créneau horaire. Ces dates sont le mercredi 2 mai à 19h00, le jeudi 3 mai à 19h00 ou le samedi 5 mai à 10h00 ou à 18h00.

Choisir votre horaire

J’espère vous voir nombreux.

 

Bien à vous

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Les consolations de l'existence : 7 - Echapper au monde - Oblomov

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

La vie d'Oblomov est médiocre, il est impuissant et paresseux, il vit couché sur son divan, après avoir abandonné tous ses rêves. C'est ainsi que nous pouvons résumer le personnage célèbre représenté par Ivan Gontcharov, un tel mythe littéraire qu'il a produit un archétype existentiel: l'oblomovisme, à l'instar du bovarysme, du Don Juanisme ou Quichottisme. Comme toujours, un portrait excessif fait écho en nous tous, dans un coin de l'âme, une disposition déformée, plus ou moins forte selon les individus, dans ce cas la tendance à procrastiner. Mais si nous examinons de plus près notre héros, nous pouvons donner plus de substance à ce qui semble a priori un comportement absurde.

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Les consolations de l'existence : 8 - La Raison - Les mémoires d'Hadrien

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

En 1951, Marguerite Yourcenar a publié des Mémoires d'Hadrien, où elle a recréé la vie et la mort du grand empereur romain. L'ancien chef médite sur son passé, ses triomphes et ses échecs, son amour pour Antinoüs et sa philosophie. Dans le dernier chapitre, Patientia, il est vieux et malade, la mort arrive, et il se console par la méditation et la contemplation des idées, par la raison. Il souffre physiquement, il pense au suicide, mais il ne veut pas abandonner les plaisirs et la jouissance de la vie, même si son corps le trahit lentement. Il nous prévient contre un «combat sans gloire contre le vide, l'aridité et la fatigue, la nausée de l'existence, conduisant à un désir de mort», bien que «la possibilité perpétuelle de suicide m'a aidé à supporter l'existence avec moins d'impatience, de même que la simple présence d'une potion sédative a un effet apaisant sur un homme souffrant d'insomnie.» De plus, il ne veut pas montrer d'indifférence à ses amis, et il considère qu'un empereur ne peut se suicider que pour des raisons d'Etat.

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Les consolations de l'existence : 10 - Devenir quelqu'un - Macbeth

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

(Version corrigée - Traduction de l’anglais au français - Marie Vilain)

Macbeth, baron de Glamis, gagne en héros la bataille contre une armée de rebelles, consolidant fidèlement le pouvoir du Roi Duncan. Mais l’âme des hommes est toujours hantée par d’horribles fantômes. Ici ils sont représentés par trois sorcières qui prédisent à notre héros qu’il deviendra baron de Cawdor et roi d’Ecosse.

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Les consolations de l'existence : 5 - La nostalgie - La madeleine de Proust

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Le romancier français Marcel Proust est bien connu pour sa madeleine éponyme, célèbre épisode issu de son roman "Du côté de chez Swann". Par hasard, sa mère lui a offert une tasse de thé chaud avec des madeleines qu'il a plongées dans le thé avant de les mettre dans sa bouche, produisant un effet puissant: «Aussitôt que le liquide chaud mélangé avec les miettes a touché mon palais, un frisson me traversa et je m'arrêtai, saisi par l'extraordinaire chose qui m'arrivait."

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Les consolations de l'existence : 6 - Le joueur de Dostoïevski

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Au cours de sa vie tumultueuse, l'écrivain russe Fédor Dostoïevski a lutté contre une dépendance au jeu de la roulette, une habitude qui l'a conduit à la faillite à plusieurs reprises. Pire encore, il entraînait souvent sa famille dans la dette avec lui, ce qui leur causait de grandes douleurs. Dans son roman, le joueur, écrit comme une tentative d'exorciser son propre démon, il décrit ce qu'il appelle une maladie. Dans le même temps, de manière ambiguë, tout en analysant crûment la dimension pathologique de cette activité, il loue l'esprit qui anime sa passion brûlante. Par exemple, c'est l'occasion pour lui de défendre le caractère russe, passionné, contre la mentalité froide et calculatrice des hommes d'Europe occidentale.

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 9 - L'appartenance au groupe - Le Vilain Petit Canard

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Il y a différentes manières de lire le conte d'Andersen: «Le Vilain Petit Canard», ce pauvre oiseau menant une vie misérable jusqu'à la fin heureuse. Une façon d'interpréter cette fable est que le héros ignore d'abord sa propre identité : il n'est pas un canard, une réalité qu'il découvrira lorsqu'il rencontrera les cygnes. Une autre est qu'il est laid dans sa jeunesse parce qu'il n'est pas encore lui-même, il deviendra son vrai "lui" à mesure qu'il se développera, puis deviendra beau.

 

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 17 - Le pouvoir - Le parfum (Süskind)

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Le parfum, un roman de Patrick Süskind, raconte l'histoire de Grenouille. Né illégitime, sa mère le jette dans une poubelle. Plus tard, il la dénonce, elle est exécutée. Les infirmières l'abandonnent : il mange trop et n'a pas l’odeur normale d’un bébé. Enfant abandonné, il travaille dur pour survivre.

Dans: Consolations 

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Le consommateur, ce phobique de l’engagement

22 mars 2018 par jerome lecoq

 

S'engager c'est sortir d'un monde de virtualités, de possibles agréables, du rêve et de ses illusions excitantes pour rentrer dans une voie qui oblige à regarder devant soi en acceptant de donner, à voir de l’intérêt dans un domaine plus restreint et plus contraint et à découvrir un nouveau monde hors de soi. S'engager c'est « se mettre en gage » donc se mettre en risque, s'abandonner donc accepter de perdre l'illusion réconfortante du contrôle de tous les possibles pour rentrer dans le concret, dans le réel, dans la vie. Celui qui ne s'engage pas n'aime pas la vie, raison pour laquelle il peut aussi aimer la routine, les habitudes, l'immobilité qui lui permet de regarder passer le monde sans y prendre part. Il se prend pour Dieu mais n’est qu’impuissant.

Dans: Dissertation 

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Liberté et angoisse ou nécessité et joie ?

14 mars 2018 par jerome lecoq

L'obéissance est-elle une vertu ?

15 février 2018 par Jérôme Lecoq

 

Ce dialogue est une auto-consultation c'est-à-dire que c'est moi qui fais les questions et les réponses. Cela suit le même principe qu'une consultation philosophique à deux et oblige à se "couper en deux" afin de se voir comme une autre personne. Cela permet de se voir penser tout en traitant une question. Ainsi on peut repérer ses erreurs de logique, ses présupposés, ses croyances, ses "angles mort" de la pensée. Vous êtes invité(e) à critiquer vous-même ce dialogue si vous percevez problèmes quelconques.

Vous pouvez également m'envoyer vos questions que je traiterai comme dialogue ou m'envoyer vos propres autoconsultations que je commenterai. Alors à vos stylos cher(e)s lecteurs et lectrices.

Dans: Dialogues 

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Doit-on uniquement respecter ceux qui nous respectent ?

14 février 2018 par jerome lecoq

 

Le respect repose sur la connaissance d'autrui

Si l'on se fie à la définition du terme de respect, «aptitude à considérer le passé pour en tirer des conclusions sur notre attitude à adopter pour le présent" alors la réponse est clairement non. Le respect appliqué à l'être humain signifie que l'on doit connaitre ses actes passés afin de le respecter et le fait que quelqu'un connaisse mon passé et le juge digne de respect n'implique évidemment pas la réciproque. Par conséquent le respect se gagne, se mérite, et il n'y a pas de raison de respecter quelqu'un que l'on ne connait pas. C'est pourquoi la réputation est si importante dans la notion de respect : c'est elle qui vous précède et donne des raisons aux gens de vous respecter, sans même vous connaitre.

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Pourquoi questionner fait peur

7 février 2018 par jerome lecoq

 

Le questionnement peut facilement être considéré comme une menace, car on pourrait vouloir préserver la mystérieuse intériorité où se trouve le sacré. En protégeant cette intimité, on a l'impression de ne pas l'épuiser, de ne pas la souiller en la soumettant à l'exposition de la conscience, aux yeux des autres et de soi-même. Par conséquent, le questionnement est considéré comme mauvais et même sacrilège. Le questionnement des idées est souvent considéré au mieux comme un exercice formel. Au pire comme une activité corruptrice. Il se trouve une compréhension tacite supposée, au-delà des mots, et les mots ne peuvent qu’atteindre superficiellement ce lien. L'horizon d'une telle perspective relationnelle est l'idée que la véritable unité peut supporter le silence, et même que dans le silence, elle trouvera sa véritable existence. Les mots ne sont que des mots, ils ne sont que des sons et des illusions. Comment pourrait-on prendre au sérieux tout type de questionnement ? On s'irritera même à l'idée que cet échange verbal ou cette quête aurait un sens réel, qu'il serait pris au sérieux. Le dialogue peut ainsi être considéré comme une menace pour l'intimité, gâchant le véritable contact mystique : la fusion des âmes. Les mots risquent de provoquer le désaccord, l'incompréhension, l'aliénation. Or la simple présence de deux corps ou de deux âmes ne laisse aucune aspérité, ne crée aucune friction. Cela donne un sentiment de paix intérieure et de fusion. Nous sommes au-delà de toute différence, nous sommes dans la coïncidence des contraires, dans la fusion des différences. Le dialogue verbal implique une séparation, une distance, à la fois physique et psychologique. On ne peut pas dialoguer en étreignant l'autre, en le touchant et bien sûr en l'embrassant.

Dans: Dissertation 

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