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Ce qui nous rend stupides (6) - La précipitation

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Chuter dans le vide

Se précipiter vient du latin praecipito qui signifie littéralement : "tomber la tête en avant", chuter dans le vide. Le terme “précipice” en dérive qui donne bien l’idée d’un gouffre, d’un abîme dans lequel nous risquons de disparaître et au fond duquel la mort nous attend.

Celui qui se précipite réagit, ne réfléchit pas, fonce tête baissée, s'impose une forme d'urgence. Il y a dans l'idée de précipitation, comme dans la notion de précipité en chimie, l'idée de quelque chose en trop qui ne se mélange pas et subsiste en tant que résidu. Celui qui se précipite n'est pas dans le moment opportun, il force le cours des choses, il rajoute de l’agitation inutile, il est fébrile, ce qui encore pointe vers un dérèglement de l'action et de la pensée. Celui qui se précipite n'a aucune maîtrise de lui ni de son environnement, il veut se débarrasser de ce qu'il a à faire ou bien il est en compétition de vitesse avec autrui.

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Ce qui nous rend stupides (5) - L'habitude

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Une seconde nature

L'habitude est un comportement acquis qui devient comme une seconde nature. Nous acquérons en général un comportement par sa répétition, forcée ou non. En général ce comportement est adapté à l'objectif que nous cherchons à atteindre ou au besoin que nous cherchons à satisfaire. Par exemple étant enfants nous apprenons les habitudes d'hygiène pour plusieurs raisons évidentes (santé, vie sociale, confort).

Nous avons par exemple pris l'habitude de nous laver les dents tous les matins ou pour les hommes de nous raser ou de nous tailler la barbe le cas échéant. Beaucoup de nos habitudes sont ainsi liées à des nécessités corporelles puisque les besoins du corps nous les imposent. Rien de problématique à cela, ce sont ce que nous appellerions de bonnes habitudes, jusqu'à ce que la science nous apprenne peut-être un jour qu'il est néfaste de se laver les dents le matin. Il nous faudra alors changer nos habitudes ce qui est bien plus compliqué qu'en acquérir de nouvelles.

En général il est bon de faire les deux en même temps : par exemple pour perdre l'habitude de fumer je vais commencer une nouvelle habitude de mâcher du chewing gum ou de faire quelques pompes ou de courir dès que l'envie de fumer me prend. Il s'agit de remplacer une mauvaise habitude par une moins mauvaise, voire par une bonne (mais en général les bonnes habitudes sont difficiles à acquérir car elles nécessitent un effort sur nous-mêmes). Mais nous ne voyons toujours pas de lien avec la stupidité. 

Le problème de l'habitude est exactement le même que son avantage. Par habitude nous accomplissons des gestes, des tâches, nous suivons un programme qui justement nous dispense de penser. Penser en effet est difficile, long, risqué car cela inquiète et nous met dans le doute, cela doit être structuré, articulé, profond, argumenté…

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Ce qui nous rend stupides (4) - L'avidité

9 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

L'avidité est un désir constant d'acquérir toujours plus : toujours plus de savoir, de richesse, de pouvoir, de reconnaissance, de pouvoir, d'amour, de sens. L'avidité s'applique à de nombreux "objets" qui sont autant de manques existentiels. En étant avides nous voulons être plus, nous ne nous satisfaisons pas de ce que nous sommes.

Pourquoi l'avidité nous rendrait-elle stupides ? A chaque type d'avidité son type de stupidité.

Savoir

L'avide de connaissances excite et stimule son intelligence par l'accumulation de savoirs souvent inutiles. Cette avidité le dispense de penser par lui-même et de réfléchir avec ce qu'il a : il préfère aller chercher ce qui a déjà été pensé par d'autres, il se noie dans les références et les autorités savantes. Il a le complexe de l'académique dont les notes de bas de pages sont plus importantes que son propre texte. Il veut constamment “se nourrir” de nouvelles sources d’informations de manière compulsive, il a un avis sur tout mais a du mal à penser et faire des hypothèses à partir de peu. Il ne sait plus créer sa propre pensée.

Ce type de stupidité par le savoir a déjà été développé dans un précédent articles (cf Ce qui rend stupide : le savoir)

L'avidité pour la richesse et les signes extérieurs qui l'accompagnent (souvent) témoignent d'un désir mimétique : on désire le désir de l'autre, on désire que l'autre désire ce que nous avons, qu'il nous envie. Ce désir est par nature superficiel et vide puisqu'il pointe vers un autre désir, en ce sens il est vain donc stupide.

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Ce qui nous rend stupides (3) - La bureaucratie

4 octobre 2019 par jerome lecoq

 

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Je n’avais pas imaginé insérer cet article dans la série sur ce qui nous rend stupide mais en remplissant dernièrement ma demande de rachat d’un véhicule, je me suis rappelé que j’avais déjà écrit quelque chose que j’avais abandonné dans un coin et que cela pouvait finalement faire un cas intéressant de cause (extérieure pour le coup) de stupidité.

 

Phobie administrative

Avez-vous déjà eu des sueurs froides à l'idée de devoir remplir un formulaire, qu'il soit destiné aux impôts, à l'école de vos enfants ou pour les Ressources Humaines quand vous êtes recruté ? Moi si, j'ai toujours appréhendé le fait de devoir remplir une feuille ou des catégories étaient préremplies et où il fallait en plus fournir des documents annexes pour que le dossier soit complet. D'autant que souvent on n'est pas obligé de tout remplir et il y a toujours un moyen de déborder des cases. Mais cela on ne peut pas le savoir a priori. Le dernier exemple en date : le rachat d'une voiture à un particulier.

J'ai toujours eu l'impression d'être un cas particulier pour les formulaires. Quel bonheur quand j'arrivais à tout remplir d'un coup, quand j'arrivais facilement à me mettre dans une case. Rien ne m'a tant fait sentir que j'étais stupide inadapté et rien ne m'a plus agacé que les formulaires et les relations avec l'administration. Si vous saviez ce que j’ai dû faire pour ne serait-ce qu’être accepté à soutenir ma thèse de philosophie...

Quand j'étais ado c'est ma mère qui faisait tout cela pour moi mais maintenant...c'est vrai que les déclarations se sont simplifiées, le numérique est passé par là et je lui en suis reconnaissant d'ailleurs. Je ne sais pas s'il s'agit d'une maladie reconnue mais de toutes façons je n'envoie jamais mes feuilles de maladie. 

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Ce qui nous rend stupides (2) - Le savoir

29 septembre 2019 par jerome lecoq

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

Coupable n°2 : le savoir

Notre coupable n°2 est le savoir, qui inclut la connaissance et l'opinion. Il peut paraître contre-intuitif d'associer le savoir à la stupidité puisque le sens commun associe plutôt la connaissance avec l'intelligence. En quoi le savoir nous rendrait-il stupide ?

Je sais donc je veux (que les autres le sachent). Si je veux je n'observe pas.

La première raison c'est que quand nous savons des choses nous avons en général envie de faire savoir que nous savons, nous voulons exposer ce savoir puisque ce dernier est valorisé dans la société de la connaissance (soit-disant). Or ce désir d'exposition nous empêche bien souvent de voir : voir ce qui se dit, ce qui se passe, ce qui est en jeu ici et maintenant. Quand on sait on "s'invite un peu trop rapidement à la table du Divin" comme nous dirait Hegel. Nous risquons fréquemment de déverser notre savoir en le plaquant de manière artificielle sur le phénomène que nous vivons (mettons une discussion passionnée par exemple), nous masquant quelque peu sa réalité, sa vérité. En résumé, le savoir et l’expertise rendent paradoxalement aveugles et sourds.

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Ce qui nous rend stupides (1) - Les émotions

26 septembre 2019 par jerome lecoq

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Le premier de ces obstacles identifiés sont les émotions. Dans les prochains posts, je parlerai des autres obstacles : le savoir, l’avidité, l’habitude, l’orgueil, la paresse, le désir, le pouvoir, l’obsession, l’amour.

Evidemment tous ces phénomènes sont liés et peuvent donner lieu à des combinaisons : si vous mélangez la colère et la peur vous obtenez la jalousie par exemple. C’est une invitation à la réflexion plutôt qu’un recensement exhaustif de tous les phénomènes qui nous rendent stupides

Coupable n°1 : les émotions

Que ce soient la peur, la tristesse, la colère ou même la joie, les émotions ont toutes un grand pouvoir de nous rendre stupides. Lorsque nous avons peur par exemple, nous pensons vite, beaucoup trop vite, et souvent mal. Nous réagissons plus que nous ne pensons.

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Ne vous indignez pas !

20 septembre 2019 par jerome lecoq

 

L’injustice par procuration

L'indignation. Pourquoi s'indigne-t-on ? De quoi s'indigne-t-on ? S'indigner c'est être touché d'une certaine manière, négative, lorsqu'une personne tierce est lésée, n'obtient pas ce qu'elle mérite ou au contraire obtient ce qu'elle ne mérite pas. L’indigné est en colère mais pas comme si on s'en prenait à lui directement : l'indignation est une émotion par procuration, une révolte face au constat d’une injustice.

L’indignation est moins forte que l’horreur, la sidération ou le dégoût. Dans l’indignation on est encore dans un cadre de justice, dans un schéma de règles morales : l’indignation est encore mêlée de l’espoir de rétablir la balance en réparant les torts de celui qui a été lésé, en réparant l'injustice. On n’est pas indigné de la découverte des camps de la mort ou quand on apprend le massacre du Bataclan : on est sidéré, glacé, tétanisé, on ne peut pas y croire, cela va au-delà de ce que nous pouvions imaginer. Il n’y plus rien à réparer après cela, juste tenter de reconstruire sur de nouvelles bases.

La dignité : une qualité de seigneur

Il y a une forme de surprise et de déception dans l’indignation : quand on s’attend à quelque chose, peut-on encore s’en indigner ?

Dans: Dissertation 

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Les consolations de l'existence : 1 - Être aimé(e) - Cendrillon

20 septembre 2019 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Dans: Consolations 

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Du bonheur d'être inutile

11 septembre 2019 par jerome lecoq

 

Etre un moyen et pas une fin

Nombreuses sont les personnes qui veulent être utiles, apporter de la valeur, “faire grandir” les autres, satisfaire leurs besoins voire leurs désirs. Dans une société largement utilitariste cette notion d'utilité est largement non-questionnée. Pourtant si on y réfléchit bien, cette valeur de l'utilité est-elle aussi légitime qu'elle paraît ? Devrions-nous tous vouloir être utiles ou peut-on se satisfaire voire se réjouir, rechercher et revendiquer l'inutilité ?

Je connais personnellement peu de personnes qui brandissent avec fierté leur inutilité. A part des philosophes qui se targuent de pratiquer une activité, la philosophie, qui ne "servirait à rien" (mais en fait ils ont une très haute opinion de la philosophie qui selon eux est “au-delà du concept de l'utilité”).

Dans: Dissertation 

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Qu'est-ce que l'humour ?

6 septembre 2019 par jerome lecoq

 

Rupture

C'est un langage, une forme d’esprit ou un mode d’expression qui consiste à souligner, en le transformant, un aspect de la réalité d'une manière qui déclenche le sourire ou le rire chez autrui. L’humour cherche à produire un effet comique.

En général, est comique ou drôle ce qui surprend, qui va complètement à l'opposé de ce que nous pourrions attendre du déroulement de la réalité, ce qui fait des rapprochements ou des comparaisons incongrues. 

L’humour, au même titre que la pensée, introduit une rupture dans le cours habituel des choses, il constitue un jeu de langage, ou une forme de vie, qui détonne, qui modifie la perception de la réalité, qui sort du mode de l’”insurprenance” des objets dans le monde quotidien pour reprendre le mot de Heidegger. Selon ce dernier nous vivons au milieu d’un réseau d’outils qui ont une destination attendue : l’humour détourne ces outils de cette destination et leur en assigne une nouvelle, créant ainsi un nouveau monde parallèle.

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Pourquoi avons-nous des préjugés ?

27 août 2019 par jerome lecoq

 

Pendant la petite enfance, lorsque nous commençons à faire l'apprentissage de la vie, nous tirons des leçons de l'experience quotidienne par un jeu d'essais et d'erreurs qui nous permettent peu à peu de nous former des jugements sur le monde : le feu cela brûle, tomber du canapé cela fait mal, taper maman cela n'est pas bien etc. Puis, avec l'acquisition du langage, nous pouvons acquérir des croyances qui nous sont transmises par nos parents : nous n'avons aucune raison de les mettre en doute et les prenons pour acquises. Ce sont des préjugés.

Nous n'apprendrions pas grand-chose si nous n'avions pas des préjugés sur le monde. Par exemple nous jugeons nos parents dignes de confiance quand ils nous apprennent ce que nous prenons pour des vérités, comme l'existence du Père Noël par exemple ou le fait que pour réussir dans la vie il faut avoir de bonnes notes à l'école. La confiance en nos parents, en nos éducateurs et nos professeurs, est le premier préjugé utile afin d'apprendre à fonctionner dans l’existence.

Or parmi les apprentissages fondamentaux il y a l’esprit critique et une manière de bien conduire notre raison. Car c’est une réflexion construite et argumentée, qui nous permettra de dire si nos préjugés étaient fondés en raison et peuvent être confirmés ou si au contraire il convient de s'en débarrasser en tant qu'idée sans fondement. Cela fait partie de l'éducation de désapprendre ce que nous avions appris pour le reconstruire rationnellement.

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Pourquoi avons-nous des secrets ?

22 août 2019 par jerome lecoq

 

Un secret est la connaissance d'une action, d'une pensée ou d'une parole, prononcée ou faite pour nous-mêmes ou autrui, que nous voulons cacher à autrui. Le secret a toujours une fonction de protection : par le secret, nous nous protégeons nous-même ou autrui du jugement moral ou des conséquences concrètes et néfastes que la révélation du secret aura.

Protéger son image ou celle d’autrui

Nous pouvons vouloir garder le secret pour quatre raisons principales :

La première est par culpabilité ou honte de la pensée ou de l'action secrète. C’est un secret dans la relation à moi-même et à l’image que je veux donner de moi : je garde le secret pour me protéger de la condamnation morale par mon prochain.

C'est par exemple le fait d'avoir eu des pensées envieuses pour la femme d'un ami ou d'avoir commis une action répréhensible comme de voler dans la caisse d'un magasin ou dans le portefeuille de ses parents. Parfois le secret est lourd à porter et la culpabilité nous ronge tellement que nous nous sentons obligés, afin de nous libérer du poids du secret, de le confier à un tiers de confiance, ou encore mieux à un étranger dont nous savons qu'il n'a aucun enjeu personnel avec nous. C'est dans la religion catholique d'ailleurs la fonction de la confession de faire en sorte que le confessé soulage sa conscience auprès du confesseur, généralement un prêtre. D’aucuns prétendent d’ailleurs que la psychothérapie présente la version séculière moderne de la confession religieuse.

Porter un secret est lourd et cela mobilise nos forces mentales tant la tentation est grande d'en partager le fardeau : livrer un secret c'est effectivement prendre le risque de se faire condamner mais aussi celui de se faire comprendre et donc aussi accepter et excuser d’une certaine manière. Comprendre quelqu’un serait ainsi l’excuser pour son humanité.[1]

Dans: Dissertation 

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S'excuser d'exister

17 août 2019 par jerome lecoq

 

Quelles sont les excuses que nous nous donnons au quotidien pour éviter d’assumer nos désirs, nos croyances ou tout simplement notre existence ?

Le temps

Il y a le temps tout d'abord. Prétendre “Ne pas avoir le temps”, n'est-ce pas le signe de la plus grande aliénation ? Celui qui prétend qu'il n'a pas le temps, prétend que ce n'est pas lui qui décide de l'occupation de son temps, qu'il est donc impuissant et aliéné. Ce faisant il est évidemment de mauvaise foi : il faut entendre qu'il ne veut pas prendre le temps.

Or pourquoi ne veut-on pas “prendre le temps” de faire quelque chose ? Parce que cette chose ne nous intéresse pas ou nous embête carrément. Ou alors si cette chose nous attire il faudrait dire que "cette activité, malgré tout le plaisir qu'elle me procure ou pourrait me procurer ne fait pas partie de mes priorités parce que j'ai choisi de privilégier telle autre activité pour telle raison.” Voici une réponse bien plus authentique qui a le mérite de montrer vos objectifs à vous-même et aux autres, au cas où vous ne les auriez pas formulés consciemment, (par manque de temps encore ?). Peut-être vos priorités sont elles mal hiérarchisées, incohérentes ou illégitimes mais au moins ce sont vos priorités, volontairement et délibérément choisies. Et changer ses priorités cela demande du temps, temps qu'il ne faut pas éviter sous peine d’agir par ignorance, comme un fou ou une machine.

 

Dans: Dissertation 

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Peut-on aimer sa tristesse ?

8 juillet 2019 par jerome lecoq

 

Drôle d'association a priori puisque la tristesse s'oppose à la joie qui est associée à l'amour, “joie qu'accompagne l'idée de sa cause extérieure” comme nous le dit Spinoza. Si la tristesse, encore selon Spinoza, est une "diminution de notre puissance d'exister" alors on ne voit pas bien comment on pourrait aimer ce rabougrissement de l'âme, ce repli en soi. Pourtant on peut y voir une certaine forme de confort : celui ou celle qui se complait dans sa tristesse se réfugie dans son intériorité, peuple son univers mental de ses personnages tristes, se joue et se rejoue sa propre tragédie familière. Il se fait le héros tragique d’une pièce grandiose.

Dans: Dissertation 

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Cet été, je travaille ma pensée

26 juin 2019 par jerome lecoq

Profitez des vacances pour travailler votre pensée !


Les vacances arrivent à grands pas, enfin le moment de souffler, prendre du recul, se ressourcer… Le moment aussi de nous occuper de nous et de notre pensée, de notre existence, de notre esprit. Le tourbillon quotidien de la vie nous sert trop souvent d'excuse pour repousser aux calendes grecques les choses vraiment importantes : comment nous pensons et surtout comment nous pensons-nous ?
C'est pourquoi nous avons développé pour vous, un programme estival sur mesure, qui s'adresse à tous ceux et celles, adultes et ados, qui sont curieux de s’exercer au dialogue et de se prêter au jeu du questionnement afin d’améliorer leur compétences cognitives et intellectuelles, de mieux se connaître et se positionner dans l’existence. Nous vous proposons 3 formules par email ou visioconférence, pour correspondre au mieux à vos attentes, disponibilités et budgets.

A noter : Ce programme ne nécessite aucune connaissance philosophiqueparticulière, venez comme vous êtes.

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Programme d'ateliers à la carte pour l'été 2019

25 juin 2019 par jerome lecoq

Vous trouverez dans ce document le programme détaillé pour l'ensemble des ateliers de la Formule 3 du "Programme à la carte" du 12 aout au 1er septembre 2019.

 

Réfléchir avec une fable : le Lion, le Loup et le Renard

21 juin 2019 par jerome lecoq

Un Lion décrépit, goutteux, n'en pouvant plus, 

Voulait que l'on trouvât remède à la vieillesse : 

Alléguer l'impossible aux Rois, c'est un abus.(1) 

Celui-ci parmi chaque espèce 

Manda des Médecins ; il en est de tous arts : (2)

Médecins au Lion viennent de toutes parts ; 

De tous côtés lui vient des donneurs de recettes. 

Dans les visites qui sont faites, 

Le Renard se dispense, et se tient clos et coi. (3)

Le Loup en fait sa cour, daube (4) au coucher du Roi 

Son camarade absent ; le Prince tout à l'heure 

Veut qu'on aille enfumer Renard dans sa demeure, 

Qu'on le fasse venir. Il vient, est présenté ; 

Et, sachant que le Loup lui faisait cette affaire : 

Je crains, Sire, dit-il, qu'un rapport peu sincère, 

Ne m'ait à mépris (5) imputé 

D'avoir différé cet hommage ; 

Mais j'étais en pèlerinage ; 

Et m'acquittais d'un voeu fait pour votre santé. 

Même j'ai vu dans mon voyage 

Gens experts et savants ; leur ai dit la langueur 

Dont votre Majesté craint à bon droit la suite. 

Vous ne manquez que de chaleur : 

Le long âge en vous l'a détruite : 

D'un Loup écorché vif appliquez-vous la peau 

Toute chaude et toute fumante ; 

 

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Réfléchir avec une fable : le corbeau, la gazelle, la tortue et le rat.

21 juin 2019 par jerome lecoq

La Gazelle, le Rat, le Corbeau, la Tortue,

Vivaient ensemble unis : douce société.

Le choix d'une demeure aux humains inconnue

Assurait leur félicité.

Mais quoi ! l'homme découvre enfin toutes retraites.

Soyez au milieu des déserts,

Au fond des eaux, en haut des airs,

Vous n'éviterez point ses embûches secrètes.

La Gazelle s'allait ébattre innocemment,

Quand un Chien, maudit instrument

Du plaisir barbare des hommes,

Vint sur l'herbe éventer les traces de ses pas.

Elle fuit, et le Rat, à l'heure du repas,

Dit aux amis restants : D'où vient que nous ne sommes

Aujourd'hui que trois conviés ?

La Gazelle déjà nous a-t-elle oubliés ?

A ces paroles, la Tortue

S'écrie et dit : Ah si j'étais

Comme un Corbeau, d'ailes pourvue,

Tout de ce pas je m'en irais

Apprendre au moins quelle contrée,

Quel accident tient arrêtée

Notre compagne au pied léger ;

Car, à l'égard du cœur, il en faut mieux juger.

Le Corbeau part à tire d'aile :

Il aperçoit de loin l'imprudente Gazelle

Prise au piège, et se tourmentant.

Il retourne avertir les autres à l'instant.

Car, de lui demander quand, pourquoi, ni comment

Ce malheur est tombé sur elle,

Et perdre en vains discours cet utile moment,

Comme eût fait un maître d'école

Il avait trop de jugement.

Le corbeau donc vole et revole.

Sur son rapport, les trois amis

Tiennent conseil. Deux sont d'avis

De se transporter sans remise

Aux lieux où la Gazelle est prise.

L'autre, dit le corbeau, gardera le logis :

Avec son marcher lent, quand arriverait-elle ?

Après la mort de la gazelle.

Ces mots à peine dits, ils s'en vont secourir

Leur chère et fidèle compagne,

Pauvre Chevrette de montagne.

La Tortue y voulut courir :

La voilà comme eux en campagne,

Maudissant ses pieds courts avec juste raison,

Et la nécessité de porter sa maison.

Rongemaille (le Rat eut à bon droit ce nom)

Coupe les nœuds du lacs : on peut penser la joie.

Le chasseur vient et dit : Qui m'a ravi ma proie ?

Rongemaille, à ces mots, se retire en un trou,

Le Corbeau sur un arbre, en un bois la Gazelle :

Et le Chasseur, à demi-fou

De n'en avoir nulle nouvelle,

Aperçoit la Tortue, et retient son courroux.

D'où vient, dit-il, que je m'effraie ?

Je veux qu'à mon souper celle-ci me défraie.

Il la mit dans son sac. Elle eût payé pour tous,

Si le Corbeau n'en eût averti la Chevrette.

Celle-ci, quittant sa retraite,

Contrefait la boiteuse, et vient se présenter.

L'homme de suivre, et de jeter

Tout ce qui lui pesait : si bien que Rongemaille

Autour des nœuds du sac tant opère et travaille,

Qu'il délivre encor l'autre sœur,

Sur qui s'était fondé le souper du Chasseur.

Jean de La Fontaine

 

Eloge de la coopération

Ce qui frappe d'emblée dans cette fable, c'est la force d'un collectif, sa plasticité et sa résilience. Pris individuellement chacun de ces animaux n'a rien d'exceptionnel ni de particulièrement noble au sens anthropomorphique : la tortue est lente et pesante, elle qui doit porter sa maison sur son dos. Le rat est petit et possède une réputation de chapardeur et véhicule des maladies. Le corbeau est signe de mauvais présage, pousse des cris stridents et n’est pas particulièrement gracieux. La gazelle enfin, si elle est légère et rapide, est la cible généralement des grands prédateurs et a besoin d'être en troupeau pour survivre : elle est fragile. Aucun de ces animaux de ne pourrait survivre seul dans la nature qui demande des aptitudes à la compétition féroce qu’ils ne possèdent pas, au moins dans l’imaginaire collectif.

 

Dans: Fables 

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Socrate manager

3 juin 2019 par jerome lecoq

Quand on me demande quel philosophe aurait fait un bon manager, il n'y a qu'un nom qui me vienne à l'esprit : Socrate. Pourquoi ?

Premièrement parce que Socrate ne prêche pas, n'ordonne pas, n'impose pas, ne fait pas la leçon : il questionne et invite son interlocuteur, par des déductions faites à partir de ses réponses, à mettre au jour les présupposés qui le font agir. Socrate met en lumière les motivations des hommes et leur permet de s’auto-examiner et de s’orienter dans leur vie en pleine conscience.

Les interlocuteurs de Socrate finissent par mieux se connaître et par conséquent mieux choisir leurs actions en fonction d'une finalité et de valeurs qui leur paraissent adéquates : ils donnent du sens à leur action en réfléchissant dessus grâce aux questions de Socrate.

Or le rôle principal du manager est de donner du sens aux actions qu'il demande d'effectuer : ce sens repose sur une finalité, un projet clair et désirables pour des collaborateurs qui possèdent les compétences pertinentes. Le bon manager doit donc connaître ses collaborateurs ainsi que les compétences requises par le travail qu'il leur demande d'effectuer. Or pour cela le questionnement socratique est un outil formidable.

Dans: La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Philosophie pratique en entreprise Sur le management 

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Se réconcilier avec le jugement

3 juin 2019 par jerome lecoq

"Je ne veux pas de jugement", "il ne faut pas juger, nous allons discuter sans jugement". Que de jugements à propos du jugement !

Pourquoi a-t-on décidé si rapidement de jeter aux orties une des capacités pourtant les plus fondamentales de l'esprit humain. Poser un jugement c'est attribuer une valeur à une proposition, c'est évaluer la fausseté ou la véracité d'une assertion, c'est décider de ce que l'on pense, se prononcer à propos de quelque chose, momentanément du moins.

Un jugement sans argument est orphelin, bancal, arbitraire, tyrannique, auto-institué, catégorique (sous entendu : “parce que c'est comme ça”, “parce que je l'ai dit”). Il y a des jugement hypothétiques, apodictiques et catégoriques selon Kant. C'est la dernière catégorie que nous redoutons car elle porte avec elle un côté sentencieux, éternel donc divin et nécessairement illégitime pour nous pauvres être mortels.

Mais puisque nous nous contentons de jugements hypothétiques qui par définition sont réfutables pourquoi donc a-t-on tellement peur de poser des jugementset a fortiori de poser un jugement sur les personnes, sur les êtres, sur les individus ?

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