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Décevez votre famille

18 avril 2019 par jerome lecoq

 

"Déception

Décevoir ses amis est plaisant. Expérience de liberté, expérience de puissance. Décevoir sa famille est une obligation morale." (O.B.)

Faire l'expérience de sa liberté et de sa puissance est chose plaisante que nous devrions rechercher plus souvent pour elle-même, puisque les contraintes, les obligations, le devoir, le respect des règles rythment notre vie. Or il est un moment, certes en général vécu négativement, où cette liberté et cette puissance trouvent leur place naturelle. C'est le moment où nous décevons les attentes qu'autrui a de nous, attentes qui sont souvent illégitimes.

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Abandonner les connaissances, les plans et la sagesse

17 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

"Abandon

Les connaissances sont utiles. Les plans sont utiles. La sagesse est utile. Surtout lorsque l’on sait les abandonner.” (O. Brenifier)

 A un moment donné il faut savoir lâcher tout ce qui nous rassure : la connaissance qui nous donne l'illusion de la certitude, de la solidité de notre savoir et du fait d'être dans notre "bon droit", le plan celui de la connaissance de l'avenir, de la maîtrise de l'atteinte de notre objectif et de la prévision des risque et des alea et enfin la sagesse qui nous donne l'illusion que nous adoptons l'attitude la plus raisonnable, celle qui obtiendra l'assentiment du plus grand nombre et qui nous rendra conforme à ses attentes.

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Pourquoi aimons-nous quelqu'un ?

16 avril 2019 par jerome lecoq

 

L'amour comme consolation à deux niveaux

Voici une redoutable question pour un philosophe puisque l'amour est par définition un objet assez flou car il existe plusieurs formes d'amour et qui plus est ce concept contient beaucoup d'irrationnel.

Essayons malgré tout de dégager quelques tendances pour débroussailler le sujet.

Pour cela je partirai d'un présupposé assez fort : l'être humain souffre de manière existentielle d'un décalage entre un désir infini (ou d'infini, de transcendance, d'absolu) et la conscience qu'il est lui-même limité par sa nature humaine, biologiquement, intellectuellement, affectivement.

Pour se consoler de cette souffrance ontologique ou existentielle il a trouvé un merveilleux et puissant subterfuge, l'amour. On ne saurait décider pour l'instant si c'est une ruse intellectuelle ou physique, peut-être les deux à la fois.

L’amoureux va donc chercher à se consoler en aimant quelqu'un et si possible en se faisant aimer de lui en retour, ce qui n'est, malheureusement pas garanti. D'emblée l'amour surgit comme un pari, comme une prise de risques, accompagné comme dans tout pari d'espoirs qui seront déçus ou comblés.

Voilà pour la question de savoir pourquoi nous aimons, c’est une activité de consolation de l’âme assez puissante bien qu’elle entre en concurrence avec d’autres consolations comme la religion, le pouvoir, la philosophie, le plaisir...

La question maintenant de savoir pourquoi nous aimons telle personne et pas une autre a-t-elle une réponse ? Aimons-nous autrui parce qu'il nous est familier, proche, ressemblant ou au contraire parce qu'il nous intrigue voire nous fascine par sa différence, son étrangeté, son mystère ?

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3 manières de refuser le dialogue

12 avril 2019 par jerome lecoq

 

"Il y a ceux qui aiment bien dire "on ne peut pas séparer les choses comme cela" il y ceux qui aiment bien dire "cela n'a strictement rien à voir" et puis il y a ceux qui refusent de dire autre chose que ce qu'ils disent." (O. B.)

 

Il y a d’abord ceux qui disent qu’il est impossible de séparer donc d'analyser les choses qui fonctionnent en système dynamique : les séparer c'est les tuer donc on ne peut pas analyser le fonctionnement d'un système, seulement décrire ses effets.

Or nous passons notre temps à séparer les choses afin d'en parler : nous séparons le contenu d'un discours de sa forme, l'objectif des moyens pour y parvenir, l'être de l'apparaître, le pouvoir de la séduction, l'émotion du comportement. Sans séparation artificielle par le langage, pas de langage donc pas de pensée. C'est pour cela que la pensée n'est jamais neutre puisqu'elle prend parti en choisissant de distinguer ce qu'elle veut distinguer au sein de monde ambiant.

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Petite philosophie du nageur

8 avril 2019 par jerome lecoq

 

Chose curieuse que l'amour : son objet nous est si proche que l'on développe une mystique et l'on pense que l'on ne peut en parler parce que les autres "ne pourraient pas comprendre" ce que nous vivons avec l'être aimé.

J'ai une histoire d'amour qui dure depuis 35 ans et dont je n'ai jamais parlé en philosophe, certain que ce que je vivais ne pouvait être compris que par ceux qui pratiquaient le même amour. Il est temps de sortir de la singularité et de vous parler de mon amour au grand jour. Je vais donc vous parler non pas d'une femme ou d’un homme mais de la natation.

Pour le nageur, plonger dans l'eau c'est toujours, malgré la désagréable froideur du premier contact, retrouver un élément confortable et protecteur, celui dont nous venons tous avant d'arriver au monde : le liquide. L'élément liquide nous enveloppe totalement, nous entoure, nous porte : nous y baignons. Dans l'eau nous sommes en apesanteur, nous volerions presque si la résistance ne nous rappelait à sa matérialité.

Là tout n'est que silence et légèreté, en tous cas pendant le court moment où nous nous retrouvons en immersion totale, c’est-à-dire après la partie aérienne du plongeon et après le virage, que nous appelons "culbute" dans notre jargon. Rentrer dans l'eau est à la fois une effraction dans un élément fondamentalement étranger et un retour à quelque chose de très familier, la matrice.

Dans: Dissertation 

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Pourquoi voulons-nous être reconnus ?

13 mars 2019 par jerome lecoq

 

Certains sont prêts à tout pour se faire reconnaître, pour que l'on fasse attention à eux, quitte à se faire détester et à se faire attaquer. Plutôt la violence de l'attaque que l'ignorance ou le mépris. Rien n'est pire que de ne pas exister pour autrui : c'est logique car si l'on en croit Hegel, je ne peux me reconnaître qu'à travers le regard d'autrui. Seul autrui atteste de mon existence à mes propres yeux, seul autrui peut être le miroir de ce qui se joue en moi et me permet de le voir. Sans cela je pourrais sentir que j'existe mais non me reconnaître comme un être pensant ou spirituel. L'enjeu de se faire reconnaître est donc de se reconnaître tout simplement.

Certains sont prêts à aller jusqu'à se faire agresser et donc à souffrir plutôt que de risquer l'ignorance, la compassion ou la pitié qui témoignerait de leur état d'infériorité, d'aliénation et d'impuissance. La souffrance est en effet un moyen d'exister : on pourrait raconter l'histoire du monde à travers le prisme de la souffrance. Que serait Jésus sans la souffrance, sans la passion, sans l'abandon, l'humiliation ? La souffrance inspire le respect, elle donne une dimension dramatique au Sujet quand sans elle il ne serait peut-être que pauvre, chétif et mesquin. La souffrance élève parce qu'elle met le Sujet à l'épreuve et autrui ne peut ignorer celui qui souffre car par empathie il souffre lui-même. Au moins faut-il que cette souffrance soit visible aux yeux d'autrui : celui qui cherche la reconnaissance a tout intérêt à ce que sa souffrance soit visible, voire spectaculaire.

Celui qui souffre ostensiblement cherche à ce qu'autrui lui accorde une valeur pour le prix de sa souffrance, comme si cette souffrance lui ouvrait des droits à la valeur, la dignité, la reconnaissance.

 

Dans: Dissertation 

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La philosophie en entreprise

11 mars 2019 par jerome lecoq

Une réflexion aux implications majeures ?

Article paru dans le n°51 de la revue Office et Culture

Dans: La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Philosophie pratique en entreprise Sur le management Citations dans la presse 

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Mémoire et oubli

21 février 2019 par jerome lecoq

 

Qu'il serait doux de pouvoir oublier à volonté ce que nous savons ! Ou bien de pouvoir l'archiver et ne le retrouver qu'en cas de besoin, comme avec un ordinateur. Hélas (ou heureusement) notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur et nous ne pouvons pas oublier volontairement ce que nous savons, que ce soit un savoir théorique, empirique ou même un savoir-faire. On ne peut pas “dé-savoir” et effacer un souvenir comme on efface un fichier sur son ordinateur : ce qui est fait est fait et le savoir est une action. Pour dire “je sais” quelque chose, il faut le penser et la pensée est une action.

Dans: Dissertation 

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La peur la rend lucide

15 février 2019 par jerome lecoq

 

 

"Lucidité

Sa peur la rend lucide. Elle leur parle. Mais la peur de la peur les empêche d’écouter." (O. Brenifier)

 

Quelqu'un qui a peur montre sa peur, il la communique à autrui, même s'il ne laisse pas sa peur prendre possession de lui. Celui qui a peur mobilise toutes ses ressources cognitives afin d'échapper au danger réel ou imaginaire. Quand nous faisons face à quelqu’un qui a peur cela influe sur notre imagination, faisant ressortir nos propres peurs enfouies. La peur, comme le rire, est communicative et très vite elle peut se muer en son extrême, la panique. La peur se sent, comme une odeur.

 

Dans: Aphorismes 

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Leur âme les rançonne

13 février 2019 par jerome lecoq

 

"Dédain

Plongés dans un abîme de dédain pour leur petit être, ils sont fascinés par eux-mêmes. Plus ils se détestent, plus ils s’ignorent, plus encore leur âme se rabougrit et les rançonne durement.” (O. Brenifier)


Comment peut-on à la fois se dédaigner donc s'ignorer, se mépriser, être indifférent à soi-même et en même temps être fasciné par soi. A priori ce qui nous fascine nous attire et dédaigner c'est plutôt repousser, éloigner...

Qu'est-ce qui peut les fasciner chez eux-mêmes si ce n'est leur capacité à faire le mal, à rater, à déplaire, à blesser, à éloigner autrui ?

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La vérité est ce que l'on attend

5 février 2019 par jerome lecoq

 

Vérité

Bien souvent la vérité, c'est ce que l'on attend. On considère vrai ce qui est conforme à nos schémas établis. Ainsi, tout ce qui serait surprenant ou inattendu serait faux. Nous appelons cela incohérence. Mais ce n'est qu'un désir de confort et de protection. (O. Brenifier)

Nous sommes des êtres de désir : même quand nous prétendons écouter sans juger, nous ne faisons que vouloir que ce que nous entendons confirme ce que nous en pensons déjà. Nous sommes des être qui jugeons constamment a priori, n’en déplaise à tous les bien-pensants qui prêchent le “il ne faut pas juger”.

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Promesse

17 janvier 2019 par jerome lecoq

 

"Promesse

Il n’y a pas que ça. Il y a toujours autre chose. Ce n’est jamais assez. Ailleurs, toujours ailleurs, plus loin, plus tard, se trouvent le vrai, le beau et le bien, l’utile et le merveilleux." (O. Brenifier)

 

"Un “tiens” vaut mieux que deux "tu l'auras" “: voilà un bon conseil de sagesse, pour une fois. N'attendons pas que l'on tienne les promesses qui nous ont été faites (et ceci inclut celles que nous nous faisons à nous-mêmes) mais exigeons un commencement d’action ici et maintenant, ne serait-ce que pour avoir une preuve de bonne volonté et éventuellement de compétence.

Cela me fait penser à ces coachs ou ces formateurs que nous invitons régulièrement à nous montrer leur pratique à l'occasion de séminaires de pratique philosophique où nous montrons la nôtre en public. Ils disent toujours "ce n'est pas le moment...", "une autre fois", "je ne suis pas en forme", "je n'ai rien préparé", "il me faut un cas concret" et on ne voit rien. Cela me rappelle également une phrase de Coluche sur les hommes politiques : “ils nous vendent de l'intelligence et ils n'ont pas un échantillon sur eux". On devrait toujours avoir un échantillon sur nous pour montrer tout de suite, ici et maintenant ce que l'on sait faire. “Toujours prêt”, comme disent les scouts. Ne jamais repousser à plus tard, toujours faire avec ce que l'on a, hic et nunc.

Ils sont si nombreux ceux qui exigent "plus de moyens, plus d'argent, plus de temps, plus de reconnaissance, plus d'engagement". Pourquoi ne pas déjà voir ce que vous avez et en tirer le maximum ? Principe de frugalité, principe d'économie, principe de générosité.

En sport ce sont les entraînements où nous sommes le moins en forme et pour lesquels nous avons le moins d'envie mais que nous faisons quand même, qui sont les plus gratifiants. La liberté c'est faire ce que l'on ne veut pas et ne pas faire ce que l'on veut. Dire : je le fais tout de suite, sans délai, sans attendre plus ni plus tard, sans aller ailleurs mais en restant ici, sur place est une manière de se libérer de notre peur de la mise à l’épreuve.

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Supplément d'âme

11 janvier 2019 par jerome lecoq

 

Sagesse

Phrases profondes, prêtes à l’emploi. Sagesse à bon marché. Vérités éternelles, sans bavure. Douceurs qui fondent sous le palais. Supplément d’âme, en toute tranquillité. (O. Brenifier)

 

Peut-être va-t-on bientôt créer des instituts de sagesse comme il y a des instituts de bien-être. On nous lirait des messages de sagesse tout en nous massant dans un jacuzzi, avec une lumière tamisée et une musique d'ambiance. C'est même peut-être déjà pratiqué puisque l'on peut méditer sur des applications qui vous font répéter des phrases, comme des mantras, censées vous ouvrir à leur sens profond. Pourquoi pas..je ne pense pas que cela fasse de mal bien que je pense que cela soit inefficace et pernicieux puisque cela présuppose qu'en entendant un message et en nous concentrant dessus nous serons capables de nous l'appliquer à nous-mêmes.

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L'art peut tout

8 janvier 2019 par jerome lecoq

Art

L’art est véridique, l’art est mensonger ; il endort ou éveille. L’art pacifie, l’art enivre ; il moralise ou libère. L’art est apparence, l’art est substance ; il est traître ou loyal. Éternel et éphémère. (O. Brenifier)

L'art est un performatif : il a pour vocation de provoquer quelque chose chez le public, que ce quelque chose soit une idée, une image, une sensation, une émotion. Le pire pour une œuvre d'art est peut-être l'indifférence. L'art est donc toujours une médiation de l'artiste à lui-même et de l'artiste au public aussi bien que du public à lui-même. L'art, au même titre que la pensée, est avant tout dialogue. Le problème est de savoir ce qu'il dit : on sait ce qu'il provoque chez autrui mais on ne sait pas ce qu'il dit. Si on le savait l'art serait de la philosophie.

L'art dit la vérité parce qu'il est transparent : l'œuvre d'art ne renvoie qu'à elle-même, tout ce qu'elle montre c'est elle-même et elle ne renvoie à rien d'autre qu'à elle-même. La dernière personne à consulter pour trouver une interprétation d'une œuvre est l'artiste lui-même. Souvent celui-ci ne sait pas pourquoi il a fait son œuvre, cela répondait chez lui à une espèce de nécessité intérieure, une force qui le traversait et qu'il n'a fait que suivre sans vraiment y réfléchir.

Dans: Dissertation 

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Voir le mal partout

4 janvier 2019 par jerome lecoq

 

Mal

Rien de ce qui existe n’est bon. Tout est mauvais. Tout est chute, tout est déperdition. Tout est séparation, tout est dissolution. Tout est illusion, tout est poison. Sans doute faux. Mais assez amusant à penser. (O. Brenifier)


Nous connaissons le principe d'entropie : tout système tend à augmenter le chaos en lui-même, aller vers le plus vers le moins organisé, le moins rationnel, le moins vivant, le plus dispersé, isolé, stérile, fixe et mort. Nous n'échappons pas à cette règle bien sûr et nous constatons avec l'âge que nous sommes moins performants physiquement et intellectuellement, que des gens meurent autour de nous, que d'autres perdent l'esprit, la mémoire ou le sens commun. D'autres naissent évidemment et le cycle recommence, ainsi va la vie. C'est la vie dit-on d'ailleurs, parce que nous n'y pouvons rien changer.

Même les grands mythes nous parlent de déchéance et de chute : Adam et Eve n'ont-ils pas été déchus du paradis avant de fonder la communauté humaine qui portera en elle le fardeau de ce péché originel ? Les grandes oeuvres du passé finissent par tomber dans l'oubli et même les étoiles meurent un jour.Tout organisme vivant possède en son principe le fait qu'il mourra un jour après avoir déchu, tout système politique également et toute civilisation même connaît une naissance, une apogée, un déclin puis une fin plus ou moins spectaculaire. De même toute qualité humaine comporte son envers négatif.

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Trouver son meilleur ennemi

30 décembre 2018 par jerome lecoq

 

Amis

"Les amis sont faits pour confirmer ce que vous pensez de vous-même. Penser est fait pour vous faire découvrir ce que vous ne pensez pas de vous-même. Les amis sont plus amicaux que la pensée." (O. Brenifier)

On préfèrera toujours aller discuter avec ses amis plutôt que de penser avec eux. Nos amis viennent confirmer ce que nous pensons déjà de nous-mêmes. Cela même que nous n'aimons pas de nous mais que nous savons néanmoins, ils nous le confirment aussi. Nos amis connaissent nos défauts et nous aussi. Ils choisissent de les accepter, de les mettre de côté et de se concentrer sur ce qu'ils aiment chez nous. Nous faisons exactement la même chose avec nous-mêmes et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Le pire que vous puissiez faire avec votre ami c'est de penser avec lui. Vous lui demanderez de vous dire des choses sur vous-même que vous ignorez : pour cela il aura fallu qu'il vous mette à l'épreuve parce que seule l'épreuve nous révèle à nous-mêmes. Or ce sont plutôt nos ennemis qui nous mettent à l'épreuve : avec des amis on a pas envie de se confronter, d'affronter les parties inconnues de nous-mêmes. Qui sait ce que l'on pourrait trouver sous la surface, peut-être des choses qui obligeraient notre ami à nous fuir, ou pire, qui lui donneraient la clé de notre être ? Les amis sont les dernières personnes au monde dont nous voulons qu'elles nous comprennent : la seule chose que nous leur demandons c'est de nous confirmer ce que nous pensons de nous, généralement en toute complaisance.

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Ils veulent être impressionnés

28 décembre 2018 par jerome lecoq

 

 

Grandiose 

Ils aspirent au grandiose, au miraculeux, au profond, au paradoxal. Ils veulent être impressionnés. Magie de la parole. Promesse d’absolu. La poussière du monde les indispose. (O. Brenifier)

 Le phénomène des conférences TED m'a toujours laissé dubitatif : certes on y apprend des choses fort intéressantes, notamment dans le domaine de la technologie ou des sciences, dans la mesure où des spécialistes vulgarisent leurs travaux et les mettent en valeur. Cependant je ne peux m'empêcher d'avoir une impression de superficialité, de faux, dans ces présentations hyper-léchées que les candidats ont maintes fois répétées comme s'ils jouaient Hamlet au Stade de France.

Cette volonté d'impressionner, de faire le show à l'américaine me laisse toujours un gout de farine dans la bouche, j'allais dire de poussière. Cela correspond à l'air du temps : nous sommes tellement sollicités de toutes parts qu'il faut en faire des tonnes pour attirer l'attention du public blasé. Il faut qu'il fasse "waouh !". Il faut que la connaissance soit scénarisée, dans ce qu'on appelle le story telling, afin que les spectateurs soient captivés par l'histoire, qu'ils voient une intrigue avec des personnages qui traversent des épreuves et peut-être en sortent "grandis".

Dans: Dissertation 

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L'enfermement par l'imagination ou l'entendement

14 décembre 2018 par jerome lecoq

 

 

Enfermement

"Ce qui est donné est donné, pensent les uns. Tout est possible, pensent les autres. Nécessité fait loi. Ou bien, rien n’est exclus. Les premiers s’enferment dans leur entendement. Les seconds s’enferment dans leur imagination." (O. Brenifier)

 

Il y a des personnes qui s'enferment dans leur imagination. Voilà une idée à rebrousse-poil. On pourrait penser au premier abord que l'imagination justement nous permet de nous évader d’une réalité trop banale ou trop maussade. Que l'on pense à l'enfant en classe qui se met à rêvasser d'ailleurs en regardant les oiseaux par la fenêtre. Rêver est une manière de s'évader de son enfermement physique. L'imagination fait galoper l'esprit sans limites en dehors des bornes que la raison lui assigne en temps normal, elle enchaine les idées les unes aux autres sans souci de lien logique ni d'articulation solide. Elle est pure liberté.

Cependant aucune liberté n'est pure : la liberté a besoin de contraintes pour s'exprimer. Etre libre sans être responsable c’est tomber dans les pires excès de la subjectivité, dans la tyrannie des plaisirs.

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Ne pas ignorer la force de la nature en nous

31 octobre 2018 par jerome lecoq

 

"Il ne s'avouait rien à lui-même, ni sa jalousie, ni son ressentiment, ni sa frustration. Il niait la nature. Il ignorait le sens, de ces courtes et violentes éruptions, que malgré lui il s'autorisait. Rares éclairs d'une passion maladive et bien cadenassée." (O.B.)

 

Y a-t-il une nature des passions qui sourd en nous ? Devons-nous ignorer, faire taire nos sentiments, nos émotions, nos passions, tristes le plus souvent ou bien faut-il se les avouer à soi-même et aux autres ?

Pour celui qui se veut fort, fier et puissant, avouer ses frustrations et ses ressentiments est une épreuve de se voir faible, petit, mesquin, corruptible, dépendant. Or comme on le sait bien, "chassez le naturel et il revient au galop" : nier cette nature c'est se prétendre surnaturel, divin, au-dessus des hommes, race supérieure. Les Dieux grecs punissaient cette faute du nom d’hybris. Les Dieux non plus d’ailleurs n’étaient pas exempts de passion ce qui les rendait proche des hommes.

Mais s'autoriser ces moments de violence, ces éruptions c'est aussi accepter qu'elles déteignent sur notre environnement, qu'elles fassent du mal aux autres et que ceux-ci en pâtissent. C'est une attitude profondément égocentrique au fond, assez irresponsable. Parler de ses sentiments n'est certes pas facile pour celui qui se veut fort : c'est admettre son impuissance à dompter les forces de la nature. Alors Il préserve son image au prix d’un fort refoulement de ses émotions. S’il acceptait sa faiblesse, il se montrerait certes vulnérable mais plus proche des autres, plus humain et plus généreux. Cela serait le vrai courage.

Dans: Profils philosophiques 

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Pourquoi agissons-nous de manière compulsive ?

5 octobre 2018 par jerome lecoq

 

"J'agis donc je suis. Intense besoin d'avancer. Toute requête de suspension ou même ralentir est vaine. Tous ces idiots sur le chemin, perte de temps. Efficacité." (O.B.)

Comment dire du mal de l'efficacité ? La capacité à faire bien les choses en un temps minimal a toujours le vent en poupe. Faire bien les choses voilà qui est bien. Cela permet de réserver du temps pour autre chose. Pour faire bien d'autres choses, encore plus. Mais si on prend du plaisir à ce que l'on fait pourquoi voudrait-on les faire le plus rapidement ? Ah oui parce qu'on ne les fait pas pour le plaisir mais par obligation, elles sont les moyens qui nous permettront d'atteindre notre but.

Un enfant qui joue ne se dépêche pas pour jouer, il ne cherche pas l'efficacité ni l'optimisation. Il fait les choses lentement, il se trompe, recommence, répète, encore et encore. Les enfants veulent qu'on leur relise inlassablement la même histoire, pas une autre, la même. Les enfants sont distraits par un rien et s'intéressent aux choses que nous ne regardons plus depuis longtemps comme les pigeons ou les oiseaux (pour ceux qui restent). Ils voient autre chose que ce que nous voyons dans les choses : ils imaginent, font des liens, ils relient l'histoire à un événement de leur vie actuelle et ils s'expliquent leurs angoisses en les projetant dans les contes.

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