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Socrate manager

3 juin 2019 par jerome lecoq

Quand on me demande quel philosophe aurait fait un bon manager, il n'y a qu'un nom qui me vienne à l'esprit : Socrate. Pourquoi ?

Premièrement parce que Socrate ne prêche pas, n'ordonne pas, n'impose pas, ne fait pas la leçon : il questionne et invite son interlocuteur, par des déductions faites à partir de ses réponses, à mettre au jour les présupposés qui le font agir. Socrate met en lumière les motivations des hommes et leur permet de s’auto-examiner et de s’orienter dans leur vie en pleine conscience.

Les interlocuteurs de Socrate finissent par mieux se connaître et par conséquent mieux choisir leurs actions en fonction d'une finalité et de valeurs qui leur paraissent adéquates : ils donnent du sens à leur action en réfléchissant dessus grâce aux questions de Socrate.

Or le rôle principal du manager est de donner du sens aux actions qu'il demande d'effectuer : ce sens repose sur une finalité, un projet clair et désirables pour des collaborateurs qui possèdent les compétences pertinentes. Le bon manager doit donc connaître ses collaborateurs ainsi que les compétences requises par le travail qu'il leur demande d'effectuer. Or pour cela le questionnement socratique est un outil formidable.

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Se réconcilier avec le jugement

3 juin 2019 par jerome lecoq

"Je ne veux pas de jugement", "il ne faut pas juger, nous allons discuter sans jugement". Que de jugements à propos du jugement !

Pourquoi a-t-on décidé si rapidement de jeter aux orties une des capacités pourtant les plus fondamentales de l'esprit humain. Poser un jugement c'est attribuer une valeur à une proposition, c'est évaluer la fausseté ou la véracité d'une assertion, c'est décider de ce que l'on pense, se prononcer à propos de quelque chose, momentanément du moins.

Un jugement sans argument est orphelin, bancal, arbitraire, tyrannique, auto-institué, catégorique (sous entendu : “parce que c'est comme ça”, “parce que je l'ai dit”). Il y a des jugement hypothétiques, apodictiques et catégoriques selon Kant. C'est la dernière catégorie que nous redoutons car elle porte avec elle un côté sentencieux, éternel donc divin et nécessairement illégitime pour nous pauvres être mortels.

Mais puisque nous nous contentons de jugements hypothétiques qui par définition sont réfutables pourquoi donc a-t-on tellement peur de poser des jugementset a fortiori de poser un jugement sur les personnes, sur les êtres, sur les individus ?

Dans: Philosophie et psychologie Dissertation 

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La résolution comme remède à l’angoisse de la liberté (ou de son illusion)

20 mai 2019 par jerome lecoq

 

La liberté fait peur parce que, comme par exemple Sartre l’a bien décrit, elle nous livre à l'angoisse existentielle de faire un choix, de nous choisir un projet, par conséquent de renoncer à d'autres voies possibles, de nous fermer des portes et de nous engager dans une voie sans évidemment savoir où celle-ci nous mènera.

La liberté nous met face à notre responsabilité mais aussi nous met face à nous-mêmes : "ai-je les capacités, les compétences, les vertus nécessaires pour entreprendre telle ou telle chose ? Vais-je me faire confiance pour aller jusqu'au bout et les autres vont-ils me faire confiance, me suivre dans mon "aventure" ?

Que d'inconnues s'ouvrent à nous en même temps que se découvre notre liberté ! Quelles conséquences sur mon environnement aura mon choix, pourrai-je revenir en arrière ? Les choses seront-elles jamais comme avant ou est-ce que je crée une nouvelle situation en exerçant ma liberté ? Telles sont les questions qu’ouvre la liberté.

Dans: Dissertation 

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L'intelligent artificiel

14 mai 2019 par jerome lecoq

 

"Il est intelligent. Il a des intuitions. Il ne pense pas. Il prononce, il profère, il éructe, ne parle pas. Bribes et miettes. Il n’entend rien, ni autrui, ni lui-même. Lambeaux d’esprit éparpillés dans le désert." (O.B.)

"L’intuition c’est comme le talent. Sans travail ce n’est qu’une sale manie." m'a dit un jour quelqu'un.

Sans travail les intuitions s'expriment. Mal, en général, sous formes d'opinions qui surgissent comme des fulgurances et que le Sujet est bien en peine d'argumenter et de justifier, en dépit de son intelligence. Il compensera cette non-pensée par un surcroît d'énergie émotionnelle et corporelle, comme l'on voit parfois ces personnes qui tentent d'évangéliser les masses en répétant un monologue et qui s’excitent au son de leur propre voix ou d’autres qui se défoulent dans une logorrhée écrite sur les réseaux sociaux.

Dans: Aphorismes 

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Seuls les faibles font le mal

23 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

 

"Faibles

Seuls les faibles font du mal aux autres. Ils sont ignorants, inconscients, maladroits et peu efficaces." (O. Brenifier)

Qui sont les "forts" dans notre société ? Ceux qui ont confiance, qui font confiance, qui sont généreux, qui sont ouverts, qui sont curieux, perspicaces et aiment se confronter aux autres afin de les découvrir, qui ne se comparent pas mais se développent en apprenant, travaillent sur eux-mêmes avec les autres.

Ils ne sont pas nés forts, ils le sont devenus par un long apprentissage réfléchi de la vie à travers des expériences qui les ont mis à l’épreuve. Ceux-ci ne feront pas de mal parce qu'ils n'agissent que dans le but de comprendre, de donner, de développer, d'améliorer, de construire, d'approfondir, de transmettre et d'éduquer. Même s'ils le font dans un but égoïste et qui leur donne également richesse et puissance, ces deux "biens" ne sont que des effets secondaires de leur objectif principal. Avant d'agir donc ils questionnent, ils apprennent, ils travaillent, consultent, affinent leur pratique, formulent leurs objectifs, prennent conscience de ce qu'ils veulent et en discutent le bien-fondé. Ce type d’hommes et de femmes se retrouve dans toutes les professions mais ils ont en général un côté entreprenant et entrepreneur car ils ont besoin d’exprimer une certaine forme de liberté.

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Décevez votre famille

18 avril 2019 par jerome lecoq

 

"Déception

Décevoir ses amis est plaisant. Expérience de liberté, expérience de puissance. Décevoir sa famille est une obligation morale." (O.B.)

Faire l'expérience de sa liberté et de sa puissance est chose plaisante que nous devrions rechercher plus souvent pour elle-même, puisque les contraintes, les obligations, le devoir, le respect des règles rythment notre vie. Or il est un moment, certes en général vécu négativement, où cette liberté et cette puissance trouvent leur place naturelle. C'est le moment où nous décevons les attentes qu'autrui a de nous, attentes qui sont souvent illégitimes.

Dans: Aphorismes 

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Abandonner les connaissances, les plans et la sagesse

17 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

"Abandon

Les connaissances sont utiles. Les plans sont utiles. La sagesse est utile. Surtout lorsque l’on sait les abandonner.” (O. Brenifier)

 A un moment donné il faut savoir lâcher tout ce qui nous rassure : la connaissance qui nous donne l'illusion de la certitude, de la solidité de notre savoir et du fait d'être dans notre "bon droit", le plan celui de la connaissance de l'avenir, de la maîtrise de l'atteinte de notre objectif et de la prévision des risque et des alea et enfin la sagesse qui nous donne l'illusion que nous adoptons l'attitude la plus raisonnable, celle qui obtiendra l'assentiment du plus grand nombre et qui nous rendra conforme à ses attentes.

Dans: Aphorismes 

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Pourquoi aimons-nous quelqu'un ?

16 avril 2019 par jerome lecoq

 

L'amour comme consolation à deux niveaux

Voici une redoutable question pour un philosophe puisque l'amour est par définition un objet assez flou car il existe plusieurs formes d'amour et qui plus est ce concept contient beaucoup d'irrationnel.

Essayons malgré tout de dégager quelques tendances pour débroussailler le sujet.

Pour cela je partirai d'un présupposé assez fort : l'être humain souffre de manière existentielle d'un décalage entre un désir infini (ou d'infini, de transcendance, d'absolu) et la conscience qu'il est lui-même limité par sa nature humaine, biologiquement, intellectuellement, affectivement.

Pour se consoler de cette souffrance ontologique ou existentielle il a trouvé un merveilleux et puissant subterfuge, l'amour. On ne saurait décider pour l'instant si c'est une ruse intellectuelle ou physique, peut-être les deux à la fois.

L’amoureux va donc chercher à se consoler en aimant quelqu'un et si possible en se faisant aimer de lui en retour, ce qui n'est, malheureusement pas garanti. D'emblée l'amour surgit comme un pari, comme une prise de risques, accompagné comme dans tout pari d'espoirs qui seront déçus ou comblés.

Voilà pour la question de savoir pourquoi nous aimons, c’est une activité de consolation de l’âme assez puissante bien qu’elle entre en concurrence avec d’autres consolations comme la religion, le pouvoir, la philosophie, le plaisir...

La question maintenant de savoir pourquoi nous aimons telle personne et pas une autre a-t-elle une réponse ? Aimons-nous autrui parce qu'il nous est familier, proche, ressemblant ou au contraire parce qu'il nous intrigue voire nous fascine par sa différence, son étrangeté, son mystère ?

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3 manières de refuser le dialogue

12 avril 2019 par jerome lecoq

 

"Il y a ceux qui aiment bien dire "on ne peut pas séparer les choses comme cela" il y ceux qui aiment bien dire "cela n'a strictement rien à voir" et puis il y a ceux qui refusent de dire autre chose que ce qu'ils disent." (O. B.)

 

Il y a d’abord ceux qui disent qu’il est impossible de séparer donc d'analyser les choses qui fonctionnent en système dynamique : les séparer c'est les tuer donc on ne peut pas analyser le fonctionnement d'un système, seulement décrire ses effets.

Or nous passons notre temps à séparer les choses afin d'en parler : nous séparons le contenu d'un discours de sa forme, l'objectif des moyens pour y parvenir, l'être de l'apparaître, le pouvoir de la séduction, l'émotion du comportement. Sans séparation artificielle par le langage, pas de langage donc pas de pensée. C'est pour cela que la pensée n'est jamais neutre puisqu'elle prend parti en choisissant de distinguer ce qu'elle veut distinguer au sein de monde ambiant.

Dans: Aphorismes 

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Petite philosophie du nageur

8 avril 2019 par jerome lecoq

 

Chose curieuse que l'amour : son objet nous est si proche que l'on développe une mystique et l'on pense que l'on ne peut en parler parce que les autres "ne pourraient pas comprendre" ce que nous vivons avec l'être aimé.

J'ai une histoire d'amour qui dure depuis 35 ans et dont je n'ai jamais parlé en philosophe, certain que ce que je vivais ne pouvait être compris que par ceux qui pratiquaient le même amour. Il est temps de sortir de la singularité et de vous parler de mon amour au grand jour. Je vais donc vous parler non pas d'une femme ou d’un homme mais de la natation.

Pour le nageur, plonger dans l'eau c'est toujours, malgré la désagréable froideur du premier contact, retrouver un élément confortable et protecteur, celui dont nous venons tous avant d'arriver au monde : le liquide. L'élément liquide nous enveloppe totalement, nous entoure, nous porte : nous y baignons. Dans l'eau nous sommes en apesanteur, nous volerions presque si la résistance ne nous rappelait à sa matérialité.

Là tout n'est que silence et légèreté, en tous cas pendant le court moment où nous nous retrouvons en immersion totale, c’est-à-dire après la partie aérienne du plongeon et après le virage, que nous appelons "culbute" dans notre jargon. Rentrer dans l'eau est à la fois une effraction dans un élément fondamentalement étranger et un retour à quelque chose de très familier, la matrice.

Dans: Dissertation 

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Pourquoi voulons-nous être reconnus ?

13 mars 2019 par jerome lecoq

 

Certains sont prêts à tout pour se faire reconnaître, pour que l'on fasse attention à eux, quitte à se faire détester et à se faire attaquer. Plutôt la violence de l'attaque que l'ignorance ou le mépris. Rien n'est pire que de ne pas exister pour autrui : c'est logique car si l'on en croit Hegel, je ne peux me reconnaître qu'à travers le regard d'autrui. Seul autrui atteste de mon existence à mes propres yeux, seul autrui peut être le miroir de ce qui se joue en moi et me permet de le voir. Sans cela je pourrais sentir que j'existe mais non me reconnaître comme un être pensant ou spirituel. L'enjeu de se faire reconnaître est donc de se reconnaître tout simplement.

Certains sont prêts à aller jusqu'à se faire agresser et donc à souffrir plutôt que de risquer l'ignorance, la compassion ou la pitié qui témoignerait de leur état d'infériorité, d'aliénation et d'impuissance. La souffrance est en effet un moyen d'exister : on pourrait raconter l'histoire du monde à travers le prisme de la souffrance. Que serait Jésus sans la souffrance, sans la passion, sans l'abandon, l'humiliation ? La souffrance inspire le respect, elle donne une dimension dramatique au Sujet quand sans elle il ne serait peut-être que pauvre, chétif et mesquin. La souffrance élève parce qu'elle met le Sujet à l'épreuve et autrui ne peut ignorer celui qui souffre car par empathie il souffre lui-même. Au moins faut-il que cette souffrance soit visible aux yeux d'autrui : celui qui cherche la reconnaissance a tout intérêt à ce que sa souffrance soit visible, voire spectaculaire.

Celui qui souffre ostensiblement cherche à ce qu'autrui lui accorde une valeur pour le prix de sa souffrance, comme si cette souffrance lui ouvrait des droits à la valeur, la dignité, la reconnaissance.

 

Dans: Dissertation 

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La philosophie en entreprise

11 mars 2019 par jerome lecoq

Une réflexion aux implications majeures ?

Article paru dans le n°51 de la revue Office et Culture

Dans: La philosophie pour améliorer la communication en entreprise Philosophie pratique en entreprise Sur le management Citations dans la presse 

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Mémoire et oubli

21 février 2019 par jerome lecoq

 

Qu'il serait doux de pouvoir oublier à volonté ce que nous savons ! Ou bien de pouvoir l'archiver et ne le retrouver qu'en cas de besoin, comme avec un ordinateur. Hélas (ou heureusement) notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur et nous ne pouvons pas oublier volontairement ce que nous savons, que ce soit un savoir théorique, empirique ou même un savoir-faire. On ne peut pas “dé-savoir” et effacer un souvenir comme on efface un fichier sur son ordinateur : ce qui est fait est fait et le savoir est une action. Pour dire “je sais” quelque chose, il faut le penser et la pensée est une action.

Dans: Dissertation 

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La peur la rend lucide

15 février 2019 par jerome lecoq

 

 

"Lucidité

Sa peur la rend lucide. Elle leur parle. Mais la peur de la peur les empêche d’écouter." (O. Brenifier)

 

Quelqu'un qui a peur montre sa peur, il la communique à autrui, même s'il ne laisse pas sa peur prendre possession de lui. Celui qui a peur mobilise toutes ses ressources cognitives afin d'échapper au danger réel ou imaginaire. Quand nous faisons face à quelqu’un qui a peur cela influe sur notre imagination, faisant ressortir nos propres peurs enfouies. La peur, comme le rire, est communicative et très vite elle peut se muer en son extrême, la panique. La peur se sent, comme une odeur.

 

Dans: Aphorismes 

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Leur âme les rançonne

13 février 2019 par jerome lecoq

 

"Dédain

Plongés dans un abîme de dédain pour leur petit être, ils sont fascinés par eux-mêmes. Plus ils se détestent, plus ils s’ignorent, plus encore leur âme se rabougrit et les rançonne durement.” (O. Brenifier)


Comment peut-on à la fois se dédaigner donc s'ignorer, se mépriser, être indifférent à soi-même et en même temps être fasciné par soi. A priori ce qui nous fascine nous attire et dédaigner c'est plutôt repousser, éloigner...

Qu'est-ce qui peut les fasciner chez eux-mêmes si ce n'est leur capacité à faire le mal, à rater, à déplaire, à blesser, à éloigner autrui ?

Dans: Aphorismes 

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La vérité est ce que l'on attend

5 février 2019 par jerome lecoq

 

Vérité

Bien souvent la vérité, c'est ce que l'on attend. On considère vrai ce qui est conforme à nos schémas établis. Ainsi, tout ce qui serait surprenant ou inattendu serait faux. Nous appelons cela incohérence. Mais ce n'est qu'un désir de confort et de protection. (O. Brenifier)

Nous sommes des êtres de désir : même quand nous prétendons écouter sans juger, nous ne faisons que vouloir que ce que nous entendons confirme ce que nous en pensons déjà. Nous sommes des être qui jugeons constamment a priori, n’en déplaise à tous les bien-pensants qui prêchent le “il ne faut pas juger”.

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Promesse

17 janvier 2019 par jerome lecoq

 

"Promesse

Il n’y a pas que ça. Il y a toujours autre chose. Ce n’est jamais assez. Ailleurs, toujours ailleurs, plus loin, plus tard, se trouvent le vrai, le beau et le bien, l’utile et le merveilleux." (O. Brenifier)

 

"Un “tiens” vaut mieux que deux "tu l'auras" “: voilà un bon conseil de sagesse, pour une fois. N'attendons pas que l'on tienne les promesses qui nous ont été faites (et ceci inclut celles que nous nous faisons à nous-mêmes) mais exigeons un commencement d’action ici et maintenant, ne serait-ce que pour avoir une preuve de bonne volonté et éventuellement de compétence.

Cela me fait penser à ces coachs ou ces formateurs que nous invitons régulièrement à nous montrer leur pratique à l'occasion de séminaires de pratique philosophique où nous montrons la nôtre en public. Ils disent toujours "ce n'est pas le moment...", "une autre fois", "je ne suis pas en forme", "je n'ai rien préparé", "il me faut un cas concret" et on ne voit rien. Cela me rappelle également une phrase de Coluche sur les hommes politiques : “ils nous vendent de l'intelligence et ils n'ont pas un échantillon sur eux". On devrait toujours avoir un échantillon sur nous pour montrer tout de suite, ici et maintenant ce que l'on sait faire. “Toujours prêt”, comme disent les scouts. Ne jamais repousser à plus tard, toujours faire avec ce que l'on a, hic et nunc.

Ils sont si nombreux ceux qui exigent "plus de moyens, plus d'argent, plus de temps, plus de reconnaissance, plus d'engagement". Pourquoi ne pas déjà voir ce que vous avez et en tirer le maximum ? Principe de frugalité, principe d'économie, principe de générosité.

En sport ce sont les entraînements où nous sommes le moins en forme et pour lesquels nous avons le moins d'envie mais que nous faisons quand même, qui sont les plus gratifiants. La liberté c'est faire ce que l'on ne veut pas et ne pas faire ce que l'on veut. Dire : je le fais tout de suite, sans délai, sans attendre plus ni plus tard, sans aller ailleurs mais en restant ici, sur place est une manière de se libérer de notre peur de la mise à l’épreuve.

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Supplément d'âme

11 janvier 2019 par jerome lecoq

 

Sagesse

Phrases profondes, prêtes à l’emploi. Sagesse à bon marché. Vérités éternelles, sans bavure. Douceurs qui fondent sous le palais. Supplément d’âme, en toute tranquillité. (O. Brenifier)

 

Peut-être va-t-on bientôt créer des instituts de sagesse comme il y a des instituts de bien-être. On nous lirait des messages de sagesse tout en nous massant dans un jacuzzi, avec une lumière tamisée et une musique d'ambiance. C'est même peut-être déjà pratiqué puisque l'on peut méditer sur des applications qui vous font répéter des phrases, comme des mantras, censées vous ouvrir à leur sens profond. Pourquoi pas..je ne pense pas que cela fasse de mal bien que je pense que cela soit inefficace et pernicieux puisque cela présuppose qu'en entendant un message et en nous concentrant dessus nous serons capables de nous l'appliquer à nous-mêmes.

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L'art peut tout

8 janvier 2019 par jerome lecoq

Art

L’art est véridique, l’art est mensonger ; il endort ou éveille. L’art pacifie, l’art enivre ; il moralise ou libère. L’art est apparence, l’art est substance ; il est traître ou loyal. Éternel et éphémère. (O. Brenifier)

L'art est un performatif : il a pour vocation de provoquer quelque chose chez le public, que ce quelque chose soit une idée, une image, une sensation, une émotion. Le pire pour une œuvre d'art est peut-être l'indifférence. L'art est donc toujours une médiation de l'artiste à lui-même et de l'artiste au public aussi bien que du public à lui-même. L'art, au même titre que la pensée, est avant tout dialogue. Le problème est de savoir ce qu'il dit : on sait ce qu'il provoque chez autrui mais on ne sait pas ce qu'il dit. Si on le savait l'art serait de la philosophie.

L'art dit la vérité parce qu'il est transparent : l'œuvre d'art ne renvoie qu'à elle-même, tout ce qu'elle montre c'est elle-même et elle ne renvoie à rien d'autre qu'à elle-même. La dernière personne à consulter pour trouver une interprétation d'une œuvre est l'artiste lui-même. Souvent celui-ci ne sait pas pourquoi il a fait son œuvre, cela répondait chez lui à une espèce de nécessité intérieure, une force qui le traversait et qu'il n'a fait que suivre sans vraiment y réfléchir.

Dans: Dissertation 

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Voir le mal partout

4 janvier 2019 par jerome lecoq

 

Mal

Rien de ce qui existe n’est bon. Tout est mauvais. Tout est chute, tout est déperdition. Tout est séparation, tout est dissolution. Tout est illusion, tout est poison. Sans doute faux. Mais assez amusant à penser. (O. Brenifier)


Nous connaissons le principe d'entropie : tout système tend à augmenter le chaos en lui-même, aller vers le plus vers le moins organisé, le moins rationnel, le moins vivant, le plus dispersé, isolé, stérile, fixe et mort. Nous n'échappons pas à cette règle bien sûr et nous constatons avec l'âge que nous sommes moins performants physiquement et intellectuellement, que des gens meurent autour de nous, que d'autres perdent l'esprit, la mémoire ou le sens commun. D'autres naissent évidemment et le cycle recommence, ainsi va la vie. C'est la vie dit-on d'ailleurs, parce que nous n'y pouvons rien changer.

Même les grands mythes nous parlent de déchéance et de chute : Adam et Eve n'ont-ils pas été déchus du paradis avant de fonder la communauté humaine qui portera en elle le fardeau de ce péché originel ? Les grandes oeuvres du passé finissent par tomber dans l'oubli et même les étoiles meurent un jour.Tout organisme vivant possède en son principe le fait qu'il mourra un jour après avoir déchu, tout système politique également et toute civilisation même connaît une naissance, une apogée, un déclin puis une fin plus ou moins spectaculaire. De même toute qualité humaine comporte son envers négatif.

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