Abandonner les connaissances, les plans et la sagesse

17 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

"Abandon

Les connaissances sont utiles. Les plans sont utiles. La sagesse est utile. Surtout lorsque l’on sait les abandonner.” (O. Brenifier)

 A un moment donné il faut savoir lâcher tout ce qui nous rassure : la connaissance qui nous donne l'illusion de la certitude, de la solidité de notre savoir et du fait d'être dans notre "bon droit", le plan celui de la connaissance de l'avenir, de la maîtrise de l'atteinte de notre objectif et de la prévision des risque et des alea et enfin la sagesse qui nous donne l'illusion que nous adoptons l'attitude la plus raisonnable, celle qui obtiendra l'assentiment du plus grand nombre et qui nous rendra conforme à ses attentes.

Lâcher la connaissance c'est accepter de taire son opinion au cours d’un dialogue afin de construire le sens et de questionner en toute ignorance feinte (ou docte ignorance) afin de repenser un sujet avec un oeil neuf. C'est oublier ce que nous voudrions qu'autrui pense de nous afin de s'ouvrir complètement à un problème, une question ou une situation.

Lâcher le plan c'est accepter d'improviser, de se fier à son intuition, à son intelligence de la situation et à l'intelligence collective pour trouver une résolution plus fine que ne pourrait le faire la plus minutieuse des prévisions, des calculs, des anticipations, à un problème .

Dans le présent on trouve des ressources à mobiliser qui sont toujours plus vraies que celles auxquelles nous avons pensé dans la quiétude de notre bureau, lorsque la situation ne présentait pas son caractère impérieux.

Enfin lâcher la sagesse c'est mettre de côté les maximes de bon sens qu'autrui est toujours prompt à nous rappeler soi-disant pour nous protéger. Il faudrait plutôt nous protéger de tous ceux qui le plus sincèrement du monde veulent notre réussite.

Nous devons faire de la place pour des décisions contre-intuitives qui peuvent peut être nous nuire à court terme, entacher notre réputation ou nous faire courir le risque de marcher à contre-courant, aussi désagréable cette attitude puisse être.

Connaissances, plans et sagesse sont utiles jusqu'au moment où ils atteignent leurs limites et qu'il faut les jeter par-dessus bord afin de voyager léger. Le tout est de détecter le moment où la limite est atteinte.

Dans: Aphorismes