Articles - Accumulation

A quoi sommes-nous occupés ?

6 juillet 2021 par jerome lecoq

 

Cela ne suffit pas d'être occupé : les fourmis aussi sont occupées. La vraie question est "à quoi sommes-nous occupés ?".

C'est parce qu'il regrettait de passer sa vie à des occupations qui lui paraissaient vaines que Thoreau a vécu deux ans seul dans une cabane au bord d'un lac dans le New Jersey au milieu du 19ème siècle. Il déplorait déjà que la majorité de ses concitoyens "perdent leur vie à la gagner" comme le disait le slogan de 68. Alors il mit en application ses préceptes et nous livre son expérience à travers un livre, Walden.

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La passion de la complication

19 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Simplification de l'administration, des procédures, de notre expression, de notre vie, de nos besoins, de nos désirs, de nos relations...si nous souhaitons autant simplifier c’est bien parce que tout est compliqué, surtout en France, le pays du millefeuille administratif, de l’orthographe dont la règle est l’exception, des acronymes pour tout et n’importe quoi, de l’empilement incessant des lois, des niches fiscales et autre comités Théodule…

Il semblerait que nous goutions peu aujourd’hui cet appel à la simplicité : c’est qu’en effet pour nous l’« homme simple » est peu cultivé, a des centres d’intérêt très limités et des manières rudimentaires. Quand nous disons « ce sont des gens simples » nous ne sommes pas loin de dire qu’ils sont stupides et ignares.

Dire de personnes qu’elles sont « simples » permet immédiatement de nous hausser à un niveau de sophistication plus élevé ce qui nous flatte. Il sera alors facile de prétendre que « nous aimons les gens simples » car nous pouvons alors exercer librement notre paternalisme, comme on le voit avec ces aristocrates dans les romans de Proust qui n’aiment rien tant que de bavarder avec leurs « gens » sur leurs terres alors qu’ils exècrent les bourgeois nouveaux-riches qui prétendent accéder à la culture eux aussi.

La simplicité a ainsi ce statut paradoxal d'être repoussante pour nous-même mais recherchée chez les autres : nous aimons les gens simples parce qu'ils sont faciles à comprendre, faciles à vivre, à manipuler et contrôler aussi probablement, prévisibles et inoffensifs, aimables.

Mais nous, nous ne voulons pas être simples : nous voulons être "complexes" car cette complexité est synonyme de sophistication, d'intelligence, de paradoxes, de subtilité et donc de profondeur auto-proclamée, même si nous serions bien en mal de la sonder (car nous aurions bien peur de toucher très vite le fond).

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Gagner sa vie en corrompant son esprit

22 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Incongru 

Ils gagnent leur vie. Ils accumulent des biens. Ils parent à l'immédiat. Leur esprit se fourvoie. Ils se perdent eux-mêmes. (O. Brenifier)

 

N'est-il pas confortable d'avoir des obligations, des devoirs, des urgences, des pseudo-nécessités ? Qu'il est doux de ne pas avoir à penser, de savoir exactement ce que nous devons faire pour survivre, surnager, nous distinguer dans ce bocal, faire son trou. Il suffit d'accumuler : projets, biens, postes, responsabilités, titres, diplômes, décorations, nominations, magistratures, promotions. Tout cela en gagnant sa vie.

Mais quoi ? Y gagne-t-on la vie ? La vie a-t-elle besoin qu'on la gagne ? Est-ce une compétition, une espèce de course ? Mais contre qui ? Qui en fixe les règles, le prix, la récompense ? Peut-on sortir du jeu quand nous sommes lassés du jeu ? Et si on ne le peut pas alors est-ce une vie ou une prison ?

En partant du principe que nous ne coïncidons pas avec nous-mêmes et nous cherchons, accumuler des biens permet-il de se trouver ? L'accumulation de biens peut-elle donner un sens à notre vie ? Admettons-le à titre d’hypothèse.

Le problème se pose alors de la limite : à partir de quelle quantité de biens serons-nous satisfaits ? Première question. En général nous ne nous fixons pas de limites et c’est bien là que les choses se gâtent, que l’ubris des Grecs nous guette, cette maladie de la démesure que les tragédies ont si bien su mettre en vie.

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Abandonner les connaissances, les plans et la sagesse

17 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

"Abandon

Les connaissances sont utiles. Les plans sont utiles. La sagesse est utile. Surtout lorsque l’on sait les abandonner.” (O. Brenifier)

 A un moment donné il faut savoir lâcher tout ce qui nous rassure : la connaissance qui nous donne l'illusion de la certitude, de la solidité de notre savoir et du fait d'être dans notre "bon droit", le plan celui de la connaissance de l'avenir, de la maîtrise de l'atteinte de notre objectif et de la prévision des risque et des alea et enfin la sagesse qui nous donne l'illusion que nous adoptons l'attitude la plus raisonnable, celle qui obtiendra l'assentiment du plus grand nombre et qui nous rendra conforme à ses attentes.

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