Articles - Honte

Qu'est-ce que l'intime ?

2 septembre 2021 par jerome lecoq

 

Que signifie être intime de quelqu'un, faire partie de son “cercle d'intimes” ? Cela signifie que cette personne a partagé avec vous des secrets, des choses qu'elle ne voudrait pas que le monde extérieur sache. L'intime est la frontière entre l'intérieur et l'extérieur. Celui qui lit le journal intime de sa femme sans son autorisation commet un viol de son intimité et s'expose à une colère légitime si jamais il est découvert. Nous avons des choses à cacher même à nos proches, surtout à nos proches peut-être car si nous révélions notre intimité au grand public il y a fort à parier que la seule réaction que nous provoquerions serait soit l'indifférence soit le mépris car ils jugeraient que nous manquons de pudeur, que nous sommes indécents, voire que nous n'avons aucune dignité. Diogène se masturbait en public, or la pratique sexuelle est l'activité qui par tradition et presque définition relève de la sphère intime. Ce comportement relève de celui de l'animal, du chien, kynos en Grec en l'occurrence. Diogène veut dénoncer l'hypocrisie de cacher certaines choses, ce qui tendrait à signifier qu'elles sont interdites ou sacrilèges, que chacun fait pourtant chez soi avec le plus grand plaisir et sans la moindre gêne. Si tout le monde le fait et si tout le monde sait que tout le monde le fait, alors pourquoi ne pas le faire en public ? Et pourquoi le faire en public serait-il une forme d'outrage ?

 

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A-t-on raison d'avoir honte ?

11 février 2021 par jerome lecoq

 

Il est toujours difficile de dire si on a "raison" ou pas d'avoir un sentiment ou une émotion dans la mesure où la plupart du temps une émotion "nous vient" ou "nous traverse" sans que notre volonté n'ait rien à y faire.

La honte est une émotion complexe probablement plus primaire et archaïque que la culpabilité qui suppose un système moral déjà bien intégré. En général pourquoi avons-nous honte ?

Peur du regard d'autrui

Nous avons honte parce que nous sommes exposés au regard d'autrui en train de faire une action que celui-ci pourrait réprouver, comme par exemple de fouiller dans le sac de quelqu'un dans un vestiaire. La honte vient de manière fulgurante et prend tout notre être. Sartre disait qu'elle exprimait le désir symbolique de disparaitre du monde, d'être soustrait au regard d'autrui. C'est la raison pour laquelle l'invisibilité a toujours été un super-pouvoir nourrissant de nombreux fantasmes dans la littérature de fiction depuis l’Antiquité avec l’anneau de Gygès. Celui qui est invisible ne peut avoir honte car personne ne le voit.

Dans: Dédain Honte 

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10 raisons pour lesquelles nous mentons

26 janvier 2021 par jerome lecoq

 

1 - Autodéfense

Nous mentons par peur d'être confondus, d'être pris en flagrant délit de faute, de transgression. Il y a souvent une honte qui nous pousse à mentir de manière purement réactionnelle et automatique par instinct de survie, de protection de notre image, de notre intégrité sociale ou de notre honneur pour les personnes particulièrement fières. Les enfants le font très fréquemment lorsqu'ils savent qu'ils ont enfreint une règle des adultes, que ce soit à l'école, en famille ou dans la société en général.

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Pourquoi avons-nous des secrets ?

22 août 2019 par jerome lecoq

 

Un secret est la connaissance d'une action, d'une pensée ou d'une parole, prononcée ou faite pour nous-mêmes ou autrui, que nous voulons cacher à autrui. Le secret a toujours une fonction de protection : par le secret, nous nous protégeons nous-même ou autrui du jugement moral ou des conséquences concrètes et néfastes que la révélation du secret aura.

Protéger son image ou celle d’autrui

Nous pouvons vouloir garder le secret pour quatre raisons principales :

La première est par culpabilité ou honte de la pensée ou de l'action secrète. C’est un secret dans la relation à moi-même et à l’image que je veux donner de moi : je garde le secret pour me protéger de la condamnation morale par mon prochain.

C'est par exemple le fait d'avoir eu des pensées envieuses pour la femme d'un ami ou d'avoir commis une action répréhensible comme de voler dans la caisse d'un magasin ou dans le portefeuille de ses parents. Parfois le secret est lourd à porter et la culpabilité nous ronge tellement que nous nous sentons obligés, afin de nous libérer du poids du secret, de le confier à un tiers de confiance, ou encore mieux à un étranger dont nous savons qu'il n'a aucun enjeu personnel avec nous. C'est dans la religion catholique d'ailleurs la fonction de la confession de faire en sorte que le confessé soulage sa conscience auprès du confesseur, généralement un prêtre. D’aucuns prétendent d’ailleurs que la psychothérapie présente la version séculière moderne de la confession religieuse.

Porter un secret est lourd et cela mobilise nos forces mentales tant la tentation est grande d'en partager le fardeau : livrer un secret c'est effectivement prendre le risque de se faire condamner mais aussi celui de se faire comprendre et donc aussi accepter et excuser d’une certaine manière. Comprendre quelqu’un serait ainsi l’excuser pour son humanité.[1]

Dans: Culpabilité Peur Secret Honte Fragilité 

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Pourquoi questionner fait peur

7 février 2018 par jerome lecoq

 

Le questionnement peut facilement être considéré comme une menace, car on pourrait vouloir préserver la mystérieuse intériorité où se trouve le sacré. En protégeant cette intimité, on a l'impression de ne pas l'épuiser, de ne pas la souiller en la soumettant à l'exposition de la conscience, aux yeux des autres et de soi-même. Par conséquent, le questionnement est considéré comme mauvais et même sacrilège. Le questionnement des idées est souvent considéré au mieux comme un exercice formel. Au pire comme une activité corruptrice. Il se trouve une compréhension tacite supposée, au-delà des mots, et les mots ne peuvent qu’atteindre superficiellement ce lien. L'horizon d'une telle perspective relationnelle est l'idée que la véritable unité peut supporter le silence, et même que dans le silence, elle trouvera sa véritable existence. Les mots ne sont que des mots, ils ne sont que des sons et des illusions. Comment pourrait-on prendre au sérieux tout type de questionnement ? On s'irritera même à l'idée que cet échange verbal ou cette quête aurait un sens réel, qu'il serait pris au sérieux. Le dialogue peut ainsi être considéré comme une menace pour l'intimité, gâchant le véritable contact mystique : la fusion des âmes. Les mots risquent de provoquer le désaccord, l'incompréhension, l'aliénation. Or la simple présence de deux corps ou de deux âmes ne laisse aucune aspérité, ne crée aucune friction. Cela donne un sentiment de paix intérieure et de fusion. Nous sommes au-delà de toute différence, nous sommes dans la coïncidence des contraires, dans la fusion des différences. Le dialogue verbal implique une séparation, une distance, à la fois physique et psychologique. On ne peut pas dialoguer en étreignant l'autre, en le touchant et bien sûr en l'embrassant.

Dans: Peur Identité Incertitude Honte 

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