J'entends

16 octobre 2014 par jerome lecoq

Le "j'entends" comme fuite du dialogue

Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire « j’entends » alors que vous venez lui fournir une explication ? Moi si, et souvent. Généralement ce j’entends signifie : « je t’écoute parce que je suis sympa mais ce que tu me dis soit ne m’intéresse pas soit je ne suis pas d’accord".

Pourtant ce « j’entends » n’entend pas grand-chose : il ne veut ni écouter les arguments de l’autre ni exposer les siens. Encore pourrait-il proposer une objection aux arguments d’autrui mais ce serait le risque de froisser l’autre. Il est vrai que les gens sont tellement fragiles, rendez-vous compte, une objection pourrait les laisser à terre et ils deviendraient un « risque psycho social ». Ou alors peut-être est-ce seulement par paresse intellectuelle car il est vrai que faire une objection c’est entrer dans le système d’autrui et cela peut demander quelques efforts.

Celui ou celle qui vous dit « j’entends » n’entend en fait que lui. Il s’est déjà fait son opinion. Ce j’entends, que j’entends souvent justement dans la bouche des gens formés à la psy, aux RH ou au coaching, est exactement le contraire d’une attitude bienveillante ; C’est le mépris de la pensée et la peur de la rencontre authentique avec autrui, c’est  cela qu’il faut entendre quand on vous dit « j’entends ».