Le joueur (tendance tricheur)

20 décembre 2016 par jerome lecoq

 

Il est toujours partant pour une bonne partie, un bon jeu de mots ou une bonne plaisanterie à faire. Il est souvent décalé et les autres ont parfois du mal à le suivre et à lui faire confiance étant donné qu'il n'aime pas suivre des règles. Il aime jouer avec les règles et les détourner lorsqu’elles jouent contre son bon-plaisir : mais comme il n'aime pas que l'on voie dans son jeu il sera souvent de mauvaise foi, peut-être même sans s'en rendre compte. Les autres ne le prennent pas au sérieux, et pour cause. Souvent il se croit très intelligent et plus fin que les autres lorsqu'il se met à tricher : il fait le malin et cherche l'attention en ne faisant jamais comme les autres mais il prétend en même temps comprendre les règles qu'il détourne, seulement il les trouve ennuyeuses. Alors il se permet d'en sortir, il pense que les règles sont pour le vulgaire, le commun, mais lui est au-dessus de tout cela.

Ce qui l’embête c'est quand autrui voit dans son jeu et lui demande d'arrêter son "petit" jeu. Alors il est mis face à lui-même et à sa prétention d’être au-dessus des règles . Il a pu connaitre de nombreux échecs dans le passé, sûr qu’il est de pouvoir se sortir de n’importe quelle situation. Il a plutôt une confiance exagérée en lui

 

Mais la règle n'a que faire de ses jeux et il s'est fait souvent violemment remettre dans le droit chemin par un rappel au réel sous la forme de sanctions. Le problème est qu'il a tendance à ne pas non plus prendre les autres au sérieux ce que les autres voient comme de l'arrogance, un manque de respect et de l'égoïsme. Il a souvent provoqué des conflits dans le passé et le conflit il n'aime pas cela, d'autant plus qu'il n'a pas la bonne conscience pour lui. Il comprend aussi que ses jeux et ses tours ne font pas rire tout le monde, voire ne font rire presque personne.

Au fond ce besoin de constamment se différencier cache un manque d'amour et d'estime de lui-même

Au fond ce besoin de constamment se différencier cache un manque d'amour et d'estime de lui-même, une recherche constante d'attention et une volonté de séduire. Il adore séduire puisque la séduction, ce jeu de l'amour et du hasard, est le jeu par excellence où il ne faut jamais être ce que l'on est pour remporter la victoire : plus l'autre est dérouté(e), moins il sait prévoir les réactions et plus la séduction opère. C'est un jeu permanent du chat et de la souris.

Pourtant avec le temps il commence à se fatiguer de ses propres jeux : d'abord les autres le connaissent et ne s'en amusent plus. Ensuite cela fait obstacle à l'authenticité dans les relations humaines donc cela l'éloigne d'autrui alors qu'il voudrait plutôt s'en rapprocher. Il vieillit et en devenant parent il voit que les jeux que ses enfants tentent avec lui, pour échapper à ses propres règles de parent, ne le font pas rire, l'agacent même. Or ce qui nous agace chez autrui en général c’est parce que nous le faisons nous-même, ainsi sont faits les êtres humains.

Ce qui nous agace chez autrui en général c’est parce que nous le faisons nous-même

Alors il triche moins, fait moins le malin et essaie de plus écouter autrui. Il commence à voir l'intérêt de se soumettre à une règle dont on perçoit le sens, le premier étant de vivre en relative harmonie en société. Son défi est de prendre les règles de la réalité comme un jeu, puisqu'il aime jouer malgré tout, de les accepter et d'y voir de l'intérêt. Il pourra peut être même contribuer à changer ces règles après s'y être soumis.

La plupart du temps quand il joue, il "fait l’idiot", il fait semblant de ne pas comprendre et il lui arrive de ne même plus être conscient qu'il fait semblant. Il aime perdre son entourage dans ses contradictions et celles-ci peuvent même le rendre fier. Pourtant avec la maturité (qui arrive tard chez lui) il s'aperçoit qu'il n'y a pas de quoi être fier et d'ailleurs il ne veut pas transmettre cette "qualité" à ses enfants. Car le tricheur refuse toute forme d'autorité mais n'est pas le rebelle franc, le révolutionnaire ou l'insoumis qui se tient droit dans ses bottes et proclame l'injustice du système. Non, lui en sort sans le dire et prétend "jouer le jeu" (soit disant respecter les règles qu'on lui a imposées). Son problème est de choisir le jeu qu'on lui impose et pas de jouer à « son propre jeu ». Il doit rentrer dans le grand jeu s'il veut compter. Il lui faut apprendre de nouvelles règles et cohabiter avec d'autres joueurs qui peut-être ne prennent non plus pas beaucoup de plaisir à ce jeu mais s'y soumettent. Il a du mal à comprendre que les gens puissent faire les choses par nécessité sans y prendre plaisir. Pour lui il n'y a de nécessaire que le plaisir : son égoïsme se double d’un hédonisme.

La pratique philosophique pour lui est un jeu très sérieux car elle le met face à lui-même, ses limites autant que ses "angles morts" alors qu'il prétend s'en affranchir. Il est obligé de se regarder en face sans se cacher derrière son jeu et cela l'ennuie : il se voit vide, fade, sans intérêt.

 

Il lui faut apprendre à s’intéresser à autrui pour reprendre de la contenance, de l’épaisseur, de la profondeur.

C’est à travers autrui qu’il se réconciliera avec lui-même et avec les règles par la même occasion

C’est à travers autrui qu’il se réconciliera avec lui-même et avec les règles par la même occasion. Car autrui est plus facile à connaitre que lui-même, d’autant plus qu’il a développé un sixième sens pour détecter la mauvaise foi : il a des années de pratique derrière lui. En découvrant autrui et ses difficultés comme ses qualités il se reconnaîtra en miroir, facette par facette, et finira par intégrer les pièces du puzzle. Alors il verra que lui aussi peut être intéressant sans avoir à faire l’intéressant par ses tricheries. Il se réconciliera avec les règles et deviendra joueur, et bon joueur même.

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