Seuls les faibles font le mal

23 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

 

"Faibles

Seuls les faibles font du mal aux autres. Ils sont ignorants, inconscients, maladroits et peu efficaces." (O. Brenifier)

Qui sont les "forts" dans notre société ? Ceux qui ont confiance, qui font confiance, qui sont généreux, qui sont ouverts, qui sont curieux, perspicaces et aiment se confronter aux autres afin de les découvrir, qui ne se comparent pas mais se développent en apprenant, travaillent sur eux-mêmes avec les autres.

Ils ne sont pas nés forts, ils le sont devenus par un long apprentissage réfléchi de la vie à travers des expériences qui les ont mis à l’épreuve. Ceux-ci ne feront pas de mal parce qu'ils n'agissent que dans le but de comprendre, de donner, de développer, d'améliorer, de construire, d'approfondir, de transmettre et d'éduquer. Même s'ils le font dans un but égoïste et qui leur donne également richesse et puissance, ces deux "biens" ne sont que des effets secondaires de leur objectif principal. Avant d'agir donc ils questionnent, ils apprennent, ils travaillent, consultent, affinent leur pratique, formulent leurs objectifs, prennent conscience de ce qu'ils veulent et en discutent le bien-fondé. Ce type d’hommes et de femmes se retrouve dans toutes les professions mais ils ont en général un côté entreprenant et entrepreneur car ils ont besoin d’exprimer une certaine forme de liberté.

Par opposition les faibles sont ceux qui ne prennent pas la peine d'apprendre car ils pensent en savoir toujours déjà assez, ils ont déjà formé leur jugement et ne font que le rationaliser après coup. Ils agissent souvent par impulsivité, par conviction et réaction, ils sont complaisants et fuient la contradiction en ne s'entourant que de personnes du mêmes avis qu'eux.

Fuyant l'objection et la contradiction, ils ne seront pas conscients de faire le mal car personne ne leur dira. Ils sont souvent pétris de bonne conscience, de convictions et de préjugés bien-pensants ce qui fait qu'ils ne savent pas écouter. Ils n'hésitent pas à vouloir le bonheur d'autrui et à vouloir développer leurs semblables malgré eux, les “faire grandir” alors qu’ils n’ont rien demandé, ce qui trahit leur piètre opinion pour leurs semblables qui leur paraissent fragiles et faibles également (ce qui les rassure).

Comme ils ne cherchent pas à comprendre en profondeur ils sont souvent en décalage avec ce que veulent ou pensent leurs interlocuteurs et les mépriseront, les vexeront, les alièneront ou même les humilieront facilement. Ils feront des changements brutaux sans respect de leur environnement, uniquement soucieux de leur intérêt propre sans aucune considération de valeurs ou intérêts supérieurs.

Ils sont un peu comme des éléphants dans un magasin de porcelaine, renversant tout sur leur passage sans même remarquer les dégâts qu'ils causent.

Étant ignorants des causes qui les font agir comme dirait Spinoza et des conséquences que leur ignorance et leur inconscience entraînent, ils n'ont aucun chance de se sortir de leur ignorance et ils continueront à faire le mal en toute bonne conscience. Ils sont maladroits par manque de finesse et par égocentrisme, il ne leur suffit en effet que de connaître leur intérêt pour agir dans un sens et ils se soucient peu de l'intérêt des autres autour d'eux.

Ils sont peu efficaces parce qu'ils ne connaissent pas vraiment leurs objectif et par conséquents n'alignent ni ne hiérarchisent leurs moyens pour atteindre leurs objectifs. Mais tout ceci ne les empêche pas de réussir socialement ou matériellement pas plus que le fait d’être fort ne garantit la réussite sociale et économique.

Ainsi si quelqu'un fait du mal, avant de penser qu'il est méchant, pervers ou “toxique”, demandez-vous ce qu'il ignore (et qui lui fait surement peur), ce qu'il ne voit pas ou ne peut pas voir, ce qu'il ne maîtrise pas. Peut-être changerez-vous de regard sur lui et résisterez-vous à la haine, au mépris, au rejet ou à la violence. Peut-être pourrez-vous lui montrer et lui apprendre. Ainsi vous resterez du côté des forts.

Commentaire de Buineau

26 avril 2019 à 11:04 AM

Bonjour,
Je trouve votre démonstration un peu trop manichéenne. En dépit d'un travail de toute une vie sur soi pour privilégier la compréhension d'autrui, l'ouverture aux autres, il faut l'associer à une recherche sur ce que nous sommes (soi-même) car on peut se montrer "fort" sur des sujets qui n'appuient pas sur notre affect, et sur un sujet précis (ou un type de personnes ?) qui renvoie à trop d'émotions personnelles insuffisamment analysées, on devient "faible", avec un raisonnement trop court que notre émotion nous empêche de voir avec un regard critique.
Ce que je veux dire, c'est que la quête de comprendre autrui me semble insuffisante pour "devenir fort", si en parallèle, on ne fait pas la démarche de se connaitre mieux soi-même. Et si cette introspection peut s'avérer relativement facile sur des sujets qui ne nous touchent pas dans les plus grandes douleurs de notre histoire personnelle, on peut passer à côté d'une compréhension de nos faiblesses : certains sujets sur lesquels nous perdons pied, nous perdons la raison au point de devenir bêtes, agressifs, hors de nous-mêmes et donc ... faibles.
C'était juste une remarque personnelle qui ne remet pas en cause votre démonstration sans doute guidée par une polémique récente suscitée par un de vos articles. J'ose espérer qu'un individu n'est jamais complètement faible, même si sur un sujet précis de polémique, il perd pied et montre une image déplorable de lui-même
bonne journée