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Les consolations de l'existence : 18 - Le retrait du monde - Les rêveries du promeneur solitaire (Rousseau)

30 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

« Me voici donc seul sur la terre, n'ayant plus de frère, de prochain, d'ami, de société que moi-même. Le plus sociable et le plus aimant des humains en a été proscrit par un accord unanime. Ils ont cherché, dans les raffinements de leur haine, quel tourment pouvait être le plus cruel à mon ame sensible, et ils ont brisé violemment tous les liens qui m'attachaient à eux. »

Ainsi Jean-Jacques Rousseau parle dans ses Rêveries du promeneur solitaire. Sentant la fin, il a besoin de donner une certaine valeur à son existence. «Je dédie mes derniers jours à m'étudier, à préparer le récit que je vais bientôt donner de mon être.» Lutter contre le sentiment du vide.

 

Dans: Consolations 

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Avons-nous besoin de tout expliquer ?

29 avril 2018 par jerome lecoq

 

Evidemment non répondrions-nous spontanément : je n'ai pas besoin d'expliquer comment marche cette plaisanterie puisque je vois qu'elle fonctionne. Le rire sincère indique que ma plaisanterie fonctionne : c'est justement en l'expliquant qu'elle ne serait plus drôle, qu'elle raterait son effet. En matière d'humour donc expliquer est justement ce qu'il ne faut pas faire sous peine d'enlever le plaisir la surprise qui génère le rire. On peut néanmoins ressentir le besoin d'expliquer malgré tout car certaines plaisanteries sont très subtiles, à double-tiroir : peut-être le destinataire a-t-il mal compris la plaisanterie et ne rit-il pas de ce qu'il faut rire ?, peut-être le rire est-il le fruit d'un malentendu ? A ne pas expliquer on prend toujours le risque du quiproquo.

 

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Pourquoi aimons-nous dire non ?

25 avril 2018 par jerome lecoq

 

Dire "non" est une forme d'affirmation de soi comme nous l'enseignent les enfants vers l’Age de 2 ans qui disent non systématiquement à tout ce que leur proposent leurs parents. Dire « non » c'est s'opposer, résister et par conséquent exister puisque en existant nous disons « non » aux forces de la passivité et de la mort. Dire « non » c'est affirmer la puissance de notre propre autonomie, c'est avoir sa propre idée, sa propre volonté, c'est résister à ce qu'autrui ou la société voudrait faire de nous.

 

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Apprendre à penser à vos enfants

24 avril 2018 par jerome lecoq

 

Bonjour à tous chers parents,

Venez apprendre à vos enfants entre 8 et 12 ans à penser ensemble. Je convie vos chères têtes blondes entre 8 et 12 ans à une session de pratique philosophique en ligne au cours de laquelle ils apprendront à écouter leurs camarades, à poser des questions, à patienter et à se poser, à trouver des idées par eux-mêmes, à réfléchir sur leur vie celle de leur entourage : bref, à philosopher.

Cette session gratuite durera 45 min. Pour cela les enfants s'engageront à rester concentrés devant leur écran sans faire autre chose, sans parler à d'autres personnes ni regarder la télé ou jouer à la tablette en même temps. Je leur raconterai une petite histoire et leur poserai des questions dessus.

Pour cette séance en ligne et en visioconférence il faudra être dans un endroit calme, vous munir d'un ordinateur équipé d'une caméra (intégrée sur la plupart des modèles) et pas d'une tablette ni d'un tel mobile car nous écrirons aussi sur un document en ligne. S'ils n'écrivent pas vous pourrez écrire pour eux ou je le ferai.

Vous parents pourrez bien sûr assister à la séance en observateurs attentifs mais sans intervenir. Vous pourrez apprendre des choses sur votre enfant et peut être sur vous qui sait ?

Je ne suis pas encore fixé sur la date aussi je vous propose 3 dates que j'ai mises dans un Doodle : en répondant au sondage vous m'aiderez à choisir le meilleur créneau horaire. Ces dates sont le mercredi 2 mai à 19h00, le jeudi 3 mai à 19h00 ou le samedi 5 mai à 10h00 ou à 18h00.

Choisir votre horaire

J’espère vous voir nombreux.

 

Bien à vous

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Les consolations de l'existence : 7 - Echapper au monde - Oblomov

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

La vie d'Oblomov est médiocre, il est impuissant et paresseux, il vit couché sur son divan, après avoir abandonné tous ses rêves. C'est ainsi que nous pouvons résumer le personnage célèbre représenté par Ivan Gontcharov, un tel mythe littéraire qu'il a produit un archétype existentiel: l'oblomovisme, à l'instar du bovarysme, du Don Juanisme ou Quichottisme. Comme toujours, un portrait excessif fait écho en nous tous, dans un coin de l'âme, une disposition déformée, plus ou moins forte selon les individus, dans ce cas la tendance à procrastiner. Mais si nous examinons de plus près notre héros, nous pouvons donner plus de substance à ce qui semble a priori un comportement absurde.

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Les consolations de l'existence : 8 - La Raison - Les mémoires d'Hadrien

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

En 1951, Marguerite Yourcenar a publié des Mémoires d'Hadrien, où elle a recréé la vie et la mort du grand empereur romain. L'ancien chef médite sur son passé, ses triomphes et ses échecs, son amour pour Antinoüs et sa philosophie. Dans le dernier chapitre, Patientia, il est vieux et malade, la mort arrive, et il se console par la méditation et la contemplation des idées, par la raison. Il souffre physiquement, il pense au suicide, mais il ne veut pas abandonner les plaisirs et la jouissance de la vie, même si son corps le trahit lentement. Il nous prévient contre un «combat sans gloire contre le vide, l'aridité et la fatigue, la nausée de l'existence, conduisant à un désir de mort», bien que «la possibilité perpétuelle de suicide m'a aidé à supporter l'existence avec moins d'impatience, de même que la simple présence d'une potion sédative a un effet apaisant sur un homme souffrant d'insomnie.» De plus, il ne veut pas montrer d'indifférence à ses amis, et il considère qu'un empereur ne peut se suicider que pour des raisons d'Etat.

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Les consolations de l'existence : 10 - Devenir quelqu'un - Macbeth

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

(Version corrigée - Traduction de l’anglais au français - Marie Vilain)

Macbeth, baron de Glamis, gagne en héros la bataille contre une armée de rebelles, consolidant fidèlement le pouvoir du Roi Duncan. Mais l’âme des hommes est toujours hantée par d’horribles fantômes. Ici ils sont représentés par trois sorcières qui prédisent à notre héros qu’il deviendra baron de Cawdor et roi d’Ecosse.

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Les consolations de l'existence : 5 - La nostalgie - La madeleine de Proust

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Le romancier français Marcel Proust est bien connu pour sa madeleine éponyme, célèbre épisode issu de son roman "Du côté de chez Swann". Par hasard, sa mère lui a offert une tasse de thé chaud avec des madeleines qu'il a plongées dans le thé avant de les mettre dans sa bouche, produisant un effet puissant: «Aussitôt que le liquide chaud mélangé avec les miettes a touché mon palais, un frisson me traversa et je m'arrêtai, saisi par l'extraordinaire chose qui m'arrivait."

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Les consolations de l'existence : 6 - Le joueur de Dostoïevski

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Au cours de sa vie tumultueuse, l'écrivain russe Fédor Dostoïevski a lutté contre une dépendance au jeu de la roulette, une habitude qui l'a conduit à la faillite à plusieurs reprises. Pire encore, il entraînait souvent sa famille dans la dette avec lui, ce qui leur causait de grandes douleurs. Dans son roman, le joueur, écrit comme une tentative d'exorciser son propre démon, il décrit ce qu'il appelle une maladie. Dans le même temps, de manière ambiguë, tout en analysant crûment la dimension pathologique de cette activité, il loue l'esprit qui anime sa passion brûlante. Par exemple, c'est l'occasion pour lui de défendre le caractère russe, passionné, contre la mentalité froide et calculatrice des hommes d'Europe occidentale.

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Les consolations de l'existence : 9 - L'appartenance au groupe - Le Vilain Petit Canard

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Il y a différentes manières de lire le conte d'Andersen: «Le Vilain Petit Canard», ce pauvre oiseau menant une vie misérable jusqu'à la fin heureuse. Une façon d'interpréter cette fable est que le héros ignore d'abord sa propre identité : il n'est pas un canard, une réalité qu'il découvrira lorsqu'il rencontrera les cygnes. Une autre est qu'il est laid dans sa jeunesse parce qu'il n'est pas encore lui-même, il deviendra son vrai "lui" à mesure qu'il se développera, puis deviendra beau.

 

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Les consolations de l'existence : 17 - Le pouvoir - Le parfum (Süskind)

12 avril 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Le parfum, un roman de Patrick Süskind, raconte l'histoire de Grenouille. Né illégitime, sa mère le jette dans une poubelle. Plus tard, il la dénonce, elle est exécutée. Les infirmières l'abandonnent : il mange trop et n'a pas l’odeur normale d’un bébé. Enfant abandonné, il travaille dur pour survivre.

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Le consommateur, ce phobique de l’engagement

22 mars 2018 par jerome lecoq

 

S'engager c'est sortir d'un monde de virtualités, de possibles agréables, du rêve et de ses illusions excitantes pour rentrer dans une voie qui oblige à regarder devant soi en acceptant de donner, à voir de l’intérêt dans un domaine plus restreint et plus contraint et à découvrir un nouveau monde hors de soi. S'engager c'est « se mettre en gage » donc se mettre en risque, s'abandonner donc accepter de perdre l'illusion réconfortante du contrôle de tous les possibles pour rentrer dans le concret, dans le réel, dans la vie. Celui qui ne s'engage pas n'aime pas la vie, raison pour laquelle il peut aussi aimer la routine, les habitudes, l'immobilité qui lui permet de regarder passer le monde sans y prendre part. Il se prend pour Dieu mais n’est qu’impuissant.

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Liberté et angoisse ou nécessité et joie ?

14 mars 2018 par jerome lecoq

L'obéissance est-elle une vertu ?

15 février 2018 par Jérôme Lecoq

 

Ce dialogue est une auto-consultation c'est-à-dire que c'est moi qui fais les questions et les réponses. Cela suit le même principe qu'une consultation philosophique à deux et oblige à se "couper en deux" afin de se voir comme une autre personne. Cela permet de se voir penser tout en traitant une question. Ainsi on peut repérer ses erreurs de logique, ses présupposés, ses croyances, ses "angles mort" de la pensée. Vous êtes invité(e) à critiquer vous-même ce dialogue si vous percevez problèmes quelconques.

Vous pouvez également m'envoyer vos questions que je traiterai comme dialogue ou m'envoyer vos propres autoconsultations que je commenterai. Alors à vos stylos cher(e)s lecteurs et lectrices.

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Doit-on uniquement respecter ceux qui nous respectent ?

14 février 2018 par jerome lecoq

 

Le respect repose sur la connaissance d'autrui

Si l'on se fie à la définition du terme de respect, «aptitude à considérer le passé pour en tirer des conclusions sur notre attitude à adopter pour le présent" alors la réponse est clairement non. Le respect appliqué à l'être humain signifie que l'on doit connaitre ses actes passés afin de le respecter et le fait que quelqu'un connaisse mon passé et le juge digne de respect n'implique évidemment pas la réciproque. Par conséquent le respect se gagne, se mérite, et il n'y a pas de raison de respecter quelqu'un que l'on ne connait pas. C'est pourquoi la réputation est si importante dans la notion de respect : c'est elle qui vous précède et donne des raisons aux gens de vous respecter, sans même vous connaitre.

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Pourquoi questionner fait peur

7 février 2018 par jerome lecoq

 

Le questionnement peut facilement être considéré comme une menace, car on pourrait vouloir préserver la mystérieuse intériorité où se trouve le sacré. En protégeant cette intimité, on a l'impression de ne pas l'épuiser, de ne pas la souiller en la soumettant à l'exposition de la conscience, aux yeux des autres et de soi-même. Par conséquent, le questionnement est considéré comme mauvais et même sacrilège. Le questionnement des idées est souvent considéré au mieux comme un exercice formel. Au pire comme une activité corruptrice. Il se trouve une compréhension tacite supposée, au-delà des mots, et les mots ne peuvent qu’atteindre superficiellement ce lien. L'horizon d'une telle perspective relationnelle est l'idée que la véritable unité peut supporter le silence, et même que dans le silence, elle trouvera sa véritable existence. Les mots ne sont que des mots, ils ne sont que des sons et des illusions. Comment pourrait-on prendre au sérieux tout type de questionnement ? On s'irritera même à l'idée que cet échange verbal ou cette quête aurait un sens réel, qu'il serait pris au sérieux. Le dialogue peut ainsi être considéré comme une menace pour l'intimité, gâchant le véritable contact mystique : la fusion des âmes. Les mots risquent de provoquer le désaccord, l'incompréhension, l'aliénation. Or la simple présence de deux corps ou de deux âmes ne laisse aucune aspérité, ne crée aucune friction. Cela donne un sentiment de paix intérieure et de fusion. Nous sommes au-delà de toute différence, nous sommes dans la coïncidence des contraires, dans la fusion des différences. Le dialogue verbal implique une séparation, une distance, à la fois physique et psychologique. On ne peut pas dialoguer en étreignant l'autre, en le touchant et bien sûr en l'embrassant.

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A quoi sert le sarcasme ?

1 février 2018 par jerome lecoq

 

A rien a priori me direz-vous. Le sarcasme est méchant, il prend autrui comme objet de défoulement de notre ressentiment, il ne fait que rendre autrui triste ou agressif sans vraiment le faire réfléchir, il peut humilier autrui sans que l'humiliation ne lui serve de leçon puisqu'il n'y a dans le sarcasme, contrairement à l'ironie, pas de message, pas d’enseignement. Le sarcastique dit le contraire de ce qu’il pense sans montrer qu’il pense le contraire de ce qu’il dit, au contraire de l’ironiste qui cherche à se faire comprendre tout en disant le contraire de ce qu’il pense (vous pouvez relire deux fois cette phrase). Le sarcastique se cache quand l’ironiste agit en pleine lumière.

 

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Les consolations de l'existence : 16 - L'héroïsme - Lord Jim

31 janvier 2018 par jerome lecoq

 

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Lord Jim, héros de Joseph Conrad, a commis son propre péché "originel", et il passera sa vie à essayer d'oublier ou de se pardonner lui-même. Beaucoup d'entre nous vivent avec le souvenir troublant d'une action qui a marqué notre vie, en tant que victime ou en tant que coupable, un souvenir qui devient le sujet central de notre existence, une lutte pour notre estime de nous-même et notre dignité.

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Qu’est-ce qu’un cabinet de philosophie ?

17 janvier 2018 par jerome lecoq

 

Un cabinet est une pièce retirée où l’on mène des activités discrètes, de nature privée, en opposition au salon ou à la salle à manger qui sont des lieux de réception. Le cabinet de philosophie est donc destiné à l’entretien particulier, en opposition à un atelier, un débat, un cours ou une conférence. De ce fait, il y sera traité de questions singulières, plutôt que de questions générales, c’est-à-dire centrées sur un individu particulier, ce qui ne restreint en rien l’universalité des propos tenus. Car il s’agit tout d’abord de distinguer l’entretien philosophique privé - ou consultation philosophique – d’une consultation de type psychologique, auquel il sera trop facilement associé. Cette distinction nous permettant déjà de définir quelque peu la spécificité de l’activité. 

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La manipulation est-elle toujours néfaste ?

15 janvier 2018 par jerome lecoq

 

Du lavage de cerveau à la question rhétorique

Pour le sens commun, se faire manipuler c'est être le jouet malheureux d'une personne qui a su exercer à notre insu une influence sur nous pour son propre bénéfice. Nous n'avons pas nécessairement été escroqués, volés ou humiliés mais nous en ressortons avec la désagréable impression d'avoir fait quelque chose contre notre propre consentement, mus par quelque contrainte diffuse qui ne dit pas son nom.

Celui qui manipule utilise autrui pour parvenir à ses propres fins sans que celles-ci soient explicites. Les exemples les plus impressionnants de la manipulation vont jusqu'au lavage de cerveau où un individu est soumis à des messages répétitifs, coupé de son environnement familier et finit par devenir un exécutant aveugle et déshumanisé des ordres que lui intiment son manipulateur. Ceux qui procèdent au lavage de cerveau ont besoin de bons soldats pour faire la sale besogne qui leur répugne ou pourrait les mettre trop en risque personnel. Il est en effet difficile de montrer que nous sommes sous l’emprise d’une conscience extérieure car le manipulé peut par ailleurs fonctionner de manière rationnelle dans sa vie quotidienne. L’exemple le plus proche de nous est celui de jeunes Français qui partent faire le jihad en Syrie alors que rien ne les prédisposait à un engagement si radical pour une cause dont ils ignoraient tout quelques mois plus tôt.

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Les consolations de l'existence : 15 - L'indifférence - L'étranger (Camus)

9 janvier 2018 par jerome lecoq

(Traduction de l’anglais Marie Vilain)

Par Oscar Brenifier

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. ». En présentant Meursault ainsi, dans l’Etranger, Albert Camus montre l’apathie de son héros, et nous plante au cœur de sa philosophie. Le monde n’a aucun sens, nous traversons juste la vie en automates en prétendant que les règles que nous suivons sont ancrées dans la raison, mais nous ne sommes pas dupes. Meursault ne veut pas jouer le « jeu », ou ne peut pas, petite nuance. Et il développe de l’indifférence comme consolation à sa peine.

 

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Pourquoi faut-il penser pendant les vacances ?

27 décembre 2017 par jerome lecoq

 

Penser n'est pas être préocuppé

Les vacances sont un moment propice au repos, aux activités purement récréatives de détente, que cela soit un sport, la promenade, jouer avec ses enfants ou encore lire un roman. Les vacances sont là pour provoquer une rupture dans la suite de routines contraignantes de la vie quotidienne citadine qui s’appuie sur le triptyque travail-famille-amis. Dans ce quotidien la plupart prétendra “trop penser” et les vacances seront alors l’occasion de “ne plus penser”. Or quand les gens disent qu’ils “pensent tout le temps” ou “pensent trop”, ils confondent en fait penser en tant qu’activité libre mais néanmoins rigoureuse de la réflexion sur le monde et soi-même, (ce que nous pourrions également qualifier de “philosopher”) et être préoccupé. Etre préoccupé c'est se soucier en permanence de ce que nous avons à faire : tel rapport à rendre à notre chef, tel cadeau à acheter pour Noel, tel rendez-vous à prendre avec un client ou avec le dentiste, faire faire les devoirs aux enfants, préparer cette présentation power point pour la prochaine réunion de service, faire sa comptabilité...c'est une liste sans fin de tâches quotidiennes et pratiques qui contribuent à nous engluer dans le présent aussi bien qu’à nous rassurer sur notre utilité, notre valeur pour autrui, notre appartenance au monde.

Or quand les gens disent qu’ils “pensent tout le temps” ils confondent en fait penser en tant qu’activité libre mais néanmoins rigoureuse de la réflexion et être préoccupé

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Les consolations de l'existence : 14 - Le rire - Rigoletto

20 décembre 2017 par jerome lecoq

 

(Traduction de l’anglais Marie Vilain)

Par Oscar Brenifier

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Rigoletto est bouffon à la cour. Bossu, laid, difforme. Il est veuf et pleure toujours, des années après, la perte de sa femme adorée, irremplaçable. Et lorsque sa fille Gilda, sa seule bien-aimée, le questionne à propos de ses origines, de sa famille et de ses vieux amis, il garde le silence, sans doute rempli de honte et de ressentiment. Sa vie est triste, il se méprise. Ainsi est décrit Rigoletto, le personnage de l’opéra de Verdi.

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Les consolations de l'existence : 13 - Le futur - Pénélope (l'Odysée)

6 décembre 2017 par jerome lecoq

(Traduction de l’anglais Marie Vilain)

Par Oscar Brenifier

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 12 - La création - Balzac

30 novembre 2017 par jerome lecoq

(Traduction de l’anglais Marie Vilain)

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Dans: Consolations 

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La raison peut-elle séduire ?

29 novembre 2017 par jerome lecoq

 

Séduire pour inviter au dialogue

Difficile alliance au premier abord : la raison est difficile, implacable, abrupte souvent, ses règles sont logiques et impersonnelles, ses arguments objectifs et tranchants. Même si elle est la chose la mieux partagée au monde et que nous ne pouvons nous en passer elle demeure opposée au coeur, à la passion, à la spontanéité.

Séduire, plaire c'est non pas s'adresser à la raison d'autrui mais à ses goûts, à ses penchants naturels, à ce qu'il fait justement sans avoir besoin d'y réfléchir. Socrate s'adressait à la raison de chacun. Mais avant d'y parvenir il usait souvent de stratagèmes pour plaire à ses interlocuteurs : en effet pour faire réfléchir quelqu'un faut-il avant tout l'inviter au dialogue, le mettre en confiance. Car avant de raisonner bien souvent l'être humain ressent, perçoit, voit : il sent d'instinct s'il a affaire à un ami ou un ennemi. On se sert la main en société avant tout pour montrer qu'on ne vient pas avec des armes ce qui en dit long sur la prétendue sociabilité des humains. La méfiance me semble plus naturelle que la confiance chez l'être humain. C'est pourquoi Socrate qui a souvent affaire à des notables essaie d'abord de leur plaire.

Dans: Penser et plaisir 

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Le panda existentiel

29 novembre 2017 par jerome lecoq

Pour certains, la vie est dure. Parce que leur quotidien est particulièrement lourd, parce qu’ils sont trop sensibles, parce qu’ils manquent d’énergie, parce qu’ils sont trop tendus. Est-ce passager, ou ont-ils toujours été comme cela ? Quoiqu’il en soit ils trouvent dans le repos, en particulier dans le sommeil, le refuge, la panacée, la consolation. Ils se retirent du monde, ils se retirent de la vie, on peut même dire qu’ils se retirent d’eux-mêmes puisque l’inconscience leur est désirable. 

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L’impuissance : entre indolence et entêtement

24 novembre 2017 par jerome lecoq

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"L’impuissance prend plusieurs formes. Certaines personnes sont larvaires : elles se trainent mollement, faibles et indécises. D’autres sont têtues : elles camouflent leur impuissance derrière leur obstination et leur autorité, comme une huître dans sa coquille." (O. Brenifier)

"Impotence takes different forms. Some persons are larva-like: they limply linger on, weak and undecided. Others are stubborn: they hide their impotence behind their obstinacy and their authority, like an oyster in its shell." (O. Brenifier)

 

L’impuissance peut prendre plusieurs guises : soit elle se montre soit elle se cache (mal).Quand elle se montre elle prend la forme d’un rétrécissement de l’être : le corps se traîne comme une limace, tout effort est une souffrance, le sommeil une confortable cachette où l’intrusion du monde extérieur est momentanément interrompue. L’âme est molle, indécise, errante, les idées tournent en rond, la pensée stagne et finit par devenir toxique. Chaque nouveau jour qui s’annonce est une promesse de nouvelles souffrances. Chaque décision est une mise à l’épreuve dans la mesure où elle implique quelque renoncement : or l’impuissance va de pair avec l’avidité. Celui qui veut tout immédiatement se décourage de voir continuellement ses désirs contrariés.

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Comment se remonter le moral ?

21 novembre 2017 par jerome lecoq

“Le meilleur moyen de se remonter le moral c’est d’essayer de remonter le moral de quelqu’un d’autre”. (Mark Twain)
“The best way to cheer yourself up is to try to cheer somebody else up”. (Mark Twain)

Vous vous sentez déprimé(e), angoissé(e), apeuré(e), désespéré(e) ? Et bien trouvez quelqu’un qui est encore plus désespéré(e) que vous, écoutez ses plaintes puis secouez-le un peu, dites-lui qu’il arrête de se plaindre et qu’il se bouge, qu’il démarre une activité, n’importe laquelle. 

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Les consolations de l'existence : 11 - Le sens moral - Tolstoï

20 novembre 2017 par jerome lecoq

(Traduction de l’anglais Marie Vilain)

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

 

Dans: Consolations 

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Pensez à autre chose

19 novembre 2017 par jerome lecoq

“Drag your thoughts away from your troubles… by the ears, by the heels, or any other way you can manage it.” (Mark Twain)
“Traînez vos pensées en dehors de vos problèmes, que cela soit par les oreilles, les talons ou tout autre moyen.” (Mark Twain)

C’est bien connu, si vous êtes trop émotionnellement impliqué dans une situation, vous êtes très mal placé(e) pour réfléchir lucidement dessus. Notre pensée est comme attirée par l’aimant de la peur, de l’angoisse ou de la colère : elle devient automatique, réductrice, elle se fait la porte-parole de nos émotions et se noie bientôt dans la confusion.

 

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Ils sont tellement gentils…

19 novembre 2017 par jerome lecoq

 

“Ils sont tellement gentils. Ils feraient tout pour vous être agréable. A condition, cela s’entend, que vous ne fassiez rien qui leur déplaise” (O. Brenifier)”
“They are so nice. They would do anything to please you. Under the condition, of course, that you don’t do anything that displease them. “(O. Brenifier)”

Je suis toujours quelque peu embarrassé avec les gens “très gentils”. Je ne parle pas de la gentillesse sincère, de la générosité non affectée qui vous attire spontanément vers certaines personnes. Je parle de cette gentillesse un peu trop appuyée, de cette sollicitude mielleuse que l’on voit chez certains commerciaux, certains membres de notre famille qui en font toujours “un peu trop”.

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Bien se connaitre à quoi ça sert ?

19 novembre 2017 par jerome lecoq

Voici un récent article du Figaro où nous sommes cités.

Article du Figaro sur la connaissance de soi

Dans: Citations dans la presse 

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L'impatience est la faiblesse du fort

17 novembre 2017 par jerome lecoq

 

"La patience est la force du faible, l'impatience est la faiblesse du fort" (Emmanuel Kant)

Pour moi qui suis impatient la patience est difficile et toujours bénéfique : je ne suis patient que sur un fonds d’impatience. Nous évoluons dans un monde où les gratifications immédiates favorisent la tendance à l’impatience c’est pourquoi il faut apprendre la patience à nos enfants.

J’aime bien voir la patience dans la nature également : je me souviens de ce documentaire animalier où l’on voyait une lionne essayer d’attraper une gazelle pendant des jours. A chaque fois qu’elle échouait elle revenait paisiblement et ne semblait pas perdre patience. Pour les animaux la patience est question de survie : on n’attrape pas une gazelle en se précipitant sur le troupeau, elles vous voient venir de trop loin, il faut développer des stratégies d’attaque.

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Qu'est-ce que le bonheur ?

16 novembre 2017 par jerome lecoq

Qu’est-ce que le bonheur ? Le sentiment que le pouvoir croît, que la résistance est surmontée. (Nietzsche)
"What is happiness? The feeling that power is growing, that resistance is overcome." (Nietzsche)

Le bonheur est donc un sentiment, par nature fugace. C'est le sentiment d'un effort, c'est la résultante d'une résistance et d'une force, c'est le sentiment que la résistance diminue et que la force augmente, que le pouvoir croît, que la puissance augmente. 

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Notre corps est-il sage ?

13 novembre 2017 par jerome lecoq

"Il y a plus de sagesse dans votre corps que dans votre philosophie la plus profonde." (Nietzsche)
"There is more wisdom in your body than in your deepest philosophy." (Nietzsche)

Si on considère la sagesse comme le fait de faire ce qui est bon pour nous, alors effectivement on peut donner du crédit à cette critique nietzschéenne de la rationalité. Le goût désagréable d'un aliment m'alerte sur sa potentielle toxicité, en général en tous cas. Ce qui m'est désagréable m'est en général néfaste : la brûlure indique une destruction de mon épiderme et nous avons tous des intuitions que quelque chose ne vas pas quand nous entrons dans une pièce où l’ambiance est tendue. Si nous écoutons notre corps il nous dit en général quoi faire pour notre bien-être et toute douleur est en général une alerte qu'il n'est pas bon d'ignorer.

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L'homme, cet animal avide

17 octobre 2017 par jerome lecoq

"L'homme veut être heureux alors même qu'il vit de manière à rendre le bonheur impossible" (Augustin)

Curieux animal que cet être humain qui prétend vouloir être heureux alors qu'il fait tout pour se rendre misérable. Telle femme continue à multiplier les expériences désastreuses avec des hommes qui la mènent par le bout du nez, continue à espérer le grand amour et tout ce qui vient avec, tout en reproduisant le même schéma. 

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De qui suis-je le tyran ?

12 octobre 2017 par jerome lecoq

 

"Nous sommes toujours le tyran de quelqu’un. Les brutes le savent, parce qu’elles jouissent de leur pouvoir. Les braves gens l’ignorent, parce qu’ils sont noyés dans leur bonne conscience." (O. Brenifier)

De qui suis-le tyran ? Voilà une question que je ne me suis jamais posée. Pourtant je me suis déjà fait traiter de "méchant papa" par ma fille parce que je lui imposais une décision arbitraire et peut-être injuste. Probablement que chaque parent est et doit être le tyran de son enfant, à un moment ou un autre. Le tout est d’en être conscient et de ne pas ignorer que toute éducation implique une forme de violence à l’encontre de l’enfant, aussi politiquement incorrect que cette phrase puisse sonner.

 

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Vouloir aimer ou être aimé(e) ? Là est la question

11 octobre 2017 par jerome lecoq

"Vouloir être aimé épuise l’amour. Vouloir aimer engendre l’amour. Mais ils refusent de les distinguer. Sans doute les pauvres sont-ils épuisés." (Oscar Brenifier)

Nous voulons tous l'amour, non ? Enfin presque tous, j'excepte les philosophes qui préfèrent la vérité. Mais qu'avons-nous dit une fois que nous avons dit cela ? Car l'amour est une autoroute, il va dans les deux sens. 

Dans: Amour 

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Les consolations de l'existence : 4 - L'excitation amoureuse - Madame Bovary

10 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Lorsque l’on est amoureux, on peut avoir des attentes, on peut apprécier ou rechercher certaines valeurs, récompenses, dévouements ou un certain sens. Mais l’une des principales caractéristiques de cette passion est l'excitation, une forme d'intoxication ou d'ivresse, à la fois de l'esprit et du cœur. Gustave Flaubert, dans Madame Bovary, nous propose une description classique de ce phénomène. Le comportement de son héroïne est tellement classique qu'il a même donné naissance à un concept: le bovarysme. Cela décrit une certaine tendance à s’échapper de la réalité en s'imaginant comme le héros ou l’héroïne d'une romance, plutôt farfelue et déconnectée de la factualité d'une situation objective.

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 3 - Être immortel(e) - Dorian Gray

9 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

On est informé assez tôt sur l’avenir de Dorian Gray : « Il est d’une nature simple et belle. Ne le gâtez pas. N’essayez pas de l’influencer. Votre influence serait mauvaise. » Mais l’être humain n’est pas fait pour perdurer dans l’enfantillage ou au paradis. Ainsi notre héros découvre la réalité. Le plaisir des sens, le pouvoir de séduction, le frisson de la gloire, la multitude d’amours. Mais également l’inévitable vieillissement et la mort, le déclin de la grâce, l’orgueil et l’humiliation, la trahison et la jalousie, la colère et la haine, la confrontation au mal.

Dans: Consolations 

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Les consolations de l'existence : 2 - Être reconnu(e) - Martin Eden

5 octobre 2017 par jerome lecoq

L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière d’être ». Nous le nommons consolation. Et nous relisons divers auteurs dans cette perspective, afin de comprendre comment chacun de nous se console, chacun à sa façon.

Martin Eden, le héros du roman de Jack London, est un jeune homme pauvre, sans instruction, c’est un matelot. Une rude vie en mer faite de labeur éreintant, de brutalités des chefs, d’ivrognerie et de bagarres. Il rencontre Ruth, jeune, riche et belle, une étudiante en littérature. Il tombe amoureux d’elle, et de la culture à laquelle il n’a jamais eu accès. Il décide de devenir écrivain, avec Ruth comme guide. Mais elle décline ses avances puisqu’il ne peut lui garantir de confort matériel.

Dans: Consolations 

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Voir les problèmes pour s'alléger

4 octobre 2017 par jerome lecoq

Problématiser pour ouvrir

Pourquoi peut-on dire que "problématiser" c'est se rendre la vie plus légère ? Si l'on renverse la question on peut se demander "Qu'est-ce qui rend la vie plus lourde qu'elle ne l'est déjà ?" Il se peut que nous exagèrions l'ampleur des obstacles qui se trouvent sur notre chemin, que nous nous donnions des objectifs trop ambitieux et irréalistes par rapport à nos capacitées réelles, à notre marge d'action, à notre pouvoir d'influence et d'action sur notre environnement direct.

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Martyr ou génie ?

4 octobre 2017 par jerome lecoq

"What the age needs is not a genius but a martyr, who in order to teach men to obey would himself be obedient unto death." (S. Kierkegaard)
“Ce que réclame l'époque n'est pas un génie mais un martyr : un homme qui pour enseigner aux hommes à obéir obéirait lui-même jusque dans la mort.” (S. Kierkegaard)

 

Le génie est admiré pour son oeuvre qui éclaire l'humanité de sa profondeur. Mais comment se comparer à un génie ? La différence du génie au commun des mortels est aussi infranchissable que celle de de l'homme à l'aigle, s'il s'agit de voler. C'est d'ailleurs bien pour cela que l'on ne peut envier un génie : il a ce que nous serions bien incapable d'avoir, on ne peut donc que l'admirer sans vouloir le suivre, le génie est pure singularité.

 

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Diagnostic d'équipe par la philosophie

2 octobre 2017 par jerome lecoq

La consultation collective pour faire un diagnostic des compétences transverses et attitudes à travailler

Je fais régulièrement des ateliers* de pratique philosophique dans les entreprises. Il s'agit, en groupe et en quelques heures, de faire travailler les collaborateurs sur un sujet quelconque, comme un conte, une question collective ou une mini-conférence à l’issue de laquelle je pose des questions aux participants. 

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Pourquoi la philosophie fait-elle peur ?

2 octobre 2017 par jerome lecoq

De mauvais souvenirs de l’école

La réaction initiale lorsque je propose à quelqu'un de participer à un atelier de pratique philosophique est : "ce n’est pas pour moi je n’aimais déjà pas la philo au lycée". La philosophie impressionne, elle vous regarde de haut. Pourquoi ?

Premièrement probablement par sa difficulté. Les textes auxquels nous avons été confrontés au lycée ont pu nous paraître inabordables, abrupts, abstraits et obscurs. Un texte philosophique ne se laisse en général pas saisir à la première lecture. Lorsque vous entendez le mot “philosophie” c’est comme si du même coup vous toisaient du regard, du haut de leur piédestal, Kant, Platon, Aristote, Descartes, Spinoza et Sartre et qu’ils vous demandaient de surcroît : “qui es-tu toi pour prétendre penser avec nous ?” C’est un peu comme de se comparer à Michael Phelps* alors que vous débutez la natation : il y a de quoi se décourager et passer à autre chose.

 

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Que signifie : "être légitime" ?

29 septembre 2017 par jerome lecoq

On dit par exemple d'une personne qu'elle est légitime à une fonction lorsqu'il y a un consensus autour d'elle pour dire qu'elle a les compétences, les qualités et l'expérience requis pour ce poste. Être légitime c'est par conséquent un jugement subjectif mais très partagé sur la conformité d'une personne, d'un fait, d'une proposition ou d'un argument par rapport à une loi ou une règle tacite. En effet si la règle était juridique on dirait simplement que c'est légal et pas légitime. 

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La consultation philosophique pour les gens débordés

28 septembre 2017 par jerome lecoq

 

L’hyper-concentration et la “vectorisation*” de la pensée induite par la consultation philosophique permet d’oublier momentanément ses problèmes et de donner un coup de balais dans son esprit. Après quelques séances l’esprit est à nouveau clair pour fonctionner efficacement et ne plus se laisser polluer par tous ces parasites qui surchargent nos processus mentaux et nous font nous faire du souci pour rien.

En ceci la consultation philosophique constitue une forme de méditation active.

Premièrement elle oblige à se concentrer sur une nombre très limité de choses, de concepts ou de phrases. La conceptualisation en particulier, oblige à trouver un seul mot derrière une proposition, ce qui constitue son essence. Une fois le mot trouvé il agit puissamment sur l'esprit comme un aimant qui attire à lui d'autre concepts, il creuse une espèce de trou ou produit un appel d'air qui fait respirer la pensée et réorganise le sens autour de ce mot.

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Plutôt le malheur que l'ennui

28 septembre 2017 par jerome lecoq

"Le malheur leur est nécessaire. Ils ne connaissent meilleur remède contre l’ennui. Ils ignorent cependant que le remède au malheur est l’ennui." (O.B.)

Pourquoi certains considèrent-ils que le malheur est un remède contre l'ennui ? Comment arrivent-ils à plus valoriser le malheur que l'ennui ? Pourquoi l'ennui est-il la chose la pire au monde ?

Probablement parce que l'ennui c'est le vide, le néant et que la nature ayant horreur du vide, ils cherchent à le combler par tous les moyens, y compris le pire.

Dans le malheur il y a souffrance. Mais cette souffrance ne saurait rester silencieuse, privée et intime : il leur faut en faire la publicité, elle se doit d'avoir un côté dramatique voire dramaturgique. Le malheur se scénarise, se met en scène : or quel meilleur remède contre l'ennui que le théâtre avec ses intrigues, ses “coups de théâtre”, ses quiproqui, ses explosions émotionnelles ses scènes d'anthologie ? Qu'il soit comédie ou tragédie, le spectacle de leur malheur les distrait aisément de leur vide.

Mais nous dira-t-on, pourquoi ne recherchent-ils pas le bonheur ? Mais parce que comme disait Rousseau : "Rien ne m'ennuie plus que le bonheur". Le bonheur ne dure jamais parce qu'il est calme, volupté, flux, douceur, torpeur...tout ceci est lisse, sans histoires, sans aspérités, sans dramaturgie...quel ennui que ce bonheur finalement.

Avez-vous jamais vu une bonne pièce ou un bon film dans lequel les personnages sont heureux du début à la fin ? Pourquoi les journalistes s'intéressent aux choses qui vont mal dans ce monde et pas à celles qui vont bien ? J'entends toujours ces gens qui s'en plaignent : mais ils sont les premiers à lire des polars, à rechercher le sensationnel.

Le malheur leur est nécessaire pour ne pas s'ennuyer. Il leur faut dire du mal, faire du mal, vivre le mal plutôt que d'affronter le mal des maux, le grand Mal : l'Ennui.

Mais arrêtons-nous y un peu ? Qu'y a-t-il de si terrible dans l'ennui que nous n'acceptions d'y séjourner même un instant ? Est-ce l'ennui qui nous ennuie ou bien ce qu'il laisse survenir ?

S'ennuyer signifie n'avoir rien à faire, n'être intéressé à rien, avoir une diminution de la "puissance d'exister" comme le dirait Spinoza. De ce point de vue il serait une forme de tristesse, de dépression, de rabougrissement de l’âme. Quand on s’ennuie on n’est pas dans les choses, on n’est pas dans le monde, on n’est nulle part. A ce moment, quand l’intellect n’a plus rien à quoi appliquer ses catégories, quand aucun problème ne vient attirer son attention, aucune résistance sur laquelle la pensée pourrait s’appuyer pour se construire et se développer, à ce moment l’imagination prend le relais et nous commençons à rêvasser, à rêver éveillé.

C'est l'élève en classe pour qui le soliloque du maître commence à se perdre dans un arrière fonds sonore indifférencié qui le berce. Certains s'endorment ce qui est un remède certes radical mais efficace contre l'ennui. D'autres laissent leur imagination vagabonder et se font des films dans leur tête, ils regardent par la fenêtre et s'amusent à regarder les pigeons avec leur drôle de démarche et voient des formes d'animaux dans les nuages.

D'autres encore cherchent à attirer l'attention sur eux en embêtant leurs voisins, en lui jetant une boulette dans le cou ou en faisant tomber son stylo exprès ou encore en poussant son coude pour qu'il fasse des ratures, jusqu'à ce qu'une mini-crise l'oblige à se calmer et à s'ennuyer à nouveau.

S'ils acceptaient de s'ennuyer, de passer outre l'inconfort de se retrouver face à eux-même sans avoir rien à faire ni rien à penser ni rien à expérimenter ni rien à consommer alors ils commenceraient à se poser des questions, à commencer par la plus essentielle : "pourquoi est-ce que je m'ennuie ?" Puis ils commenceraient à regarder le monde d'une manière différente, en observant le relief des choses et en se demandant leur raison d'être. Ils se demanderaient : “pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?”. Et comme ils verraient qu'il y a quelque chose et qu’ils sont bien là pour le percevoir, ils se demanderaient encore : ‘quel sens puis-je donner à tout cela ? Qu'est-ce que je pourrais bien faire de toute cette existence que l'on m'a donnée sans mode d'emploi ?" Ils ne seraient pas plus malheureux mais il seraient curieux, pas tristes ou déprimés mais intellectuellement éveillés et esthétiquement attentifs à la beauté du monde. Ils convertiraient leur regard de l'utilitarisme à l'esthétique.

 

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