Donovan le philosophe en mal de reconnaissance

Description de la séance

Donovan est un perfectionniste : il veut la perfection mais ses actions en deçà de ses attentes, elles sont inutiles. Il est très attentif à l’image de lui-même que lui renvoient les autres comme étant quelqu’un de réaliste par exemple mais il s’aperçoit maintenant qu’il n’est pas réaliste puisque ses actions ne sont pas conformes à ce qu’il attend. Autrui lui donne une bonne image de lui mais cela commence à paraître suspect. En fait il s’aperçoit qu’il joue au réaliste, notamment pour ses amis, mais qu’il est en réalité un idéaliste. Donovan est un acteur, il fait « le show ». Il produit des apparences. Il veut être reconnu. Mais il veut changer le fait qu’il place trop d’importance dans ce que les autres pensent de lui. En fait il pense que le pire chez lui c’est son égoïsme et l’égoïsme n’est pas une bonne valeur pour lui. Il voudrait changer cela. Il est factice, il est faux. Il n’arrive pas à ne pas vouloir être reconnu par les autres, c’est un désir qui s’oppose à sa raison. Et la raison lui fait voir la vérité qui pose problème. La vérité est donc un problème. Pourtant la vérité est aussi utile elle permet de se focaliser sur son objectif et de ne pas être distrait par faire le show. Car ses attentes nombreuses l’empêchent de se concentrer sur la réalité., il devient impuissant. Il n’aime pas gâcher non plus, il veut tout il est cupide.

La question initiale de Donovan était la suivante « pourquoi je demande conseil et je ne suis pas les conseils qui me sont donnés ». Donovan est sceptique sur tout ; il doute de tout, le doute est lourd. Il n’arrive pas à choisir un projet et le mener jusqu’à son terme, il est impuissant à nouveau. Il se protège de l’échec, il est fasciné par l’échec, et l’échec lui est renvoyé par le monde. Il a toujours des attentes démesurées envers lui-même et qui sont toujours déçues. Et demander l’impossible le motive mais le rend aussi impuissant. Il cherche la perfection et a du mal à voir ce qui pourrait être positif dans le fait d’être un esclave de la perfection. Il a peut être même du mal à voir ce qui est positif en lui-même.

Donovan est un philosophe et le philosophe est dans une situation d’ouverture car il n’a pas le soucis de l’efficacité quant à la prise de décisions. Mais il veut être aimé du peuple américain qui n’aime pas les élites. Or le philosophe contemplatif se croit l’élite intellectuelle et est le l’objet de critiques sur son inutilité.

Ce qui surprend Donovan c’est à quel point il arrive à se saboter lui-même. Il s’est créé des idoles et leur a tout donné.                

 

Concepts : perfection – idéalisme – apparences – reconnaissance – egoïsme – facticité – vérité – réalité – impuissance – doute – échec – attentes – déception – contemplation – élitisme – auto-sabotage- concentration – dispersion

 

Questions :

- Pourquoi se crée-t-on des idoles ?

- L’échec fascine-t-il autant que le succès ?

- Peut-on devenir esclave de son image ?

Analyse

Donovan attache plus d’importance à l’image que les autres lui renvoient qu’aux résultats concrets de ses action. Cette image qu’il se donne du mal à renvoyer c’est celle d’un homme d’action réaliste. Or ses actes démontrent qu’il est plutôt le contraire. Moins il agit sur le côté objectif et plus Donovan est sensible au subjectif, au jugement d’autrui. Evidemment il est plus simple de maitriser une image que la réalité. L’image implique le jeu, le simulacre, la comédie tandis ce que la réalité implique le travail, l’évaluation, l’objectivité, la confrontation. Dans l’image le maître c’est lui, il maitrise son image et jouit de son "réfléchissement" en autrui alors que dans la réalité il est plutôt esclave. Pourtant, conscient de cette facticité, il souhaite moins dépendre de la reconnaissance d’autrui pour exister. C’est sa raison qui lui dicte cela mais son désir va toujours vers la reconnaissance par autrui.

Comme nous l’apprend Hegel la conscience a besoin du regard d’autrui pour justifier sa propre existence. Mais la raison voit tandis ce que le désir veut. Le désir se moque des problèmes , de l’incohérence, il veut simplement, il est manque tourné vers son comblement, il fonctionne en creux. La raison elle permet de prendre de la distance et d’évaluer ce qui est mieux pour l’individu. La raison voit la vérité et les problèmes alors que le désir est aveugle, il est pure force. La raison permet de se  fixer des objectifs si possible en cohérence avec ses désirs. Mais un objectif doit être justement raisonnable, réaliste, mesurable et n’est pas compatible avec la perfection. Qu’il soit désirable est mieux mais pas nécessaire. Donovan souffre de dispersion car il a trop d’attentes simultanées et trop ambitieuses. Ainsi il n’arrive jamais à faire aboutir ses projets et se sent impuissant. Donovan est fasciné par l’échec, il se comporte comme s’il voulait aller à l’échec, il se sabote lui-même en entamant de projets qui sont irrémédiablement condamnées à échouer car ils sont trop ambitieux et trop nombreux, un peux comme ces mouches qui se jettent contre les ampoules car elles sont attirées par la lumière et se consument en les touchant. Peut-être a-t-il le sens du tragique et cherche-t-il à provoquer la compassion du public pour ses échecs ?

Il décide qu’il tient trop compte de la reconnaissance d’autrui et va désormais alterner des moments d’ouverture avec des moments de fermeture où il se fixera des objectifs plus raisonnables et qui tiendront moins compte de la reconnaissance qu’il peut en attendre.