Atelier de Pratique Philosophique en ligne gratuit

dimanche 26 novembre 2017 18h30 - 20h30

 

Je souhaiterais vous inviter à participer à un atelier de Pratique Philosophique en ligne gratuit le dimanche 26 novembre de 18h30 à 20h30. Nous ferons cet atelier à partir de la plateforme "Zoom" qui est un système de visioconférence simple et performant. Ainsi vous pourrez participer à cet atelier tout en restant confortablement installé(e) chez vous. 

Il s'agira de répondre à des questions autour d'un conte philosophique et de s'entraîner aux compétences et attitudes de la Pratique Philosophique.
 
Les contes sont toujours une bonne occasion de réfléchir ensemble : leur universalité, leur simplicité, leur message parfois ambigü ou paradoxal en font de formidables outils de réflexion en commun. On n'a jamais fini de questionner un conte.
 
Le conte en question est un conte soufi et parle des problèmes du savoir pour la pensée (voir ci-dessous)
Nous utiliserons un "google doc" partagé qui nous servira de support écrit collaboratif. Vous aurez donc l'écrit, la voix et les visages en même temps.
 
Une petite mise en garde également : un atelier philosophique n'est ni un échange d'opinions, ni un débat, ni une discussion libre et encore moins un cours. C'est un dialogue réglé dont le coté rigoureux peut surprendre les personnes habituées à d'autres formes de réunions. C'est avant tout un exercice qui fait travailler des compétences cognitives et des attitudes, à l'instar d'un art martial par exemple.
 
J'espère avoir le plaisir de vous retrouver dimanche pour vous faire découvrir ou continuer la pratique philosophique et le développement des compétences et attitudes qu'elle implique, qui peuvent s'appliquer dans le cadre de sessions de groupes ou de coaching individuels.
 
Pour participer Il vous suffit de vous munir de votre pc/mac et d'une caméra (en général intégrée dans les modèles récents), je vous enverrai un lien par mail et en cliquant vous rejoindrez la visio-conférence. Les tablettes et téléphones portables sont déconseillés car ils ne permettent pas de copier/coller sur le google doc ni d'écrire aisément.
 
Si vous êtes intéressé(e) faite le-moi savoir en cliquant ici
 
Je me réjouis de pouvoir penser avec vous lors de cet atelier.
 
Bien à vous.

Jérôme Lecoq
 

Conte Soufi : L’homme qui marchait sur l’eau
(À quoi sert la connaissance ?)

 
Il était un derviche, très érudit, formé dans une école exigeante et austère, qui se promenait le long de la rivière, en méditant sur la réalité des choses. Ce jour-là, il était absorbé par de grands problèmes théologiques et moraux, des sciences qui constituaient l’essentiel de l’enseignement soufi prodigué par son école. À travers tout cela, il s’agissait de finalement découvrir la plus ultime vérité.
Tandis qu’il marchait, totalement absorbé dans ses profondes réflexions, retentit un grand cri qui interrompit le fil de ses pensées. 
Il reconnut tout de suite qu’il s’agissait d’une incantation traditionnelle derviche, qui provenait d’une île au milieu de la rivière. Mais en tant que spécialiste, il s’aperçut aussi que cet homme commettait une grave erreur. Il en fut choqué. 
– Ces paroles sont sans valeur, se dit-il. Comment cet homme peutil massacrer ainsi les syllabes sacrées ! Ce n’est pas « Ya Hou » qu’il faut psalmodier, mais « Ou Ya Hou » ! 
Il considéra alors qu’il était de son devoir le plus impératif – ou même sacré – de corriger ce malheureux qui était ainsi en peine. 
Sans doute n’avait-il pas eu comme lui la chance d’être correctement éduqué. Jamais ce pauvre homme ne pourrait entrer en résonance avec la vérité. 
Voyant tout près une barque amarrée, il l’emprunta et rama en direction de l’île. Là, il découvrit un homme, habillé d’une robe derviche, assis à même le sol auprès d’une misérable hutte de roseaux. 
Tout en psalmodiant les formules initiatiques, il se balançait au rythme de son incantation. 
– Mon bon ami, lui dit-il, ce n’est pas ainsi qu’il faut prononcer ! 
Ne m’en veux pas, je me sens forcé de te le dire, car la connaissance nous donne des obligations. De plus, il est méritoire de donner des conseils bénéfiques à son prochain, tout comme cela l’est de recevoir de tels conseils. 
Il lui expliqua ensuite comment il fallait faire pour bien prononcer, et l’homme le remercia humblement pour son aide généreuse. Puis le derviche savant remonta dans sa barque, heureux d’avoir ainsi 
commis une bonne action. Il se rappela la phrase de son maître qui affirmait que « l’homme qui parvient à répéter correctement les paroles sacrées possède même le pouvoir de marcher sur les eaux ». 
Il n’en avait lui-même jamais été capable, ni n’avait jamais vu personne détenir pareil pouvoir, mais il ne désespérait pas un jour d’y arriver. N’entendant plus de bruit en provenance de l’île, il se dit 
que l’homme réfléchissait et que la leçon avait porté. Puis il entendit un « Ou Ya », quelque peu timide : l’homme se remettait à psalmodier, hésitant, mais toujours à sa manière. Le savant derviche fut quelque peu irrité de l’entendre. Il se reprit en méditant sur la perversité habituelle des hommes, sur leur entêtement à demeurer dans l’erreur. 
Tout en ramant tranquillement, il était plongé dans ses profondes réflexions, lorsque ses yeux découvrirent le plus étrange spectacle au monde : le derviche de la hutte avait quitté son île et s’avançait vers lui, en marchant à la surface de l’eau. Stupéfait, il s’arrêta net de ramer. L’homme parvint jusqu’à lui et l’aborda avec cette question :
– Frère, pardonne-moi de t’importuner, mais je suis venu pour solliciter ton aide. Peux-tu m’indiquer à nouveau la méthode classique que tu m’as enseignée ? Car j’ai vraiment du mal à m’en souvenir.
 

Questions

–Pourquoi le second derviche a-t-il du mal à prononcer les « paroles sacrées » ? 
–Pourquoi le second derviche demande-t-il de l’aide au derviche savant ? 
–Pourquoi le derviche savant ne peut-il pas marcher sur l’eau ?