Atelier-philo en ligne : les émotions nous empêchent-elles de penser ?

jeudi 14 février 2019 20h00 - 21h30 en ligne

 

Pour ceux qui s'en souviennent il y avait dans la série Star Trek un personnage fascinant, M. Spock, mi-homme mi-vulcain, fascinant parce qu'il ne ressentait aucune émotion tout en comprenant celles des autres et avait des facultés de déduction prodigieuses alliée à la froideur d'un ordinateur qui décontenançaient ses collègues humains de l'USS Entreprise.

Il est certain que pour bien penser rationnellement il est nécessaire de maintenir nos émotions en dessous d'un certain seuil à défaut de quoi elles entraînent insidieusement notre pensée et nous nous mettons à utiliser cette dernière pour justifier notre peur, colère ou ressentiment. C'est pourquoi il est toujours utile d'exposer nos arguments afin de démêler ce qui relève de la pure croyance subjective de ce qui résulte d'une construction solide et objectivable car ce sont dans les arguments que nous pouvons retracer les éventuelles causes émotionnelles.

Ainsi nous nous assurons que notre raison ne fait pas que justifier a posteriori une émotion que par définition nous n’énonçons pas comme telle.

Si au contraire nous prenions la peine d'identifier, de nommer puis de justifier les émotions qui nous traversent à certains moments critiques, nous serions plus authentiques, plus en phase avec nous-mêmes. En effet, comme l'a justement remarqué Sartre, une émotion trahit une attitude envers le monde et par conséquent une croyance et donc une forme d'affirmation intuitive.

Si donc une émotion peut se résumer à une sensation physiologique (un affect) qu'accompagne une pensée embryonnaire et une attitude, il devient dès lors possible de conceptualiser nos émotions afin de les remettre en ordre de pensée et de surtout les réintégrer dans un dialogue.

Car les émotions nous coupent d'autrui plutôt qu'elles nous en rapprochent, en dehors des éphémères et souvent inquiétants grandes messes émotionnelles comme les matchs de foots, les réunions de gilets jaunes, les deuils nationaux ou encore les parade fanatiques comme les organisaient les nazis dans les années 30 à Nüremberg. Elles sont néanmoins un phénomène naturel et intimement lié à nos capacités cognitives et à notre être : à ce titre elles sont un puissant outil pour décrypter le fonctionnement d’un individu.

Au cours de cet atelier de pratique philosophique en ligne (par visioconférence) nous apprendrons à réintégrer nos émotions dans le dialogue afin de mieux nous comprendre autrui et nous-mêmes et nous entrainerons à raisonner posément sans nous laisser emporter par des émotions qui peuvent survenir au cours de tout dialogue, a fortiori s'il est socratique. Si Socrate a été condamné à mort c'est bien parce qu'il provoquait souvent la colère de ses interlocuteurs en les mettant face à leurs propres contradictions, quand ceux-ci utilisaient la parole surtout comme un outil de pouvoir sur autrui.

Je vous attends donc pour cet atelier qui se déroulera le jeudi 14 février à 20h00 par visioconférence

Une fois que vous serez inscrit(e) je vous enverrai un lien le jour-même qui vous permettra de rejoindre la réunion en ligne le moment venu.

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