Conférence active* : suffit-il de faire plaisir pour rendre heureux ?

lundi 9 octobre 2017 19h00 - 21h00 - Bd de Grenelle (Paris 15) - M° Bir-Hakeim

Beaucoup de gens identifient le bonheur à la notion de plaisir. Pour être heureux il suffirait d'être dans le plaisir la plupart du temps et le tour serait joué. Pourtant ce n'est pas si simple : s'il est facile, d'un point de vue subjectif, de savoir si nous prenons du plaisir à telle ou telle action, savoir si elle nous rend heureux est une autre affaire. En effet le bonheur est une notion vague, plutôt associée à une période durable de la vie. On peut être heureux sans avoir de plaisir particulier au moment où on y pense. Mais m’objecterez-vous, le fait de penser que je suis heureux ne procure-t-il pas nécessairement du plaisir, une forme de satisfaction ?

Pour être heureux il faudrait sentir que c'est notre puissance qui s'exerce et qui vainc une résistance, comme le dit Nietzsche, alors que le plaisir n'a rien de reflexif, il est purement sensitif, immédiat. On peut prendre du plaisir en étant compètement passif. Or celui qui est passif par définition ne fait rien, ne crée rien, ne travaille pas, ne construit pas. Le bonheur se construit mais le plaisir ne fait que se prendre ou se donner. Il existe des marchands de plaisir, on peut faire le commerce du plaisir et on le fait souvent. Si on parle de marchand de bonheur en revanche, on est tout de suite suspicieux. Je me rapelle pourtant d’une publicité du Club Med qui disait “le bonheur sinon rien” ou France Telecom “ le bonheur c’est simple comme un coup de fil”. C'est justement ce que voudraient nous faire croire les marchands. Ce n’est pas si simple, car c’est confondre bonheur et plaisir.

Le bonheur dépend de nos efforts et par conséquent de notre projet, de ce que nous voulons consciemment et de ce que nous nous sommes donnés comme objectifs.

Pourtant on pourra aussi bien nous opposer que le bonheur est possible sans rien faire, dans la juissance de ce qui est, dans la contemplation du monde, dans l'esthétique, dans le fait de vivre les choses sans se poser de questions et en "s'occupant de son jardin" comme disait Candide, ou en regardant grandir ses enfants. Si le plaisir et l'effort sont plutot contradictoires on voit que le bonheur peut aussi se satisfaire d'un non-effort, d'un laisser aller.

Pas si simple donc.

Mais quoiqu'il en soit, dans la pensée on peut voir les deux à l'oeuvre : le bonheur d'avoir travaillé et développé ses compétences et d'avoir oeuvré à une vie plus lucide et le plaisir de faire jouer nos facultés et de découvrir autrui lors d'un dialogue.

Toutes bonnes raisons pour nous rejoindre par conséquent à cette prochaine conférence active.

Après une mini-conférence de 30 min pour lancer quelques idées autour de cette question j'entamerai le dialogue avec vous, non selon le mode du débat classique où ce sont toujours les mêmes qui parlent (et s'écoutent parler) mais en suivant les règles de la pratique philosophique. Ainsi, en plus de réfléchir à cette question en profitant des quelques idées que je vous aurai données, vous vous initierez au travail des compétences et attitudes de cette pratique inventée par Socrate en apprenant à questionner, à être synthétique, conscient(e) de ce que vous dites et à vous intéresser à autrui plutôt que de débattre comme nous faisons d'habitude sans trop dialoguer.

Je me réjouis de vous voir lundi prochain. Je vous transmettrai l'adresse exacte à partir du moment où vous serez inscrit(e).

La participation est fixée à 10 EUR. Les places ne seront garanties qu'à réception du paiement par chèque (à l'ordre de Jérôme LECOQ - 62 rue Damrémont 75018) ou Paypal (identifiant : jlecoq@dialogon.fr)

Pour vous inscrire donnez votre nom et prénom dans le formulaire de contact : cliquez ici.

*Une "conférence active" est une conférence suivie d'un dialogue de type socratique où le travail des compétences du dialogue est utilisé pour réfléchir sur le sujet exposé en première partie.