La consultation collective ou atelier

Comme son nom l’indique l’atelier de questionnement mutuel est un dispositif comprenant un animateur en la personne du praticien et des participants apprenti-philosophes, un objectif qui est généralement de répondre à une ou plusieurs questions et des règles du jeu bien précises.

Fonctionnement

Le processus général est le suivant : l’animateur pose la question au groupe puis choisit un premier répondant. Une fois la réponse fournit l’animateur sollicite le groupe pour s’assurer de la clarté de l’hypothèse émise. L’animateur fera éventuellement clarifier son hypothèse par le porteur jusqu’à ce que celle-ci soit claire pour tout le monde.

Puis l’animateur demandera au groupe qui souhaite poser une question ou faire une objection au porteur d’hypothèse. 

Une fois l’objection ou la question posée et qu’elle est comprise par le porteur, celui-ci devra-y répondre. L’animateur n’hésitera pas à intervenir au sein du dialogue pour recadrer, ou questionner les interlocuteurs s’il estime qu’un propos ou une attitude pose problème. Il pourra aussi décentrer les dialogueurs en faisant intervenir le reste du groupe pour valider ou invalider une assertion ou une objection d’un dialogueur ou pour faire un « effet miroir[1] » à l’un des deux protagonistes ou enfin de décider de la pertinence d’un argument pour soutenir ou réfuter une hypothèse. Le groupe dans ce cas jouera à plein son rôle cartésien de « raison commune ».

Si une objection est validée, le porteur de l’hypothèse sera contraint de corriger son hypothèse pour qu’elle puisse réconcilier l’objection, à défaut de quoi l’hypothèse devra être purement et simplement refusée. L’animateur demandera alors à un autre participant de proposer une nouvelle hypothèse à la question initiale.

Le processus se répétera ainsi jusqu’à ce que plusieurs hypothèses différentes aient pu être proposées, clarifiés, corrigées, précisées et approfondies. Puis on essaiera de faire un lien conceptuel entre les différentes hypothèses proposée pour voir en quoi elles peuvent fonctionner ensemble ou au contraire s’opposer et selon quelle dimension.

A la fin d’un temps prédéfini, généralement deux heures, dix minutes environ seront dédiées à la « meta-discussion » : un tour de table est fait auprès de chacun des participants afin que ceux-ci puissent s’exprimer librement non sur le sujet traité mais sur le processus de l’atelier, sur l’expérience telle qu’il l’a vécue, son ressenti n’étant cette fois pas exclu de la discussion. Ce moment est important car il peut agir comme « sas de décompression »pour les individus qui auront été particulièrement éprouvés par l’expérience et qui pourront par conséquent dire « ce qu’ils ont sur le cœur » ou « se défouler » mais aussi exprimer ce qu’ils ont apprécié au cours de l’expérience, ce qu’elle leur a apporté, ce qu’ils en retirent pour l’avenir sur eux-même et leur manière de fonctionner en groupe et aussi sur ce qu’ils ont remarqué dans les réactions des autres participants.



[1] L’effet miroir consiste à demander au groupe ce qu’il pense de l’attitude d’un dialogueur