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A quoi jouons-nous ?

22 octobre 2021 par jerome lecoq

 

Avez-vous remarqué comme les enfants vont facilement vers les autres ? Combien de temps faut-il à un enfant de 5 ou 6 ans pour appeler autrui “mon copain” ou « ma copine » au parc ? En général pas plus de 5 min. Evidemment on sait bien que ces amitiés sont de circonstance et éphémères mais les enfants n'ont pas nos complexes ni nos précautions sociales. Ils ne commencent pas par se raconter des banalités, par demander quel métier chacun fait etc, toutes questions qui trahissent plutôt l'embarras d'être en présence d'autrui.

"Une heure de jeu permet de mieux connaitre quelqu'un qu'une année de discussions" (Platon).

Dans: Engagement Jeu 

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Le syndrome de l'imposteur (4ème partie)

15 octobre 2021 par jerome lecoq

 

L’imposteur existentiel


Le syndrome de l'imposteur ontologique est un schéma plus fondamental, une expérience humaine de base, qu'il faut identifier et accepter, sous peine de se transformer en un schéma plus douloureux et pathologique. Elle peut être définie comme le sentiment latent, périodiquement conscient, de tout être humain, percevant sa vie comme vide de sens, ennuyeuse, vaine ou illusoire, mais qui s'oblige néanmoins à jouer le jeu du quotidien en faisant semblant d'y croire. 

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Le syndrome de l'imposteur (3ème partie)

20 septembre 2021 par jerome lecoq

  (Texte de O. Brenifier, traduit de l'Anglais par J. Lecoq)

 

3 - Addiction

Un aspect remarquable du syndrome de l'imposteur circonstanciel est sa dimension addictive. Face à son sentiment de nullité ou de néant, la «victime» du syndrome d'imposteur « a besoin » en permanence - bien qu'on puisse appeler cela un goût acquis - de réitérer les mots et actions qui furent la cause initiale de son problème, comme dans une addiction à la drogue.

"elle a besoin de la caresse apaisante de ces mots qui l'ont fait se sentir si bien et merveilleuse"

Même si, comme dans la toxicomanie, la «victime» reste assez consciente de la dimension pathologique ou illusoire de cette dépendance. Il est possible qu'en grandissant, elle reconnaisse le côté malsain de cette relation et la dépasse, mais une nouvelle source de louanges pourrait facilement réveiller l'addiction. Comme une exigence très narcissique, elle a besoin de la caresse apaisante de ces mots qui l'ont fait se sentir si bien et merveilleuse, d’entendre la confirmation de sa propre valeur, les louanges de ses actes, la valeur de son être. Plus elle se sent nulle, plus elle a besoin de cette confirmation, plus elle l'obtient, plus elle s'en méfie ou s'en lasse et se sent nulle.

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Le syndrome de l'imposteur (2ème partie)

17 septembre 2021 par jerome lecoq

 (Texte de O. Brenifier, traduit de l'Anglais par J. Lecoq)

Ce texte est la deuxième partie d'un article qui en comprendra 4.

2 - Arrogance


L'arrogance est probablement l'une des manifestations les plus courantes du syndrome de l'imposteur. La personne arrogante a des manières excessivement hautaines et insolentes et manque du moindre respect et reconnaissance pour autrui. Un tel comportement révèle un sentiment exagéré de sa propre importance, de son statut ou de ses capacités.

Mais là encore, nous maintiendrons l'hypothèse qu'une telle personne ne peut pas réellement croire ce qu'elle essaie de montrer ou de prouver. Soit parce que la raison opère bon gré mal gré et accomplit son travail critique dans l'esprit du sujet à son insu même, soit parce que divers événements et phénomènes se chargent de saper ce vœux pieux.

"les personnes à faible estime de soi seront des complices inconscientes de l'arrogant"

 

Cette réalité interne sera évidente pour l'observateur externe doté d'un minimum de distance psychologique, mais la plupart des gens étant eux-mêmes affectés par un manque de confiance en eux-mêmes, ils passeront à côté lorsqu'ils seront confrontés à l'arrogant. A leur insu, ils valideront son comportement, ils le prendront pour argent comptant parce qu'ils se sentiront blessés ou insultés : cela activera et révélera en effet leurs propres insécurités, et ils accorderont malgré eux ainsi du pouvoir à l'individu arrogant, qui a besoin d'être cru par les autres puisqu'il a des doutes sur lui-même. Par conséquent, les personnes à faible estime de soi seront des complices inconscientes de l'arrogant, et le système s'auto-entretiendra de lui-même.

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Le syndrome de l'imposteur (1ère partie)

16 septembre 2021 par jerome lecoq

 

 (Texte de O. Brenifier, traduit de l'Anglais par J. LECOQ)

Ce texte est la première partie d'un article qui en comprendra 4.

 

1 - L'imposture circonstancielle

Un imposteur est une personne qui se fait passer pour quelqu'un d'autre afin de tromper les autres, peut-être même lui-même, généralement dans la perspective d'un gain frauduleux. Ce gain est généralement lié à l'obtention d'amour, de reconnaissance, renommée, de statut ou d'un avantage purement pratique. Le syndrome de l'imposteur se caractérise par le sentiment, légitime ou non, d'être un imposteur. Il indique le sentiment d'être un "faux existentiel". Il est généralement ressenti comme une expérience désagréable, car il implique un certain degré d'inconfort et d'aliénation à soi, un profond sentiment d’insatisfaction.

Nous distinguerons deux types de tels imposteurs : le circonstanciel et l'ontologique.

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Qu'est-ce que l'humilité ?

15 septembre 2021 par jerome lecoq

 

Lucidité ou soumission joyeuse

Il semblerait que deux conceptions principales de l'humilité émergent.

Premièrement l'humilité est l'équivalent de la lucidité. L'humble, étant lucide sur sa valeur et sur celle de ceux qui l'entourent, se positionne à sa juste place. Il sait ce qu'il vaut et s'appuie sur cette conscience de ses qualités et de ses limites pour agir au mieux. C’est une conception rationaliste de celui qui est dans la juste mesure des choses et de lui-même (phronesis, la « prudence » aristotélicienne) et ne se préfère pas nécessairement aux autres. En cela l'humble peut aussi bien être fier et confiant puisque celui qui accomplit une chose connait la valeur de son action puisqu'il sait d'où il part objectivement : sans se comparer aux autres il sait qu'il a su se dépasser ou prendre des risques car il connait ses limites. C'est le cas du sportif qui est fier des progrès accomplis en fonction de son niveau initial même s'il ne pourra jamais prétendre côtoyer les hauteurs olympiques. Ce n'est pas pour cela qu'il rabaisse ceux qui sont moins méritants ou qu'il se rabaisse lui-même face aux champions, bien qu’il puisse néanmoins les admirer.

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Qu'est-ce que l'intime ?

2 septembre 2021 par jerome lecoq

 

Que signifie être intime de quelqu'un, faire partie de son “cercle d'intimes” ? Cela signifie que cette personne a partagé avec vous des secrets, des choses qu'elle ne voudrait pas que le monde extérieur sache. L'intime est la frontière entre l'intérieur et l'extérieur. Celui qui lit le journal intime de sa femme sans son autorisation commet un viol de son intimité et s'expose à une colère légitime si jamais il est découvert. Nous avons des choses à cacher même à nos proches, surtout à nos proches peut-être car si nous révélions notre intimité au grand public il y a fort à parier que la seule réaction que nous provoquerions serait soit l'indifférence soit le mépris car ils jugeraient que nous manquons de pudeur, que nous sommes indécents, voire que nous n'avons aucune dignité. Diogène se masturbait en public, or la pratique sexuelle est l'activité qui par tradition et presque définition relève de la sphère intime. Ce comportement relève de celui de l'animal, du chien, kynos en Grec en l'occurrence. Diogène veut dénoncer l'hypocrisie de cacher certaines choses, ce qui tendrait à signifier qu'elles sont interdites ou sacrilèges, que chacun fait pourtant chez soi avec le plus grand plaisir et sans la moindre gêne. Si tout le monde le fait et si tout le monde sait que tout le monde le fait, alors pourquoi ne pas le faire en public ? Et pourquoi le faire en public serait-il une forme d'outrage ?

 

Dans: Amour Psychologie Honte Désirs Intimité 

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A -t-on peur du succès ou de l'échec ?

8 juillet 2021 par jerome lecoq

 

 

A première vue la réponse semble bien tranchée. Évidemment la plupart d'entre nous craint l'échec puisque nous investissons du temps, des efforts, des espoirs (et par conséquent la crainte qui s'y niche déjà) dans un projet. Cet investissement fait que nous nous confondons avec ce projet. Ce peut-être un projet de création d'une entreprise, d'acquisition d'un diplôme, de réussite à un examen ou à un concours, d'éducation d'enfant ou même de procréation (puisqu'aujourd'hui les parents qui ne peuvent avoir d'enfants par les voies naturelles peuvent néanmoins en faire un projet à l'aide de techniques de PMA), de vie de couple, de carrière professionnelle évidemment, de production d'une œuvre artistique ou intellectuelle.

Il y en fait autant de modalités d'échec qu'il y en a de faire des projets au cours de notre existence. Celui qui s'investit pleinement dans des projets fera nécessairement face à des échecs au cours de son existence. 

Dans: Peur 

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A quoi sommes-nous occupés ?

6 juillet 2021 par jerome lecoq

 

Cela ne suffit pas d'être occupé : les fourmis aussi sont occupées. La vraie question est "à quoi sommes-nous occupés ?".

C'est parce qu'il regrettait de passer sa vie à des occupations qui lui paraissaient vaines que Thoreau a vécu deux ans seul dans une cabane au bord d'un lac dans le New Jersey au milieu du 19ème siècle. Il déplorait déjà que la majorité de ses concitoyens "perdent leur vie à la gagner" comme le disait le slogan de 68. Alors il mit en application ses préceptes et nous livre son expérience à travers un livre, Walden.

Dans: Accumulation Penser et plaisir Avidité Attention 

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Quelles sont les douleurs morales ?

3 juillet 2021 par jerome lecoq

 

Lorsque nous nous référons à la douleur psychologique, nous entendons généralement des sentiments négatifs, des sentiments douloureux qui, comme Spinoza l’a joliment dit, « diminuent la puissance d’exister » du Sujet. Passons les tranquillement en revue.

 

Tristesse

La première et la plus évidente est la tristesse, comme lorsque les gens subissent la perte d’un être cher. Ils souffrent, avec des signes physiques comme les pleurs et la perte d’appétit, de la perte irrémédiable de la personne avec qui ils ont partagé de nombreuses tranches de vie joyeuses et moins joyeuses. Ces moments-là sont perdus à jamais et ne survivront que dans leur mémoire. Avec la perte, ils vivent la finitude radicale de leur être et le silence en retour de leurs appels désespérés. Leur cœur est lourd, leur énergie est épuisée, ils perdent leur appétit pour la vie, ils voient la personne disparue à chaque coin de rue, ils résistent à admettre le néant qui remplacera désormais leur objet d’amour. Cela peut être comme une sorte de vertige où l’esprit est paralysé. Ils ont le sentiment que leur monde s’est considérablement rétréci et qu’ils ne pourront plus jamais le réinvestir. Ils pourraient même vouloir mourir pour échapper à leurs souffrances. Chaque petite difficulté leur semble insurmontable, comme s’ils avaient des vêtements faits de plomb qui les retenaient implacablement au sol : ils sont atterrés au sens propre comme figuré. Rien de ce qu’ils aimaient avant ne semble avoir de goût ou d’intérêt par rapport au poids de la perte qu’ils subissent actuellement.

Dans: Culpabilité Tristesse Morale Humiliation Douleur Victime Insatisfaction 

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What is the meaning of moral pain ?

11 juin 2021 par jerome lecoq

 

When we refer to psychological pain, we generally mean negative feelings, painful feelings which, as Spinoza nicely put it "reduce the power of existing" of the Subject.

 

Sadness 

The first and most obvious is sadness, as when we suffer the loss of a loved one. The sad person suffers from a loss: the loved one has died, and they have no object for their love anymore. They miss the person: they suffer, with physical signs like crying and loss of appetite, from the irremediable loss of the person with whom they used to share a great deal of experiences, good and bad but most of them pleasant in general. These moments are lost forever and will only survive in their memory. With loss, they experience the radical finitude of their being and the silence in return of their desperate call for an answer from their loved one. Their heart is heavy, their energy is drained out, they lose their appetite for living, they see the missing person at every corner of the streets, they resist admitting the nothingness which will replace their object of love from now on. This can be like a kind of vertigo where the mind is paralysed. They feel that their world has shrunk dramatically and that they will never be able to expand it again. They might even want to die as a means of escaping their suffering.  Every small task looks enormous to them, as if they had lead-made clothes which firmly ground them. Nothing they liked before seems to have any taste or interest in comparison with the weight of the loss they suffer. 

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Quel sens donner à la douleur physique ?

11 juin 2021 par jerome lecoq

 

Nous souffrons tous périodiquement de douleurs à des intensités variables, physiquement ou mentalement. Basiquement, la douleur est une réaction physique de notre corps à un dysfonctionnement qui l'affecte, comme un signal d'alarme qui nous dit que quelque chose ne va pas dans notre corps. La douleur possède un très large spectre d'intensités allant d'un léger inconfort à une douleur insupportable qui nous fait nous évanouir.

Une chose est sûre : c'est notre douleur, pas celle d’un autre. J'ai une certitude immédiate que la douleur est mienne, qu'elle m'appartient et qu'il y a à l'inverse une impossibilité de transmettre aux autres ce que fait la douleur que je ressens en ce moment même. Nous sommes coincés avec notre douleur, nous sommes condamnés à la porter comme un fardeau avec peu de chance de la partager. Quand la douleur est à son comble, je deviens ma douleur. Je suis ma dent qui fait mal, je deviens ma dent qui fait mal, rien d'autre n'existe au monde que ma dent.

Dans: Douleur 

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Pourquoi agissons-nous de manière compulsive ?

9 juin 2021 par jerome lecoq

 

"J'agis donc je suis. Intense besoin d'avancer. Toute requête de suspension ou même ralentir est vaine. Tous ces idiots sur le chemin, perte de temps. Efficacité." (O.B.)

Efficacité

Comment dire du mal de l'efficacité ? La capacité à faire bien les choses en un temps minimal a toujours le vent en poupe. Faire bien les choses voilà qui est bien. Cela permet de réserver du temps pour autre chose. Pour faire bien d'autres choses, encore plus. Mais si on prend du plaisir à ce que l'on fait pourquoi voudrait-on les faire le plus rapidement ? Ah oui parce qu'on ne les fait pas pour le plaisir mais par obligation, elles sont les moyens qui nous permettront d'atteindre notre but.

Un enfant qui joue ne se dépêche pas pour jouer, il ne cherche pas l'efficacité ni l'optimisation. Il fait les choses lentement, il se trompe, recommence, répète, encore et encore. Les enfants veulent qu'on leur relise inlassablement la même histoire, pas une autre, la même. Les enfants sont distraits par un rien et s'intéressent aux choses que nous ne regardons plus depuis longtemps comme les pigeons ou les oiseaux (pour ceux qui restent). Ils voient autre chose que ce que nous voyons dans les choses : ils imaginent, font des liens, ils relient l'histoire à un événement de leur vie actuelle et ils s'expliquent leurs angoisses en les projetant dans les contes.

Dans: Avidité Efficacité Compulsion Aphorismes 

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Les psys découvrent le monde dans l'homme

9 juin 2021 par jerome lecoq

 

Un récent article du Figaro (les psys s'interrogent sur leur rôle) faisait état de la difficulté croissante des psys à traiter l’intrusion dans la sphère intime des duretés de la vie.

Dans: Psychologie 

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What is the meaning of pain ?

4 juin 2021 par jerome lecoq

 

 

We all suffer periodically, from low to high intensity pain, physically or mentally. At its core, pain is a purely physical reaction of our body to a malfunction affecting it, like an alarm signal which tells us that something goes awry with our body. Pain has an overly broad intensity spectrum from slight discomfort to unbearable pain which makes us faint. One thing is for sure: this is our pain, not anybody else's. I have an immediate certitude that the pain is mine, that it belongs to me and there is conversely an impossibility of conveying to the others what our pain feels like. We are stuck with our pain; we are condemned to carry it like a burden with only minor chance of sharing it. When pain is at its peak, I become my pain. I am my tooth ache, I become my aching tooth, nothing else exists in the world except my tooth aching.

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La compétition : émancipation ou aliénation ?

1 juin 2021 par jerome lecoq

 

Exigence et élévation

La compétition peut être définie comme un système dans lequel des individus luttent les uns contre les autres en se mesurant sur des critères objectifs (ou faisant l'objet d'un consensus relatif, celui du domaine de la compétition) ou subjectifs qui les classeront selon leurs performances ou selon l’appréciation de leurs prestations par des “juges”.

L'injonction qui résume ce système est "que le meilleur gagne". La compétition est ainsi sensée produire un classement des meilleurs "candidats" en fonction de critères qui permettent de les sélectionner. La compétition peut être une finalité en elle-même comme dans le sport de haut niveau, son paradigme le plus formalisé, qui produit des champions et des performances ou un moyen de sélectionner des candidats pour des positions sociales, des postes en nombre limité : on sélectionne les meilleurs élèves pour l'entrée aux Grandes Écoles par exemple, ce qui d'ailleurs est une spécificité française (il serait d'ailleurs intéressant de se demander pourquoi) ou encore on sélectionne le "meilleur" candidat pour un poste dans une entreprise ou une administration.

Dans: Compétition 

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Pourquoi nous sommes fascinés par le mal radical ?

27 mai 2021 par jerome lecoq

 

Distance nécessaire

La fascination est le fait pour un individu ou un groupe d’être fortement impressionné par un phénomène ou une personne voire une chose et en même temps d’avoir conscience que ce phénomène lui est radicalement étranger ou inaccessible. La fascination est une forme d'attirance-répulsion et laisse le Sujet passif, comme hypnotisé.

Le fasciné, confère à son objet de fascination une singularité radicale ce qui l'empêche de le penser car penser implique de relier un concept à des catégories générales.

Le contraire de la fascination est l'indifférence, la banalité, la transparence. Dans ce qui nous fascine il y a toujours une part de mystère, d’inexplicable, de caché. Le mal nous fascine à partir du moment où il n'est pas banal.

Dans: Morale Mal 

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En confinement, face à nos peurs existentielles

4 mai 2021 par jerome lecoq

 

Le confinement, en nous privant de la plupart de nos divertissements habituels, nous a mis face à nos peurs les plus fondamentales. Habituellement, pour y échapper, nous avions plusieurs stratégies :

 

- le travail

- les relations sociales avec les collègues, les amis, la famille

- les voyages

- le shopping

- les discussions au café et les liens sociaux dans les endroits de convivialité

- la culture avec le cinéma, le théâtre et les concerts de musique

- le sport

Dans: Peur Travail Confinement 

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La contrainte nous libère-t-elle ?

8 avril 2021 par jerome lecoq

 

Intuitivement cette question nous interpelle, voire serait de nature à provoquer une "dissonance cognitive". La contrainte en effet est un empêchement à faire ce que je veux et "faire ce que je veux" pour le sens commun, c'est être libre. Mais regardons-y de plus près. Être libre, est-ce faire ce que je veux ? Tout le problème réside dans ce "je veux". Qu'est-ce qu'en effet dire "je veux" ?

Volonté

1 - Est-ce la manifestation d'un besoin comme lorsqu'on dit "je veux manger" ? Mais si c'est un besoin c'est quelque chose qui s'impose à moi, c'est une nécessité, donc le “je veux” serait quelque peu contradictoire. Il serait plus vrai de dire "mon corps me signale que je dois manger".

2 - Est-ce la manifestation d'un désir ? Si c'est le cas, nous pouvons nous rappeler la définition du désir selon Platon comme étant un manque, donc un défaut, une absence. Or quand on est "en manque", on est plus passif qu’actif, plus mû par notre besoin qu’activement désirant. Encore une fois il semble que la notion de désir porte déjà en elle la notion d'aliénation, contradictoire avec celle d’une volonté “libre et éclairée”.

 

Dans: Travail Contrainte Liberté 

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Qu'est-ce que l'égoïsme ?

15 mars 2021 par jerome lecoq

Subjectivisme et objectivisme

L'égoïsme est une force, souvent irrésistible et inconsciente d'ailleurs ce qui est bien un des problèmes, qui nous pousse à orienter nos pensées nos actions et nos attitudes avant tout vers la satisfaction de notre intérêt personnel. Intuitivement nous pensons que le contraire de l'égoïsme c'est l'altruisme, l'intérêt porté au contraire vers autrui. Mais autant il n'est pas très difficile d'identifier des personnes égoïstes autant l’altruisme est suspect de n’être qu’une attitude de façade. L’altruiste est suspect parce qu’il trouve une forme de plaisir et de reconnaissance à son altruisme, ce qui en fait en fin de compte également un égoïste par destination pourrait-on dire. En effet on voit beaucoup de personnes qui s'occupent d'autrui soit parce qu'elles se sentent seules et veulent de la compagnie, ou bien parce qu'elles veulent se faire aimer ou reconnaitre comme altruiste (qui est une vertu socialement valorisée en général), ou encore parce qu'elles espèrent en retirer une forme de reconnaissance politique afin d'obtenir des suffrages par exemple.

Il existe cependant des personnes qui ressentent une joie authentique à se soucier des autres alors qu'elles n'espèrent pas en retirer de gratification particulière, y compris par la personne objet de leur sollicitude. En général elles le font de manière anonyme et désintéressée. On peut trouver notamment ces personnes chez les catholiques pratiquants pour qui la charité est un précepte très fort.

Dans: Avidité Egoïsme 

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A-t-on raison d'avoir honte ?

11 février 2021 par jerome lecoq

 

Il est toujours difficile de dire si on a "raison" ou pas d'avoir un sentiment ou une émotion dans la mesure où la plupart du temps une émotion "nous vient" ou "nous traverse" sans que notre volonté n'ait rien à y faire.

La honte est une émotion complexe probablement plus primaire et archaïque que la culpabilité qui suppose un système moral déjà bien intégré. En général pourquoi avons-nous honte ?

Peur du regard d'autrui

Nous avons honte parce que nous sommes exposés au regard d'autrui en train de faire une action que celui-ci pourrait réprouver, comme par exemple de fouiller dans le sac de quelqu'un dans un vestiaire. La honte vient de manière fulgurante et prend tout notre être. Sartre disait qu'elle exprimait le désir symbolique de disparaitre du monde, d'être soustrait au regard d'autrui. C'est la raison pour laquelle l'invisibilité a toujours été un super-pouvoir nourrissant de nombreux fantasmes dans la littérature de fiction depuis l’Antiquité avec l’anneau de Gygès. Celui qui est invisible ne peut avoir honte car personne ne le voit.

Dans: Dédain Honte 

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21 nuances de mensonge (Partie II)

9 février 2021 par jerome lecoq

 

11- Le mythe

Nous avons tous en tête des histoires collectives ou individuelles que nous aimons nous raconter afin de nous procurer une identité. Ce mythe est le résultat d'un polissage avec le temps qui a fait qu'il possède différentes versions selon l'effet que l'on recherche à obtenir sur nous-mêmes ou les autres.

Ce mythe sert en général de consolation, de justification ou de diversion à notre existence. Il vient illustrer de manière tout à fait opportune l'image que nous voulons renvoyer de nous-même, même s'il contient un corpus factuel à l'origine. Avec le temps, les apports et aménagements viennent se sédimenter afin de s'adapter aux circonstances et à l'auditoire et il devient difficile d'en retracer la genèse véritable. Ainsi on peut dire que toute réalité relève d'une fabrication chez l'homme : la différence tient au degré de crédibilité que le Sujet accord à tous ces mythes.

Dans: Morale Oubli Mensonge 

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21 nuances de mensonge (Partie I)

2 février 2021 par jerome lecoq

 

1 - La mauvaise foi

Une des formes les plus courantes du mensonge, la mauvaise foi est un mensonge conscient ou semi-conscient qui consiste à éviter, travestir, déformer ou nier la vérité. Elle survient lorsqu'un jugement nous est désagréable, lorsque notre opinion est menacée ou lorsque quelque chose nous inspire le dégout, la honte, l'irritation ou la tristesse. Elle va de pair avec une forme d'entêtement et peut confiner à l'absurde lorsque tout le monde, y compris le menteur, que ce qu'il dit est notoirement faux. Chez Sartre elle est le signe de celui qui prétend ne pas être libre par exemple chez le garçon de café ou le bon élève qui prétendent faire corps avec ce qui n'est qu'une fonction. A noter que la victimisation est une forme très à la mode de la mauvaise foi car c’est une manière assez puissante d’éluder à moindres frais sa responsabilité dans une action aux conséquences négatives.

Dans: Oubli Déni Mensonge 

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10 raisons pour lesquelles nous voulons être des victimes

29 janvier 2021 par jerome lecoq

 

Une victime est une personne qui a subi un dommage physique, psychologique, ou les deux à la fois, d'une autre personne ou d'une situation externe ou interne (maladie par exemple) et qui objectivement n'avait pas les moyens d'éviter ce dommage. Il ne s'agit pas ici de discuter du fait d'être une victime, objectivement ou non, ce qui poserait la question du consentement notamment pour les victimes d'abus d'autrui. Il est évident que personne n'a envie d'être une réelle victime d'un accident de voiture, d'un viol ou d'une chute de cheval.

Nous le voyons à travers le phénomène de l'antiracisme, des gilets jaunes, du mouvement « me too », des citoyens victimes des restrictions gouvernementales. Nous sommes tous victimes de quelqu'un ou quelque chose.

Légitime ou pas, ce phénomène est intéressant parce que se poser en victime révèle ce que nous désirons et ce que nous sommes

 

Dans: Psychologie Victime 

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10 raisons pour lesquelles nous mentons

26 janvier 2021 par jerome lecoq

 

1 - Autodéfense

Nous mentons par peur d'être confondus, d'être pris en flagrant délit de faute, de transgression. Il y a souvent une honte qui nous pousse à mentir de manière purement réactionnelle et automatique par instinct de survie, de protection de notre image, de notre intégrité sociale ou de notre honneur pour les personnes particulièrement fières. Les enfants le font très fréquemment lorsqu'ils savent qu'ils ont enfreint une règle des adultes, que ce soit à l'école, en famille ou dans la société en général.

Dans: Rigidité Avidité Peur Vérité Déni Psychologie Compétition Honte Mensonge 

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L'insatisfait

12 janvier 2021 par jerome lecoq

 

 Par Oscar Brenifier.

Certaines personnes souffrent d’insatisfaction chronique. Rien ne peut les satisfaire. A la fois elles aspirent fortement à la plénitude, à être comblées, et cela leur est impossible, ce qui reste assez cohérent. Car la mesure de leur espérance, de leur attente, détermine l’ampleur de leur déception, de leur désespoir. Les gens, le monde, la réalité, mais surtout eux-mêmes, bien que très souvent ils ne soient pas conscients du phénomène qui les habite, ne sauraient être à la hauteur de leurs expectatives. 

Dans: Avidité Culpabilité Tristesse Reconnaissance Psychologie Perfection Insatisfaction 

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Est-il possible de ne rien attendre des autres ?

11 janvier 2021 par jerome lecoq

 

NON

1 - Reconnaissance

Non des autres j'attends toujours au minimum qu'ils me reconnaissent, qu'ils attestent de mon existence en me reconnaissant comme une autre conscience. Car c'est à travers le regard d'autrui que je prends conscience de moi-même.

2- Respect

Non nous attendons des autres qu'ils nous donnent à priori la dignité de notre existence, qu'ils respectent la loi et notamment celle de ne pas nous agresser ou nous insulter, de ne pas empiéter sur notre liberté, de ne pas nous opprimer.

Dans: Tristesse Promesse Insatisfaction Attentes 

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Faut-il écouter ses désirs ?

6 janvier 2021 par jerome lecoq

 

Nous sommes des êtres désirants pensait Spinoza. La moindre des choses que nous désirions est de persévérer dans notre être, de développer notre puissance d’exister Mais voilà : notre puissance est limitée par la réalité, celle-ci vient faire obstacle à nos désirs, car ces derniers sont infinis tandis ce que notre pouvoir d’action sur la réalité est limité. Je ne peux pas être à deux endroits en même temps par exemple, ni faire en sorte que quelqu’un m’aime, ni voler ou être invisible.

Dans: Avidité Peur Sagesse Volonté Désirs 

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21 raisons pour lesquelles le dialogue est si difficile

22 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Définissons le dialogue : c'est un échange authentique entre deux consciences, ponctué de questions, de réponses et d'idées argumentées, qui n'exclut pas la critique. Un dialogue a pour but d'obtenir une meilleure compréhension de soi-même et d'autrui et implique une certaine confrontation dans l'ouverture à autrui.

Dans: Croyances et Préjugés Rigidité Obstacles à la pensée Engagement Connaissance Dialogue Insatisfaction Attentes 

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La philosophie peut-elle nous changer ?

21 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Disons d'emblée que l'on pourrait se demander de manière légitime si changer tout court est possible, philosophie ou pas. En effet il est fréquent d'entendre des amis qui ne vous ont pas vu depuis longtemps vous dire "tu n'as pas changé, je te reconnais bien là". Et en effet il semble que certains traits de caractère sont bien profondément ancrés en nous. Par exemple, pour une personne compétitive, difficile pour elle de s'empêcher de vouloir gagner dès qu'elle participe à un jeu qui produit des gagnants et des perdants.

Avons-nous autour de nous des exemples de connaissances qui ont modifié significativement leur comportement, leur vision du monde ? Et si oui quel fut le moteur de ce changement ? Personnellement je n’en ai pas.

Dans: Dialogue Philosophie 

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Le négatif peut-il être positif ?

20 décembre 2020 par jerome lecoq

 

On peut définir le négatif selon plusieurs registres.


Premièrement, dans le registre cognitif, le négatif prendra les formes suivantes : ignorance, contradiction, fausseté, confusion ou inadéquation.

Deuxièmement dans le registre psychologique on trouvera touts les émotions dites "négatives" car désagréables. Nous y trouverons donc : la peur, le dégout, la colère et la tristesse, sous toutes leurs formes nuancées.

Dans: Croyances et Préjugés Tristesse Négatif 

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Pourquoi sommes-nous persuadés que nous savons bien penser ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Descartes disait que « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent »

Pourtant non seulement chacun pense avoir le sens commun mais en plus la plupart d'entre nous pense qu'il sait toujours déjà assez bien penser, c’est-à-dire qu’ils « appliquent bien » leur bon sens.

 

Dans: Obstacles à la pensée Jugement 

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Sommes-nous obsédés par les résultats ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

OUI

1 - Oui parce que nous faisons en général les choses pour qu'elles soient utiles. Par exemple je lis un livre parce que je veux des conseils pour mieux organiser mon temps. Si je ne trouve rien d'utile je vais commencer à craindre de perdre mon temps à lire ce livre et la crainte va m’obséder sur le fait de trouver quelque chose d’utile.

Concept : crainte, utilité.

Dans: Penser et plaisir Obstacles à la pensée Efficacité Résultats 

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Penser, est-ce s'inquiéter ?

16 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Quand on voit les injonctions du développement personnel ou de la méditation pour "arrêter de penser" on découvre que pour de nombreuses personnes, penser signifie en fait s'inquiéter, se poser plein de questions et tourner en rond ou, dit de manière plus vulgaire "se prendre la tête". Or ceci est une manière de céder à la crainte en remplissant notre espace mental avec des idées souvent impuissantes car ni fondées objectivement ni solidement construites.

Pourtant penser, dans la tradition notamment socratique et celle de la pratique philosophique, est au contraire une activité qui, tout en étant active car exigeante et productive, procure des plaisirs subtils : prendre de la distance avec ses émotions, purifier nos connaissances, comprendre soi-même et autrui, construire et se lancer dans des hypothèses, trouver des concepts et poser des questions puissantes et porteuses.

Dans: Perfection Insatisfaction Inquiétude 

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Avons-nous du mal à sortir de l'enfance ?

15 décembre 2020 par jerome lecoq

 

 

I - Oui

Premièrement l'enfance est un refuge heureux, pour la plupart d'entre nous qui a plutôt bien vécu son enfance.

1 - Nous avions l'amour inconditionnel de nos parents qui nous accompagnaient pour toutes les difficultés : apprendre à marcher, être propre, à s'habiller, nous tenir pour faire du vélo, etc. Nous l'avons surement oublié mais voilà probablement la seule époque de notre vie au cours de laquelle des adultes s'occupaient de nous intégralement et comblaient tous nos besoins immédiats : manger, dormir, nous réchauffer, avoir de l’affection, communiquer, nous déplacer, apprendre à comprendre le monde et nous-mêmes.

Dans: Obstacles à la pensée Avidité Identité Psychologie Insatisfaction Enfance 

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Thèse : la Consultation Philosophique Socratique

19 novembre 2020 par jerome lecoq

Pour tous ceux que cela intéresse, voici ma thèse de philosophie ainsi que les deux rapports des pré-rapporteurs qui expliquent pourquoi ils ont refusé que je la soutienne.

 

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15 raisons pour lesquelles nous aimons nos obligations

6 novembre 2020 par jerome lecoq

 

Il parait paradoxal de dire que nous "aimons" nos obligations puisque par définition une obligation est une chose que nous faisons en dépit de notre désir, de notre liberté, donc en général de notre plaisir. Pourtant, à y regarder de plus près, nous pouvons aussi aimer "être obligés" pour ces raisons que je vais ici énumérer.

 

1 - Parce que les obligations nous dispensent de choisir. Nous nous soumettons par "servitude volontaire" comme disait La Boétie à une obligation, ce qui nous dispense de choisir. Or choisir c'est aussi renoncer et par conséquent limiter notre désir de "tout faire", notre avidité naturelle.

Concept : avidité

 

2 - Nos obligations sont souvent de petites tâches que nous faisons de manière répétitive et qui peuvent nous donner une satisfaction relativement rapide dans la mesure où leur difficulté n'est pas importante. Par exemple on est satisfait de la propreté de la cuisine après l'avoir lavée, on a l'esprit plus tranquille.

Concept : satisfaction

 

3 - Parce qu'elles constituent une routine et que la routine cela rassure les personnes qui craignent ou n'aiment pas le changement.

Concept : réassurance

 

Dans: Peur Contrainte Obligations 

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Pourquoi un sentiment n'est pas a priori respectable

5 novembre 2020 par jerome lecoq

Doit-on respecter un sentiment ?

Je me suis posé la question à propos des réactions d'indignation des croyants face au blasphème que constitue pour eux le fait de dessiner des caricatures de Mahomet. J'ai lu dans un article que la législation européenne prévoyait un "droit de respecter le sentiment d'indignation". Je ne rentrerai pas dans la polémique sur la liberté de blasphémer mais je trouve intéressant de se poser la question "doit-on respecter un sentiment ?" au-delà de la brulante question d'actualité à laquelle ce prétendu "devoir" renvoie.

 

Dans: Sentiment 

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12 raisons pour lesquelles nous compliquons les choses

22 octobre 2020 par jerome lecoq

 

1 - Un discours compliqué a l'air intelligent à peu de frais : il nous suffit de rajouter des mots savants et d'apposer des idées les unes après les autres sans nous contredire. Cela nous fera passer pour savants sans avoir à faire beaucoup d'efforts.

Concept : image

2 - Nous sommes avides et ne choisissons pas entre nos désirs ce qui nous pousse à vouloir tout faire à la fois. Immanquablement nous manquons de temps, nous nous précipitons, commettons des erreurs et accumulons les nouvelles tâches à faire. Cela fait boule de neige et finit par rendre notre vie compliquée car il y en a dans tous les sens.

Concept : avidité

3 - Nous ne prenons pas le temps de réfléchir sur ce que nous disons et nous répétons donc la même chose ce qui est une forme de complication. Ou bien nous nous contredisons sans nous en rendre compte ce qui rend notre discours incohérent et donc compliqué pour nous-mêmes et les autres.

Concept : précipitation

Dans: Avidité Travail Complication 

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La passion de la complication

19 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Simplification de l'administration, des procédures, de notre expression, de notre vie, de nos besoins, de nos désirs, de nos relations...si nous souhaitons autant simplifier c’est bien parce que tout est compliqué, surtout en France, le pays du millefeuille administratif, de l’orthographe dont la règle est l’exception, des acronymes pour tout et n’importe quoi, de l’empilement incessant des lois, des niches fiscales et autre comités Théodule…

Il semblerait que nous goutions peu aujourd’hui cet appel à la simplicité : c’est qu’en effet pour nous l’« homme simple » est peu cultivé, a des centres d’intérêt très limités et des manières rudimentaires. Quand nous disons « ce sont des gens simples » nous ne sommes pas loin de dire qu’ils sont stupides et ignares.

Dire de personnes qu’elles sont « simples » permet immédiatement de nous hausser à un niveau de sophistication plus élevé ce qui nous flatte. Il sera alors facile de prétendre que « nous aimons les gens simples » car nous pouvons alors exercer librement notre paternalisme, comme on le voit avec ces aristocrates dans les romans de Proust qui n’aiment rien tant que de bavarder avec leurs « gens » sur leurs terres alors qu’ils exècrent les bourgeois nouveaux-riches qui prétendent accéder à la culture eux aussi.

La simplicité a ainsi ce statut paradoxal d'être repoussante pour nous-même mais recherchée chez les autres : nous aimons les gens simples parce qu'ils sont faciles à comprendre, faciles à vivre, à manipuler et contrôler aussi probablement, prévisibles et inoffensifs, aimables.

Mais nous, nous ne voulons pas être simples : nous voulons être "complexes" car cette complexité est synonyme de sophistication, d'intelligence, de paradoxes, de subtilité et donc de profondeur auto-proclamée, même si nous serions bien en mal de la sonder (car nous aurions bien peur de toucher très vite le fond).

Dans: Accumulation Désirs Complication 

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Peut-on se mettre à la place des autres ?

13 octobre 2020 par jerome lecoq

 

 

Pourquoi voudrait-on d'abord se mettre à la place des autres ?

On peut vouloir se mettre à la place des autres de manière consciente et « stratégique ».

Education, apprentissage.

Si je veux expliquer une règle de grammaire à ma fille de 10 ans je dois me mettre à sa place en faisant fi des connaissances que j'ai par ailleurs afin de comprendre ce qu'elle ne comprend pas et d'utiliser les mots et concepts qui sont à sa portée. Je me mets à sa place dans le sens où je n'utilise que ses connaissances et feins d'ignorer ce que je sais.

On voit dans cet exemple que se mettre à la place d'autrui est un effort sur soi car l'environnement cognitif d'autrui n'est pas nécessairement le mien.

 

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Peut-on encore penser la mort ?

6 octobre 2020 par jerome lecoq

 

Le grand refoulement

Tout est fait dans notre société pour qu'on ne pense pas à la mort : on meurt aujourd'hui à l'hôpital car on finit en général par être dépendant avant de mourir, ce qui suppose une unité de soin pour accueillir le mourant. Ceux qui sont proches de la mort, les vieux et les malades, bénéficient de structures dédiées où ils sont mis à l’écart des vivants. 

Nous vivons aujourd'hui une crise sanitaire qui nous pousse à restreindre nos libertés par crainte de la mort (plutôt celle de nos anciens que la nôtre).

Dans la plupart des civilisations la mort est représentée comme une figure lugubre, malfaisante, insensible, désincarnée, inhumaine et froide.

Pour une société de consommation, la mort ne fait pas vendre, elle repousse, elle est même le repoussoir ultime.

Jeunes, nous n'y pensons pas car nous nous imaginons immortels, c'est pourquoi la mort d'un jeune a toujours un effet de sidération dans l'entourage. Adultes nous n'y pensons pas beaucoup plus car nous construisons notre vie : achetons une maison, faisons des enfants, bâtissons notre carrière. Tout est tourné vers l’activité, l’action, la construction, la planification de l’avenir et notre « bonheur » en ligne de mire.

Nous commençons à y penser quand nos parents s'en rapprochent et finissent par mourir. A ce moment se profile l'horizon de notre propre mort. 

Dans: Mort 

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Est-il illusoire d'espérer le bonheur au travail ?

29 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Cadre contraint

Le travail reste par définition une activité contrainte par les impératifs de survie économique : travailler implique, en ce qui concerne le salarié, de mettre à disposition de son employeur sa force de travail dans le cadre d'un contrat qui régit des obligations réciproques, la principale pour l'employeur étant de lui verser un salaire et pour l’employé d’accepter un lien de subordination. La subordination est une restriction très claire de la liberté, c’est une banalité qu’il est utile de rappeler néanmoins, à entendre certains discours lénifiants sur l'"entreprise libérée”.

On peut être super-copain avec son boss ou aimer comme un père son employeur, ce dernier n'hésitera pas à vous “laisser-partir” (let go) comme on dit pudiquement dans le monde anglo-saxon, au premier retournement de situation économique. Une entreprise a, pour survire, besoin de vendre ses produits et services plus chers que ce qu'ils lui coûtent à produire, c'est incontournable, sauf exceptions d'entreprises renflouées par les subsides publiques (donc in fine par le contribuable, qui n’a pas trop le choix).

Dans: Travail Bonheur Bienveillance 

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Peut-on être l'auteur de sa vie ?

4 septembre 2020 par jerome lecoq

 

Au début des années 80, Michel Foucault revenait aux origines de la philosophie grecque en redécouvrant les exercices spirituels, après que Pierre Hadot ait initié le mouvement. Il analysait le style du parrèsiaste dont l'incarnation était Socrate, qui disait la vérité quoi qu'il lui en coûte. Il passait également en revue les exercices spirituels de l'antiquité comme l'examen de conscience ou la méditation et en concluait qu'ils étaient des moyens authentiques de se transformer soi-même par un travail rigoureux. Il évoquait même l'idée inachevée de "faire de sa vie une oeuvre d'art" ce qui impliquait que nous soyons à la fois l'artiste et l'oeuvre en cours de construction. Il ne donnait pas les moyens concrets de se mettre à l'ouvrage cependant.

Dans: Vie Consultation philosophique 

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Les ateliers de la pensée en ligne

9 juin 2020 par jerome lecoq

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 9, mercredi 10 et jeudi 11 juin prochains de 20h30 à 22h00 par Zoom.

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser
- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser
- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections
- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail
- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Les ateliers de la pensée

30 mai 2020 par jerome lecoq

 

 

Ces ateliers se tiendront les mardi 2, mercredi 3 et jeudi 4 juin prochains de 20h30 à 22h00.

 

 

- vous vous posez des questions existentielles et aimeriez les travailler plutôt que les ressasser

 

- vous avez une pensée foisonnante mais avez du mal à la canaliser

 

- manquez de confiance en vous pour vous exprimer en public, pour dire ce que vous pensez, construire des arguments pertinents, faire des critiques et des objections

 

- prenez plaisir à penser mais avez l'impression que vous ne le faites plus que par automatismes dû à votre contexte de travail

 

- vous intéressez à la philosophie mais regrettez son côté trop académique et détaché des questions concrètes de la vie quotidienne

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Comment questionner un enfant ?

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous convie à un atelier en ligne par visioconférence de dialogue philosophique avec vos enfants (de 8 à 12 ans).

Les enfants sont des interlocuteurs de choix lorsqu'il s'agit de réfléchir sur des sujets existentiels. Cependant il faut savoir leur poser des questions efficaces et travailler leurs attitudes qui sont aussi une manière pour eux de répondre, même s'ils ne disposent pas toujours des mots pour le faire.

Lors de cet atelier par visioconférence, je questionnerai plusieurs enfants afin de vous montrer les différentes compétences que vous pouvez mettre en oeuvre en dialoguant avec eux de manière rationnelle.

Ces compétences sont notamment :

faire confiance à sa propre pensée, à ses propres idées
se poser, réfléchir, trouver des idées par soi-même
prendre un problème de manière méthodique
utiliser des arguments de bon sens
écouter ses propres réponses et celles des autres
voir les problèmes dans ses propres réponses et celles des autres
apprendre à poser des questions à soi-même et aux autres

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

26 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine (sauf mercredi qui est une session pour les enfants) du 25 au 29 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/87329624115

Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

18 mai 2020 par jerome lecoq

 

Je vous invite tous les jours de cette semaine du 18 au 22 mai de 14h à 15h30 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons sur une compétence particulière de la pratique philosophique :

 

- lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art

- mardi : répondre avec argument autour d'un conte philosophique

- mercredi : répondre à une question existentielle

- jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en

 questionnant un participant qui jouera le rôle de client

- vendredi : questionner une affirmation problématique

 

Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

 

https://us02web.zoom.us/j/88573274223

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Venez exercer votre pensée avec nous lors d'un atelier de dialogue socratique

10 mai 2020 par jerome lecoq

 
 
 
Je vous invite tous les jours de cette semaine du 11 au 15 mai 2020 à participer à un atelier de pratique philosophique en ligne. Les ateliers se feront par Zoom en visioconférence. Chaque atelier fonctionne de manière autonome et peut être suivi pour ce qu'il est. Il n'y a aucune condition de connaissance ou culture philosophique à posséder.

Chaque jour nous travaillerons une compétence particulière de la pensée :
 
  • lundi : conceptualiser autour d'une oeuvre d'art
  • mardi : interpréter et argumenter autour d'un conte philosophique
  • mercredi : répondre à une question existentielle
  • jeudi : démonstration d'une consultation individuelle en public en questionnant un participant qui jouera le rôle de client
  • vendredi : questionner une affirmation

    Voici le lien qui vous permettra de rejoindre la réunion :

    https://us02web.zoom.us/j/89079611878

    Il vous suffit de cliquer dessus quelques minutes avant le début.

    Comme vous pouvez le remarquer il n'y a pas vraiment de thème au cours de ces ateliers parce que ce n'est ni un cours de philosophie, ni un débat d'opinions ni une conférence délivrant des conseils de sagesse.

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