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Pourquoi questionner fait peur

7 février 2018 par jerome lecoq

 

Le questionnement peut facilement être considéré comme une menace, car on pourrait vouloir préserver la mystérieuse intériorité où se trouve le sacré. En protégeant cette intimité, on a l'impression de ne pas l'épuiser, de ne pas la souiller en la soumettant à l'exposition de la conscience, aux yeux des autres et de soi-même. Par conséquent, le questionnement est considéré comme mauvais et même sacrilège. Le questionnement des idées est souvent considéré au mieux comme un exercice formel. Au pire comme une activité corruptrice. Il se trouve une compréhension tacite supposée, au-delà des mots, et les mots ne peuvent qu’atteindre superficiellement ce lien. L'horizon d'une telle perspective relationnelle est l'idée que la véritable unité peut supporter le silence, et même que dans le silence, elle trouvera sa véritable existence. Les mots ne sont que des mots, ils ne sont que des sons et des illusions. Comment pourrait-on prendre au sérieux tout type de questionnement ? On s'irritera même à l'idée que cet échange verbal ou cette quête aurait un sens réel, qu'il serait pris au sérieux. Le dialogue peut ainsi être considéré comme une menace pour l'intimité, gâchant le véritable contact mystique : la fusion des âmes. Les mots risquent de provoquer le désaccord, l'incompréhension, l'aliénation. Or la simple présence de deux corps ou de deux âmes ne laisse aucune aspérité, ne crée aucune friction. Cela donne un sentiment de paix intérieure et de fusion. Nous sommes au-delà de toute différence, nous sommes dans la coïncidence des contraires, dans la fusion des différences. Le dialogue verbal implique une séparation, une distance, à la fois physique et psychologique. On ne peut pas dialoguer en étreignant l'autre, en le touchant et bien sûr en l'embrassant.

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