Articles - Obstacles à la pensée

21 raisons pour lesquelles le dialogue est si difficile

22 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Définissons le dialogue : c'est un échange authentique entre deux consciences, ponctué de questions, de réponses et d'idées argumentées, qui n'exclut pas la critique. Un dialogue a pour but d'obtenir une meilleure compréhension de soi-même et d'autrui et implique une certaine confrontation dans l'ouverture à autrui.

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Pourquoi sommes-nous persuadés que nous savons bien penser ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

Descartes disait que « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes ; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n’est pas assez d’avoir l’esprit bon, mais le principal est de l’appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices, aussi bien que des plus grandes vertus ; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup d’avantage, s’ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent, et qui s’en éloignent »

Pourtant non seulement chacun pense avoir le sens commun mais en plus la plupart d'entre nous pense qu'il sait toujours déjà assez bien penser, c’est-à-dire qu’ils « appliquent bien » leur bon sens.

 

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Sommes-nous obsédés par les résultats ?

19 décembre 2020 par jerome lecoq

 

OUI

1 - Oui parce que nous faisons en général les choses pour qu'elles soient utiles. Par exemple je lis un livre parce que je veux des conseils pour mieux organiser mon temps. Si je ne trouve rien d'utile je vais commencer à craindre de perdre mon temps à lire ce livre et la crainte va m’obséder sur le fait de trouver quelque chose d’utile.

Concept : crainte, utilité.

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Avons-nous du mal à sortir de l'enfance ?

15 décembre 2020 par jerome lecoq

 

 

I - Oui

Premièrement l'enfance est un refuge heureux, pour la plupart d'entre nous qui a plutôt bien vécu son enfance.

1 - Nous avions l'amour inconditionnel de nos parents qui nous accompagnaient pour toutes les difficultés : apprendre à marcher, être propre, à s'habiller, nous tenir pour faire du vélo, etc. Nous l'avons surement oublié mais voilà probablement la seule époque de notre vie au cours de laquelle des adultes s'occupaient de nous intégralement et comblaient tous nos besoins immédiats : manger, dormir, nous réchauffer, avoir de l’affection, communiquer, nous déplacer, apprendre à comprendre le monde et nous-mêmes.

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Peut-on échapper à la rigidité intellectuelle ?

19 novembre 2019 par jerome lecoq

 

Dogmatique

La rigidité intellectuelle consiste principalement en un dogmatisme, une appétence pour les certitudes que viennent en général nourrir une certaine culture générale ou technique. Le rigide a ses idées bien arrêtées, ses principes fermement ancrés et il se raidira à l'approche de la moindre idée susceptible de saper le fondement de ses croyances. Toute idée extérieure est vue comme un agent pathogène qui mettra en branle les anticorps de son esprit pour détruire l’intrus.

Au fond c'est un grand peureux de la vie. La vie en effet n'est qu'un tissu d'incertitudes, rien n'est nécessaire ou certain (à part la mort et les impôts comme disent les Anglais) : se réfugier et se complaire dans ses certitudes revient donc à se protéger du flux de la vie et de ses alea. 

La rigidité intellectuelle est une catastrophe pour la pensée parce qu'elle nous empêche de nous ouvrir à l'altérité, au questionnement, à la remise en cause. Le rigide n'apprend plus, il sait déjà, il n’est pas généreux, ne donne pas mais impose ou critique pour détruire. 

Tout au plus essaie-t-il de convaincre ceux qui n'ont pas comme lui vu la Lumière. Il va vers ceux qui confortent les opinions qu'il a déjà. Dès lors son esprit s'étiole parce qu'il ne s'entraîne plus à la pensée, dans la mesure où penser consiste avant tout à dialoguer. Or on ne dialogue pas avec un dogmatique : soit on l'écoute poliment, soit on essaie de le combattre, soit encore on l'évite. 

Le rigide s'enferme tout droit vers la mort de sa pensée en même temps qu'il fait le vide autour de lui, ce qui amplifie encore sa rigidité puisque la contradiction se raréfie encore davantage et le conforte dans ses certitudes. Le rigide s’enferme vite dans un cercle vicieux.

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Ce qui nous rend stupides (6) - La précipitation

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Chuter dans le vide

Se précipiter vient du latin praecipito qui signifie littéralement : "tomber la tête en avant", chuter dans le vide. Le terme “précipice” en dérive qui donne bien l’idée d’un gouffre, d’un abîme dans lequel nous risquons de disparaître et au fond duquel la mort nous attend.

Celui qui se précipite réagit, ne réfléchit pas, fonce tête baissée, s'impose une forme d'urgence. Il y a dans l'idée de précipitation, comme dans la notion de précipité en chimie, l'idée de quelque chose en trop qui ne se mélange pas et subsiste en tant que résidu. Celui qui se précipite n'est pas dans le moment opportun, il force le cours des choses, il rajoute de l’agitation inutile, il est fébrile, ce qui encore pointe vers un dérèglement de l'action et de la pensée. Celui qui se précipite n'a aucune maîtrise de lui ni de son environnement, il veut se débarrasser de ce qu'il a à faire ou bien il est en compétition de vitesse avec autrui.

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Ce qui nous rend stupides (5) - L'habitude

14 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Une seconde nature

L'habitude est un comportement acquis qui devient comme une seconde nature. Nous acquérons en général un comportement par sa répétition, forcée ou non. En général ce comportement est adapté à l'objectif que nous cherchons à atteindre ou au besoin que nous cherchons à satisfaire. Par exemple étant enfants nous apprenons les habitudes d'hygiène pour plusieurs raisons évidentes (santé, vie sociale, confort).

Nous avons par exemple pris l'habitude de nous laver les dents tous les matins ou pour les hommes de nous raser ou de nous tailler la barbe le cas échéant. Beaucoup de nos habitudes sont ainsi liées à des nécessités corporelles puisque les besoins du corps nous les imposent. Rien de problématique à cela, ce sont ce que nous appellerions de bonnes habitudes, jusqu'à ce que la science nous apprenne peut-être un jour qu'il est néfaste de se laver les dents le matin. Il nous faudra alors changer nos habitudes ce qui est bien plus compliqué qu'en acquérir de nouvelles.

En général il est bon de faire les deux en même temps : par exemple pour perdre l'habitude de fumer je vais commencer une nouvelle habitude de mâcher du chewing gum ou de faire quelques pompes ou de courir dès que l'envie de fumer me prend. Il s'agit de remplacer une mauvaise habitude par une moins mauvaise, voire par une bonne (mais en général les bonnes habitudes sont difficiles à acquérir car elles nécessitent un effort sur nous-mêmes). Mais nous ne voyons toujours pas de lien avec la stupidité. 

Le problème de l'habitude est exactement le même que son avantage. Par habitude nous accomplissons des gestes, des tâches, nous suivons un programme qui justement nous dispense de penser. Penser en effet est difficile, long, risqué car cela inquiète et nous met dans le doute, cela doit être structuré, articulé, profond, argumenté…

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Ce qui nous rend stupides (4) - L'avidité

9 octobre 2019 par jerome lecoq

 

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

L'avidité est un désir constant d'acquérir toujours plus : toujours plus de savoir, de richesse, de pouvoir, de reconnaissance, de pouvoir, d'amour, de sens. L'avidité s'applique à de nombreux "objets" qui sont autant de manques existentiels. En étant avides nous voulons être plus, nous ne nous satisfaisons pas de ce que nous sommes.

Pourquoi l'avidité nous rendrait-elle stupides ? A chaque type d'avidité son type de stupidité.

Savoir

L'avide de connaissances excite et stimule son intelligence par l'accumulation de savoirs souvent inutiles. Cette avidité le dispense de penser par lui-même et de réfléchir avec ce qu'il a : il préfère aller chercher ce qui a déjà été pensé par d'autres, il se noie dans les références et les autorités savantes. Il a le complexe de l'académique dont les notes de bas de pages sont plus importantes que son propre texte. Il veut constamment “se nourrir” de nouvelles sources d’informations de manière compulsive, il a un avis sur tout mais a du mal à penser et faire des hypothèses à partir de peu. Il ne sait plus créer sa propre pensée.

Ce type de stupidité par le savoir a déjà été développé dans un précédent articles (cf Ce qui rend stupide : le savoir)

L'avidité pour la richesse et les signes extérieurs qui l'accompagnent (souvent) témoignent d'un désir mimétique : on désire le désir de l'autre, on désire que l'autre désire ce que nous avons, qu'il nous envie. Ce désir est par nature superficiel et vide puisqu'il pointe vers un autre désir, en ce sens il est vain donc stupide.

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Ce qui nous rend stupides (3) - La bureaucratie

4 octobre 2019 par jerome lecoq

 

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Je n’avais pas imaginé insérer cet article dans la série sur ce qui nous rend stupide mais en remplissant dernièrement ma demande de rachat d’un véhicule, je me suis rappelé que j’avais déjà écrit quelque chose que j’avais abandonné dans un coin et que cela pouvait finalement faire un cas intéressant de cause (extérieure pour le coup) de stupidité.

 

Phobie administrative

Avez-vous déjà eu des sueurs froides à l'idée de devoir remplir un formulaire, qu'il soit destiné aux impôts, à l'école de vos enfants ou pour les Ressources Humaines quand vous êtes recruté ? Moi si, j'ai toujours appréhendé le fait de devoir remplir une feuille ou des catégories étaient préremplies et où il fallait en plus fournir des documents annexes pour que le dossier soit complet. D'autant que souvent on n'est pas obligé de tout remplir et il y a toujours un moyen de déborder des cases. Mais cela on ne peut pas le savoir a priori. Le dernier exemple en date : le rachat d'une voiture à un particulier.

J'ai toujours eu l'impression d'être un cas particulier pour les formulaires. Quel bonheur quand j'arrivais à tout remplir d'un coup, quand j'arrivais facilement à me mettre dans une case. Rien ne m'a tant fait sentir que j'étais stupide inadapté et rien ne m'a plus agacé que les formulaires et les relations avec l'administration. Si vous saviez ce que j’ai dû faire pour ne serait-ce qu’être accepté à soutenir ma thèse de philosophie...

Quand j'étais ado c'est ma mère qui faisait tout cela pour moi mais maintenant...c'est vrai que les déclarations se sont simplifiées, le numérique est passé par là et je lui en suis reconnaissant d'ailleurs. Je ne sais pas s'il s'agit d'une maladie reconnue mais de toutes façons je n'envoie jamais mes feuilles de maladie. 

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Ce qui nous rend stupides (2) - Le savoir

29 septembre 2019 par jerome lecoq

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

 

Coupable n°2 : le savoir

Notre coupable n°2 est le savoir, qui inclut la connaissance et l'opinion. Il peut paraître contre-intuitif d'associer le savoir à la stupidité puisque le sens commun associe plutôt la connaissance avec l'intelligence. En quoi le savoir nous rendrait-il stupide ?

Je sais donc je veux (que les autres le sachent). Si je veux je n'observe pas.

La première raison c'est que quand nous savons des choses nous avons en général envie de faire savoir que nous savons, nous voulons exposer ce savoir puisque ce dernier est valorisé dans la société de la connaissance (soit-disant). Or ce désir d'exposition nous empêche bien souvent de voir : voir ce qui se dit, ce qui se passe, ce qui est en jeu ici et maintenant. Quand on sait on "s'invite un peu trop rapidement à la table du Divin" comme nous dirait Hegel. Nous risquons fréquemment de déverser notre savoir en le plaquant de manière artificielle sur le phénomène que nous vivons (mettons une discussion passionnée par exemple), nous masquant quelque peu sa réalité, sa vérité. En résumé, le savoir et l’expertise rendent paradoxalement aveugles et sourds.

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Ce qui nous rend stupides (1) - Les émotions

26 septembre 2019 par jerome lecoq

 

Qu'est-ce qui nous rend stupides ?

Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moments. Entre les deux se situe la majorité d’entre nous, qui oscille entre intelligence et stupidité.

En partant de ce postulat il m'a semblé intéressant d'identifier tous les obstacles qui se mettent sur notre route pour accéder à une raison puissante et efficace, souple, ouverte, dialectique.

Le premier de ces obstacles identifiés sont les émotions. Dans les prochains posts, je parlerai des autres obstacles : le savoir, l’avidité, l’habitude, l’orgueil, la paresse, le désir, le pouvoir, l’obsession, l’amour.

Evidemment tous ces phénomènes sont liés et peuvent donner lieu à des combinaisons : si vous mélangez la colère et la peur vous obtenez la jalousie par exemple. C’est une invitation à la réflexion plutôt qu’un recensement exhaustif de tous les phénomènes qui nous rendent stupides

Coupable n°1 : les émotions

Que ce soient la peur, la tristesse, la colère ou même la joie, les émotions ont toutes un grand pouvoir de nous rendre stupides. Lorsque nous avons peur par exemple, nous pensons vite, beaucoup trop vite, et souvent mal. Nous réagissons plus que nous ne pensons.

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L'intelligent artificiel

14 mai 2019 par jerome lecoq

 

"Il est intelligent. Il a des intuitions. Il ne pense pas. Il prononce, il profère, il éructe, ne parle pas. Bribes et miettes. Il n’entend rien, ni autrui, ni lui-même. Lambeaux d’esprit éparpillés dans le désert." (O.B.)

"L’intuition c’est comme le talent. Sans travail ce n’est qu’une sale manie." m'a dit un jour quelqu'un.

Sans travail les intuitions s'expriment. Mal, en général, sous formes d'opinions qui surgissent comme des fulgurances et que le Sujet est bien en peine d'argumenter et de justifier, en dépit de son intelligence. Il compensera cette non-pensée par un surcroît d'énergie émotionnelle et corporelle, comme l'on voit parfois ces personnes qui tentent d'évangéliser les masses en répétant un monologue et qui s’excitent au son de leur propre voix ou d’autres qui se défoulent dans une logorrhée écrite sur les réseaux sociaux.

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Abandonner les connaissances, les plans et la sagesse

17 avril 2019 par jerome lecoq

 

 

"Abandon

Les connaissances sont utiles. Les plans sont utiles. La sagesse est utile. Surtout lorsque l’on sait les abandonner.” (O. Brenifier)

 A un moment donné il faut savoir lâcher tout ce qui nous rassure : la connaissance qui nous donne l'illusion de la certitude, de la solidité de notre savoir et du fait d'être dans notre "bon droit", le plan celui de la connaissance de l'avenir, de la maîtrise de l'atteinte de notre objectif et de la prévision des risque et des alea et enfin la sagesse qui nous donne l'illusion que nous adoptons l'attitude la plus raisonnable, celle qui obtiendra l'assentiment du plus grand nombre et qui nous rendra conforme à ses attentes.

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3 manières de refuser le dialogue

12 avril 2019 par jerome lecoq

 

"Il y a ceux qui aiment bien dire "on ne peut pas séparer les choses comme cela" il y ceux qui aiment bien dire "cela n'a strictement rien à voir" et puis il y a ceux qui refusent de dire autre chose que ce qu'ils disent." (O. B.)

 

Il y a d’abord ceux qui disent qu’il est impossible de séparer donc d'analyser les choses qui fonctionnent en système dynamique : les séparer c'est les tuer donc on ne peut pas analyser le fonctionnement d'un système, seulement décrire ses effets.

Or nous passons notre temps à séparer les choses afin d'en parler : nous séparons le contenu d'un discours de sa forme, l'objectif des moyens pour y parvenir, l'être de l'apparaître, le pouvoir de la séduction, l'émotion du comportement. Sans séparation artificielle par le langage, pas de langage donc pas de pensée. C'est pour cela que la pensée n'est jamais neutre puisqu'elle prend parti en choisissant de distinguer ce qu'elle veut distinguer au sein de monde ambiant.

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Mémoire et oubli

21 février 2019 par jerome lecoq

 

Qu'il serait doux de pouvoir oublier à volonté ce que nous savons ! Ou bien de pouvoir l'archiver et ne le retrouver qu'en cas de besoin, comme avec un ordinateur. Hélas (ou heureusement) notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur et nous ne pouvons pas oublier volontairement ce que nous savons, que ce soit un savoir théorique, empirique ou même un savoir-faire. On ne peut pas “dé-savoir” et effacer un souvenir comme on efface un fichier sur son ordinateur : ce qui est fait est fait et le savoir est une action. Pour dire “je sais” quelque chose, il faut le penser et la pensée est une action.

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La peur la rend lucide

15 février 2019 par jerome lecoq

 

 

"Lucidité

Sa peur la rend lucide. Elle leur parle. Mais la peur de la peur les empêche d’écouter." (O. Brenifier)

 

Quelqu'un qui a peur montre sa peur, il la communique à autrui, même s'il ne laisse pas sa peur prendre possession de lui. Celui qui a peur mobilise toutes ses ressources cognitives afin d'échapper au danger réel ou imaginaire. Quand nous faisons face à quelqu’un qui a peur cela influe sur notre imagination, faisant ressortir nos propres peurs enfouies. La peur, comme le rire, est communicative et très vite elle peut se muer en son extrême, la panique. La peur se sent, comme une odeur.

 

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Ils veulent des réponses pour éviter de penser

4 octobre 2018 par jerome lecoq

"Pour eux, les réponses répondent. Il n'y a plus rien à faire. Ils peuvent enfin se reposer. Ils ne réalisent pas que les réponses sont des pièges pour la pensée. Sables mouvants où les idées s'enlisent, pour ne plus jamais revenir." (O.B.)

Nous voulons tous des réponses à nos questions. Cela nous rassure, cela nous comble, nous ôte notre angoisse. Pour un temps. Mais pour un temps seulement. Il n'y a rien de mal à donner une ou des réponses pour peu que nous n'en faisions pas des portes scellées qui viendraient à jamais engloutir la question qui les a générées. Une réponse doit aussi être une ouverture et un appel à d'autres questions, afin de poursuivre le dialogue. Une théorie n'est jamais venue clouer le bec à une question, sauf si elle montre que la question était mal posée.

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Pourquoi faut-il penser pendant les vacances ?

27 décembre 2017 par jerome lecoq

 

Penser n'est pas être préocuppé

Les vacances sont un moment propice au repos, aux activités purement récréatives de détente, que cela soit un sport, la promenade, jouer avec ses enfants ou encore lire un roman. Les vacances sont là pour provoquer une rupture dans la suite de routines contraignantes de la vie quotidienne citadine qui s’appuie sur le triptyque travail-famille-amis. Dans ce quotidien la plupart prétendra “trop penser” et les vacances seront alors l’occasion de “ne plus penser”. Or quand les gens disent qu’ils “pensent tout le temps” ou “pensent trop”, ils confondent en fait penser en tant qu’activité libre mais néanmoins rigoureuse de la réflexion sur le monde et soi-même, (ce que nous pourrions également qualifier de “philosopher”) et être préoccupé. Etre préoccupé c'est se soucier en permanence de ce que nous avons à faire : tel rapport à rendre à notre chef, tel cadeau à acheter pour Noel, tel rendez-vous à prendre avec un client ou avec le dentiste, faire faire les devoirs aux enfants, préparer cette présentation power point pour la prochaine réunion de service, faire sa comptabilité...c'est une liste sans fin de tâches quotidiennes et pratiques qui contribuent à nous engluer dans le présent aussi bien qu’à nous rassurer sur notre utilité, notre valeur pour autrui, notre appartenance au monde.

Or quand les gens disent qu’ils “pensent tout le temps” ils confondent en fait penser en tant qu’activité libre mais néanmoins rigoureuse de la réflexion et être préoccupé

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Ces expressions qui tuent la pensée (et le dialogue) - 3 -

25 septembre 2017 par jerome lecoq

"Je voudrais compléter votre idée..."

Très utilisée dans une discussion ou débat, cette expression traduit le désir d'apporter sa propre idée tout en donnant l'impression que l'idée que l'on vient compléter était intéressante.

Mais si l'on y réfléchit, compléter quelque chose signifie que ce quelque chose a un manque, donc une imperfection, un problème, une faille, un défaut. Un manque n'a de sens que par rapport à un modèle, une perfection, une totalité. Et évidemment qui juge du modèle, de la perfection ? Celui qui veut compléter bien sûr ! Donc non content de balayer d'un revers de main l'idée qu'il feint de compléter, il se pose en garant de l'idée complète, de l'idée totale, du projet accompli, de l'idéal. Il se pose en maître, en gardien, en détenteur de la vérité.

 

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Ces expressions qui tuent la pensée et le dialogue - 2 -

20 septembre 2017 par jerome lecoq

Le piège de la question interro-négative

"Ne penses-tu pas que...." ? "Ne peut-on dire que...?" N'est-il pas vrai que ...?

Ce n'est pas à proprement parler une "expression toute faite" mais une tournure de questionnement dont je voudrais examiner les problèmes pour la pensée et par conséquent le dialogue.

Une vraie question devrait avoir pour unique fonction d’approfondir, de découvrir autrui, une situation, un problème.

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Ces expressions qui tuent la pensée et le dialogue : 1 -

20 septembre 2017 par jerome lecoq

1 - Pas nécessairement, pas forcément, pas tout le temps, pas toujours...

Cette expression très courante est utilisée face à une affirmation générale. Imaginons par exemple que je dise " le perfectionnisme rend les gens insatisfaits" et que mon interlocuteur me rétorque "pas nécessairement". Ce faisant, et de manière suffisamment subtile pour que ce ne soit jamais relevé, mon interlocuteur suppose que mon affirmation était "nécessaire" ou "forcée" ou "catégorique et absolue". Or il est très rare que l'on puisse affirmer quelque chose de nécessaire dans la vie courante. Même si je disais " la terre est ronde" on pourrait me rétorquer : “pas nécessairement”. En effet elle est légèrement aplatie aux pôles. Mais de manière générale, la terre est ronde de même que de manière générale, les êtres humains ont deux bras et deux jambes et cela n'exclut pas les gens qui ont un ou plusieurs membres en moins : ils sont "les exceptions qui confirment la règle" comme l'on dit joliment en Français.

quelqu'un qui vous rétorque "pas nécessairement" vous met de manière injuste tout le poids de la nécessité sur les épaules

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Pourquoi parle-t-on de la pluie et du beau temps ? (ou de nos vacances)

30 novembre 2016 par jerome lecoq

La météo cela change tout le temps, surtout en Bretagne. Quand vous parlez avec les gens du coin ou avec les autres vacanciers la météo est le sujet qui vient naturellement comme, si nous devenions tous agriculteurs ou marins.

C'est le sujet rêvé pour les gens qui n'ont rien à dire ou qui se sentent obligés de parler face à une vague connaissance. Autant dire que cela concerne la plupart d'entre nous. Ce sont les deux ou trois phrases échangées qui nous permettront de meubler le silence embarrassé qui préside à la rencontre fortuite de deux voisins qui entendent garder des relations de "bon voisinage", c'est à dire éviter de parler des sujets qui fâchent la plupart du temps. Le problème est donc accru dans les grandes villes car non seulement les voisins sont plus proches dans les immeubles mais en plus la météo est moins importante quand vous vivez dans un appartement et que vos principaux déplacements sont le trajet en métro de votre domicile jusqu'à votre bureau climatisé.

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Pourquoi ne veut-on pas être compris ?

19 juillet 2016 par jerome lecoq

Connaissez-vous beaucoup de gens qui vous disent : "moi je suis facile à comprendre, je ne suis pas compliqué" ? Moi j'en connais très peu.

J'en rencontre beaucoup en revanche qui se font une fierté de n'être compris par personne et peut-être même pas par eux-mêmes.

Pourquoi ?

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Pour bien penser arrêtons de penser

18 juillet 2016 par jerome lecoq

 

Je suis philosophe-praticien et mon métier est d'apprendre aux gens à mieux penser et se penser seul et en groupe. Or ce qui empêche le plus souvent les gens de penser c'est qu'ils ont trop de choses qui leur passent par la tête, cela se “bouscule au portillon”. Ils ont l'impression d'avoir plein d'idées mais aucune n'est claire, donc aucune n'est vraie pour reprendre Spinoza. Pour les aider il faut que je canalise leur pensée en leur demandant par exemple de ne répondre à ma question que par un seul mot, un concept unique. L'exercice leur parait insurmontable, terriblement réducteur car ils ne savent pas quel mot choisir. Alors je leur demande de prendre n'importe lequel et de commencer avec cela. Le choix que je les pousse à opérer a pour effet de "vectoriser" leur pensée et d'avancer dans une hypothèse, aussi improbable soit-elle.

Quand je leur explique que c'est justement quand il y a de la certitude qu'il n'y a plus de pensée, ils sont surpris. Evidemment puisque le modèle qu'ils ont en tête est celui du bon élève à la française qui veut faire plaisir au professeur et veut avoir les bonnes notes

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