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Vos habitudes vous portent ou vous enferment et vous ne connaissez probablement plus la différence
Je suis un être de routines. Mes journées sont structurées, mes rituels sont stables, mes entraînements suivent des cycles. Et pourtant, intellectuellement, j'ai souvent critiqué la tyrannie de l'habitude. J'ai même écrit un jour que "l'habitude est un poison mortel pour la pensée". Je le pensais. Je le pense encore, en partie. Mais une lecture récente m'a obligé à considérer que cette position, poussée à son terme, rate quelque chose d'essentiel. Car il existe une différence
23 avr.6 min de lecture


Votre expertise vous empêche de penser (et vous ne vous en rendez pas compte)
On oppose couramment la rigueur de la pratique à la liberté de l'imagination. D'un côté le technicien, l'expert, celui qui creuse patiemment son sillon : sa pensée est valorisée pour son ancrage dans le réel, mais elle risque l'asphyxie, la sclérose de la répétition. De l'autre le créatif, le rêveur, qui s'autorise la fantaisie, mais dont la pensée, détachée des contraintes, risque à tout moment la non-pertinence. Cette opposition est commode. Elle est aussi un piège. Car ell
11 avr.6 min de lecture


Pourquoi est-ce difficile de s'étonner ?
S'étonner signifie suspendre son jugement, sa pensée et se laisser traverser par une forme de vide, de néant. Lorsqu'on s'étonne on est suspendu au-dessus d'un abîme, et on choisit d'y demeurer quelques instants, voire d'y danser comme dirait Nietzsche, mais il faut s’y entraîner à défaut de quoi le vertige nous guette. S'étonner vient du latin ad tonare qui veut dire "frapper de stupeur". Or celui qui est "frappé de stupeur" c'est le stupide. Pas étonnant dès lors que nous n
4 avr. 20243 min de lecture


Confirmer pour se rassurer
Vérité Bien souvent la vérité, c'est ce que l'on attend. On considère vrai ce qui est conforme à nos schémas établis. Ainsi, tout ce qui serait surprenant ou inattendu serait faux. Nous appelons cela incohérence. Mais ce n'est qu'un désir de confort et de protection. (O. Brenifier) Nous sommes des êtres de désir : même quand nous prétendons écouter sans juger, nous ne faisons que vouloir que ce que nous entendons confirme ce que nous en pensons déjà. Nous sommes des être qui
12 janv. 20242 min de lecture


Discrédit de la raison
Un des principaux phénomènes qui nous empêche de penser est un certain discrédit de la raison qui a pris place dans notre société post-moderne. Certes la science avance toujours à une vitesse considérable, se spécialisant toujours plus dans divers domaines, à tel point qu'il est devenu depuis longtemps impossible d'en avoir une vision globale. Et la science est le domaine de la rationalité par excellence. Mais même dans la science il s’agit d’une rationalité subordonnée à l’a
12 sept. 20237 min de lecture


15 raisons pour lesquelles nous aimons nos obligations
Il parait paradoxal de dire que nous "aimons" nos obligations puisque par définition une obligation est une chose que nous faisons en dépit de notre désir, de notre liberté, donc en général de notre plaisir. Pourtant, à y regarder de plus près, nous pouvons aussi aimer "être obligés" pour ces raisons que je vais ici énumérer. 1 - Parce que les obligations nous dispensent de choisir. Nous nous soumettons par "servitude volontaire" comme disait La Boétie à une obligation, ce q
17 mai 20233 min de lecture


Le job de vivre
Pas de pensée au bureau Nous partons de chez nous le matin après avoir échangé quelques mots avec femmes et enfants, si tant est que le minutage réglé comme du papier à musique de l'enchaînement réveil - petit-déjeuner - lecture du journal - douche - départ de la maison - nous en laisse le loisir. Dans les transports nous en profiterons peut-être pour lire un article du journal et commencer à répondre à nos mails pros. Au bureau il est clair que ce n'est pas le lieu pour réfl
2 févr. 20235 min de lecture
