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L'homme pressé
Il est accaparé par ses nombreuses occupations, ses multiples obligations. Il aime à s'obliger. Même en dehors du travail il a toujours mille choses à faire : emmener les enfants au sport, faire lui-même du sport, faire sa feuille d'impôts, aller voir telle exposition. Même ses loisirs sont des obligations. Quand il fait une activité, il veut du résultat, il veut voir un résultat concret très rapidement, il lui faut de la valeur ajoutée autrement pourquoi y investir-il son te
10 févr. 20255 min de lecture


Est-il bon de prévenir les désirs de quelqu’un ?
Prévenir les désirs de quelqu'un c'est être capable de se mettre à sa place pour imaginer ce qu'il désire et satisfaire ce désir avant même qu'il naisse. Ce faisant, le sujet désirant n'aura même pas eu le temps de ressentir le moindre manque ou la moindre frustration : il aura ce qu'il veut avant même de le vouloir. Mais est-ce bon ? Si nous poussons cette logique jusqu'au bout, le sujet ne ressentira plus aucun désir, à part ceux qu'il est le seul à pouvoir satisfaire, ceux
4 oct. 20242 min de lecture


Le consommateur, ce phobique de l’engagement
S'engager c'est sortir d'un monde de virtualités, de possibles agréables, du rêve et de ses illusions excitantes pour rentrer dans une voie qui oblige à regarder devant soi en acceptant de donner, à voir de l'intérêt dans un domaine plus restreint et plus contraint et à découvrir un nouveau monde hors de soi. S'engager c'est « se mettre en gage » donc se mettre en risque, s'abandonner donc accepter de perdre l'illusion réconfortante du contrôle de tous les possibles pour rent
21 mai 20243 min de lecture


La pratique philosophique, une approche disruptive de la philosophie
J'avoue avoir cédé aux sirènes des mots à la mode en utilisant cet adjectif qui est surtout utilisé pour parler de nouvelles technologies. Mais c'est finalement assez adéquat avec mon affaire tant la “pratique philosophique”, dont vous n'avez probablement jamais entendu parler, constitue une pratique de rupture à de multiples niveaux. Une rupture est l'interruption généralement soudaine d'une continuité, d'une relation, d'un "cours des choses”, le surgissement d'une singulari
30 avr. 20247 min de lecture


Sommes-nous en train de perdre le sens de l'Autre ?
Sommes-nous en train de perdre le sens de l’Autre ? Le sens de l'Autre c'est cette attention naturelle à la personne qui est à côté de...
16 avr. 20245 min de lecture


Peut-on s'accomplir à travers le travail ?
Les conditions d'un accomplissement de soi On remarque dans cette question que l'accomplissement de soi a besoin d'une médiation : on ne s'accomplit pas soi-même "naturellement". On ne peut pas dire par exemple que les animaux s'accomplissent car il n'y a pas de médiation entre eux et eux-mêmes : ils existent et remplissent leur vie comme leur instinct le leur dicte. Chez l'être humain cette médiation est opérée par la conscience : on ne peut s'accomplir que par la conscience
8 mars 20245 min de lecture


Ils veulent des réponses (pour éviter de penser)
"Pour eux, les réponses répondent. Il n'y a plus rien à faire. Ils peuvent enfin se reposer. Ils ne réalisent pas que les réponses sont des pièges pour la pensée. Sables mouvants où les idées s'enlisent, pour ne plus jamais revenir." (O.B.) Nous voulons tous des réponses à nos questions. Cela nous rassure, cela nous comble, nous ôte notre angoisse. Pour un temps. Mais pour un temps seulement. Il n'y a rien de mal à donner une ou des réponses pour peu que nous n'en faisions pa
16 févr. 20244 min de lecture


Le pouvoir de l'oubli
Qu'il serait doux de pouvoir oublier à volonté ce que nous savons ! Ou bien de pouvoir l'archiver et ne le retrouver qu'en cas de besoin, comme avec un ordinateur. Hélas (ou heureusement) notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur et nous ne pouvons pas oublier volontairement ce que nous savons, que ce soit un savoir théorique, empirique ou même un savoir-faire. On ne peut pas “dé-savoir” et effacer un souvenir comme on efface un fichier sur son ordinateur : ce qui e
6 janv. 20245 min de lecture


Du bonheur d'être inutile
Etre un moyen et pas une fin Nombreuses sont les personnes qui veulent être utiles, apporter de la valeur, “faire grandir” les autres, satisfaire leurs besoins voire leurs désirs. Dans une société largement utilitariste cette notion d'utilité est largement non-questionnée. Pourtant si on y réfléchit bien, cette valeur de l'utilité est-elle aussi légitime qu'elle paraît ? Devrions-nous tous vouloir être utiles ou peut-on se satisfaire voire se réjouir, rechercher et revendique
9 oct. 20235 min de lecture


Ce qui nous rend stupides (3) - L'avidité
Je partirai d'une présupposition : nous avons tous la possibilité d'être intelligents, profonds, rationnels, astucieux à divers moments de notre vie. Certains ont supprimé la plupart des obstacles qui se trouvaient sur la voie de l'intelligence et ils sont la plupart du temps "intelligents", d'autres ne l'ont pas fait et sont la plupart du temps dans le brouillard de la stupidité, cette forme d’inertie de la pensée, quoique celui-ci puisse se dissiper en quelques rares moment
21 sept. 20237 min de lecture


Corruption de l'âme
N'est-il pas confortable d'avoir des obligations, des devoirs, des urgences, des pseudo-nécessités ? Qu'il est doux de ne pas avoir à penser, de savoir exactement ce que nous devons faire pour survivre, surnager, nous distinguer dans ce bocal, faire son trou. Il suffit d'accumuler : projets, biens, postes, responsabilités, titres, diplômes, décorations, nominations, magistratures, promotions. Tout cela en gagnant sa vie. Mais quoi ? Y gagne-t-on la vie ? La vie a-t-elle besoi
7 juil. 20234 min de lecture


Une autre manière de penser
Descartes disait que « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n’ont point coutume d’en désirer plus qu’ils en ont. En quoi il n’est pas vraisemblable que tous se trompent ; mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger, et distinguer le vrai d’avec le faux, qui est proprement ce qu’on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement
22 avr. 20235 min de lecture


Faut-il écouter ses désirs ?
Nous sommes des êtres désirants, pensait Spinoza. La moindre des choses que nous désirons est de persévérer dans notre être, de développer notre puissance d’exister. Mais voilà : notre puissance est limitée par la réalité, celle-ci vient faire obstacle à nos désirs, car ces derniers sont infinis tandis ce que notre pouvoir d’action sur la réalité est limité. Je ne peux pas être à deux endroits en même temps par exemple, ni faire en sorte que quelqu’un m’aime, ni voler comme u
8 avr. 20237 min de lecture


La pensée est-elle en train de disparaître ? (Podcast)
A l'occasion d'un atelier sur la disponibilité, je lance quelques idées portant sur les menaces qui pèsent sur la pensée en tant qu'activité ayant sa fin en elle-même, en donnant les obstacles principaux. Puis je parle des avantages de la pratique philosophique qui au contraire propose une manière de penser en dialogue qui va à rebours des manières actuelles de s'exprimer.
3 févr. 20231 min de lecture


Pourquoi ne savons-nous plus nous confronter à autrui ? (Podcast)
A l'occasion d'un atelier sur la disponibilité, je lance quelques idées portant sur les menaces qui pèsent sur la pensée en tant qu'activité ayant sa fin en elle-même, en donnant les obstacles principaux. Puis je parle des avantages de la pratique philosophique qui au contraire propose une manière de penser en dialogue qui renforce la connaissance de soi et d'autrui, de profondeur des échanges, d'authenticité réciproque et finalement d'harmonie pour mieux vivre ensemble. Et j
3 févr. 20231 min de lecture


Le job de vivre
Pas de pensée au bureau Nous partons de chez nous le matin après avoir échangé quelques mots avec femmes et enfants, si tant est que le minutage réglé comme du papier à musique de l'enchaînement réveil - petit-déjeuner - lecture du journal - douche - départ de la maison - nous en laisse le loisir. Dans les transports nous en profiterons peut-être pour lire un article du journal et commencer à répondre à nos mails pros. Au bureau il est clair que ce n'est pas le lieu pour réfl
2 févr. 20235 min de lecture


L'incuriosité, une forme de violence
Vous avez peut-être déjà rencontré (encore que justement le terme de "rencontré" soit peut-être mal choisi) une personne lors d'un dîner qui était assise à côté de vous et à qui vous avez parlé et qui, tout en étant plutôt de compagnie agréable, polie et respectueuse, ne vous a pas posé la moindre question sur vous. Elle ne s'est intéressée ni à ce que vous aimiez, ni à ce que vous faisiez dans la vie, ni à d'où vous veniez, ce que vous pensiez de l'existence, votre vie de fa
31 janv. 20235 min de lecture


Réseaux sociaux : le grand défouloir
Les réseaux sociaux sont un lieu d'expression "libre", apparemment. S'exprimer librement cela signifie pour beaucoup d'entre nous nous libérer, nous soulager des différentes frustrations nées des contraintes internes ou externes que nous subissons au quotidien. Nous sommes frustrés parce que nous n'obtenons pas ce que nous voulons, nous ne sommes pas reconnus par “la société” pour nos "mérites", nous n'avons pas assez de moyens pour assouvir nos désirs de consommation, en per
31 janv. 20233 min de lecture


Que signifie gâcher sa vie ?
Gâcher cela signifie laisser en jachère ce qui pourrait voire devrait être développé, c'est utiliser de l'énergie en pure perte, sans but précis, en négligeant de se concentrer sur ce qui aurait pu être construit. Celui qui gâche préfère détruire plutôt que construire, perdre plutôt que gagner, décevoir plutôt que répondre aux attentes. On gâche toujours par rapport à des attentes, à un objectif souhaité face à des ressources limitées, une norme, des valeurs morales dominante
30 janv. 20237 min de lecture
