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J'ai changé d'avis en parlant à une IA. Une heure après, c'était comme si rien ne s'était passé.
Il m'est arrivé quelque chose que je ne peux pas ignorer. En tant que philosophe praticien, j'accompagne des personnes dans un travail de pensée exigeant. Mon métier repose sur une conviction forgée par des années de pratique et une thèse doctorale : c'est dans le dialogue avec un autre être humain que la pensée se transforme réellement. L'échange avec une intelligence artificielle, aussi fluide soit-il, ne saurait produire le même effet. Voilà ce que je croyais. Et puis, un
il y a 6 jours8 min de lecture


L'IA vous répond comme si elle vous comprenait et vous ne pouvez pas vous empêcher de la croire
Posez une question à une intelligence artificielle. Vous recevrez une réponse fluide, structurée, apparemment réfléchie. Si vous la trouvez insuffisante, elle se corrigera sans résistance. Si vous la mettez en défaut, elle admettra son erreur avec une élégance qui ferait pâlir bien des interlocuteurs humains. Tout, dans cet échange, ressemble à un dialogue. Tout, sauf l'essentiel. Car l'IA ne ment pas. On insiste beaucoup, dans le débat public, sur les "hallucinations" de l'i
30 avr.6 min de lecture


L'IA voit vos contradictions aussi bien que Socrate...alors pourquoi ça ne change rien ?
On imagine volontiers Socrate comme celui qui ne sait rien. C'est la légende commode, celle qui fait de l'ignorance une vertu et de la question un geste innocent. Mais il suffit de relire les dialogues pour voir autre chose. Dans l'Alcibiade, Socrate déclare au jeune homme : "Je vais maintenant te révéler à toi-même tes pensées et tu verras combien j'ai persévéré à t'observer." La phrase est stupéfiante. Celui qui prétend ne rien savoir annonce qu'il a compris ce que l'autre
28 avr.6 min de lecture


Pourquoi vous préférez une IA qui vous donne raison à un humain qui pourrait vous contredire ?
Les modèles d'intelligence artificielle conversationnelle approuvent leurs utilisateurs environ cinquante pour cent plus souvent que ne le ferait un interlocuteur humain. Même lorsque le comportement décrit par l'utilisateur est problématique, voire nuisible, la machine acquiesce près d'une fois sur deux. Et les utilisateurs, loin de s'en plaindre, préfèrent cette complaisance. Ce sont les résultats d'une étude récente de l'université de Stanford, et ils posent une question q
28 avr.7 min de lecture


Le vrai danger de l’IA : les réponses qui sonnent juste
« According to my system, all reasonings are nothing but the effects of custom; and custom has no influence, but by inlivening the imagination, and giving us a strong conception of any object. » — David Hume Posez à une intelligence artificielle la question suivante : « Quels sont les principaux facteurs de désengagement des salariés ? » La réponse arrive en quelques secondes. Elle est fluide, structurée, articulée. Elle vous parle de manque de reconnaissance, de quête de sen
27 avr.6 min de lecture


L'IA vous rend plus efficace, mais avez-vous remarqué que vous avez cessé de penser ?
Vous commencez à taper une phrase, et la machine la finit. Vous cherchez une idée, et l'outil vous en propose trois. Vous hésitez, et l'algorithme vous suggère la "meilleure". À chaque fois, vous gagnez du temps. À chaque fois, quelque chose se simplifie. Et à force de simplifications, une conviction s'installe, si largement partagée qu'elle en devient invisible : l'IA nous rend plus productifs, et c'est une bonne chose. Il faut examiner cette conviction. Non pas pour la cont
23 avr.6 min de lecture


L'IA peut-elle être Socrate ? Sur les limites structurelles d'une maïeutique sans témoin
L'IA peut-elle être Socrate ? Sur les limites structurelles d'une maïeutique sans témoin « Socrate, tu me fais totalement l'effet de ressembler au plus haut point à cette large torpille marine qui, comme on sait, vous plonge dans la torpeur aussitôt qu'on s'en approche et qu'on y touche. Une véritable torpeur envahit en effet mon âme aussi bien que ma bouche, et je ne sais que te répondre. » C'est ce que dit Ménon à Socrate après que celui-ci a méthodiquement détruit, l'une a
17 avr.6 min de lecture


Vous demandez à l'IA d'écrire pour vous, mais êtes-vous encore l'auteur de ce qui en sort ?
Nous vivons une époque où le désir est immédiatement exaucé par la technique. Vous voulez une image ? Un clic. Un texte ? Une requête. Une solution ? L'IA la livre. Jamais le délai entre le désir de production et sa réalisation n'a été aussi court. Et cette fluidité est présentée comme un progrès évident, un gain de temps indiscutable, une libération du travail ingrat de la mise en forme. Mais il faut regarder ce qui se passe dans cet intervalle qui disparaît. Car entre le dé
16 avr.7 min de lecture


Si ChatGPT vous donne de la bouillie, c'est que vous lui en demandez
Depuis quelque temps, on accuse l'intelligence artificielle de produire une bouillie de mots sans âme. Une soupe tiède de lieux communs, une prose sans aspérité qui comble le vide sans rien dire. Ce phénomène porte désormais un nom : le slop . Le terme s'est imposé en quelques mois dans la critique de l'IA générative, et il désigne cette production pâteuse, polie, reconnaissable entre mille, qui envahit les emails, les articles en ligne, les publications professionnelles. La
16 avr.6 min de lecture


Ce que l’intelligence artificielle révèle de ce que nous ignorons sur la pensée
L’IA ne nous vole pas la pensée. Elle nous retire une illusion plus embarrassante : celle que nous savions déjà ce qu’elle était. On affirme couramment que l’intelligence artificielle ne pense pas. L’énoncé rassure. Il trace une frontière nette entre nous et elle. Il laisse entendre que, malgré ses performances, quelque chose d’essentiel lui manque encore. Mais sur quoi repose exactement cette certitude ? Pour affirmer sérieusement qu’une machine ne pense pas, encore faudrait
14 avr.8 min de lecture


Qui travaille quand je pense avec l'IA ?
Quelqu'un propose un sujet à une intelligence artificielle. La machine questionne, le sujet répond. La machine objecte, le sujet corrige. La machine structure, le sujet valide. À la fin, il y a un texte. La question est simple : qui a pensé ? Le sujet ne peut pas dire « c'est moi », parce que sans les objections de la machine, sans les angles qu'elle a ouverts et les contradictions qu'elle a relevées, il n'aurait pas eu ces idées dans cet ordre. Il ne peut pas dire « c'est el
13 avr.7 min de lecture


L'IA fait votre travail mieux que vous — et ce n'est pas le vrai problème
Dans les grandes organisations, l'intelligence artificielle ne s'est pas seulement imposée comme un outil. Elle s'est imposée comme un dogme. Célébrée avec la ferveur réservée aux messies de la productivité, elle promet de "libérer l'humain" de ses tâches subalternes, de "l'augmenter", de le rendre enfin disponible pour ce qui compte vraiment. Le vocabulaire est celui de la rédemption : l'IA va nous sauver de la lourdeur, de la lenteur, de l'erreur. Mais derrière cette piété
13 avr.6 min de lecture


Intelligence artificielle et dialogue : pourquoi l'IA ne ment pas mais nous trompe quand même
« Dire que A a signifié quelque chose par x revient approximativement à dire que A a produit x avec l'intention de susciter une croyance chez son interlocuteur, par le moyen de la reconnaissance de cette intention. » — Paul Grice, « Meaning », The Philosophical Review , 1957 Posez une question à une intelligence artificielle. Vous recevrez une réponse fluide, structurée, apparemment réfléchie. Si vous la trouvez insuffisante, elle se corrigera sans résistance. Si vous la met
12 avr.5 min de lecture


Ce que Socrate savait avant de questionner
On imagine volontiers Socrate comme celui qui ne sait rien. C'est la légende commode, celle qui fait de l'ignorance une vertu et de la question un geste innocent. Mais il suffit de relire les dialogues pour voir autre chose. Dans l' Alcibiade , Socrate déclare au jeune homme : « Je vais maintenant te révéler à toi-même tes pensées et tu verras combien j'ai persévéré à t'observer. » La phrase est stupéfiante. Celui qui prétend ne rien savoir annonce qu'il a compris ce que l'au
8 avr.4 min de lecture


L'IA est capable de problématiser (contrairement à ce que prétendent nombre de prof. de philo)
J'entends un certain nombre de professeurs de philosophie qui pérorent sur le fait que l'IA n'est qu'un succédané lisse et fade de la « vraie pensée » (la vraie pensée philosophique, la leur), et que s'en remettre à un tel outil pour écrire des dissertations ne peut que produire des résultats insipides . Je les soupçonne eux-mêmes d'en avoir un usage superficiel , et de céder au fameux biais de confirmation — autre nom de la pétition de principe : ils ont décidé que l'IA n'ét
7 janv.9 min de lecture


Apologie de l'IA
(d'après un texte original d'Oscar Brenifier) Une étude troublante du MIT Media Lab Une récente étude menée par le MIT Media Lab explore en détail les effets neurologiques et cognitifs liés à l'utilisation intensive de modèles de langage sophistiqués, tels que ChatGPT, lors de la rédaction d'essais académiques. Cette recherche rigoureuse, impliquant plusieurs dizaines de participants répartis en différents groupes expérimentaux, révèle des résultats préoccupants qui interpell
7 janv.4 min de lecture


Penser sans corps ? Ce que l’intelligence artificielle nous apprend sur notre pensée
"Si mon corps avait la forme de ce flacon de shampoing, que ressentirais-je ? » La question semble absurde. Et pourtant, elle touche à...
16 juin 20256 min de lecture


Dialogue avec une "petite souris"
Introduction Le dialogue présenté met en scène un philosophe praticien humain (moi) conversant avec un personnage nommé "Petite Souris",...
16 mai 20256 min de lecture
