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Les consolations de l'existence : La passion - Premier de cordée (Frison-Roche)
L’être humain souffre. De ses limites, de sa finitude, de la distance entre son être et ses aspirations, de la fracture de son être, éclaté entre diverses aspirations ou pulsions, de la tension entre son individualité et son entourage. Pour compenser, pour traiter sa douleur à défaut de la guérir, nous nous inventons des consolations, diverses manières d’exister qui nous permettent de survivre existentiellement. Certes, on peut aussi nommer cela « projet de vie » ou « manière
26 mars 20242 min de lecture


La manipulation est-elle toujours néfaste ?
Du lavage de cerveau à la question rhétorique Pour le sens commun, se faire manipuler c'est être le jouet malheureux d'une personne qui a su exercer à notre insu une influence sur nous pour son propre bénéfice. Nous n'avons pas nécessairement été escroqués, volés ou humiliés mais nous en ressortons avec la désagréable impression d'avoir fait quelque chose contre notre propre consentement, mus par quelque contrainte diffuse qui ne dit pas son nom. Celui qui manipule utilise au
25 mars 20245 min de lecture


Les mots ont dépassé ma pensée !
Quelle drôle d'expression pour signifier que nous regrettons ce que nous avons dit. Pourtant si nous l'avons dit c'est que nous l'avons nécessairement pensé. Car comment les mots pourraient-ils "dépasser la pensée" ? Les mots pensent-ils par eux-mêmes ? S'aggrègent-ils automatiquement ensemble pour former des propositions qui ont du sens ? Non, les mots ne pensent pas parce qu'ils ne sont que la forme de la pensée, ils ne sont que le concept à l'intérieur duquel le sensible,
17 mars 20242 min de lecture


La curiosité, qualité ou défaut ?
La curiosité est une disponibilité a priori aux choses, aux êtres, aux événements, aux idées. Par cette disponibilité nous laissons les choses venir à nous et le sens s'y donner : les choses nous interpellent, nous les questionnons et désirons des réponses à nos questions. Si ce sont des êtres alors nous leur posons des questions comme le font les enfants qui questionnent de manière candide et sans se préoccuper de la bienséance : ils demanderont sans gêne son âge à une femme
15 mars 20244 min de lecture


Peut-on s'accomplir à travers le travail ?
Les conditions d'un accomplissement de soi On remarque dans cette question que l'accomplissement de soi a besoin d'une médiation : on ne s'accomplit pas soi-même "naturellement". On ne peut pas dire par exemple que les animaux s'accomplissent car il n'y a pas de médiation entre eux et eux-mêmes : ils existent et remplissent leur vie comme leur instinct le leur dicte. Chez l'être humain cette médiation est opérée par la conscience : on ne peut s'accomplir que par la conscience
8 mars 20245 min de lecture


Pourquoi voulons-nous être rassuré·es ?
Se rassurer par les autres En général quand on veut être rassuré c'est que l'on a peur de quelque chose. Les enfants ont peur du noir car ils s'imaginent que quelque monstre va en surgir et ils demandent à leurs parents de les rassurer. Ceux-ci en général de manière rationnelle leur expliquent que les monstres n'existent pas et par leur attitude, tendre, bienveillante et rassurante, font taire momentanément leur peur. Il s'agit ici d'une peur irrationnelle puisque son objet e
4 mars 20244 min de lecture


Entre désir et devoir : comprendre notre volonté
La nature de nos décisions Quand on fait quelque chose, le veut-on? Quand je me fais un café le matin, c'est peut-être par habitude, mais si je ne le voulais pas, je ne le ferais pas. Admettons donc simplement que si je me fais un café, c'est parce que je le veux, de même que lorsque je vais à la piscine ou au cinéma. Pourtant, on m'objectera aussitôt : "mais quand tu te réveilles le matin fatigué et que c'est ton réveil qui te réveille, le veux-tu ?" Si on te demandait ton a
29 févr. 20246 min de lecture


Ils veulent des réponses (pour éviter de penser)
"Pour eux, les réponses répondent. Il n'y a plus rien à faire. Ils peuvent enfin se reposer. Ils ne réalisent pas que les réponses sont des pièges pour la pensée. Sables mouvants où les idées s'enlisent, pour ne plus jamais revenir." (O.B.) Nous voulons tous des réponses à nos questions. Cela nous rassure, cela nous comble, nous ôte notre angoisse. Pour un temps. Mais pour un temps seulement. Il n'y a rien de mal à donner une ou des réponses pour peu que nous n'en faisions pa
16 févr. 20244 min de lecture


Il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations
"Les faits sont des constructions mentales. Néanmoins, ils existent. Ce sont simplement des constructions mentales qui résistent de manière plus agressive à toute critique ou déconstruction." (O.B.) Les faits sont des constructions. Je vois le soleil qui brille dehors. C’est un fait. Pourtant je signifie ce fait par une phrase avec des mots, je construis mentalement ce que signifie pour moi le phénomène que je perçois. Une autre personne verra aussi le soleil mais peut être p
13 févr. 20243 min de lecture


Ne pas nier la force de la nature en nous
"Il ne s'avouait rien à lui-même, ni sa jalousie, ni son ressentiment, ni sa frustration. Il niait la nature. Il ignorait le sens, de ces courtes et violentes éruptions, que malgré lui il s'autorisait. Rares éclairs d'une passion maladive et bien cadenassée." (O.B.) Y a-t-il une nature des passions qui sourd en nous ? Devons-nous ignorer, faire taire nos sentiments, nos émotions, nos passions, tristes le plus souvent ou bien faut-il se les avouer à soi-même et aux autres ?
8 févr. 20241 min de lecture


Le confinement par l'imagination ou la raison
"Ce qui est donné est donné, pensent les uns. Tout est possible, pensent les autres. Nécessité fait loi. Ou bien, rien n’est exclus. Les premiers s’enferment dans leur entendement. Les seconds s’enferment dans leur imagination." (O. Brenifier) Il y a des personnes qui s'enferment dans leur imagination. Voilà une idée à rebrousse-poil. On pourrait penser au premier abord que l'imagination justement nous permet de nous évader d’une réalité trop banale ou trop maussade. Que l'
5 févr. 20246 min de lecture


Ils veulent être bluffés
Grandiose "Ils aspirent au grandiose, au miraculeux, au profond, au paradoxal. Ils veulent être impressionnés. Magie de la parole. Promesse d’absolu. La poussière du monde les indispose. (O. Brenifier) Le phénomène des conférences TED m'a toujours laissé dubitatif : certes on y apprend des choses fort intéressantes, notamment dans le domaine de la technologie ou des sciences, dans la mesure où des spécialistes vulgarisent leurs travaux et les mettent en valeur. Cependant je
2 févr. 20244 min de lecture


Aime ton ennemi
Amis "Les amis sont faits pour confirmer ce que vous pensez de vous-même. Penser est fait pour vous faire découvrir ce que vous ne pensez pas de vous-même. Les amis sont plus amicaux que la pensée." (O. Brenifier) On préfèrera toujours aller discuter avec ses amis plutôt que de penser avec eux. Nos amis viennent confirmer ce que nous pensons déjà de nous-mêmes. Cela même que nous n'aimons pas de nous mais que nous savons néanmoins, ils nous le confirment aussi. Nos amis conna
29 janv. 20244 min de lecture


Voir le mal partout
"Mal Rien de ce qui existe n’est bon. Tout est mauvais. Tout est chute, tout est déperdition. Tout est séparation, tout est dissolution. Tout est illusion, tout est poison. Sans doute faux. Mais assez amusant à penser. (O. Brenifier)" Nous connaissons le principe d'entropie : tout système tend à augmenter le chaos en lui-même, aller vers le plus vers le moins organisé, le moins rationnel, le moins vivant, le plus dispersé, isolé, stérile, fixe et mort. Nous n'échappons pas à
27 janv. 20245 min de lecture


L'art peut tout
Art "L’art est véridique, l’art est mensonger ; il endort ou éveille. L’art pacifie, l’art enivre ; il moralise ou libère. L’art est apparence, l’art est substance ; il est traître ou loyal. Éternel et éphémère." (O. Brenifier) L'art est un performatif : il a pour vocation de provoquer quelque chose chez le public, que ce quelque chose soit une idée, une image, une sensation, une émotion. Le pire pour une œuvre d'art est peut-être l'indifférence. L'art est donc toujours une m
22 janv. 20245 min de lecture


Suppléments d'âme
Sagesse "Phrases profondes, prêtes à l’emploi. Sagesse à bon marché. Vérités éternelles, sans bavure. Douceurs qui fondent sous le palais. Supplément d’âme, en toute tranquillité. (O. Brenifier)" Peut-être va-t-on bientôt créer des instituts de sagesse comme il y a des instituts de bien-être. On nous lirait des messages de sagesse tout en nous massant dans un jacuzzi, avec une lumière tamisée et une musique d'ambiance. C'est même peut-être déjà pratiqué puisque l'on peut mé
19 janv. 20244 min de lecture


L'herbe est toujours plus verte...
"Promesse Il n’y a pas que ça. Il y a toujours autre chose. Ce n’est jamais assez. Ailleurs, toujours ailleurs, plus loin, plus tard, se trouvent le vrai, le beau et le bien, l’utile et le merveilleux." (O. Brenifier) "Un “tiens” vaut mieux que deux "tu l'auras" “: voilà un bon conseil de sagesse, pour une fois. N'attendons pas que l'on tienne les promesses qui nous ont été faites (et ceci inclut celles que nous nous faisons à nous-mêmes) mais exigeons un commencement d’act
15 janv. 20244 min de lecture


Ceux qui se méprisent et sont fascinés par eux-mêmes en même temps.
"Dédain Plongés dans un abîme de dédain pour leur petit être, ils sont fascinés par eux-mêmes. Plus ils se détestent, plus ils s’ignorent, plus encore leur âme se rabougrit et les rançonne durement.” (O. Brenifier) Comment peut-on à la fois se dédaigner donc s'ignorer, se mépriser, être indifférent à soi-même et en même temps être fasciné par soi? Passons par l'analogie avec le corps : quand on le méprise, quand on n'en prend pas soin, il trouve toujours un moyen de se rappel
11 janv. 20242 min de lecture


La peur de la peur
Quelqu'un qui a peur montre sa peur, il la communique à autrui, même s'il ne laisse pas sa peur prendre possession de lui. Celui qui a peur mobilise toutes ses ressources cognitives afin d'échapper au danger réel ou imaginaire. Quand nous faisons face à quelqu’un qui a peur cela influe sur notre imagination, faisant ressortir nos propres peurs enfouies. La peur, comme le rire, est communicative et très vite elle peut se muer en son extrême, la panique. La peur se sent, comme
8 janv. 20243 min de lecture


Le pouvoir de l'oubli
Qu'il serait doux de pouvoir oublier à volonté ce que nous savons ! Ou bien de pouvoir l'archiver et ne le retrouver qu'en cas de besoin, comme avec un ordinateur. Hélas (ou heureusement) notre mémoire ne fonctionne pas comme un ordinateur et nous ne pouvons pas oublier volontairement ce que nous savons, que ce soit un savoir théorique, empirique ou même un savoir-faire. On ne peut pas “dé-savoir” et effacer un souvenir comme on efface un fichier sur son ordinateur : ce qui e
6 janv. 20245 min de lecture
